00:00Europe 1 Soir Week-end, 19h21, Stéphanie Demureux.
00:04Merci de nous rejoindre dans Europe 1 Soir Week-end, j'accueille mes débatteurs de la première heure.
00:09Vincent Roy, journaliste et essayiste, bonsoir Vincent.
00:11Bonsoir Stéphanie.
00:12Raphaël Stenville, directeur adjoint de la rédaction du JDD, bonsoir Raphaël.
00:16Bonsoir Stéphanie.
00:17Alors on va parler de la rentrée politique du président de la région Normandie, Hervé Morin,
00:23président également du parti des centristes.
00:25Il a reçu Bruno Retailleau aujourd'hui à la traditionnelle fête de la pomme dans l'heure.
00:31Bonsoir Hervé Morin.
00:34Bonsoir.
00:34Merci d'être avec nous.
00:37Vous avez passé une bonne journée.
00:38C'est le calvados, le cidre et le poiret.
00:42Oui, bah oui.
00:43Écoutez, alors vous êtes à distance de notre studio.
00:46On espère que le cidre était bon.
00:49Vous l'avez partagé.
00:50Je préfère le poiret, vous voyez même.
00:52Bon, bah écoutez.
00:53Est-ce que vous connaissez le poiret ?
00:54Je n'ai pas cette chance, mais la prochaine fois, avec grand plaisir.
00:56Je vais vous en envoyer une bouteille.
00:58C'est quelque chose de très fin, très subtil.
01:02Oui, bien écoutez, avec plaisir.
01:03Il se marie avec tous les plats.
01:04Je le partagerai avec...
01:05Ce qu'on appelle c'est notre champagne.
01:07Ah, bah écoutez, je le partagerai avec Raphaël Stainville et Vincent Roy ici présents.
01:12Alors, j'imagine que vous avez trinqué peut-être avec Bruno Retailleau.
01:16Alors on sait que vous avez déjà reçu des ténors de LR par le passé.
01:19Vous renouez aujourd'hui avec cette tradition.
01:22Alors, je me posais la question, Hervé Morin, pourquoi avoir choisi Bruno Retailleau en particulier ?
01:28Est-ce que c'est une manière de signifier qu'il sera votre candidat en 2027 ?
01:33Parce que déjà, c'est un homme bien.
01:36Je le connais depuis longtemps.
01:38On a une relation d'amitié, de confiance depuis très longtemps.
01:42On a fait la campagne de Fillon.
01:44On a fait la campagne de Pécresse.
01:46Ce qu'on a appris à se connaître.
01:48Vous savez, c'est quelqu'un qui est sincère, qui ne bouge pas dans ses convictions,
01:54qui n'est pas simplement en fonction de l'air du temps, avoir des positions qui peuvent varier et fluctuer.
02:01Et puis alors, je vais vous raconter quelque chose d'assez particulier.
02:04C'est quelqu'un qui est disponible.
02:05Et quand il vous dit quelque chose, il le fait et il ne ment pas.
02:13Moi, j'en connais quelques-uns qui sont quand même très grands spécialistes.
02:18Oui, je ne dis pas que c'est général.
02:22Mais c'est quand même très abréciable d'avoir quelqu'un qui vous dit,
02:24écoute, oui, là, je vais le faire.
02:26Oui, ça a du sens.
02:29Et puis non, je te dis non.
02:32Alors, Hervé Morin, vous, vous étiez exprimé déjà il y a plusieurs semaines.
02:37Vous avez appelé à une primaire ouverte de renaissance aux Républicains.
02:43Alors, ce n'est pas forcément peut-être en service à votre ami Bruno Retailleau
02:46que vous voyez évidemment participer à cette primaire.
02:50La question qu'on a envie de vous poser, c'est quel point commun voyez-vous aujourd'hui
02:53entre un Gabriel Attal, très progressiste, qui prône par exemple la GPA,
02:58et justement, précisément, un Bruno Retailleau plutôt plus conservateur.
03:03Est-ce que vous ne craignez pas que cette primaire manque un petit peu de cohérence ?
03:08Écoutez, il y a deux points.
03:10Le premier, c'est que si on est trop nombreux sur la ligne de départ
03:14entre la France Insoumise et le Rassemblement National,
03:18on ne sera pas au second tour.
