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00:00Notre invité ce matin pour la grande interview sur CNews et Europe 1 est celui qui est chargé de conduire la police nationale dans sa mission, évidemment première, de protection des français, mais aussi de garantie de l'ordre.
00:11Lui, Logier, bonjour.
00:12Bonjour, Sonia, à vous.
00:13Bienvenue, merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes le directeur général de la police.
00:18Et pour ceux qui vous découvrent ce matin, car vous êtes rare en interview, je précise que votre expérience concerne plusieurs terrains.
00:23Militaire, tout d'abord, vous avez passé 10 ans de service dans l'armée, expérience préfectorale, vous avez été notamment préfet de l'ISER, au plus près de la lutte contre les narcotrafiques,
00:34et aujourd'hui donc numéro 1 de la police nationale dans un contexte extrêmement tendu, avant une journée qu'on qualifie de journée de tous les dangers.
00:40Le ministre de l'Intérieur a appelé ce matin encore au calme, tout en se montrant intraitable.
00:45Monsieur Logier, est-ce que vous êtes inquiet à l'aube de cette journée ?
00:48Je vous dirais que c'est effectivement une journée particulière qui peut générer un sentiment d'inquiétude.
00:54Et inversement, il y a aussi un gros travail de préparation qui a été réalisé et qui permet de se dire que nous sommes prêts pour affronter un événement comme celui-ci.
01:03On le voit déjà dès ce matin, il y a déjà des tensions, des blocages, on a vu dans le 20e arrondissement de Paris notamment,
01:08et puis des opérations de blocage avec une célérité, une rapidité des forces de l'ordre pour lever ces blocages.
01:13C'est un dispositif XXL, rappelons-le, 80 000 forces de l'ordre, des véhicules de la gendarmerie nationale, les fameux Centaures.
01:20Quel est l'état des lieux dès ce matin, monsieur Logier ? Est-ce que la pression est déjà forte sur les forces de l'ordre ?
01:25Alors il y a eu déjà des blocages qui ont eu lieu, certains blocages ont été débloqués.
01:29Après ça, vous savez, ce n'était pas quelque chose de binaire, c'est-à-dire qu'il y a toujours une phase de dialogue aussi sur le terrain,
01:35parce que la police est là aussi pour protéger, pour permettre aux gens de s'exprimer dans le cadre légal, bien évidemment.
01:40Dans le cas des blocages, on n'est pas dans un cadre légal, mais il y a toujours des phases de dialogue,
01:44et puis après, nécessairement, dans certains cas, la possibilité de pousser les personnes qui bloquent sur un rond-point, par exemple,
01:51ou une faculté comme c'était le cas ce matin.
01:54Moi, ce que je retiens surtout, c'est qu'il y a eu un gros travail de préparation qui a été fait en amont.
01:57Vous l'avez dit, beaucoup d'effectifs consacrés à cette mission,
01:59mais également des effectifs qui ont été préparés dans leur formation initiale,
02:03dans la manière d'affronter ce genre de circonstances, parce que c'est quelque chose qui est maintenant connu en interne,
02:09et puis des dispositifs qui ont été adaptés à la main des préfets sur le terrain
02:14pour pouvoir réagir en fonction des différents événements.
02:17Beaucoup de mobilité en perspective, beaucoup d'adaptabilité,
02:20et puis quand même une journée qui va être longue, il faut le dire.
02:22Et les plus grandes craintes ?
02:24Et vous savez, sur l'ensemble de cette journée, il y a deux phases.
02:27Parce que la journée a été qualifiée d'hybride par le ministre,
02:30et c'est exactement ça.
02:31Il y a d'un côté des blocages ou des petites actions sur le terrain qui peuvent se produire,
02:36et puis il y aura cet après-midi ou en fin de matinée des cortèges.
02:40Les cortèges, c'est institutionnel.
02:42C'est-à-dire que vous avez un travail qui a été fait en amont avec les syndicats,
02:44un itinéraire qui a été identifié, des services d'ordre, des correspondants.
02:48Nous avons des effectifs qui sont en lien avec les organisateurs de manière permanente,
02:53puisque nous ne sommes pas là pour pénaliser et pour accompagner.
02:55Nous sommes là dans la garantie d'un droit constitutionnel qui est celui de manifester.
