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00:0011h30, 13h, Christine Kelly sur Europe 1.
00:06Nous avons en studio avec nous Fabien Van et Melrick.
00:12Vous êtes secrétaire général d'Alliance Police Nationale.
00:17Nous avons tous été marqués par cet entretien que vous avez accordé à Paris Match
00:23intitulé « La Police Nationale n'a plus les moyens de protéger les Français ».
00:29Ça fait froid dans le dos.
00:31Quand vous dites qu'elle n'a plus les moyens de protéger les Français,
00:34de quoi parlez-vous exactement ?
00:36Matériel, effectif, soutien politique ?
00:40Tout d'abord, merci pour votre invitation.
00:42Bonjour, ça résume exactement ce que vous venez de dire.
00:45Matériel, effectif, justice, laxisme.
00:51La Police Nationale aujourd'hui est sur tous les fronts.
00:53La délinquance a augmenté depuis les années 60 de plus de 400%.
00:56Aussi, je prends juste les effectifs.
00:59En 2000, on avait le même nombre d'effectifs qu'aujourd'hui en 2025.
01:02Alors qu'on connaît la délinquance, elle est loin d'être identique entre 2000 et 2025.
01:07On doit lutter contre l'immigration, mais on n'a pas le budget en conséquence
01:10et on n'a pas les créations d'effectifs en conséquence.
01:13On a une partie des politiques qui font en sorte de dénigrer la police
01:18alors qu'elle devrait la soutenir.
01:20On se retrouve avec des moyens matériels obsolètes,
01:23notamment sur la délinquance du quotidien et mes collègues qui sont sur la voie publique,
01:26où vous n'avez pas de voiture suffisante,
01:29où vous n'avez pas de moyens matériels suffisants.
01:31Quand vous en avez des nouveaux matériels comme un gilet pare-balles qui vient d'arriver,
01:34on ne trouve rien de mieux que de ne pas vous donner le gilet tactique qui va avec.
01:37Donc forcément, il fait 1,5 kg de plus le gilet pare-balles
01:40et personne ne va pouvoir le mettre parce qu'il est immétable.
01:42Quand vous vous retrouvez dans une situation avec des centres de rétention
01:46qui débordent, où malheureusement moins de 10% des OQTF vont en centre de rétention
01:51parce qu'il n'y a pas assez de place, il n'y a pas assez d'effectifs,
01:55les collègues évidemment subissent ces événements.
02:00Aujourd'hui, les effectifs de police gèrent 80% de la délinquance en France.
02:04C'est exactement ce qui se passe.
02:06Et malheureusement, ils ne sont pas en effectif suffisant.
02:08Et si je parle juste des procédures,
02:10vous avez environ 4,5 millions de procédures, policiers, gendarmes compris.
02:16Vous en avez 3,5 millions juste pour les policiers, ça c'est une aparté.
02:20Vous en avez retrouvé, après filtrage des différents parquets,
02:24vous en avez 2 millions qui partent à la poubelle
02:26et vous vous retrouvez avec 543 000 condamnations sur les 4,5 millions initiales.
02:32Ça, c'est les vrais chiffres.
02:33Donc 543 000, ça ne veut pas dire qu'ils vont tous en prison pour autant.
02:36Ça veut dire qu'ils peuvent prendre du contraventionnel, un rappel aux règles.
02:41Donc 4,5 millions, ça c'est les dossiers que vont faire mes collègues
02:44parce qu'avec la charte Marianne et l'accueil du public,
02:45il faut faire une plainte pour faire une plainte.
02:47Même s'il n'y a pas besoin de faire une plainte, vous êtes obligés de faire la plainte.
02:49Vous perdez du temps, il vous faut des effectifs.
02:52Le constat est grave, on va continuer à en parler avec vous sur Europe 1, Fabien Van Emelrich.
02:58Qu'est-ce qui marche aujourd'hui ?
03:01Qu'est-ce qui marche ? La pugnacité du policier et sa vocation.
03:06Parce que quand on est flic, on rentre par vocation.
03:09Si on parle assez crûment et directement, quand vous rentrez flic, vous aimez le métier de flic.