03:19C'est déjà un argument important.
03:20Et puis, le second point, c'est que dans toute campagne électorale,
03:25quelle qu'il soit, quand vous décidez de soutenir tel ou tel candidat,
03:29vous n'êtes jamais d'accord à 100%, loin s'en fout.
03:32Vous avez forcément des points de désaccord, vous avez des nuances.
03:36Et ce qui compte, c'est qu'est-ce qu'on veut faire du pays sur un certain nombre de points ?
03:41Comment ?
03:41Oui, je suis fasciné par cette histoire-là, je le dis depuis la dissolution.
03:45J'ai, comme je ne suis plus candidat aux législatives,
03:49j'ai regardé ça d'un peu plus loin, en tant que chambre région,
03:51en charge du développement économique.
03:53Je trouve qu'il y a un truc quand même incroyable,
03:54c'est qu'on ne parle plus jamais dans notre pays
03:56comment créer de la richesse, comment créer de la valeur.
03:59On parle de distribuer, on parle de payer des impôts,
04:02on parle de protection sociale,
04:04mais on ne parle jamais d'enseignement supérieur,
04:06on ne parle jamais de recherche et d'innovation,
04:08on ne parle jamais de profondeur de marché.
04:10Bref, ce qui est la clé de la capacité de la France et de l'Europe
04:17de rester un acteur mondial de premier plan.
04:19Vous avez bien vu ?
04:20Oui, mais Hervé Morin, pardonnez-moi,
04:22mais vous prenez justement deux renaissances au LR,
04:26mais enfin, en ce moment, en renaissance,
04:29on les entend peu sur ces questions, justement.
04:31Ils sont plutôt en train de donner des gages au Parti Socialiste.
04:34Non, mais franchement, là, on est dans une période de chaos,
04:39de confusion absolue, d'où le fait que, pour ma part,
04:42si le président de la République avait un ton soit peu le sens
04:44de l'intérêt national, il démissionnerait.
04:47Il dira aux Français, écoutez, j'ai bien compris
04:48qu'il faut remettre les institutions en ordre,
04:50donc on ne peut pas perdre 19 mois.
04:52Je laisse passer les élections municipales,
04:54j'ai ces formations politiques s'organiser,
04:56trouver leurs candidats,
04:58et puis, disons, au printemps prochain,
05:00il y aura une élection présidentielle.
05:01Ce serait ça, le sens des choses.
05:04Parce que vous voyez bien que si on procède,
05:06si mon copain Lecornu,
05:08puisque nous sommes tous les deux du même département,
05:12et n'arrive pas à former le gouvernement,
05:15et qu'on constate l'échec complet,
05:19ceux qui prônent la dissolution,
05:20ils prônent, en vérité, une nouvelle fois,
05:23l'incapacité du pays à pouvoir être en mouvement
05:28et en transformation,
05:28parce que la dissolution n'amènera de majorité,
05:30pour personne.
05:32Donc, au bout d'un moment,
05:33on se dira qu'il n'y a plus qu'une solution,
05:34c'est que le président de la République démissionne.
05:36Et on se trouverait dans ce schéma
05:38absolument cauchemardesse
05:39d'un président de la République nouvellement élu
05:42qui serait immédiatement impuissant
05:44parce qu'il aurait eu un Parlement
05:46avec lequel il ne pourrait pas travailler.
05:48Donc, vous voyez bien
05:48qu'il ne faut pas se référer à cette période,
05:51qu'il faut juste se dire
05:54qu'on a besoin, autant que possible,
05:56d'impositabilité,
05:57et puis c'est ce qu'on s'est dit.
05:57Ça, c'est certain.
05:59Pour l'économie
06:00à laquelle vous faisiez mention,
06:02il y a Raphaël Stainville
06:03qui souhaite s'adresser à vous, Hervé Morin.
06:05Bonjour, Hervé Morin.
06:06Dans l'immédiat,
06:07Sébastien Lecornu est Premier ministre,
06:09mais il n'a pas encore constitué son gouvernement.
06:12Est-ce que, selon vous,
06:13les centristes, les républicains,
06:16doivent y participer ?
