00:00Certains diraient populiste, à savoir couper les avantages des anciens ministres.
00:04Sébastien Lecornu l'a fait, tous les Français doivent se serrer la ceinture,
00:09y compris les membres du gouvernement, les anciens premiers ministres,
00:12mais pourquoi pas aussi les sénateurs, les députés.
00:15On en parle aujourd'hui avec Olivier Calon, qui est l'invité du club.
00:19Merci d'être avec nous.
00:21Vous avez publié Les privilégiés de la République aux éditions de Loportin.
00:26Alors, je vous pose la question, déjà, est-ce une mesure populiste
00:29et est-ce qu'il n'y a pas, dans la classe politique, d'autres fonctions
00:33comme les sénateurs ou les députés, où on pourrait peut-être un peu gratter
00:36si tout le monde doit se mettre au régime sec ?
00:39Oui, moi j'ai envie de dire que l'histoire des anciens premiers ministres,
00:46c'est quand même un joli coup de com'.
00:47Moi, je trouve ça très réussi.
00:49Je dis chapeau à l'artiste, parce que ça concerne quoi ?
00:52Ça concerne 17 personnes en France, et en gros, 1,5 million, si on compte tout ça.
00:58Et on en parle énormément.
01:01C'est vrai.
01:03Mais parce que c'est un symbole.
01:04C'est un symbole, mais alors, c'est un symbole énorme.
01:08Et dans le symbole, il y a encore un symbole,
01:12parce que dans les nouvelles décisions de M. Lecornu,
01:16il y a qu'on supprime la voiture avec chauffeur
01:19que les anciens premiers ministres avaient à vie.
01:20Et ça, ça fait beaucoup parler, parce que la voiture avec chauffeur,
01:26c'est une spécificité française.
01:28Ailleurs, ça n'existe absolument pas.
01:30Et c'est un symbole.
01:31On est encore le symbole dans le symbole.
01:34Et quelle économie !
01:35Mais on a l'image en tête.
01:39Les symboles, c'est important.
01:39On a l'image en tête, je ne sais pas vous,
01:41mais moi je me souviens de voir Marc Routeux,
01:43Naila, ministre néerlandais, à vélo.
01:47Il va à vélo, justement, on va voir les images, regardez-le,
01:51voilà, il prend son vélo, il n'a pas de voiture avec fonction,
01:53et à ce moment-là où il est filmé, il est en poste.
01:56Oui, mais ça aussi, c'est de la com'.
01:58Il y a des ministres qui nous ont fait le coup.
02:02Mais c'est vrai que, par exemple, dans les pays nordiques,
02:04un ministre qui n'est plus ministre, le lendemain,
02:06il prend le métro, il redevient un citoyen lambda.
02:09Bon, alors...
02:10Pas tout à fait en France.
02:11Oui, comme Jean Castex, qui était dans le métro, par exemple,
02:14et qui coûte très peu cher, pardon, à la réaction.
02:17Il coûte le moins cher.
02:18Il a renoncé à tout ?
02:19Parce qu'il a renoncé, en fait, à tous ses avantages.
02:22Mais comme il dirige la RATP, il a au moins les tickets gratuits.
02:24Voilà, il peut aller le métro gratuitement.
02:26Mais bon, j'espère qu'il a son Navigo gratuitement.
02:28En tout cas, ce qui est intéressant, c'est de voir que certains députés d'eux-mêmes,
02:32comme François Ruffin, qui était sur ce plateau hier sur BFM TV,
02:35lui, eh bien, s'est dit, eh bien, moi je suis un député au SMIC,
02:39et je reverse le reste de mes revenus à des associations,
02:44est-ce que, pour le coup, là, les députés aussi pourraient, eh bien,
02:47rogner un peu sur leur salaire ou leur avantage ou privilège ?
02:51Je ne sais pas quel est le bon mot, d'ailleurs.
02:54Je ne sais pas ce qu'a dit François Ruffin.
02:56François Ruffin a dit, bon, trop, trop, trop, ils sont trop payés.
