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  • il y a 4 mois
Avec Franck Saillan, secrétaire général du Syndicat des Vignerons de l’Aude




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##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2025-09-19##

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Transcription
00:00Bonjour Félix Mathieu.
00:01Re-bonjour Maxime, bonjour tout le monde.
00:03On s'attarde encore sur le problème évoqué dans cette matinelle.
00:06C'est quoi le problème ?
00:07Le problème c'est en réalité l'entrée en vigueur d'un plan d'arrachage des vignes.
00:11Le bilan est très mitigé pour qui ?
00:13Pour ceux qui le font, c'est-à-dire les viticulteurs directement.
00:16Oui, alors je vous rappelle le principe, il est assez simple.
00:19Subventionner les viticulteurs pour qu'ils arrachent leurs vignes.
00:21Pour ça l'État débloquait 120 millions d'euros après feu vert de la Commission européenne il y a un an.
00:26Le vignoble bordelais par exemple a été réduit d'un bon dixième à 90 000 hectares.
00:31Désormais retour à son niveau d'il y a une quarantaine d'années.
00:34Tout ça c'est parce qu'on boit moins de vin qu'avant.
00:36Et ce n'est pas compensé par les exportations, surtout avec les taxes de Donald Trump.
00:40On en importe en revanche, on en a parlé tout à l'heure avec un viticulteur.
00:44On a déjà vu d'ailleurs des viticulteurs français vider des cuves de vin espagnol à la frontière.
00:49La filière du vin rouge, très touchée par la baisse de la consommation,
00:52cherche à relancer le marché avec par exemple des vins plus légers
00:56qui peuvent se boire un peu en mode apéro en dehors des repas.
00:59Mais au-delà de ça l'objectif c'est bien aussi de réduire, de baisser la production.
01:04Et le tout avec de nouvelles modes, comme on en parlait tout à l'heure aussi.
01:07Les vins sans alcool, les vins purs etc.
01:09qui forcément participent malheureusement à cette baisse de vente.
01:14Et les viticulteurs souffrent aussi du climat et plus largement de la sécheresse.
01:18Une partie de cette enveloppe à rachage d'ailleurs a été attribuée à des jeunes viticulteurs
01:23victimes des mauvaises récoltes à cause effectivement du climat.
01:26Si on prend le département de l'Aude par exemple,
01:28c'est 5000 hectares de vignes arrachées dont la moitié dans les corbières.
01:32On en a parlé cet été au moment, vous vous souvenez certainement, du méga-feu
01:35puisque les vignes jouaient auparavant un rôle de coupe-feu naturel.
01:39Leur disparition a donc pu aggraver quelque part la propagation des flammes
01:43surtout si évidemment ça a été remplacé par des friches.
01:44Et comme chaque matin, Félix, après avoir posé ce constat,
01:47on est avec un invité pour essayer de comprendre un peu mieux cette problématique.
01:51Et ce matin pour en parler, Franck Seillant, secrétaire général du syndicat des vignerons de l'Aude.
01:54Bonjour.
01:56Bonjour.
01:57Merci beaucoup d'être avec nous en direct sur Sud Radio.
01:59C'est un peu la moins pire des solutions pour vous, ces plans d'arrachage vu la situation ?
02:06Effectivement, de toute manière, l'arrachage pour un vigneron sera toujours une crève-cœur.
02:12Le problème, c'est qu'aujourd'hui, économiquement, et je vous parle là, je suis sur ma machine à vendinger,
02:19nous sommes en train de faire la pire récolte de l'histoire du département
02:23avec une sécheresse terrible et également des températures qui sont montées à plus de 42 degrés
02:32et qui ont complètement mis à mal la production.
02:37Et malheureusement, pour beaucoup, il n'y a pas d'autre alternative à aujourd'hui
02:43pour aller essayer de trouver une solution.
02:46et en vous disant ça, ça m'arrache le cœur.
02:49Mais malheureusement, aujourd'hui, on en est là.
02:53Il y a tellement de problèmes qui nous tombent dessus
02:55que c'est pour beaucoup une forte de sortie.
03:00C'est très, très difficile.
03:02C'est très, très difficile, oui, effectivement.
03:04Ce serait quoi les autres solutions plus à long terme pour vous ?
03:08Nous, ce que nous demandons au niveau syndical,
03:12une fois cet arrachage passé,
03:14qui malheureusement est inéluctable pour une partie de nos vignerons,
03:20c'est d'essayer de maintenir cette filière
03:23qui est quand même millénaire,
03:25puisque dans l'ordre, la vignée est là depuis les Romains,
03:29et ce serait dommage de l'abandonner
03:32ou de la satisfier sur l'autel de je ne sais quelle idéologie
03:37ou raison économique.
