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  • il y a 4 mois
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu ce mercredi 24 septembre à Matignon les syndicats. Moins d'une semaine après leur démonstration de force dans la rue et l'ultimatum lancé au chef du gouvernement, ils ont déploré "une occasion manquée" et appellent à une nouvelle mobilisation le 2 octobre.

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Transcription
00:00Yves Tréhard, la cohabitation ou la démission, c'est le choix que vous laissez ce soir à Sébastien Lecornu ?
00:05C'est un peu comme un procès d'assises, il n'y a pas de juste milieu, effectivement.
00:09Alors Sébastien Lecornu, qui est réputé d'être très proche du président de la République,
00:14et il l'a même choisi parce qu'il l'appréciait,
00:16il pourrait être soit le plus incompatible des premiers ministres, soit le plus éphémère.
00:22Le plus incompatible, ça veut dire qu'on serait dans une cohabitation,
00:25c'est-à-dire qu'il a trouvé l'astuce pour gouverner sans être censuré,
00:31alors ça veut dire qu'il a fait un pas vraisemblablement vers sa gauche.
00:35On ne parle peut-être pas de la taxe Zucman, mais peut-être un retour sur la retraite à 64 ans,
00:41peut-être le retour de l'impôt sur la fortune, peut-être d'autres choses aussi,
00:46tout en disant à la droite, j'ai deux ou trois bricoles pour vous.
00:50Ça, c'est la cohabitation, parce que s'il fait ça,
00:53ça veut dire qu'il remit tout ce qui a été fait jusqu'à présent,
00:56et notamment le programme et les idées principales du président de la République.
01:00Et puis si c'est le plus éphémère,
01:02c'est qu'il n'a pas réussi à trouver un modus vivendi, si vous voulez,
01:08pour ne pas être censuré, et à ce moment-là, il est obligé de démissionner.
01:11– C'est la seule alternative.
01:13– Oui, alors c'est assez étonnant,
01:14parce que c'est un aveu incroyable qu'il a fait cet après-midi
01:18devant les partenaires sociaux en disant
01:19« Je suis le plus faible Premier ministre de la Ve République ».
01:22Il est le plus faible.
01:23Alors, quand on est faible…
01:24– Il dit « Je ne suis pas Édouard Philippe »,
01:25il avait 350 députés derrière lui, moi je n'ai pas de majorité.
01:27– Voilà, exactement.
01:29Mais il est très très faible.
01:31Et quand vous êtes faible, qu'est-ce que vous faites ?
01:33Vous êtes astucieux, il est intelligent, il joue la montre.
01:36Alors on va me dire « Oui, mais si, il joue la montre »,
01:38alors il va faire quelques orientations,
01:40il va donner quelques orientations demain ou après-demain,
01:43et on peut lui dire « Oui, mais attendez, au mois d'octobre, début octobre,
01:48il faut qu'on ait le budget, un projet de budget ».
01:51Ce n'est pas vrai, je peux vous le dire,
01:53parce que le 7 octobre, effectivement,
01:56normalement il doit déposer un budget qui doit être discuté
01:59et adopté dans les 70 jours qui suivent,
02:01mais ça ne s'est pas passé comme ça avec Barnier.
02:04Et après Barnier, on a pris une loi spéciale
02:07pour qu'on puisse continuer à collecter les impôts
02:10tout en disant « On va reporter les dépenses pour l'année suivante
02:15et on fera un budget en début de l'année suivante ».
02:17C'est ce qui s'est passé, c'est ce qui pourrait très bien se passer.
02:20Alors il joue la montre, et d'une certaine façon,
02:22la mobilisation des partenaires sociaux,
02:25comme Mme Marie-Lise Léon le dit cet après-midi
02:28en sortant du bureau du Premier ministre.
02:30On va l'écrire.
02:30La CFDT.
02:32Nous avons pu nous exprimer,
02:34le Premier ministre n'a apporté aucune réponse claire
02:38aux attentes des travailleurs et des travailleuses.
02:40Le compte n'y est pas.
02:42Donc nous avions dit que si nous n'avions pas de réponse claire,
02:46une nouvelle date de grève et de mobilisation serait à l'ordre du jour.
02:50Ce sera donc le 2 octobre.
02:53Le 2 octobre, nouvelle journée de mobilisation.
02:54Et vous dites ça, ça sert le gouvernement, ça sert le Premier ministre.
02:57Mais oui, parce qu'il montre que le dialogue est sur la table,
03:00tout est ouvert.
03:01Oui, parce que ce soir, il dit au syndicat « Revenez ».
03:03Là, il leur dit « Revenez ».
