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  • il y a 11 mois
Moins de quatre jours après la spectaculaire intrusion dans le ciel polonais de 19 drones russes, un autre pays membre de l'Otan, la Roumanie, a affirmé qu'un appareil sans pilote avait violé son espace aérien. 
Dans le même temps, les Polonais et l'Alliance atlantique ont déployé des hélicoptères et des avions de combat en raison d'attaques de drones russes en Ukraine, non loin de la frontière polonaise.

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Transcription
00:00Et ravi de vous retrouver pour les informés de l'Europe, votre émission de décryptage de débats autour de l'actualité européenne de la semaine avec vous.
00:12François Baudonnet, bonjour François.
00:13Bonjour Adrien, bonjour à tous.
00:14Vous êtes rédacteur en chef de la rédaction européenne de France Télévisions.
00:18Aujourd'hui nous allons revenir sur l'actualité de la semaine et même de ces dernières heures avec cette menace russe qui s'accentue sur toute une partie de l'Europe.
00:26Pour en parler, nous avons non pas deux mais trois invités ce matin François.
00:30Oui, nos deux et trois informés de l'Europe aujourd'hui sont Alexandre Cunis, rédacteur en chef au quotidien économique Les Echos et ancien correspondant à Bruxelles.
00:39Audrey Vezaz, journaliste à Public Sénat et Virginie Pironon de la rédaction internationale de Radio France.
00:46Bonjour à tous les trois.
00:47François, nous évoquons donc ce qui s'est passé ces derniers jours et ces dernières heures même à la fois en Pologne et désormais en Roumanie.
00:56Ces intrusions de drones russes.
00:58Absolument, la tension monte encore d'un cran en Europe de l'Est.
01:02Hier soir, la Roumanie a signalé la violation de son espace aérien par un drone lors d'une attaque russe contre des infrastructures ukrainiennes.
01:09L'armée roumaine a alors dépêché deux avions de combat F-16 pour suivre cet engin.
01:16Alors Virginie Pironon, vous allez nous donner les derniers développements de la soirée et de la nuit en Roumanie.
01:21Alors Bucarest, sans affirmer indirectement qu'il s'agit d'un drone russe, même si évidemment tout porte à le croire,
01:27a précisé qu'un engin aérien a violé son espace aérien.
01:31Alors l'armée roumaine, d'après un communiqué de son ministère de la Défense, a aussitôt dépêché deux avions de combat F-16 pour surveiller la situation.
01:39En fait, le drone a été aperçu dans une zone très rurale, le long d'un des bras du Danube, à la frontière avec l'Ukraine, près du village de Kyliaveche.
01:46Les autorités roumaines précisent que le drone n'a pas survolé de zone habitée, n'a pas constitué de menaces imminentes pour la sécurité de la population.
01:55En fait, ces incursions dans cet endroit de Roumanie sont assez fréquentes, parce que c'est là que se situent le long du Danube,
02:02notamment les ports d'exportation de céréales ukrainiennes.
02:06Donc ce sont des attaques qui sont assez fréquentes, mais jusque-là, les autorités roumaines préféraient rester discrètes,
02:11parce qu'on sait les conséquences que ça peut avoir. Mais cette fois, c'est vrai que les intrusions qui ont eu lieu en Pologne dans la nuit de mardi à mercredi
02:18ont changé les choses, ont changé la donne. Et donc ce qui est nouveau, effectivement, c'est que la Roumanie décide d'envoyer,
02:25de déployer deux avions de combat F-16 pour surveiller la situation.
02:28Alors on le voit, la Russie est de plus en plus menaçante sur cette partie orientale de l'Europe.
02:33Plus tôt dans la semaine, donc dans la nuit de mardi à mercredi, c'est une vingtaine de drones russes qui avaient survolé le territoire polonais.
02:39Alors c'est une première à la fois par le nombre d'appareils, une vingtaine c'est beaucoup,
02:44et également par leur trajectoire, c'est une trajectoire rectiligne.
02:48Et puis enfin, c'est une première par le fait que certains d'entre eux ont été détruits par des avions polonais
02:53et par des avions de l'OTAN, en particulier néerlandais, ce qui ne s'était jamais produit auparavant.
02:58C'est donc intéressant et à la fois inquiétant.
03:01Les services de renseignement européens, vous vous souvenez, disaient que Moscou allait tester l'OTAN à l'Est
03:07dans les cinq années à venir, mais ces services de renseignement pensaient que ça allait se passer au niveau des Pays-Baltes.
03:12Là, on se rend compte que ce test de l'OTAN, c'est maintenant, ce n'est pas dans cinq ans,
03:16et ça se passe au niveau de la Pologne et de la Roumanie.
03:19Audrey Viettaz, test de l'Europe et de l'OTAN, en l'occurrence d'ailleurs, comment l'OTAN répond ?
03:25Est-ce qu'il y a une réponse qui est assez forte et ferme d'emblée ?
03:28Oui, l'OTAN renforce sa présence sur son flanc Est, avec le lancement vendredi d'une nouvelle opération qui est baptisée Sentinelle Oriental.
