00:01Non, et je crois que vous pouvez au moins nous reconnaître que nous avons le mérite de la cohérence et de la constance.
00:06Lorsqu'en décembre dernier, M. Bayrou nous avait appelés là aussi pour des consultations qui visent à quoi ?
00:13A la fois à former un gouvernement, mais aussi à former un budget.
00:17Là aussi, nous avions refusé. Pourquoi ? Parce que comme dans toutes les démocraties,
00:21nous demandons au Premier ministre, M. Sébastien Lecornu, de se soumettre au vote de confiance,
00:26ou alors nous le soumettrons au vote de censure.
00:28Et puisque M. Bayrou vient de se soumettre au vote de confiance, Mme Pannot, pourquoi vous ne dites pas les yeux dans les yeux ça, Sébastien Lecornu ?
00:35Comment se fait-il que vous soyez les seuls à refuser d'y aller ?
00:38Mais parce que nous respectons la dignité du Parlement et la dignité de la démocratie.
00:42Comprenez que lorsque vous avez un président de la République qui continue, coûte que coûte la même politique,
00:47qui a été pourtant désavouée par trois fois dans les urnes,
00:50et il faut comprendre quand même l'ampleur de la chute du gouvernement Bayrou lundi dernier.
00:55C'est deux tiers des parlementaires qui ont voté contre la confiance.
00:59Donc, il ne peut pas continuer cette même politique, coûte que coûte,
01:03avec un déni de démocratie qui est évident vis-à-vis de l'élection précédente.
01:07Je repose ma question, tout ce que vous venez de nous dire là, pourquoi vous le dites par voix de presse,
01:10ou dans votre conférence de presse hier, dont vous recevez un mail, d'abord deux mails lundi soir,
01:14puis il appelle un de vos collaborateurs je crois, Matignon, racontez-nous comment ça s'est fait,
01:17comment vous l'avez formalisé, encore une fois, pourquoi vous êtes les seuls,
01:20les socialistes y vont dans une heure, les écologistes y vont, même le parti communiste y va,
01:25pourquoi vous n'y allez pas ?
01:26Parce qu'encore une fois, nous respectons un ordre républicain,
01:30et tant que le Premier ministre n'est pas passé devant l'Assemblée nationale,
01:33et qu'il n'aura pas demandé un vote de confiance, ou à défaut une motion de censure,
01:38nous n'irons pas négocier, et d'ailleurs nous n'avons rien à négocier avec eux.
01:41Nous ne participerons pas à sauver ce qui reste de la Macronie,
01:45en faisant un soutien sans participation à un gouvernement.
01:47Il ne s'agit pas de marchander, Mathilde Bernot, il s'agit de discuter.
01:49Qu'est-ce que vous dites aux socialistes qui y vont aujourd'hui ?
01:51Toute la logique du budget qui est faite, nous voulons une rupture.
01:54On vous entend, mais qu'est-ce que vous dites aux socialistes qui, eux, ont accepté de s'y rendre,
01:57sans sectarisme, disent-ils, pour défendre leurs idées,
02:00pour pousser, par exemple, plus de justice fiscale,
02:02une modification de la réforme des retraites, que leur dites-vous ?
02:04Vous savez, nous ne sommes pas sectaires.
02:05Nous respectons le mandat qui nous a été donné par le peuple.
02:08Et peut-être que ça vous dépasse, et ça dépasse apparemment la Macronie,
02:12mais la démocratie, c'est justement cela.
02:13La démocratie, c'est plusieurs alternatives, et offres politiques qui s'offrent au pays,
02:18et c'est à ce moment-là qu'on choisit et qu'on décide.
02:20Écoutez, il y a eu, en moins d'un an, deux ministres de gouvernement macronistes,
02:25deux premiers ministres, qui ont été tombés à la fois par un vote de censure,
02:30puis par un vote de confiance.
02:31Est-ce qu'on va continuer à avoir un gouvernement tous les trois mois ?
02:35Ma question, c'est que si les socialistes obtiennent des avancées,
02:38par exemple, sur une taxe sur les plus riches,
02:40est-ce que vous censurez quand même Sébastien Lecornu,
02:42ou vous pouvez reconnaître que ça irait dans le bon sens ?
02:44Mais vous vous rappelez des avancées qu'a obtenues le Parti Socialiste avec François Bayrou ?
02:48Le conclave sur les retraites, vous savez,
02:49qui devait revenir sur la retraite à 64 ans,
02:52rejetée par tout le pays, rejetée par l'Assemblée,
02:55rejetée par l'ensemble des syndicats.
02:57Quel a été le résultat de ça ?
02:58Rien.
03:00Absolument rien.
03:01Quel a été le résultat des 4000 postes de professeurs
03:04qu'ils avaient soi-disant sauvés dans le budget ?
03:07Eh bien là aussi, rien.
03:08Parce que ce qui s'est passé, c'est qu'ils ont dit
03:10« D'accord, nous enlevons un peu certains des milliards,
03:13mais ensuite, ce qu'ils font chaque année,
03:15c'est qu'ils gèlent et ils annulent des crédits au cours de l'année.
03:18L'année dernière, c'est 15 milliards de crédits
03:20qui ont été annulés ou gelés. »
03:23Donc je ne crois en rien
03:24des promesses qui pourraient être faites.
03:27Et je le redis,
03:28tous ceux qui permettront de sauver Macron
03:31tomberont avec lui.
03:31« D'accord, c'est qu'il y a une autre chose qui va être fait. »
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