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  • il y a 4 mois

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00:00Tout à l'heure, monsieur. Et puis, quel bonheur d'accueillir un très grand écrivain à qui l'on doit des succès,
00:05comme Je vais bien, Ne t'en fais pas, Des vents contraires, ou encore Il ne se passe jamais rien ici.
00:10Bonjour, Olivier Adam.
00:11Bonjour.
00:12Et merci d'être avec nous ce matin. Et là, je dois vous dire que vous m'avez conquis avec votre dernier roman,
00:17et toute la vie devant nous, j'ai tout aimé, à part la coquille à la cinquième ligne, page 160.
00:24Ça, c'est pour prouver que je l'ai vraiment lu.
00:26Et je me suis complètement laissé embarquer par cette histoire qui raconte sur 40 ans la vie d'un trio d'amis,
00:33Sarah, Paul et Alex, que tout le monde surnomme les Inséparables.
00:38Leur histoire, elle commence en 1985, quand Paul emménage avec sa famille dans une petite ville de l'Essonne.
00:45C'est là où vous avez grandi, Olivier Adam ?
00:46Oui, j'ai grandi dans l'Essonne, à Draveil, précisément.
00:49Voilà. Et ils vivent tous les trois dans l'allée des Sycomores, où les pavillons sont tous identiques.
00:55Et ce qui va profondément les lier entre eux, c'est un secret dramatique qu'on découvre assez vite dans le roman,
01:00mais je ne sais pas si on peut en parler, donc je vous laisse le choix.
01:03Disons que ce qui va les lier, c'est un drame qui est la mort du petit frère d'Alex, un des trois.
01:10Par contre, ce qu'on ne va pas dire, c'est pourquoi ils s'en sentent, entre guillemets, responsables,
01:15et pourquoi il y a un certain nombre de choses qui vont cacher pendant des années et des années à tout le monde,
01:21y compris aux parents de petit frère.
01:22Oui, ils décident en tout cas de ne rien dire à personne.
01:24Voilà, ils ne veulent rien dire.
01:25Et alors, leur amitié, elle est racontée du point de vue de Sarah et Paul,
01:28qui se racontent l'un l'autre en se disant « tu » à deux voix.
01:32Donc voilà, à chaque chapitre, on change.
01:34C'est comme un espèce d'échange épistolaire, un échange de lettres.
01:37Ils vont confronter leurs souvenirs, et pendant tout le roman, il y a un suspense.
01:41Pourquoi ils se racontent tout ça après 40 ans d'amitié ?
01:44Oui, c'est ça, c'est qu'il y a vraiment une dimension rétrospective.
01:47On est vraiment en 2025, ça commence par une sorte de pèlerinage sur les lieux de leur enfance,
01:52et on comprendra qu'à la fin, pourquoi ils ont choisi à ce moment-là de se raconter leur propre histoire.
01:59Ce qui m'intéressait aussi, c'est qu'à travers ça, ça permet à chacun de reconsidérer tout ce qui s'est passé,
02:05tout ce qu'ils ne se sont pas dit parfois, tout ce qu'ils ont mal compris,
02:07tous les malentendus, tous les secrets qui les ont liés.
02:11Et puis aussi, on retraverse 40 ans d'histoire contemporaine du pays.
02:15Et nous, en tant que lecteurs, c'est ça qui est très agréable dans votre livre,
02:18c'est que c'est bourré de nostalgie.
02:20Vous nous faites voyager dans nos souvenirs collectifs, de récréable, à temps X, la musique,
02:26passant par la chute du mur de Berlin, ou les grandes grèves de 1995.
02:30En fait, c'est un roman quasiment en interaction avec le lecteur.
02:33Je ne sais pas si vous l'avez pensé comme ça, mais il y a un peu de ça.
02:35Si, je l'ai pensé comme ça, mais ce qui m'intéressait beaucoup, au-delà des grands événements,
02:38c'est comment ils impactent la personnalité même et les relations même des personnages.
02:44Si je commence par raconter l'époque des années 80, de Cocorico-Coboy et de la Plémette,
02:49le soir qu'on regardait tous en dînant,
02:52c'est pour parler de la construction de deux garçons,
02:57dans une époque qui était très viriliste, très macho, très masculiniste.
03:00Si je parle des nuits fauves, à un moment donné, c'est pour parler de la question de l'orientation sexuelle,
03:06et des années Sida, et de ce que ça crée de peur et d'angoisse pour un jeune homosexuel dans ces années-là.