03:14Vous touchez 2000 balles par mois.
03:152000 balles par mois en travaillant les week-ends et les jours fériés.
03:172000 euros par mois pour se faire frapper, insulter, mépriser.
03:20C'est ce que vous dites dans Paris Match.
03:22C'est ce que je dis dans Paris Match.
03:23Vous avez 2100 euros par mois pour travailler week-ends et jours fériés.
03:26Et vous vous faites insulter parce que vous épongez tous les maux de la société.
03:30Et vous voyez que le côté obscur de la société.
03:32Vous avez rarement des bonnes nouvelles quand vous êtes flic.
03:33Donc qu'est-ce qui marche ?
03:35Le professionnalisme du fonctionnaire de police,
03:38quel que soit son service d'affectation,
03:40et sa volonté de continuer à faire appliquer les lois et règlements
03:43qu'il n'arrive plus à appliquer parce que derrière ça ne suit pas.
03:45Alors vous dites qu'on est vraiment au bord de l'effondrement,
03:48des abusés, presque a baissé les bras.
03:51Dans un instant, moi je vais vous parler des cas
03:53où j'ai vu lorsque la police a baissé les bras,
03:57ce que ça a donné concrètement et la société entière s'effondre.
04:01On en parle dans un instant.
04:02Je vais vous souhaiter 2-3 cas que j'ai repérés.
04:05Mais d'abord peut-être, j'allais dire Gabriel Cusselle,
04:09ça m'a dit un métier de là.
04:10Comment vous pouvez réagir à ce mot très fort,
04:13ce titre très fort à la police nationale
04:15a pris le moyen de protéger les Français ?
04:17Et ensuite Eric Tegner.
04:18Moi ça me fait peur en tant que citoyenne,
04:21en tant que mère de famille,
04:23en tant que journaliste, en tant que française.
04:26Moi ça m'a fait peur lorsque je vois un titre comme celui-ci.
04:29Nous payons aujourd'hui les conséquences malheureuses de l'irréparable.
04:33La situation aujourd'hui de la police et de la gendarmerie,
04:36elle répond aussi à un dépeçage
04:38qui s'est opéré depuis plusieurs années.
04:41La police de proximité a disparu dans les quartiers.
04:45La réforme de la départementalisation des enquêtes
04:48empêche justement les policiers de travailler
04:49d'un point de vue général sur l'ensemble de la métropole,
04:53notamment concernant les trafics de stupéfiants.
04:57Les cellules de veille qui étaient à l'époque,
05:00dans les années 90, sur les émeuses urbaines,
05:03Mme Lucienne Buitron, qui était une personnalité fantastique,
05:06qui travaillait auprès du président des RG,
05:09tout ça a disparu. Donc il y a aussi une rationalisation des coûts
05:12qui a énormément pesé sur les arbitrages budgétaires.
05:15Et il y a aussi évidemment tout un magma idéologique
05:19qui décourage justement les policiers,
05:21qui décourage les vocations.
05:23La Cour des comptes avait évoqué des milliers de départs
05:26justement de la fonction,
05:28en raison même des explications très didactiques de monsieur.
05:33Donc c'est un ensemble qu'il faut prendre en considération
05:36si aujourd'hui on veut à nouveau justement encourager les policiers
05:40à exercer leur travail dans les meilleures conditions qui soient,
05:44avec le soutien de la politique,
05:45avec des vrais arbitrages sur le plan judiciaire.
05:48Donc c'est un tout en fait qu'il faut analyser.
05:50La police cristallise le vrai mal français.
05:52Appelez-nous au standard européen si vous voulez réagir.
05:55Moi lorsque je vois la police nationale à plus,
05:56les moyens de protéger les français,
05:58je me dis que j'ai besoin d'avoir ma petite bande lacrymogène,
06:01c'est interdit.
06:02Je me dis que j'ai besoin de me protéger,
06:03je me dis que j'ai besoin de prendre des cours de Krav Maga,
06:05je me dis que j'ai besoin de...
06:06Non mais c'est vrai !
06:07Non mais c'est vrai !