06:17Vous avez pu vous entretenir avec Bruno Rotaillot,
06:20alors même que le Premier ministre,
06:22aujourd'hui, fait de l'œil,
06:23ça a été rappelé aux socialistes.
06:27Bon, écoutez, je crois que
06:28tant Bruno Rotaillot que moi-même
06:30avons dit à peu près la même chose à la tribune,
06:32et c'est ce que j'ai dit à Sébastien Lecornu
06:34que j'ai vu hier,
06:35je lui ai dit,
06:36il est clair que si pour construire ton gouvernement
06:40et si pour éviter la censure,
06:44il faut se vendre
06:46et vendre ce à quoi on croit,
06:49ça ne marchera pas.
06:50Et pour nous, ça ne sera pas acceptable.
06:52On ne peut pas imaginer un seul instant,
06:54par exemple,
06:55qu'on ait, peu ou prou,
06:57une taxe Zuckman,
06:59même si elle est édulcorée, etc.
07:02Tout ça va tellement,
07:04en contradiction à ce dont a besoin l'économie française,
07:08c'est tellement stupide.
07:10D'ailleurs, personne dans le monde
07:12n'a adopté cette taxe,
07:13pas un pays même gouverné par la gauche.
07:15Et pourtant, le débat ne tourne qu'autour de ça.
07:18Mais c'est l'exploit des socialistes, quand même.
07:22Donc, très clairement,
07:24et puis il y a eu tout de même
07:26un battage médiatique assez exceptionnel
07:28sur la taxe Zuckman.
07:30Oui, je suis d'accord.
07:32Qui a d'ailleurs assez prôné,
07:34quand même,
07:34c'était le tapis rouge pour Gabriel Zuckman.
07:37Micro ouverte, table ouverte.
07:38Ah oui ?
07:39Oui, on l'invite d'ailleurs sur Europe 1
07:40à débattre avec nous,
07:41Vincent Roy et Raphaël Stainville.
07:44J'avais, Hervé Morin,
07:46également des questions d'ordre plus internationales,
07:50puisque vous êtes ancien ministre de la Défense,
07:53notamment de François Fillon,
07:55on s'en souvient,
07:55qui était plutôt connu pour son ouverture sur la Russie.
07:59Le conflit en Ukraine peine à se régler.
08:01Il y a eu des incursions russes sur l'Estonie,
08:03la Pologne,
08:04trois migres russes qui ont été interceptés
08:06par des avions de chasse de l'OTAN.
08:08La France, elle,
08:09dénonce une incursion dangereuse et irresponsable.
08:11Est-ce que vous, Hervé Morin,
08:12vous faites partie de ceux qui balayent d'un revers de main
08:15ce test sur les pays de l'OTAN ?
08:17C'est normal, disent certains,
08:20ça arrive tous les jours,
08:21même du côté américain.
08:22Ou faut-il, selon vous,
08:24craindre une escalade plus importante ?
08:27Très clairement,
08:28il faut preuve de fermeté
08:29et il faut faire preuve aussi
08:32du calme des vieilles troupes
08:35et de la solidité des vieilles troupes.
08:36C'est-à-dire qu'il ne faut certainement
08:38pas être dans la provocation
08:39et en même temps,
08:40il faut dire très clairement
08:41que c'est inacceptable.
08:42En clair, pour nous,
08:44Européens,
08:45c'est de dire aux Russes
08:46qu'il y a des lignes jaunes
08:50qu'on ne peut pas franchir
08:51et pour ne pas les franchir,
08:53nous allons faire en sorte
08:55que le front est de l'alliance atlantique
08:58soit suffisamment solide,
09:00suffisamment armé,
09:02avec les moyens aériens,
09:04les moyens de défense nécessaires,
09:07les moyens d'observation nécessaires.
09:09Et le sujet, c'est que, bien entendu,
09:10sur tous ces points-là,
09:12on est en partie dépendant des Américains,
09:16notamment sur tout ce qui est en matière
09:17d'observation,
09:18de renseignement
09:19et de communication.
09:21C'est toute la contradiction de l'Europe
09:23qui a à la fois refusé
09:25pendant des décennies
09:27le hard power,
09:28sauf la puissance militaire,
09:30sauf, disons,
09:31les Anglais et les Français.