03:01Merci de le rappeler, parce que quand on voit, et quand on va voir malheureusement,
03:04les images auxquelles nous sommes habitués, on oublie presque une forme de colère légitime,
03:09et justement à lui loger.
03:10Vous êtes le représentant de ces forces de l'ordre.
03:13Quand on voit le niveau de violence de certains groupuscules,
03:15prêt à tout pour se faire du flic, il n'y a pas d'autre expression,
03:18lancer des pavés, des poubelles incendiées, le tout biberonné par certains discours d'ultra-gauche,
03:22que se dit ce matin un policier qui se réveille, peut-être qui nous regarde ou nous écoute avant d'aller sur le terrain.
03:28J'espère que je vais rentrer chez moi ce soir.
03:31Alors il peut se dire ça, mais vous savez, un policier, déjà, il a un sens de la mission qui est extrêmement abouti.
03:35On ne rentre pas dans la police par hasard, donc il a un sens, il a un idéal.
03:39La devise de la police nationale, c'est « Pour la patrie, ils veillent ».
03:42Et cette démarche-là est intégrée dans le fonctionnement des policiers.
03:47Donc les policiers se préparent et remplissent leur mission, avec engagement, dévouement.
03:51Ça, je tiens à le souligner.
03:52Effectivement, ils ont toujours la perspective d'avoir un risque qui peut se présenter.
03:56Ce qui n'empêche que les gens sont toujours présents, toujours là.
03:59Et je tiens, moi, à le souligner, à exprimer ma reconnaissance vis-à-vis des effectifs dont j'ai la charge.
04:03Évidemment, on s'associe à vous.
04:04Cette devise est importante pour la patrie, ils veillent.
04:07Pour la patrie, ils veillent.
04:07Mais en face, on n'a pas la même version.
04:11Non, pour la patrie, on casse, on dégrade.
04:13Qui sont-ils ? Vous les, malheureusement, pratiqués depuis un certain temps,
04:17depuis de nombreuses manifestations, d'ailleurs sur différents terrains.
04:20On parlera tout à l'heure de votre casquette préfectorale, des sédicieux,
04:24des révolutionnaires, entre guillemets, de papiers, des blagues bourges,
04:27comme disent certains, sortant des beaux quartiers pour aller un petit peu casser partout.
04:31Ce sont des personnes qui s'agglomèrent sur des manifestations institutionnelles.
04:35Vous voyez, on a soit les petits blocages, c'est pour ça que je vous parlais d'hybridation,
04:38des petits blocages qui peuvent se produire, et après, on aura cet après-midi, en marge des cortèges.
04:42Il n'est pas impossible que nous ayons plusieurs milliers de personnes qui se réfèrent à ce que vous avez évoqué
04:47et qui viennent s'infiltrer les cortèges officiels.
04:51Ce sont des personnes qui ont une vision dégradée de la société
04:54et face auxquelles on va être confrontés éventuellement si nos pronostics se confirment.
05:00Beaucoup de ceux qui nous regardent et nous écoutent ce matin
05:02et qui, au passage, vont payer la facture de tout cela,
05:05ne comprennent pas comment dans notre pays, M. Loger,
05:07des groupuscules de quelques milliers de personnes, ce qui est déjà conséquent,
05:11peuvent défier un tel dispositif sécuritaire.
05:14Beaucoup qui se font voler leur colère ce matin sont justement en colère
05:17de voir ces casseurs montrer un tel spectacle.
05:22Est-ce qu'aujourd'hui, dans notre pays, manifester, c'est casser ?
05:25Je ne pense pas qu'on puisse dire que la colère sera volée
05:28parce que tout le dispositif va permettre justement à l'expression naturelle
05:32d'une manifestation légale de s'exprimer.
05:35En revanche, tout le travail qui a été réalisé permettra de canaliser
05:39les personnes que vous avez évoquées, voire d'en interpeller.
05:42Il y a déjà eu deux interpellations ce matin.
05:44La semaine dernière, il y a eu plusieurs interpellations,
05:46plusieurs centaines d'interpellations.
05:48Donc le travail est fait.
05:49Et puis après, il y a un deuxième temps, c'est le temps judiciaire.
05:51Donc vous avez ces deux étapes-là, qui n'est pas le même niveau d'action,
05:55mais il faut se dire que les choses se font dans la durée.
05:59Et c'est normal.