06:08Je veux dire que si la police ne peut plus nous protéger
06:10et on voit régulièrement comment les français au quotidien,
06:14ils ont leur petite PME,
06:15ils ont leur petite entreprise,
06:16ils sont obligés de s'organiser eux-mêmes
06:18pour faire face au narcotrafic, aux raquettes.
06:21On manque une pause, on revient sur ce sujet.
06:22Eric Tegner veut intervenir sur Europe 1.
06:24Et vous réagissez au 0, 1, 80, 20, 39, 21.
06:28C'est aussi le numéro que vous pouvez composer
06:29pour témoigner et partager votre expérience ce soir
06:32dans la libre-antenne d'Europe 1,
06:35présentée par Laurent Pérez du lundi au jeudi
06:38de 22h30 à 1h du matin sur Europe 1.
06:41Europe 1, Christine Kelly.
06:43Christine Kelly et vous, la suite sur Europe 1.
06:46Vous pouvez réagir au 0, 1, 80, 20, 39, 21.
06:49Nous sommes avec vos deux chroniqueurs,
06:51chère Christine, Sabrina Medjeber et Eric Tegner.
06:54Nous parlons de la police nationale
06:55qui n'a plus les moyens de protéger les Français
06:57avec votre invité, Fabien Van Elmerich,
07:00secrétaire général d'Alliance Police Nationale.
07:03Oui, alors avec Fabien Van Elmerich,
07:05on était en train de se dire
07:06qu'à partir du moment où la police nationale
07:08ne nous protège plus,
07:09on a envie de faire du kraft maga,
07:11on a envie de s'occuper de sa propre défense,
07:13on a envie de se dire
07:15comment est-ce que je protège mes enfants,
07:17comment je protège mon commerce,
07:18qu'est-ce que je fais ?
07:19Parce que la police ne peut plus nous protéger.
07:21Non seulement on le constate,
07:22mais en plus elle le dit.
07:23Elle le dit dans Paris Match,
07:24elle le dit sur Europe 1 ce matin.
07:25Eric Tegner, sur Europe 1.
07:26Oui, elle ne peut plus,
07:28non seulement par manque de moyens,
07:29mais aussi parce que si elle sort son arme,
07:30elle se retrouve avec une enquête sur le dos,
07:32elle se retrouve avec des députés
07:33de la France Insoumise
07:34et des militants
07:35qui nous parlent de violences policières, etc.
07:37Aujourd'hui, moi je salue votre combat
07:39parce que pour les policiers,
07:40c'est extrêmement dur.
07:41Moi, tous ceux avec qui je parle me disent
07:42qu'on hésite quand même à démissionner.
07:45Beaucoup ont démissionné,
07:46quittent la police, etc.
07:47C'est extrêmement inquiet.
07:47Effectivement, les Français,
07:48ils sont obligés de s'organiser.
07:49Mais ce que je note,
07:50c'est que depuis une dizaine d'années,
07:51la seule chose qui a réussi l'État,
07:53c'est de désarmer les Français.
07:54Vous savez, pour prendre les vieilles armes,
07:55il y a eu près de 200 000 armes
07:57qui ont été saisies.
07:58Donc visiblement, le danger,
07:59c'était d'avoir chez soi
08:00le vieux fusil de chasse
08:02transmis par le grand-père
08:04ou l'arrière-arrière-grand-père.
08:05Ça, ils se sont su bien faire.
08:06Et pourquoi ils l'ont fait d'ailleurs ?
08:07Parce qu'ils se sont dit,
08:08le problème, c'est que si un jour,
08:09ça va péter dans les banlieues,
08:11les Français,
08:11ils vont pouvoir se défendre.
08:13Donc là, on va se retrouver
08:14avec potentielle guerre civile,
08:15si encore on peut appeler ça
08:16une guerre civile,
08:17face à des populations
08:17qui parfois ne sont pas
08:18réellement françaises.
08:19Et donc, on s'est dit,
08:21on va désarmer le Français.
08:22En revanche, désarmer quand même
08:23les banlieues,
08:24ça, ils n'ont pas réussi à faire.