09:32Et puis, en disant,
09:33nous, on va être le continent
09:35du soft power,
09:36c'est-à-dire la capacité
09:38d'avoir un système
09:39extrêmement innovant
09:41et d'une puissance économique mondiale,
09:43d'échange, etc.
09:44Et malheureusement,
09:45on n'a même pas fait
09:45ce qu'il fallait
09:46pour être cela.
09:48Donc, on est aujourd'hui
09:50dans cette espèce d'impasse.
09:53Alors, il y a très clairement
09:55une volonté européenne
09:56quand on voit
09:56le croissement gigantesque
09:58de l'effort militaire
09:59en Allemagne
10:00ou en Pologne
10:01ou dans d'autres pays
10:03comme les Pays-Baltes.
10:04Mais ça demande du temps.
10:06Et donc, ce qu'il faut,
10:07c'est simplement dire aux Russes,
10:10vous n'irez jamais plus loin.
10:11Encore une petite question
10:13avant de vous laisser filer
10:15et retourner au Calvados.
10:18Pas encore.
10:20Il y aura évidemment,
10:21vous parliez des Etats-Unis,
10:22un événement extrêmement important.
10:24Lundi,
10:24craint.
10:25Ici, on l'a entendu
10:26dans beaucoup de témoignages
10:28assez poignants
10:28de la part de la communauté juive.
10:30Cette reconnaissance de la Palestine,
10:32le jour d'ailleurs de Rochachana,
10:33le nouvel an juif.
10:36Reconnaissance unilatérale
10:38par Emmanuel Macron.
10:39Quel est votre regard
10:40sur cette initiative
10:41qui est, il faut bien le dire,
10:42rejetée par la grande majorité
10:43des Français,
10:44en tout cas pour son timing ?
10:46Écoutez,
10:47le président de la République
10:48a une nouvelle fois
10:49fait preuve
10:50de ce qu'il a démontré
10:52depuis huit ans,
10:53c'est-à-dire
10:53de dire tout est son contraire.
10:55Il y a six mois,
10:56il disait que la reconnaissance
10:57d'un Etat palestinien
10:58qui un jour s'imposera
11:00devait être conditionné
11:02à un certain nombre d'éléments
11:03que vous connaissez
11:04et qu'on en répète à l'envie
11:05et que comme s'il voulait
11:09absolument apparaître
11:12dans l'histoire,
11:13parce que je ne peux pas
11:14le comprendre autrement,
11:16eh bien,
11:17il fait le contraire
11:18du contraire des engagements
11:20qu'il avait pris il y a,
11:21je ne sais pas,
11:22quatre mois,
11:22six mois.
11:23Je l'entends encore expliquer
11:24que s'il n'y a pas
11:25de libération des otages,
11:27s'il n'y avait pas l'arrêt
11:28du conflit, etc.,
11:31il n'était pas question
11:32de reconnaître
11:32l'État palestinien
11:33qui tout de même derrière
11:35en quelque sorte,
11:38je ne sais pas,
11:40enfin,
11:40c'est juste incompréhensible
11:42qu'on reconnaisse
11:43l'État palestinien
11:44quelle que soit
11:45la souffrance
11:45du peuple palestinien
11:46qui est réelle
11:47quand on a encore
11:50le Hamas
11:50et les otages.
11:52C'est juste
11:53contraire
11:56à toute la politique étrangère
11:57de la France
11:58depuis des décennies.
11:59Merci Hervé Morin,
12:00président de la région Normandie,
12:02président également
12:02des centristes.
12:03Merci d'avoir été
12:04en direct avec nous
12:05sur Europe 1
12:06pour votre rentrée politique
12:08au cours de laquelle
12:09vous avez donc reçu
12:10Bruno Rétaillot.
12:11Merci à vous.
12:12Et on revient justement
12:13avec vous,
12:14Vincent Roy
12:14et Raphaël Stainville
12:16sur cette tension
12:17qui monte
12:18à deux jours
12:18de cette reconnaissance
12:20avec cette tribune aussi
12:22des personnalités
12:22de représentants
12:23d'organisations juives
12:24qui mettent en garde
12:25le président français.
12:26A tout de suite
12:27sur Europe 1.
12:27Sous-titrage Société Radio-Canada
12:29Sous-titrage Société Radio-Canada
12:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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