02:59En tout cas, moi, je me réduis au SMIC.
03:01– Oui.
03:02Bon, alors, ici, il fait des dons à des associations, c'est très bien.
03:06Je pense que nous tous autour de la table, on en fait.
03:08On n'en fait pas état, forcément.
03:10– Donc là aussi, il coûte comme.
03:11– J'ai l'impression que c'est un petit peu des magots, quand même.
03:13– Les 577 députés, quand même, si on ajoute les sénateurs,
03:18ça représente grosso modo un petit milliard.
03:20– Un petit milliard, oui.
03:21– On est là.
03:22– Et quand vous savez qu'un député, par exemple,
03:24entre les indemnités et le fonctionnement,
03:28c'est grosso modo 25 000 euros par mois, nous coûtons des députés.
03:30– Oui, oui, bien sûr.
03:31– Ça fait quand même 300 000 euros par an.
03:33Ça fait le salaire d'un grand chef d'entreprise avec beaucoup de…
03:35– Il y a des frais de fonctionnement.
03:36– Oui, mais avant la peste…
03:37– Non, non, attendez, ça ne va pas dans la poche, tout ça, directement.
03:39Il y a des frais qui sont très importants, il y a les permanences, il y a tout ça.
03:43Moi, j'ai l'attention, quand même, à pas au parlementarisme bashing.
03:50– Au populisme, ça vous voulez dire, ce que je dis là, non ?
03:53– Mais bon, il y a des parlementaires étrangers
03:57qui sont beaucoup plus payés que les Français.
03:59– Des parlementaires européens.
04:00– Oui, mais est-ce qu'on fait des mandats ?
04:04Moi, je suis maire d'un tout petit village.
04:05– Oui.
04:05– Alors, excusez-moi de faire ma pub,
04:06mais je reverse l'intégralité de mon petit mandat à ma commune
04:09parce qu'on n'a pas beaucoup de moyens.
04:11Je veux dire, je ne fais pas ça pour ça.
04:12Alors, j'entends peut-être que les députés…
04:14– Mais vous avez un métier à côté.
04:14– Pardon ?
04:15– Vous avez un métier.
04:16– Non, je suis retraité.
04:17– Oui, vous avez un traitement.
04:19– 2500 euros net par mois de retraité de la police.
04:21Mais pour autant, lorsqu'on s'engage en politique,
04:24je pense qu'à un moment donné, il faut avoir raison
04:27par rapport à ce qui se passe actuellement dans notre société.
04:30Quand on voit que les députés et les sénateurs
04:31se sont augmentés de 300 euros et 700 euros par mois,
04:35on se pose la question, surtout dans la période dans laquelle on est.
04:37– Pour leur frais de fonctionnement.
04:38– Alors, dernière question.
04:39– Oui, mais moi, je suis patienté.
04:40– Oui, mais c'est un peu populiste ce que je dis, d'accord ?
04:42– Olivier Callon, dernière question.
04:44Vous dites, ça ne sert à rien de regarder que la classe politique.
04:47Il y a aussi des métiers privilégiés.
04:49Vous pointez par exemple les aiguillères du ciel.
04:51– Oula, et l'actualité, malheureusement, m'a donné raison
04:55avec l'aiguillère du ciel qui s'est endormie à Ajaccio.
04:59Il devait être deux dans la salle de contrôle.
05:02Il n'était qu'un, il dormait.
05:03– Oui, il y avait une pause réglementaire, je crois.
05:07– Bon, non, mais dans mon bouquin, il y a beaucoup ces aiguillères du ciel
05:10parce que là, je crois qu'on atteint quand même des sommets
05:13à la fois dans les primes opaques, la rémunération, le temps de travail, la retraite.
05:20Juste si je peux dire, il y a un journal qui a titré
05:24« Les vrais privilégiés ne sont pas les anciens premiers ministres,
05:26mais les aiguillères du ciel ».
05:28Une formule, mais elle n'est pas mal.
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