08:25Et vous avez raison, Christine,
08:26aujourd'hui, je vois de plus en plus
08:27de gens, notamment de jeunes femmes,
08:29qui sont obligés d'aller s'entraîner,
08:30d'aller faire du support de combat.
08:30On peut désarmer les policiers
08:31avant de désarmer les bandits.
08:33Tout à fait, n'importe quoi.
08:33Pardon, excusez-moi,
08:34c'est ça, en fait.
08:36On se dit,
08:37ben voilà,
08:37quelqu'un va débarquer chez nous,
08:38on ne peut rien faire.
08:39On ne peut rien faire,
08:40on ne peut pas se défendre.
08:41Et donc, ça,
08:41c'est absolument scandaleux.
08:43Quand on voit,
08:43vous imaginez,
08:44quand on voit que, de toute façon,
08:45les policiers se font traîner en justice,
08:47quand on voit le policier
08:48dans l'affaire Naël,
08:48comment il se fait traiter en justice,
08:50ben le Français,
08:51qui a un cambriolage chez lui,
08:52il se dit,
08:52ben je suis obligé de leur dire,
08:54prenez-moi tout.
08:55Et qu'est-ce qu'il fait ?
08:55On va parler tout à l'heure
08:56de l'électricité qui coûte cher.
08:57Mais le Français,
08:58il est obligé aujourd'hui
08:59de payer notamment des abonnements
09:00pour mettre des caméras de sécurité chez lui.
09:02Ça, ça coûte cher.
09:03On n'en parle pas.
09:04Ce coût supplémentaire,
09:05c'est-à-dire qu'on paye non seulement
09:06nos impôts d'un côté
09:07pour assurer notre sécurité,
09:08mais dans le même temps,
09:09on est quand même obligé
09:10de payer notre propre sécurité.
09:11Alors, appelez-nous au standard d'Europe 1
09:13pour réagir à cette police
09:15qui n'a plus les moyens
09:16de protéger les Français.
09:18Et moi, je vous,
09:19tout à l'heure,
09:19on va écouter les propos choquants
09:21tenus lors d'une soirée de Mediapart
09:23avec cette histoire d'une balle
09:25dans la tête d'un blanc.
09:26On en parlera dans un instant.
09:28Mais d'abord,
09:28je vais vous parler
09:29des extraits que j'ai trouvés,
09:30des cas que j'ai trouvés
09:31lorsque la police a abandonné,
09:33lorsque la police n'a plus les moyens.
09:36Cher Fabien Van Némerick,
09:37vous êtes secrétaire générale
09:38d'Alliance Police Nationale,
09:39vous êtes le sud-deux d'Europe 1 avec nous.
09:41Et par exemple,
09:42je prends le cas de Haïti.
09:43Haïti,
09:43après l'assassinat du président haïtien
09:46en 2021,
09:47la police nationale,
09:48sous-équipée,
09:48mal payée,
09:49a perdu le contrôle
09:50de la capitale Port-au-Prince.
09:52Conséquence,
09:52les gangs ont pris le pouvoir
09:54dans plusieurs quartiers.
09:55Il n'y a plus d'autorité réelle
09:56de l'État
09:56dans ces internes zones
09:57et jusqu'à maintenant,
09:5880% de la capitale
10:00est contrôlée
10:01par des groupes armés.
10:02Ça, c'est en Haïti.
10:03En Minneapolis,
10:04en 2020,
10:05souvenez-vous,
10:06après la mort de George Floyd,
10:07des émeutes massives
10:09avaient éclaté.
10:09La police était débordée
10:11et en partie retirée
10:13de certains secteurs
10:14qui avaient abandonné
10:15le commissariat
10:16du 3e district.
10:17Je ne sais pas
10:17si vous vous rappelez de ça.
10:19Conséquence,
10:19pendant plusieurs jours,
10:20les habitants vivent
10:22sans force de l'ordre.
10:23Qu'est-ce qui s'était passé ?
10:24Vous vous souvenez ?
10:25Des pillages,
10:26des incendies,
10:27des affrontements.
10:27Oui, mais il voulait
10:28en profiter.