06:00C'est-à-dire que vous avez interpellation, après ça des procédures,
06:02et il faut arriver à prouver que les personnes que nous avons interpellées
06:04sont bien celles qui ont produit des actes qui étaient répréhensibles.
06:07Il faut les repérer, parce que vous arrivez devant la justice
06:10et on vous demande est-ce que c'est bien cet individu ?
06:12Oui, effectivement, il est habillé en noir,
06:13il a des lunettes noires, il y a un casque noir.
06:17Évidemment, il est très difficilement reconnaissable.
06:20C'est pour ça que la première mission de la police, je vous le disais,
06:22était de protéger l'ensemble du dispositif.
06:23Après ça, le reste, c'est effectivement d'interpeller les autres personnes,
06:26mais il faut monter des procédures.
06:28Et donc le suivi judiciaire est absolument essentiel.
06:30C'est-à-dire que nous avons des effectifs qui sont en charge
06:32de l'élaboration des procédures pour pouvoir assurer la suite.
06:35Interpeller, enfermer, condamner, ça peut paraître évident
06:38quand on voit des images de violences comme on l'a vu le 10 septembre.
06:40Mais malheureusement, parfois, ils ont un totem d'immunité.
06:43Monsieur le directeur général de la police,
06:45je voudrais quand même vous interroger sur le sentiment,
06:47vraiment, ce que vivent nos forces de l'ordre.
06:49On a vu ce qui s'est passé à Reims,
06:51des images insupportables de lynchage de plusieurs policiers,
06:54hors service, qui étaient dans le cadre d'une sortie conviviale
06:57à quelques mètres d'un commissariat.
06:59Beaucoup de nos télésplicateurs et auditeurs se disent
07:01comment à quelques mètres d'un commissariat,
07:03une telle action peut se produire.
07:04Et puis, à Tourcoing, on a appris ce matin
07:06qu'une partie des suspects ont été libérés,
07:09certes, sous contrôle judiciaire,
07:10certes, ils n'ont pas d'antécédent judiciaire,
07:13mais on imagine quand même,
07:14on imagine ce que peuvent ressentir les policiers
07:16et vous-même qui les représentez.
07:18Alors, ce qui me remonte, bien évidemment,
07:20c'est une forme d'incompréhension.
07:22Mais après ça, vous savez, je le redis,
07:25il y a une forte culture dans la maison
07:26de service de la nation.
07:30Et après ça, cette incompréhension
07:31est dépassée par cela.
07:34Ceci dit, la décision que vous avez évoquée
07:36n'est pas une décision définitive.
07:38Donc, nous allons voir la suite.
07:41Parcès face à Pelle.
07:42Exactement.
07:43De Lille.
07:43Donc, nous allons voir la suite.
07:45En tout cas, ce qui est certain,
07:46c'est que, ce que je constate,
07:48c'est que les policiers ne baissent jamais la garde
07:50et continuent constamment à être présents.
07:54Se forment pour cela.
07:55Là, vous voyez, au moment où nous nous parlons,
07:57il vient d'avoir une interpellation en Martinique
07:59dans le cadre d'une prise d'otage.
08:01Là, c'est le red qui est intervenu.
08:02La police a encore sauvé.
08:03Prise d'otage, ce matin ?
08:04La police a encore sauvé.
08:06Et donc, vous voyez, je crois qu'il faut se rappeler ça.
08:08C'est que, pour ceux qui connaissent mal la police,
08:11il faut se rappeler que la police sauve nos concitoyens,
08:13les protège de manière constante.
08:15C'est une application constante sur le terrain
08:17que je tiens encore une fois à souligner.
08:19C'est important de le dire.
08:19Je reviens juste sur la prise d'otage
08:21qui est déconnectée avec...
08:22C'est complètement déconnecté de nos événements.
08:25C'est du droit commun.
08:26Droit commun.
08:27Et les choses sont faites comme on en règle plein, en fait.
08:31Comme on en règle plein.
08:31C'est-à-dire que ce sont des interpellations très régulières
08:33que peut faire le red dans le cadre d'interpellations spécifiques.
08:36Et je crois qu'il faut le souligner.
08:37Ce sont des personnes qui, à chaque fois,
08:38effectivement, exposent leur vie
08:39pour pouvoir sauver celle de nos concitoyens.
08:41Je vous ai parlé de votre casquette militaire tout à l'heure.
08:45Il y a évidemment le représentant,
08:46vous êtes le numéro un de la police.
