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  • il y a 4 mois

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Transcription
00:007h19 sur Europe 1, place à l'édito éco, Dimitri Pazlenko.
00:05Bonjour Olivier Babaud.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:08Olivier, il paraît qu'en France il y a beaucoup d'argent qui dort.
00:10On entend beaucoup cette expression en ce moment.
00:12Il y a beaucoup de voix qui pensent qu'il faudrait d'ailleurs aller le taxer cet argent.
00:15Oui Dimitri, vous savez, c'est ma croisade du matin.
00:17Démonter ces fausses évidences économiques qui s'invitent trop facilement dans le débat public.
00:21La dernière en date, on l'a entendu dans la bouche de Jean-Philippe Tanguy du Rassemblement National.
00:25Investir dans les actions cotées, ce n'est pas investir dans l'économie réelle.
00:28Je citais donc, avant lui Aurélien Rousseau, ancien ministre de la Santé par Rassemblement National,
00:33expliquait que prendre des participations dans des entreprises, comme le faisait Xavier Niel,
00:37ce n'était pas mettre de l'argent dans le circuit économique,
00:40autant de versions de la dénonciation de ce qu'on appelle parfois l'argent qui dort.
00:43Alors on veut dire quoi quand on dit l'argent qui dort ?
00:45Parfois je me le demande, mais enfin dans l'esprit de ceux qui emploient l'expression,
00:48c'est de l'argent qui serait inutile à l'activité, en fait de l'argent égoïste.
00:52Typiquement des actions revendues sur le marché secondaire,
00:54ou même de l'épargne laissées sur un compte.
00:56L'idée c'est que tout cela ne financerait rien de concret,
00:59donc il serait justifié de le taxer.
01:01Eh bien c'est faux.
01:02Expliquez-nous pourquoi.
01:03Une action échangée en bourse, même si l'argent passe d'un investisseur à un autre,
01:06sans passer par l'entreprise, a un rôle essentiel.
01:08Elle permet la liquidité.
01:10C'est parce que je sais que je pourrais revendre mon titre facilement,
01:12que j'accepte d'investir au départ dans l'entreprise,
01:15lors d'une augmentation de capital par exemple.
01:16Sans marché secondaire, le marché primaire serait très limité.
01:19Ensuite, même l'argent déposé sur un compte courant,
01:21celui qu'on peut laisser sur des comptes qui dorment,
01:23n'est-ce pas, comme on en a l'impression,
01:25n'est pas immobile du tout.
01:26Les banques s'en servent pour prêter à des ménages, à des entreprises.
01:30Bref, l'argent ne dort jamais,
01:32sauf à la limite si vous le mettez sous votre matelas,
01:33mais alors là, il est taxé par l'inflation.
01:35Donc, quand on achète des actions d'entreprise,
01:38des actions cotées,
01:39on investit bien dans l'économie réelle ?
01:40Eh oui, ce qui compte,
01:41ce n'est pas de savoir si l'argent arrive directement
01:43dans la poche de l'entreprise au moment ET,
01:45mais que l'ensemble du système fonctionne.
01:47Les marchés financiers, même s'ils ont des défauts,
01:49sont l'instrument inventé
01:50pour transformer de l'épargne en investissement productif
01:53et allouer les ressources de façon collectivement efficace.
01:55Alors, on entend aussi, Olivier,
01:57qu'à côté de l'argent qui dort,
01:59la critique inverse,
02:01celle de l'argent uniquement utilisé pour la spéculation.
02:04Eh oui, alors spéculation, voilà encore un mot piégé.
02:06Qui peut dire où s'arrête l'investissement
02:08et où commence la spéculation ?
02:09Tout investissement suppose une attente de rendement futur.
02:12Acheter un appartement pour le louer et le revendre un jour,
02:14acheter une action en espérant des dividendes ou une plus-value,
02:17c'est toujours parier sur l'avenir
02:19en contribuant à rendre service à la société.
02:21Eh oui, condamner la spéculation,
02:23c'est en réalité condamner le mécanisme même de l'investissement,
02:26donc de la croissance.
02:28Méfions-nous de ceux pour qui l'argent dort.
02:31Signature Europe 1, Olivier Babot.
02:32Merci beaucoup, Olivier. Bonne journée.
02:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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