00:00Notre invité ce matin pour la grande interview sur CNews et Europe 1 est celui qui est chargé de conduire la police nationale dans sa mission, évidemment première, de protection des français, mais aussi de garantie de l'ordre.
00:11Lui, Logier, bonjour.
00:12Bonjour, Sonia, à vous.
00:13Bienvenue, merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes le directeur général de la police.
00:18Et pour ceux qui vous découvrent ce matin, car vous êtes rare en interview, je précise que votre expérience concerne plusieurs terrains.
00:23Militaire, tout d'abord, vous avez passé 10 ans de service dans l'armée, expérience préfectorale, vous avez été notamment préfet de l'ISER, au plus près de la lutte contre les narcotrafiques,
00:34et aujourd'hui donc numéro 1 de la police nationale dans un contexte extrêmement tendu, avant une journée qu'on qualifie de journée de tous les dangers.
00:40Le ministre de l'Intérieur a appelé ce matin encore au calme, tout en se montrant intraitable.
00:45Monsieur Logier, est-ce que vous êtes inquiet à l'aube de cette journée ?
00:48Je vous dirais que c'est effectivement une journée particulière qui peut générer un sentiment d'inquiétude.
00:54Et inversement, il y a aussi un gros travail de préparation qui a été réalisé et qui permet de se dire que nous sommes prêts pour affronter un événement comme celui-ci.
01:03On le voit déjà dès ce matin, il y a déjà des tensions, des blocages, on a vu dans le 20e arrondissement de Paris notamment,
01:08et puis des opérations de blocage avec une célérité, une rapidité des forces de l'ordre pour lever ces blocages.
01:13C'est un dispositif XXL, rappelons-le, 80 000 forces de l'ordre, des véhicules de la gendarmerie nationale, les fameux Centaures.
01:20Quel est l'état des lieux dès ce matin, monsieur Logier ? Est-ce que la pression est déjà forte sur les forces de l'ordre ?
01:25Alors il y a eu déjà des blocages qui ont eu lieu, certains blocages ont été débloqués.
01:29Après ça, vous savez, ce n'était pas quelque chose de binaire, c'est-à-dire qu'il y a toujours une phase de dialogue aussi sur le terrain,
01:35parce que la police est là aussi pour protéger, pour permettre aux gens de s'exprimer dans le cadre légal, bien évidemment.
01:40Dans le cas des blocages, on n'est pas dans un cadre légal, mais il y a toujours des phases de dialogue,
01:44et puis après, nécessairement, dans certains cas, la possibilité de pousser les personnes qui bloquent sur un rond-point, par exemple,
01:51ou une faculté comme c'était le cas ce matin.
01:54Moi, ce que je retiens surtout, c'est qu'il y a eu un gros travail de préparation qui a été fait en amont.
01:57Vous l'avez dit, beaucoup d'effectifs consacrés à cette mission,
01:59mais également des effectifs qui ont été préparés dans leur formation initiale,
02:03dans la manière d'affronter ce genre de circonstances, parce que c'est quelque chose qui est maintenant connu en interne,
02:09et puis des dispositifs qui ont été adaptés à la main des préfets sur le terrain
02:14pour pouvoir réagir en fonction des différents événements.
02:17Beaucoup de mobilité en perspective, beaucoup d'adaptabilité,
02:20et puis quand même une journée qui va être longue, il faut le dire.
02:22Et les plus grandes craintes ?
02:24Et vous savez, sur l'ensemble de cette journée, il y a deux phases.
02:27Parce que la journée a été qualifiée d'hybride par le ministre,
02:30et c'est exactement ça.
02:31Il y a d'un côté des blocages ou des petites actions sur le terrain qui peuvent se produire,
02:36et puis il y aura cet après-midi ou en fin de matinée des cortèges.
02:40Les cortèges, c'est institutionnel.
02:42C'est-à-dire que vous avez un travail qui a été fait en amont avec les syndicats,
02:44un itinéraire qui a été identifié, des services d'ordre, des correspondants.
02:48Nous avons des effectifs qui sont en lien avec les organisateurs de manière permanente,
02:53puisque nous ne sommes pas là pour pénaliser et pour accompagner.
02:55Nous sommes là dans la garantie d'un droit constitutionnel qui est celui de manifester.
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