08:47Il y a aussi la casquette préfectorale,
08:49on va venir.
08:49Puis il y a l'homme d'autorité, évidemment.
08:52Est-ce que, selon vous,
08:53lui logier l'effondrement en partie de l'autorité
08:55explique aujourd'hui un champ qui est laissé
08:57plus important à une violence,
08:58on va en parler, débridé,
09:00de plus en plus jeune aussi,
09:01quand on voit les individus,
09:03ce qui interpelle, c'est parfois,
09:04ils sont dans l'adolescence encore.
09:06Est-ce que cela vous marque ?
09:08Oui, c'est effectivement un sujet
09:10que nous rencontrons sur le terrain
09:11de manière constante.
09:12C'est-à-dire que nous avons affaire
09:13à des jeunes qui, souvent,
09:15n'ont pas de repères.
09:19Et moi, j'ai la chance, en fait,
09:20d'évoluer dans un milieu
09:21qui est complètement différent.
09:23Vous voyez, j'étais la semaine dernière
09:24à une sortie d'école de gardien de la paix.
09:28Et puis, après ça, j'ai accueilli
09:29des futurs officiers, futurs commissaires.
09:31Je suis tombé sur une jeunesse
09:32qui, elle, est motivée,
09:33sait où elle va, est structurée,
09:35et a envie de servir.
09:36Donc, en fait, je vois les deux
09:38contrastes.
09:39C'est bien que j'ai une préférence
09:40pour ceux dont j'ai la responsabilité.
09:42Mais vous craignez que les deux,
09:43à un moment, comme l'abédia
09:44d'ancien ministre, soient face à face
09:46et plus haut à côté ?
09:46Je pense qu'on peut attirer aussi.
09:47Je pense qu'on peut attirer aussi.
09:49C'est-à-dire que la perspective
09:51de voir des personnes
09:52qui ont une forte culture,
09:53qui savent d'entraide,
09:55de dévouement, de courage,
09:56d'engagement, peut aussi attirer
09:58des personnes qu'on n'imagine
09:58pas attirées initialement.
10:00C'est un message d'espoir
10:01qui est important de parler aussi
10:02de cette jeunesse qui existe.
10:03Vous avez été, lui, loger,
10:05le préfet de l'Isère.
10:06Vous avez été sur le terrain.
10:07Alors là, vraiment,
10:08de la lutte contre les narcotrafiques,
10:09cette gangrène avec des narcotrafiques
10:11qui disposent aujourd'hui
10:12des technologies les plus avancées,
10:14des drones, des cryptophones,
10:16des véhicules rapides,
10:17des armes de guerre aussi.
10:19Tout à l'heure, malheureusement,
10:20il y a des formes d'armes
10:21par destination,
10:22les pavés ou les poubelles
10:23qui sont lancés.
10:24Là, on parle d'armes de guerre
10:25et en face.
10:27Est-ce que nous sommes suffisamment armés
10:28véritablement pour cette guerre ?
10:30Puisqu'on parle beaucoup de guerre.
10:32Non.
10:33C'est une démarche
10:34qui est très compliquée.
10:35Parce qu'à la fois,
10:35vous avez la lutte contre les points de deal,
10:37les opérations de points de deal
10:38qui sont faites constamment
10:39par la police nationale.
10:41Bon, j'étais, vous l'avez dit,
10:42en Isère,
10:43nous avons démonté des points de deal.
10:45Certains sont reconstitués,
10:46d'autres ne sont pas reconstitués.
10:48Et quand on démonte un point de deal,
10:49on redonne de la vie à un quartier
10:51ou à un immeuble.
10:52Ça veut dire que vous avez
10:53une société qui peut revivre normalement.
10:55C'est important, ce point-là,
10:56parce qu'on l'oblite trop souvent.
10:57Et puis, il y a la lutte contre
10:58les trafiquants sur des filières.
11:02Et là, nous avons des équipes
11:04qui sont extrêmement bien formées.
11:05Des experts dans le domaine du cyber,
11:06des experts dans le domaine de la recherche
11:07qui croient un travail conséquent.
11:09Les filières sont démantelées chaque année.
11:11Et ce que je constate aussi,
11:13c'est qu'on a un outil juridique maintenant
11:14qui est développé avec la nouvelle loi
11:16contre le narcotrafic
11:17qui permet d'aller encore plus loin.
