00:00Merci d'être avec nous. Il est 7h46 et dans Sud Radio vous explique ce matin qu'est-ce qui se passe avec les aides aux entreprises publiques.
00:07Bonjour Yaya Fala.
00:08Bonjour.
00:08Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes le porte-parole et membre du collectif exécutif de la CPME.
00:14En réalité, c'est vrai qu'avant qu'on s'engage dans cette discussion, et je voulais vous savoir ce matin au micro,
00:19parce qu'en réalité il y a un chiffre, 211 milliards, et il y a ce propos de Pierre Gattaz, ancien patron du MEDEF,
00:24qui dit, puisque c'est comme ça, puisqu'à chaque fois il y a des problèmes, on arrête les aides publiques aux entreprises.
00:29Mais ce chiffre, 211 milliards, il est repris partout. Vous le confirmez ? Vous voulez nous l'expliquer ? Vous le contestez ?
00:37Évidemment, on le conteste, mais avant tout, bonjour à tous.
00:41Je voulais juste me dire que moi je suis un chef d'entreprise, je suis entrepreneur depuis 15 ans.
00:48Aujourd'hui j'ai une société avec 20 salariés, 20 collaborateurs, des gens extraordinaires, avec qui on travaille tous les jours.
00:54Je suis avec eux tous les jours, on bosse. Et aussi, je me suis engagé, effectivement, il y a à peu près 6 mois à la CPME,
01:02pour travailler. Je suis membre du COMEX et président de la commission d'intelligence artificielle.
01:09Et pour travailler, justement, parce que je suis passionné d'entrepreneuriat, parce que j'aime les entrepreneurs,
01:15j'aime les entreprises, et je suis convaincu que les entrepreneurs façonnent la société de demain.
01:21Mais sur ce chiffre de 211 milliards ?
01:23Justement, sur ce chiffre, en fait, de 211 milliards, alors on voit d'ailleurs différentes institutions,
01:28on ne va pas tous les citer, le contest, c'est-à-dire que le chiffre, alors certains parlent de 100 milliards,
01:33certains parlent de 18 milliards, c'est-à-dire que ça dépend de qu'est-ce qu'on met dedans.
01:37Il y a deux choses que j'ai envie de dire ici. La première, tout de suite, je vais arriver à la conclusion,
01:44et puis après, on va développer. C'est-à-dire, est-ce que les entreprises, 211 milliards, 2 points,
01:49je reprends le titre de l'émission que vous avez évoquée, est-ce que les entreprises sont les assistées ?
01:55La réponse est non. La réponse est non, puisque dans ce même rapport du Sénat, il est évoqué que quand on regarde
02:01le niveau de prélèvement net sur les entreprises, c'est-à-dire une fois qu'on a enlevé ces différentes subventions
02:06qui sont évoquées, une fois qu'on les a enlevées, la France est le pays après la Suède,
02:12où il y a le prélèvement net obligatoire le plus élevé en Europe.
02:16C'est-à-dire que même quand on a enlevé ce montant-là, si on le considérait,
02:20le même rapport du Sénat dit que nous avons le niveau de prélèvement obligatoire le plus élevé en Europe.
02:26Du coup, c'est vrai que pour nous, c'est difficile à entendre, parce que les journalistes, les spécialistes,
02:32les économistes, peu importe de quel bord ils sont, ils le savent ça.
02:36Donc, faire un titre accrocheur qui provoque, mais en réalité qui nous donne une mauvaise information,
02:43un peu vite, c'est pas une belle démarche.
02:47Et après, du coup, on se retrouve à devoir expliquer, faire de la pédagogie,
02:52venir ici sur Sud Radio à 7h45 du matin, pour expliquer en louant l'argent travers,
02:57pourquoi ceci est faux et que c'est un mauvais raisonnement et que c'est un mauvais titre qui donne de mauvaises idées.
03:01Mais vous diriez quoi ? Vous diriez que ce chiffre, que cette émission, parce qu'il faut le dire,
03:05Pierre Gattas qui a proposé cette idée de mettre fin aux aides publiques, aux entreprises,
03:08c'était dans une émission de complément d'enquête qui était titrée
03:11« Entreprises, les grands assistés de la République ».