03:40Donc, nous, ce que nous voudrions déjà,
03:43c'est de pouvoir vivre de notre métier correctement,
03:45c'est-à-dire déjà d'avoir des prix rémunérateurs,
03:48ce qui n'y est pas du tout,
03:49parce que depuis, on a eu l'inflation,
03:51on a eu la hausse de toutes les matières premières
03:54qui ont impacté nos revenus.
03:57Les normes environnementales qui ont fini de nous saigner,
04:05et là, aujourd'hui, malheureusement,
04:08il faudrait déjà que l'on mette un stop un peu
04:11sur tout ce qui nous tombe sur la figure.
04:13J'en veux encore Pestier-Rive qui jette le pauvre
04:15sur toute une profession.
04:16On n'avait pas besoin de ça.
04:18Et là, il faut que l'État nous permette
04:23de maintenir cette viticulture
04:24et de pouvoir...
04:26Alors, soit ça peut passer par des aides compensatoires
04:30au niveau de la PAC,
04:31comme il y a sur d'autres filières.
04:32Oui, on revient toujours à ce système d'aide,
04:34en réalité, Franck Saillant.
04:36Mais juste, je rappelle que vous êtes
04:37le secrétaire général du syndicat des Vignerons de l'Aude.
04:39Vous avez dit une phrase,
04:40et on sent que c'est l'expression d'un ras-le-bol,
04:43il est grand temps peut-être de commencer
04:44à nous laisser vivre de notre métier.
04:46Mais si ce n'est pas indiscret,
04:48est-ce que vous pouvez,
04:48pour tous ceux qui nous écoutent,
04:49et même nous en studio,
04:50nous faire toucher du doigt
04:51à quel point le métier est difficile ?
04:52Parce que vous travaillez combien d'heures par semaine ?
04:55Bon ben là, je veux dire,
04:56il n'est pas rare de travailler
04:58autour de 15-20 heures par semaine
05:00à des moments de pointe.
05:02Et si on me faisait la valorisation au taux horaire,
05:06je peux vous dire qu'on s'auto-exploite.
05:08Aujourd'hui...
05:09Et donc tout ça pour combien par mois, Franck ?
05:11Bon ben là, de toute manière,
05:13j'ai beaucoup, beaucoup de collègues
05:15qui me disent qu'ils ne peuvent plus tenir
05:16parce qu'ils se servent,
05:17ils ne se versent plus de salaire
05:18depuis bien longtemps,
05:19mais malheureusement,
05:20aujourd'hui,
05:21on vit avec le salaire de la femme
05:22et on remet de l'argent
05:26pour ceux qui peuvent au pot
05:27ou alors ça creuse des trous dans les trésoreries
05:31et les banques et les huissiers
05:32commencent à taper à la porte.
05:34Donc malheureusement...
05:36C'est vraiment une situation
05:37où vous êtes au bord du gouffre continue.
05:40Non mais là, si rien n'est fait,
05:43je ne donne pas cher
05:44de l'avenir de la filière viticole en France.
05:47Donc...
05:47Justement sur ce sujet de la filière viticole,
05:49poursuivons un peu la conversation
05:50qu'on était en train d'avoir
05:51avec Félix Mathieu
05:52sur l'aspect de l'arrachage.
05:54Voudriez, Franck Saillon aussi,
05:55travailler sur les possibilités d'irrigation,
05:58c'est bien ça ?
06:00Effectivement, ça c'est pareil.
06:01Il y a longtemps qu'on le demande.
06:03Alors tout le monde nous le promet,
06:04dès qu'on fait une réunion,
06:07que ce soit au niveau local
06:08ou au niveau départemental,
06:10tout le monde est plein de bonne volonté.
06:12Malheureusement,
06:13pour faire avancer les projets,
06:15on se heurte toujours
06:16à tous les verrous
06:17et toutes les agences
06:19et tout ce qu'on connaît en France
06:21qui bloque tous les projets
06:22et ça n'avance pas.
06:24Et malheureusement,
06:24l'irrigation,
06:25ce n'est pas dans 10 ans qu'il la faut,
06:27c'est maintenant.
06:28Et malheureusement,
06:30en France,
06:30voilà,
06:30on attend,
06:31on a toujours une étude
06:33qui chasse une autre étude
06:35et puis les projets n'avancent pas.