03:35C'est sur le même modèle d'une opération qui a déjà été lancée en début d'année, mais en mer Baltique,
03:39qui s'appelait Sentinelle Baltique, et qui avait pour but de décourager les opérations hybrides de la Russie en mer Baltique.
03:44Alors concrètement, le but, c'est d'être flexible, de renforcer le flanc Est là où c'est nécessaire,
03:50et ça passe notamment par des avions de combat.
03:52La France, elle a déjà annoncé qu'elle envoyait trois rafales dans ce sens, l'Allemagne des Eurofighters, le Danemark des F-16.
04:00Il y a aussi un avion A400M qui va être envoyé par les Français pour renforcer justement sur le plan des munitions.
04:07En fait, l'idée, c'est de montrer que ces incursions, elles sont prises très au sérieux, et qu'il y a une réaction très rapide de l'OTAN.
04:13Est-ce qu'à la fois, Alexandre Kouni, c'est une réaction qui est suffisamment rapide, et en ampleur, est-ce qu'elle est suffisante, peut-on dire ?
04:21Alors, en réactivité, en rapidité, je pense que oui, on peut dire que l'OTAN a été sur la balle, si j'ose dire.
04:28En revanche, on peut vraiment se poser la question de, est-ce qu'elle est suffisamment massive ?
04:32La réponse, c'était quand même deux F-16 et deux F-35, c'est quand même assez peu.
04:37Est-ce qu'elle est suffisamment efficace ?
04:39Quatre drones abattus sur 19, c'est quand même pas beaucoup.
04:42Et surtout, est-ce qu'elle est vraiment adaptée ?
04:44C'est-à-dire qu'envoyer des avions de chasse pour détruire des drones, c'est parce qu'on a fait de mieux.
04:48Oui, ça peut paraître être utilisé une kalachnikov pour tuer une mouche.
04:53Exactement. En fait, les équipements dont ils disposent sous leurs ailes sont tellement chers
04:57qu'on hésite presque à les dégainer pour abattre un drone qui ne vaut que quelques dizaines de milliers d'euros.
05:06Et puis, il manque également, sans doute, des éléments de surveillance radar ou acoustique que les Ukrainiens, eux, ont développés,
05:16mais que les autres pays de l'OTAN n'ont pas.
05:18François, la réalité, c'est que nous n'avons pas véritablement de barrière étanche à l'est de l'Europe.
05:23Non. Et d'ailleurs, c'est un peu ce qu'on découvre à cette occasion, parce que le grand public ne le savait pas.
05:29Alors, les spécialistes le savaient.
05:31Mais c'est vrai que c'est difficile de faire une barrière étanche, une barrière aérienne étanche, essentiellement pour des raisons techniques.
05:38Alexandre en parlait.
05:40Mais d'abord, il faut savoir que les systèmes de défense aérienne de l'OTAN, par exemple, comme les batteries Patriot,
05:45qui sont pour certaines basées en Pologne et qui sont d'ailleurs intervenues dans la nuit de mardi à mercredi,
05:50elles sont conçues pour lutter contre des missiles, contre des hélicoptères, contre des avions et pas contre des drones.
05:55Et ce n'est pas du tout la même chose, parce qu'un drone, c'est plus petit, ça vole moins vite et puis surtout, ça vole plus bas.
06:00Donc, ça veut dire que ça passe souvent sur les radars.
06:03Ensuite, il y a un deuxième aspect, c'est que quand la Russie, on voit plusieurs dizaines de drones en même temps,
06:08ça va avoir un effet de saturation, justement, sur ces batteries de défense aérienne.
06:13Et puis, on en a parlé, mais donc, je ne reviens pas en longueur, mais il y a une asymétrie du coût.
06:17Un drone comme ça, même un drone Shahed, ça coûte peut-être 10 000 dollars.
06:24Un missile, ça coûte plusieurs centaines de milliers d'euros, peut-être...
06:29Par le million.
06:29Oui, peut-être un million, même dans certains cas, c'est plus.
06:33Donc, effectivement, d'ailleurs, on peut se poser la question de l'envoi d'avions supplémentaires, des avions de chasse.
06:39Est-ce que ça a véritablement une utilité ?
06:41En fait, comme ça, l'OTAN montre, c'est un signe de puissance, c'est un signe de force, à la fois vis-à-vis de la Russie, à la fois également vis-à-vis des Européens qui s'inquiètent.
06:49Mais dans la pratique, ce n'est pas en mettant beaucoup plus d'avions qu'on réussira à abattre beaucoup plus de drones.
06:53Et ça, Ginny Pironon, sur ce sujet ?
06:54Effectivement, il faut adapter aujourd'hui les systèmes, et l'OTAN n'est pas prête à cela.
06:58Et vous le disiez, effectivement, il y a ce rapport avec le coût entre le drone, qui coûte à peu près 10 000 euros aujourd'hui,
07:05que les Russes produisent d'ailleurs, ils ont considérablement développé leur production de drones aujourd'hui.
07:10Ils en sortent aujourd'hui par centaines chaque jour.