03:16Vous diriez quoi ? Il y a une campagne, de toute façon, politique, économique, médiatique,
03:20contre, en général, les patrons, le milieu de l'entreprise ?
03:23Je ne sais pas s'il y a une campagne, etc.
03:25Moi, vous savez, à la CPME, je suis patron, dirigeant, cofondateur d'une PME, techniquement.
03:32Moi, je ne veux pas rentrer là-dedans.
03:34C'est-à-dire que moi, je suis un optimiste, on bosse, on innove, je suis passionné de ça.
03:39On a énormément d'opportunités en France, on a des possibilités incroyables,
03:43et c'est sur ça que je veux miser.
03:45Après, Pierre Gattas n'a pas besoin de moi pour le défendre,
03:48mais quelque part, moi, je le comprends.
03:50Pierre Gattas est un entrepreneur assez exceptionnel,
03:53ancien patron du MEDEF, certes, mais c'est un entrepreneur avant tout.
03:57C'est un dirigeant de société avant tout.
03:59Et une fois, effectivement, vous êtes dans une émission comme ça,
04:02provoquée avec un titre provocateur, je comprends sa réaction.
04:06Est-ce que vous rejoignez cette idée ?
04:07Je pense à ceux qui nous écoutent ce matin,
04:09qui sont sans doute en train de touiller leur café,
04:10qui tendent l'oreille, qui disent « Attendez ».
04:12Donc là, l'idée, c'est qu'il y a des patrons
04:14qui sont pour la suppression des aides publiques aux entreprises.
04:17Vous, c'est par exemple quelque chose,
04:19parce que ça pourrait apporter une certaine tranquillité,
04:20parce que c'est l'argument de Pierre Gattas, de dire « Vous savez quoi ?
04:23On va arrêter », parce qu'en réalité, à chaque fois,
04:24on fait des commissions d'enquête, on paye des gens,
04:27on attaque les patrons, on dresse les uns contre les autres.
04:29Vous, du côté de la CPME, est-ce que c'est une logique
04:31qui pourrait avoir un sens et que vous pourriez soutenir ?
04:34Dans l'absolu, c'est une logique qui a un sens,
04:37mais tout le monde vous le dira, n'importe qui vous le dira.
04:39C'est-à-dire qu'en fait, être dans un système
04:41comme la France,
04:43ou dans certains cas...
04:45Parce que, attendez, cet argent-là, il vient d'où ?
04:48C'est une bonne question.
04:49L'argent, il vient d'où ?
04:49Qu'on nous redonne, il vient d'où ?
04:50En fait, c'est de l'argent qu'on nous redonne, quelque part,
04:53en fonction de certains cas que je veux détailler.
04:56Mais oui, c'est de l'argent qui, initialement,
04:58est pris par les entreprises.
04:59Je ne sais pas, on vous prend dix.
05:02L'administration doit gérer, contrôler, etc.
05:04Donc, il y a une partie qui est utilisée, disparaît.
05:07Et puis après, sous certaines conditions,
05:10et là, on peut les détailler,
05:12cet argent est redonné aux entreprises.
05:14Alors, redonner, c'est un grand mot,
05:15c'est souvent des allègements de charges, etc.
05:17Prenons quelques cas, parce que c'est des histoires de politique publique.
05:20Dans ces sommes évoquées, par exemple,
05:23il y a l'aide à l'apprentissage.
05:25L'aide à l'apprentissage.
05:26Donc, vous voyez, c'est collectivement,
05:28les Français, l'État, les Français,
05:29tous ont décidé de se dire,
05:31tiens, dans le système éducatif,
05:32pour mieux former les jeunes,
05:34qu'est-ce qu'on peut faire ?
05:35On peut les faire travailler dans des entreprises.
05:37Du coup, on est allé voir les entreprises
05:39qui embauchent des jeunes.
05:40Et on accepte que l'État distribue un peu d'argent
05:42pour financer ce système.
05:43Et c'est sans doute une bonne chose.