06:36et nous,
06:37on attend d'âme,
06:37mais les vignes crèvent de soif
06:38et nous,
06:39on n'est pas loin de crever avec.
06:40Donc voilà,
06:42c'est quand même une situation
06:43qui est catastrophique.
06:44Si on prend l'indemnité compensatoire
06:46de handicap naturel
06:47que vous demanderiez
06:48de la politique agricole commune,
06:49un peu finalement,
06:50si j'ai bien compris,
06:51comme les agriculteurs
06:52en haute montagne
06:52où on considère que quelque part,
06:54on les rémunère aussi
06:55pour leur rôle d'entretien,
06:57de protection du paysage
06:59parce qu'ils ont un terrain
07:00plus difficile,
07:01vous,
07:02c'est un petit peu pareil.
07:02C'est pour ça aussi
07:03que vous mettez en avant,
07:04par exemple,
07:04le rôle des vignes
07:06en cas d'incendie,
07:07ce qui justifierait aussi
07:08de dire que,
07:09si dans un contexte de sécheresse,
07:10vous avez un terrain
07:11plus difficile,
07:13la politique agricole commune
07:14peut aussi vous aider.
07:16Ce serait ça aussi l'idée ?
07:18Oui,
07:18exactement.
07:20On l'a vu cet été
07:22de toute manière
07:22parce que malheureusement,
07:25si on n'en arrive pas
07:26à des solutions comme ça,
07:28vu que le revenu
07:29que nous tirons
07:30de nos vignes
07:31ne suffit plus
07:32à faire bouillir
07:35la marmite,
07:36si vous voulez,
07:37il faudrait aller chercher
07:38ce type de dispositif
07:39dans beaucoup d'endroits,
07:41surtout que l'on a vu
07:42effectivement cet été
07:43le rôle
07:44de coupe-feu naturel
07:46qu'a la vigne
07:47et je pense que
07:49dans beaucoup d'endroits,
07:50c'est de,
07:51sans parler du rôle
07:52environnemental
07:54et paysager,
07:56la vigne
07:57est quelque chose
08:00de très important
08:00en bordure de massif
08:02et malheureusement,
08:04sans aller chercher
08:05ce type de fonds
08:07qui existent déjà,
08:08on ne peut pas demander
08:10à bon nombre
08:11de viticulteurs
08:12dans ces secteurs
08:13de pouvoir vivre
08:14juste de leur revenu hectare
08:17parce qu'aujourd'hui,
08:18le compte n'est plus.
08:20Enfin,
08:21vous parliez
08:21de revalorisation des prix.
08:23Alors,
08:23ça,
08:24c'est quelque chose
08:25qui est compliqué,
08:26il y a la loi du marché
08:28mais quelque part,
08:29cette politique d'arrachage,
08:31l'idée,
08:31c'est aussi
08:32qu'en baissant la production,
08:33ça devrait tirer de nouveau
08:35les prix vers le haut.
08:37Ben voilà,
08:38c'est une,
08:38cet arrachage,
08:39c'est une baisse
08:40du potentiel de production.
08:43Malheureusement,
08:45bon,
08:46nous,
08:46chez nous,
08:46dans l'Ordre,
08:47on ne peut pas dire
08:47qu'on soit sur production
08:48parce que malheureusement,
08:49ce qui nous plombe,
08:51c'est que nous ne produisons
08:51pas assez
08:52parce qu'il faut savoir
08:53que dans un bon nombre
08:54de caves coopératives
08:55cette année,
08:56nous ne produirons pas assez
08:58avec l'effet de la sécheresse
08:59pour fournir
09:00les marchés
09:01que nous avons.
09:02Donc,
09:03mais le problème,
09:06c'est un problème
09:07de prix
09:08qui n'est pas assez
09:09rémunérateur
09:10parce qu'aujourd'hui,
09:11nous vendons le vin
09:12comme il y a 20 ans
09:13et nos charges ont explosé.
09:15Charge,
09:15contrainte,
09:16et voilà,
09:16la liste est très longue.
09:18Et tout ça,
09:18ça nous plombe.
09:19voilà,
09:20donc,
09:21et malheureusement,
09:23voilà,
09:23cet arrachage,
09:25je peux vous dire,
09:26ce n'est pas de gaieté de cœur,
09:27mais il est indispensable
09:29pour bon nombre.
09:30Ça, c'est sûr.
09:30Merci beaucoup,
09:31Franck Saillant,
09:31secrétaire général du syndicat
09:33des Vignerons de l'Aude,
09:33d'avoir été avec nous.
09:34Merci.
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