03:04Et puis il y a les patrons aussi qui disent,
03:06vous savez, M. Martin, le président du MEDEF,
03:09qui a dit « Nous, on va faire notre grand rassemblement »,
03:11vous savez, le Woodstock patronal,
03:14le 13 octobre.
03:18Et tout ça, ça peut le servir d'une certaine façon.
03:20Parce que la technique de M. Lecornu,
03:23elle tient en trois verbes.
03:24Le premier verbe, c'est « solidifier ».
03:26C'est ce qu'il a essayé de faire hier,
03:28avec ce qu'on appelle, vous savez, son bloc central
03:31et son socle commun,
03:34en disant « Bon, je vais être obligé de faire quelques concessions,
03:38mais je vais vous faire plaisir. »
03:39Par exemple, tiens, l'AME,
03:41l'aide médicale d'État pour les clandestins,
03:44on va peut-être rogner un peu dessus.
03:46Ça, c'est la première des choses.
03:47La deuxième chose, c'est espérer.
03:49Et espérer que le Rassemblement national
03:53ne le censure pas.
03:54On écoute M. Julien Oudoul,
03:56qui était sur cette antenne hier soir.
03:59M. Lecornu n'a pas présenté une feuille de route
04:02qui n'a pas décidé une orientation
04:05et décider les choix,
04:09la lutte contre le gaspillage, peut-être,
04:12les réductions d'impôts,
04:15peut-être la baisse de la contribution
04:16au budget de l'Union européenne.
04:19On peut évidemment rêver.
04:21Mais nous, on va regarder,
04:22on va écouter M. Lecornu,
04:23mais effectivement, s'il n'y a pas de rupture,
04:25il y aura la censure.
04:27Donc, ce n'est pas évident qu'ils censurent,
04:29contrairement à la France insoumise,
04:31d'entrée de jeu comme ça,
04:32à la rentrée parlementaire,
04:33le 1er ou le 2 octobre.
04:35Et puis, le 3e verbe,
04:37eh bien, c'est céder.
04:38Parce qu'il va être obligé de céder
04:40s'il veut tenir,
04:41et céder, eh bien, au Parti Socialiste.
04:44Et ce serait donc une cohabitation,
04:46c'est ce que vous nous disiez.
04:47Et ce serait donc une cohabitation,
04:48parce que ça viendrait renier
04:50l'engagement premier du président de la République
04:54qu'on écoute et qu'il a encore répété,
04:56le président de la République,
04:57au printemps dernier.
04:59Nous aurons à faire de nouveaux choix budgétaires
05:03et des investissements supplémentaires
05:05qui sont désormais devenus indispensables.
05:08J'ai demandé au gouvernement d'y travailler le plus vite possible.
05:11Ce seront de nouveaux investissements
05:13qui exigent de mobiliser des financements privés,
05:17mais aussi des financements publics,
05:20sans que les impôts ne soient augmentés.
05:21Pour cela, il faudra des réformes,
05:24des choix, du courage.
05:26Sans que les impôts augmentent.
05:29Donc là, il va être obligé de manger son chapeau.
05:31Si, d'aventure, M. Lecornu parvient à convaincre
05:35ses partenaires pour gouverner,
05:38et d'une certaine façon,
05:39eh bien, depuis huit ans,
05:40il a toujours eu des premiers ministres
05:41qui ont fait un peu ce qu'il a voulu,
05:44ou en tous les cas,
05:45qui n'ont pas trop marché sur ses plates-bandes,
05:47ben là, ça va être terrible pour lui.
05:49Surtout qu'il y a des élections municipales l'année prochaine.
05:53Ça va compliquer encore les choses.
05:54Amélie Elzard.
05:56La grande différence quand même,
05:57et je parle du budget pour ce qui me concerne,
05:59c'est qu'on a aujourd'hui l'expérience
06:01de ce que ça donne sur le terrain,
06:03un budget qui est adopté par voie spéciale
06:05avec du retard,
06:05c'est-à-dire difficulté de budget
06:08pour les collectivités,
06:09pour les associations,
06:10et ça, ce sont d'autant de gens
06:11qui sont en capacité de se mobiliser
06:12et d'aller dans la rue.
06:14Moi, la cohabitation,
06:16je ne vois pas ça comme une défaite pour le président.
06:18Vous, oui ?
06:19Oui, parce qu'il sauve la mise,
06:22parce que sinon, c'est effectivement
06:23des solutions,
06:25puis éventuellement des missions.
06:26Pour la France ?
06:27Oui, mais enfin,
06:27ce n'est pas une grande sortie.
06:30Ce n'est pas génial quand même.
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