05:44C'est ce que vous dites là.
05:45Exactement.
05:45La transition écologique, etc.
05:47Les mêmes personnes qui dénoncent ces montants-là aujourd'hui,
05:50qui disent, oui, c'est pas bien, etc.
05:53En réalité, une grande partie de ces sommes-là,
05:55par exemple, vont dans l'innovation,
05:56vont dans la transition écologique, etc.
05:59Je veux dire, pour une usine,
06:01pour un...
06:02Tiens, ce matin,
06:03j'étais...
06:04Donc, vous avez gentiment envoyé une voiture me chercher.
06:07Le chauffeur s'appelait Ebrahim.
06:09D'ailleurs, il nous écoute.
06:10Il m'a raconté tout son parcours.
06:12C'est un ancien chef d'entreprise, etc.
06:14Il a bossé dur.
06:16Un élément très simple.
06:17Lui, il est chauffeur.
06:18Et pour acheter sa voiture hybride,
06:20il a eu une prime de 3 000 euros.
06:22Est-ce que vous pensez que c'est un assisté ?
06:23Ah ben non, évidemment que non.
06:24Est-ce que vous pensez que c'est un assisté ?
06:25Il bosse ce matin depuis 5 heures du matin.
06:28Il conduit les personnes à travers Paris, etc.
06:31Est-ce que c'est un assisté ?
06:32La réponse est non.
06:33On a compris la logique.
06:33Tous ceux qui demandent la fin de ces ordindictions
06:35sont les premiers certainement à aller demander
06:36un petit billet, une prime précisément
06:38pour toutes ces personnes
06:39parce que ça peut les aider,
06:40ça peut encourager certains principes
06:41de l'apprentissage ou à l'achat d'une voiture.
06:44En fait, c'est des politiques publiques.
06:44Après, je comprends ce que dit Pierre Gattaz.
06:46Effectivement, pour une question de simplification,
06:48dans certains cas, on peut les enlever,
06:50mais il faut le faire de manière ciblée,
06:51secteur par secteur,
06:52et regarder l'impact que cela peut avoir.
06:54Et la dernière question,
06:56est-ce que vous iriez jusqu'à dire,
06:58comme ce que pouvait affirmer
06:59il y a deux jours à la une de Libération,
07:01la patronne de la CGT, Sophie Binet,
07:03que oui, les patrons commencent à paniquer en ce moment
07:06parce qu'en réalité,
07:07ils ont perdu la bataille des idées.
07:08C'est vrai ?
07:10Les patrons commencent à paniquer,
07:11je pense que ce n'est pas très respectueux.
07:14Donc, je ne dirais pas ça.
07:16Après, la bataille des idées,
07:18force est de constater qu'en partie, oui,
07:20mais ce n'est pas grâce à eux.
07:21Ce n'est pas eux qui l'ont gagné, en fait.
07:23Ce n'est pas eux qui l'ont gagné.
07:25Il y a des contre-vérités.
07:26Il est difficile, on le voit ce matin,
07:28il faut prendre du temps pour expliquer les choses.
07:30Quand des contre-vérités sont dites
07:32dans des médias parfois majeurs
07:33ou par des politiques ou des économistes
07:36dont la voix porte parce qu'ils sont connus,
07:38nous devons prendre le temps,
07:40minute par minute, heure par heure,
07:41jour par jour,
07:42pour venir corriger ces contre-vérités-là.
07:44Et je vous remercie de l'avoir fait en direct
07:46sur Sud Radio ce matin.
07:46Merci beaucoup, Yaya Fallap.
07:47Merci beaucoup, Maxime.
07:48Les membres du comité exécutif de la CPME
07:50d'avoir été avec nous dans un instant.
07:52Le téléphone sonne, comme dirait l'autre.
07:530826 300 300.
07:55Vos commentaires, vos réactions,
07:57vos interactions par rapport à ce que vous avez entendu
07:59depuis près d'une heure.
08:00Vous êtes sur Sud Radio.
08:01C'est votre radio et votre matinale.
08:03Il est 7h54.
08:04A tout de suite.
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