10:30On va vivre sans la police,
10:31on va voir ce que ça donne.
10:33Résultat,
10:33pillage,
10:34incendie aux États-Unis.
10:35Et puis, après coup,
10:36cela a conduit
10:36à un grand débat
10:37sur le defund the police
10:40et la reconstruction
10:41de la confiance.
10:42À Mayotte,
10:42un autre exemple,
10:43lors de l'opération Wambushu,
10:45la police était débordée
10:47par la violence
10:47entre bandes
10:48et migrants clandestins.
10:49Pendant plusieurs semaines,
10:51les zones entières
10:51étaient contrôlées
10:52par des groupes
10:52d'autodéfense.
10:53D'autodéfense !
10:54La police locale
10:55a dû se retirer
10:56temporairement,
10:57mini-arnarchie insulaire
10:59due à l'effondrement
11:00partiel de l'autorité.
11:01Donc, on voit que
11:02lorsque la police
11:02n'a plus les moyens,
11:04lorsque la police,
11:05comme vous dites,
11:05Fabien Van Emelrich,
11:07que vous êtes épuisé,
11:09oublié,
11:10désabusé,
11:10que vous êtes,
11:12que sans un électrochoc,
11:13tout le système s'effondra,
11:14voilà ce qui se joue,
11:15voilà ce qui pend
11:16au nez de la France
11:17aujourd'hui.
11:18Mais c'est exactement ça.
11:20Aujourd'hui,
11:20la France,
11:20elle est gangrénée.
11:21Elle est gangrénée
11:22par l'insécurité
11:23et l'impunité.
11:24Et malheureusement,
11:25l'un ne va pas sans l'autre.
11:26Et avant,
11:27on n'arrivait
11:27à canaliser les choses.
11:28Pourquoi ?
11:28Parce qu'il y avait
11:29des effectifs
11:29en suffisance
11:31par rapport
11:31à des situations
11:32de crise
11:32dans certaines circonscriptions,
11:34dans certaines communes,
11:35mais pas partout.
11:36Aujourd'hui,
11:36il n'y a plus une commune
11:38où il ne se passe rien
11:40et que c'est calme
11:41entre guillemets
11:41pour un policier.
11:42Le policier,
11:43il se retrouve confronté
11:45à la dangerosité,
11:46à la criminalité,
11:48aux délits,
11:48aux infractions,
11:49dans toutes les petites
11:50circonscriptions,
11:51y compris dans la France
11:52profonde et dans les provinces.
11:53Oui,
11:53y compris en Outre-mer,
11:54par exemple,
11:55dans ma petite commune
11:55où je suis né au Lamantin.
11:57Maintenant,
11:58il y a des armes,
11:58il y a eu une double page
12:00dans le Parisien.
12:01Des armes en veutuant,
12:02voilà,
12:02des petits jeunes de 13 ans
12:03qui sont ultra armés
12:05en Outre-mer.
12:07C'est incroyable.
12:08Mais vous citez l'Outre-mer,
12:09alors là,
12:09c'est l'exemple le plus criant.
12:11C'est incroyable.
12:12Pour avoir été dernièrement
12:14en Martinique,
12:14par exemple,
12:15ils se font tirer dessus
12:16à balles réelles.
12:17Ils se font tirer dessus
12:18à balles réelles.
12:18Vous n'avez pas une voiture
12:19de police sans un trou
12:20dans la carrosserie.
12:22C'est fou.
12:22Là-bas, c'est fou.
12:23La Réunion, c'est pareil.
12:24Et on n'en parle pas.
12:25On se retrouve
12:25dans des situations catastrophiques.
12:27Donc, pourquoi on en parle moins ?
12:29Parce qu'on se retrouve
12:29à des milliers de kilomètres
12:30et puis comme ça se voit moins,
12:31on évite d'en parler
12:32et puis on met encore,
12:33comme on dit toujours,
12:34la poussière sous le tapis.
12:35Oui, mais ce qui arrive
12:36en Outre-mer,
12:36après, ça arrive ici.
12:38On va à Thierry
12:39qui nous appelle
12:40Haute-Garonne.