11:18Donc, je suis très optimiste sur le sujet.
11:20C'est-à-dire que nous avons...
11:21Vous êtes optimiste sur le sujet,
11:22alors que...
11:22Optimiste sur la capacité à réagir.
11:24Comment on parle même d'un risque
11:25de basculement de la France
11:26vers un narcotrafic?
11:26Optimiste sur la capacité à réagir
11:27grâce aux dispositions législatives
11:29que nous avons.
11:30Vous voyez ce que je veux dire ?
11:30C'est-à-dire que, d'un côté,
11:31on a un phénomène qui est énorme
11:33et qui prend de l'ampleur.
11:34D'un autre côté,
11:35nous en avons pris conscience
11:35et nous sommes dotés d'outils.
11:38Face donc, je le disais,
11:39à des recrues de plus en plus jeunes
11:40imprégnés d'une hyperviolence
11:42parfois souvent d'ailleurs sidérante
11:45et qui, ça interpelle beaucoup
11:46ceux qui nous regardent et nous écoutent,
11:48M. Logier,
11:48qui parfois, ouvertement,
11:50on l'a vu,
11:51agresse la police,
11:52la filme,
11:53la ridiculise,
11:54la défie.
11:55Pour l'homme qui a servi
11:56dans l'armée que vous êtes
11:57et sous différentes casquettes aujourd'hui,
12:00vous avez parlé tout à l'heure
12:01d'une jeunesse qui sert,
12:03qui a encore les repères en tête.
12:06Ce n'est pas perdu ?
12:08Ce que vous évoquez
12:09sur les films qui sont faits, etc.,
12:12n'évoque pas en revanche
12:13toutes les fois où ces personnes-là
12:14sont interpellées
12:15et n'ont pas la même attitude,
12:17si vous voulez.
12:17Et ce que je constate sur le terrain,
12:18c'est que nous tenons le terrain.
12:20Nous tenons le terrain,
12:21c'est-à-dire que les effectifs sont là,
12:22sur le terrain,
12:22et il n'y a pas de zone où nous n'allons pas.
12:24Il n'y a pas de zone de non-droit.
12:25C'est une expression
12:26qui a souvent été balayée
12:27par les policiers
12:28qui y voient une forme d'incapacité pour eux.
12:32Nous allons partout.
12:33Après ça, nous n'y allons pas
12:34dans les mêmes manières.
12:34Est-ce qu'on pourrait dire,
12:35alors, M. Leger,
12:36qu'il y a des zones d'un autre droit ?
12:38Il y a des zones
12:38où nous n'allons pas de la même manière.
12:40C'est simplement cela.
12:41C'est-à-dire qu'on prend
12:41un dispositif plus conséquent.
12:43Mais il n'y a pas de zone de non-droit.
12:45Ce que je peux dire simplement,
12:46c'est que le travail est fait sur le terrain.
12:49Et la meilleure preuve,
12:50c'est qu'on a démonté
12:51énormément de points de deal
12:52cette dernière année
12:52sur des villes
12:55de grandes dimensions
12:56ou de petites dimensions.
12:57Donc le travail fonctionne.
12:58Mais simplement,
12:59ça veut dire qu'il faut être
12:59en permanence dessus.
13:00Et c'est là où je dis que
13:01je suis assez fier
13:02de l'action menée
13:03par la police nationale
13:04qui en permanence revient
13:06sur les mêmes sites
13:07jusqu'au moment où le site s'arrête.
13:09Vous avez beaucoup insisté
13:10depuis le début d'entretien
13:11sur les mots
13:11lui loger de service,
13:13de fierté,
13:14alors qu'une partie
13:15de la classe politique
13:15préfère insister
13:16sur les violences policières.
13:17La France insoumise
13:18dénonce une violence
13:19et un racisme structurel
13:20au sein de la police
13:22que vous incarnez,
13:23que vous représentez.
13:24Que leur répondez-vous ?
13:25Je ne parle pas simplement
13:26d'une réponse politique,
13:27mais que dites-vous
13:27à ceux qui font passer
13:28les policiers pour des sauvages
13:29qui se réveilleraient le matin
13:31en disant
13:32je vais aller frapper,
13:33je vais aller tuer même ?