03:12Enfin, à chaque fois, j'essaie de faire en sorte que...
03:15C'est en résonance avec les personnages.
03:16Voilà, c'est en résonance avec les personnages et ce qui leur arrive.
03:18Pareil pour les évolutions de la société sur les aspects masculins-féminins,
03:21ce qu'on appelle aujourd'hui MeToo.
03:23On va se rendre compte assez vite que, pour un des personnages,
03:26des choses qui lui sont arrivées dans sa jeunesse et qui, au regard des années 80-90,
03:30paraissaient presque normales ou acceptées,
03:34vu d'aujourd'hui, c'est impossible.
03:36Donc, avant l'écriture ou pendant l'écriture,
03:39vous vous êtes, j'imagine, vous-même replongé,
03:41justement, dans tous ces événements, dans toutes ces périodes ?
03:43Oui, mais la musique est le plus important.
03:45C'est ça, la Madeleine.
03:47J'écris dans un café.
03:49Ça me fait plaisir que vous disiez ça, vu que c'est ma spécialité.
03:51Ça marche tellement vite.
03:53La musique, ça nous connecte tout de suite avec nous.
03:55Les trois personnages sont liés par la musique.
03:57En fait, ils ont chacun des velléités artistiques.
03:59L'un, la peinture, l'autre, le théâtre, l'autre, l'écriture.
04:02Mais le projet qu'ils auront ensemble,
04:04c'est d'écrire des chansons, de jouer des chansons.
04:06Ils rêvent à un moment donné de devenir un groupe,
04:09d'être signés par un label.
04:10Il leur arrive une mésaventure qui m'est arrivée dans la vie
04:13et qu'on racontera ou pas.
04:15Mais après, moi, j'écris dans un café
04:17où ça passe beaucoup de vieilles chansons françaises
04:20ou de chansons françaises à 80, 90.
04:22Et c'était en permanence des piqûres, pour moi, de rappel.
04:26Et même la manière dont leur rapport à la chanson
04:29dit quelque chose de leur classe sociale
04:32ou de leur affranchissement de leur classe sociale.
04:34Leur parent écoute un certain nombre d'artistes.
04:36Eux, comme ils veulent un peu...
04:38Ils vont devenir un peu des transclasses, comme on dit.
04:40Ils vont avoir des goûts un peu plus raffinés.
04:45Au contraire, être snob volontairement
04:48pour s'affranchir de l'endroit d'où ils viennent.
04:50Et puis après, c'est aussi des marqueurs culturels, sociaux.
04:55Un petit exemple avec cette musique, par exemple.
04:57Mais ce qu'il y a de fort dans le livre,
05:06c'est que dès qu'on lit le titre,
05:08on a le refrain sur tous les morceaux
05:09parce que je crois qu'il y a du Goldman.
05:10Il y a plein de choses.
05:11Et à chaque fois, on a l'air qui nous accompagne
05:14au moment où on lit les lignes.
05:15On n'arrive pas à équiter ces chansons.
05:17Cette chanson, par exemple,
05:19définit exactement où on est socialement.
05:21On est les héros de cette chanson, les trois.
05:24Parce que ce qui est important,
05:26c'est qu'ils viennent exactement tous les trois
05:27du même milieu social
05:28à un tel point même que leurs maisons sont les mêmes.
05:32Leurs parents viennent du même milieu, etc.
05:36Ils vivent dans un petit lotissement
05:37où ils sont locataires.
05:38En banlieue, comme ça, il y a plein d'hierarchies.
05:41Les HLM, les lotissements où on est locataire,
05:43si on est propriétaire.
05:45Les lotissements un peu chics, Kaufmann & Broad.
05:47Les villas, voire les cités-jardins.
05:50Et eux, ils sont vraiment à cet endroit-là.
05:52C'est-à-dire, oui, ils partent en vacances
05:54une fois par an, avec leurs parents, au camping.
05:57Et ils utilisent des glaces à l'eau.
05:58En passant devant les restaurants, ils n'y vont pas.
06:00En regardant les grands hôtels, ils n'y vont jamais.
06:01Et les beaux voiliers.
06:03Et c'est aussi cette petite guerre
06:05qu'il peut y avoir entre quartier riche
06:06et quartier populaire que vous décrivez
06:08très bien dans ce livre.
06:10Olivier Adam va continuer à en parler
06:11tout au long de cette émission.
06:13Et toute la vie devant nous,
06:14c'est votre nouveau roman publié
06:16chez Flammarion.
06:17Dans un instant...
06:18...
06:18...
06:19...
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