12:41Bonjour Thierry.
12:43Oui, bonjour
12:43madame Christine Kelly.
12:45Bonjour à vos invités.
12:47Vous avez été policier,
12:48vous, pendant 7 ans ?
12:49Oui, pratiquement.
12:50Oui, oui, complètement.
12:51Alors, comment vous réagissez ?
12:54Je réagis que...
12:55Ce sont des faits connus.
12:56C'est très connu
12:57qu'effectivement,
12:58les moyens ne suffisent pas.
13:01On sait bien
13:02qu'au niveau de l'armée,
13:03les moyens n'y sont pas.
13:04La police,
13:05les moyens n'y sont pas.
13:07Puis, il n'y a pas
13:07que les moyens,
13:08il y a la justice également.
13:09Quand il y a une enquête
13:09qu'on voudrait
13:10essentiellement faire
13:11une enquête préliminaire
13:12qui est demandée
13:15par le parquet,
13:16on va vérifier
13:17si ça ne coûte pas trop cher.
13:18Et puis, on va éviter.
13:19Voilà.
13:20Puis, quand on regarde
13:20les véhicules,
13:22pareil, les véhicules...
13:23Enfin...
13:24Mais dans ce moment...
13:25Les véhicules,
13:26effectivement,
13:26qu'ils ne sont pas
13:27en très bon état,
13:28mais dans ce moment
13:28de budget
13:29où on dit
13:29que la France n'a pas d'argent,
13:30où on a des dépenses publiques
13:31qui explosent,
13:32est-ce que vous pensez,
13:33mon cher Thierry,
13:34vous qui avez été policier
13:35pendant ces temps,
13:36vous pensez réellement
13:38qu'avec des moyens supplémentaires,
13:42ça pourrait aider la police
13:43ou bien, au contraire,
13:44c'est une décision politique ?
13:45Est-ce que peut-être
13:46une autorité
13:48à restaurer,
13:49selon vous ?
13:50C'est un tout,
13:52en fait.
13:53C'est les moyens,
13:55bien entendu,
13:56parce que vous avez
13:56de plus en plus
13:57de policiers,
13:57de gendarmes
13:58qui démissionnent.
13:59Quand ils voient
14:00la réalité du terrain,
14:01ils démissionnent.
14:03Voilà.
14:04Et puis aussi,
14:07la volonté politique
14:08de vouloir,
14:09comment dire,
14:10porter un petit peu
14:12les forces de l'ordre
14:14sur plein de sujets.
14:18On voit ce qui se passe
14:19aujourd'hui.
14:20Les quartiers
14:21sont en désuétude.
14:23Enfin, voilà.
14:24Donc,
14:24à tous les niveaux.
14:26C'est pour ça que je pense
14:27que c'est très important
14:28de pouvoir
14:28rebattre les cartes
14:32et renverser la table
14:33un petit peu.
14:34Thierry,
14:35pourquoi vous avez quitté
14:35la police ?
14:36Question d'âge
14:37ou bien...
14:37Non.
14:39Alors,
14:40moi,
14:40j'ai quitté
14:40en septembre 2017
14:41parce que
14:43c'était plus
14:44pour moi,
14:45c'était plus...
14:47Je suis enseignant,
14:48pour tout vous dire.
14:50Et j'avais cette carte-là
14:51qui me permettait
14:52de pouvoir rebondir
14:53dans le métier
14:53d'enseignement.
14:55Donc,
14:55j'ai fait de la formation
14:56continue pour adultes
14:57dans un premier temps
14:58et puis là,
14:58depuis le premier septembre dernier,
15:00je suis enseignant
15:01en éducation nationale
15:02dans un lycée
15:03où j'étais...
15:03D'accord,
15:04mais vous n'avez pas laissé
15:04la police parce que
15:05vous en aviez marre ?
15:06Ou bien parce que...
15:07Aussi,
15:08un petit peu aussi.
15:10Bien sûr,
15:11parce que ça ne correspondait plus
15:12à,
15:13comment dire,
15:15à une continuité de carrière,
15:17mais aussi,
15:20je voyais un petit peu
15:20l'ambiance,
15:21je voyais un petit peu
15:22ce qui se passait.