13:35Vous savez,
13:35la police nationale,
13:36c'est 6700 blessés
13:37en 2024
13:38en action de police
13:39pour aller sauver des personnes,
13:41pour interpeller des gens
13:41qui auraient pu vous menacer
13:42ou menacer quelqu'un d'autre.
13:44Donc je pense plutôt
13:45à ces policiers blessés,
13:46pour certains
13:47que j'ai rencontrés,
13:48qui restent marqués
13:49dans leur chair,
13:50psychologiquement,
13:51leur famille.
13:52Et donc je n'entre
13:54absolument pas dans cette logique
13:56d'imaginer un seul instant
13:57que les policiers
13:57qui se lèvent le matin
13:58vont se lever
14:00pour aller agresser quelqu'un.
14:01En revanche,
14:02je peux vous dire
14:02que j'en ai rencontré
14:03beaucoup qui ont été exposés
14:05à prendre des coups
14:05pour sauver quelqu'un,
14:06qui ont fait des actions dangereuses,
14:08je pense notamment,
14:08par exemple,
14:09même dans des domaines
14:11complètement différents,
14:11comme les CRS
14:13qui sont en montagne
14:13qui vont faire des secours,
14:14ce que vous avez évoqué
14:15en affectation précédente,
14:16qui vont faire des secours
14:17et qui exposent leur vie
14:18pour des alpinistes
14:18ou pour des personnes
14:20qui ont eu un accident.
14:21Eh bien,
14:21tous ces gens-là,
14:22on les oublie un peu trop rapidement
14:23parce que ce sont des personnes
14:24qui quotidiennement
14:25s'exposent pour nous tous.
14:26Et rappelons que la police
14:27est l'un des corps
14:28les plus contrôlés.
14:30Je voudrais demander des nouvelles
14:31d'un policier en particulier
14:32dont on a beaucoup parlé
14:33sur cette antenne
14:34et d'autres
14:34dans le cadre de l'affaire
14:35Naël qui a laissé
14:36beaucoup de traces.
14:37Il y a un procès à venir.
14:38Florian, ce policier,
14:39a été victime de menaces.
14:40Rappelons-le pour lui,
14:41pour sa famille.
14:42Il a vu, M. Loger,
14:43sa présomption d'innocence
14:44brisée
14:45par une phrase
14:47du président de la République.
14:48Mais est-ce que vous pouvez
14:49nous donner des nouvelles
14:50de ce policier parmi d'autres ?
14:51Vous avez cité
14:52les milliers de policiers
14:53qui servent.
14:53Il a servi également.
14:55Il a un parcours
14:56et un pédigré
14:57qui forcent aussi le respect.
14:58On imagine aussi
14:58dans quel état il est
14:59puisqu'il y a eu mort d'homme
15:00qu'on regrette tous.
15:02Alors, je vous l'ai dit,
15:02il y a un temps,
15:04c'est le temps de l'action.
15:04Après ça, vous avez le temps judiciaire.
15:07En ce qui concerne,
15:08c'est ce qui est actuellement le cas,
15:09il exerce actuellement
15:10ses fonctions
15:11dans le cadre d'un contrôle
15:12qui a été établi
15:13dans une destination
15:14qui n'était pas celle
15:15où il était auparavant.
15:17Il a été forcément changé
15:19d'affecté, réaffecté.
15:22Les forces de l'ordre
15:22sont les derniers remparts
15:23aujourd'hui de notre société
15:24pour conclure.
15:25En tout cas,
15:25c'est un rempart qui est solide
15:27et sur lequel je peux garantir
15:30qu'on peut s'appuyer.
15:30Et le mot d'ordre
15:31pour cette journée,
15:32M. le directeur général de la police ?
15:33Je pense que le calme
15:34des vieilles troupes
15:35est un point important.
15:37C'est-à-dire que
15:37c'est une journée longue,
15:38vous l'avez dit,
15:39on va commencer tôt,
15:39on va venir à tard
15:40et sous différentes formes,
15:42avec différents types d'actions.
15:43Et je crois qu'il faut se dire
15:45qu'il faut durer,
15:46être et durer
15:47et c'est ce que nous faisons.
15:48C'est la devise finalement.
15:49On revient à cela,
15:50durer et servir.
15:51Merci Louis Logier.
15:52Merci.
15:52Vous êtes rare en interview.
15:53Vos explications sont importantes.
15:56Merci à vous.
15:56Bonne journée.
15:57Merci.
15:57Merci Louis Logier.
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