15:22Oui,
15:23c'est ça.
15:23Restez en ligne avec nous.
15:24et bon,
15:25voilà.
15:25Restez en ligne avec nous,
15:26mon cher Thierry,
15:27je continue avec notre invité,
15:28Fabien Van Niemelrich,
15:30qui est secrétaire général
15:31d'Alliance Police Nationale,
15:32qui est dans le studio d'Europe 1.
15:34Est-ce qu'il est encore possible,
15:35selon vous,
15:36d'assurer la sécurité
15:37partout sur le territoire français ?
15:40Ça sera possible,
15:41et ça l'est encore,
15:41parce qu'évidemment,
15:42comme je vous ai dit tout à l'heure,
15:43mes collègues font tout
15:44pour que ça le soit.
15:45On se retrouve sur la tangente,
15:47permettez-moi l'expression,
15:47c'est-à-dire que ça le sera possible
15:48s'il y a un signal politique
15:49digne de ce nom.
15:50C'est une réponse pénale adaptée.
15:52Qu'est-ce que vous en avez
15:53par signal politique ?
15:54C'est une réponse pénale ?
15:55La réponse pénale.
15:56Peut-être que certaines phrases chocent,
15:58mais quand j'ai dit
15:59il y a quelques années
16:00le problème de la police
16:00et de la justice,
16:01bon, on en est là.
16:02Vous interpellez des individus,
16:04c'est l'individu,
16:05le héros,
16:06ce n'est pas le fonctionnaire
16:06de police.
16:07J'ai cité dernièrement
16:09sur une publication
16:09un souci qui a été rencontré
16:11dans une ville,
16:12certes,
16:13assez tranquille normalement,
16:14même si...
16:15Racontez-nous.
16:15Narbonne.
16:16Prenons Narbonne.
16:17Narbonne,
16:18des collègues
16:19veulent interpeller
16:19un individu dans un quartier sensible.
16:21Malheureusement,
16:22ils ne parviennent pas
16:23à l'interpeller.
16:24Pourquoi ?
16:24Parce qu'ils ne sont pas
16:25assez nombreux.
16:26Ça finit,
16:26comme souvent,
16:27caillassage et meute.
16:28Ils laissent tomber.
16:29Ils s'en vont.
16:30Ils n'ont pas le choix.
16:31L'individu arrive à fuir.
16:33Deux jours plus tard,
16:34ils retournent
16:35au même endroit.
16:35Ils vont chercher l'individu.
16:37Ils vont chercher l'individu,
16:38caillassage en règle.
16:40Forcément,
16:40ça ne se passe pas bien.
16:41Vous avez deux collègues blessés
16:42la première fois
16:44où ils essaient de l'interpeller.
16:45Vous en avez trois autres
16:46la deuxième fois.
16:47Ce qui fait
16:47cinq collègues blessés
16:49dont un avec 28 jours d'ITT.
16:52Cet individu est interpellé.
16:53Tenez-vous bien,
16:54il a 16 ans.
16:55Il aura bientôt 17 ans.
16:57Il a été laissé libre.
16:58Il sera convoqué ultérieurement.
17:00Mais quand ils ont été reçus
17:01par un caillassage en règle
17:02comme ça se passe
17:03dans n'importe quelle cité
17:03qui a été sensible aujourd'hui,
17:05ça a été la même chose.
17:06On a interpellé deux majeurs.
17:08Les policiers ne sont pas assermentés
17:10pour le magistrat,
17:12pour le paquet,
17:13pour la justice de manière générale.
17:14Ça ne suffit pas.
17:15C'est-à-dire que mes collègues
17:16ont reconnu formulement
17:17les deux caillasseurs.
17:18Mes collègues ont interpellé
17:19ces deux caillasseurs.
17:20Ils ont été laissés libres
17:21parce qu'il n'y avait pas
17:22la caméra de vidéosurveillante
17:23qui pouvait confirmer
17:24ce que disaient les policiers.
17:26Mais ça, c'est un épiphénomène
17:27ce que je dénonce là.
17:28C'est des milliers,
17:29millions d'interventions
17:30tous les jours.
17:32Donc, quand vous avez
17:33l'impunité,
17:34le laxisme,
17:35derrière tout ça,
17:35mais un laxisme idéologique.
17:36Oui, parce que vous dites aussi
17:37dans le...
17:38Pardon, je laisse terminer
17:39sur le laxisme idéologique.
17:40Quand vous avez ce laxisme
17:45à mettre tout le monde
17:45non plus dans le même panier,
17:46mais une grosse partie
17:47qui trouve toujours
17:49des circonstances atténuantes
17:51où ça sera tout
17:52sauf la prison,
17:53eh bien, on se retrouvera
17:54toujours dans des situations
17:55de plus en plus difficiles.
17:56Alors, Fabien Van Emelry,
17:58qui est secrétaire général
17:59d'Alliance Police Nationale
18:00en direction européen,
18:01vous dites, par exemple,
18:02dans l'article de Paris Match
18:03dont on parle ce matin,
18:04vous dites, par exemple,
18:05que normalement,
18:07une attaque contre les policiers,
18:08par exemple,
18:09on doit être condamné
18:11à trois ans de prison
18:11et en moyenne,
18:12ils font huit mois
18:13et en réalité,
18:14ils sont rarement
18:15les peines sont rarement
18:17à exécuter.
18:18Ben, c'est exactement ça.
18:20Moi, je sais que j'ai eu
18:21des débats
18:21et des disputes
18:22même assez houleuses
18:23avec un certain garde des Sceaux
18:25avant celui-ci,
18:25donc Dupond-Moretti
18:26pour ne pas le citer
18:27parce qu'il n'était pas d'accord
18:28sur les chiffres,
18:28mais sauf que c'est les chiffres
18:29de la justice,
18:29ce n'est pas les chiffres
18:30de la police.
18:31Quand vous agressez un policier,
18:32vous risquez trois à cinq ans
18:33de prison.
18:34La peine moyenne ferme,
18:36promenoncée,
18:36est de huit mois.
18:38Donc, ça veut dire
18:38que vous n'allez jamais en prison
18:39et c'est une peine moyenne.
18:45prendre les trois ans
18:46et les cinq ans.
18:46Donc, d'une part,
18:47il n'y a pas l'immédiateté
18:48de la peine,
18:48ça c'est la première chose,
18:50et en plus,
18:50vous n'avez pas de sanctions
18:52en adéquation avec une situation.
18:53Donc, même pour un primo-délinquant,
18:55les vertus pédagogiques
18:56ne seront jamais.
18:57C'est-à-dire,
18:57quand vous allez interpeller
18:58le primo-délinquant,
18:59vous pouvez faire une erreur,
19:00tout le monde peut faire une erreur.
19:01Vous avez des gamins
19:02qui font des erreurs
19:03et qui retournent
19:03dans le droit chemin.
19:04Il ne faut pas non plus
19:04être complètement dans l'extrême,
19:07il faut être mesuré.
19:08Mais ce gamin-là,
19:09la vertu pédagogique,
19:10pardon, il ne l'aura pas
19:11parce qu'il sera sanctionné,
19:12éventuellement s'il l'est,
19:14dans 12 voire 18 mois plus tard.
19:16Donc, ça ne sert à rien,
19:17il y aura eu 20 antécédents
19:19supplémentaires entre-temps.
19:20Donc, on se retrouve
19:21dans une situation chaotique
19:22où c'est, attention,
19:24c'est une partie de cette magistrature
19:25qui le souhaite.
19:26Derrière tout ça,
19:27quand on parle des politiques,
19:28quand on parle de l'extrême-gauche,
19:29tout ça, malheureusement,
19:30on est gangrené par cette situation.
19:32Et vous dites,
19:33dans cet indique de Paris Match,
19:34que les policiers s'endorment
19:37avec la peur et rentrent chez eux
19:38avec la peur,
19:39alors que les agresseurs
19:40y rentrent chez eux,
19:41ils dorment tranquillement.
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