07:14Vous avez des morceaux de drones, là ?
07:15Oui, et j'ai d'ailleurs apporté des morceaux de drones.
07:18Alors, ça marche très bien pour la télévision, ça marche un petit peu moins pour la radio.
07:22On dirait des morceaux de tôle...
07:24On dirait du polystyrène.
07:25Du polystyrène, ça a l'air léger.
07:26C'est du polystyrène, c'est un morceau de drone, Shahed.
07:29Alors, pour revenir sur la Roumanie, en fait, c'est un morceau de drone qui m'a été donné par des habitants roumains,
07:35précisément dans la zone où le drone a été repéré cette nuit, vers la Roumanie.
07:40le long d'un des bras du Danube, pour vous dire à quel point, quand on me l'a donné, on m'a dit
07:44« Ah, avec tout ce que j'ai, je pourrais en faire au moins deux ».
07:46Donc, depuis 2022...
07:48Donc ça, c'est un drone russe ?
07:49Russe, bien sûr, qui est tombé côté roumain.
07:52Mais ces habitants qui se plaignaient de vivre dans la peur,
07:55et même, il y a un maire qui s'est considérablement mobilisé pour essayer de dire aux autorités roumaines et à l'OTAN d'agir,
08:01mais à chaque fois on leur disait « Écoutez, si vous pouviez parler un peu moins fort ou évitez d'en parler,
08:06parce que les autorités roumaines redoutaient les conséquences ».
08:09Aujourd'hui, on voit qu'on a passé un cap, clairement, avec ce qui s'est passé en Pologne,
08:13et on sent bien que les autorités roumaines, à leur tour, s'autorisent à dénoncer la situation.
08:19Mais d'un mot, Virginie Pironon, ça veut dire qu'elles vont peut-être aussi demander des renforts,
08:24quelque part, ces autorités roumaines, pour que d'autres pays européens, peut-être,
08:27ou de l'OTAN viennent apporter aussi...
08:30C'est le cas du tout, du flanc est, du flanc oriental de l'OTAN depuis le départ.
08:34C'est vrai que les baltes, François Baudonnet le rappelait, l'ont toujours dit, qu'ils allaient être attaqués.
08:38Eux sont en train de construire un mur défensif le long de leurs frontières avec la Biélorussie et la Russie.
08:43Il y a des bases aussi.
08:44Il y a des bases, bien sûr, qui sont sur place.
08:45L'OTAN est présent.
08:471500 hommes, je crois, en Estonie déployés.
08:50C'est pas beaucoup quand on fait le rapport avec la Russie.
08:53Et évidemment, la Pologne et l'Ukraine, particulièrement menacées par ces donnes russes aujourd'hui,
08:57qui vont demander des renforts aériens.
08:58On va continuer cet échange et se demander comment on peut justement renforcer cette défense,
09:03notamment anti-drone, juste après le rappel de l'actualité, en une minute à 9h, à 10h moins 10.
09:09Même, c'est Jeanne Mézia.
09:11C'était attendu, réagit le président du syndicat de cadre CFSC-CGSC sur France Info,
09:17alors qu'hier, le nouveau Premier ministre a annoncé qu'il renonçait à la suppression de deux jours fériés
09:22proposés par son prédécesseur pour faire des économies.
09:24Cette mesure n'était pas compréhensible pour nos concitoyens, déclare de son côté Otman Nassrou,
09:29secrétaire général des Républicains.
09:32Interpellés hier, cinq suspects présentaient un juge en vue d'une possible mise en examen,
09:36soupçonnés d'avoir passé à tabac un policier à Tourcoing jeudi.
09:40Les forces de l'ordre intervenaient pour le vol d'une trottinette.
09:43Deux personnes sont toujours recherchées.
09:45A Londres, 25 personnes arrêtées hier pour des violences inacceptables,
09:50déclare la police britannique, interpellée lors d'un rassemblement à l'appel de l'extrême droite
09:54avec environ 150 000 participants.
09:574000 animations dans toute la France pour la fête du sport.
10:00Aujourd'hui, un an après la grande parade des athlètes des Jeux de Paris 2024 sur les Champs-Elysées.
10:05Première édition de ce rendez-vous voulu par Emmanuel Macron sur le modèle de la fête de la musique.
10:10France Info
10:14Les informés de l'Europe
10:17François Baudonnet
10:19Adrien Bec
10:20Et toujours avec Alexandre Cunis, journaliste au quotidien Les Echos,
10:25Audrey Vuettaz, journaliste à Public Sénat
10:26et notre collègue Virginie Pironon de la rédaction internationale de Radio France.
10:31Je me tourne vers vous Audrey Vuettaz.
10:34La Pologne, après ses intrusions la semaine dernière, a invoqué l'article 4.
10:40Du traité de l'Atlantique Nord, de l'OTAN donc.
10:42Est-ce que déjà vous pouvez nous expliquer de quoi il s'agit ?
10:44Et surtout quels sont les effets concrets ?
10:46On a tous envie de savoir, quand on se plonge, on connaît un peu l'article 5,
10:50mais c'est vrai que l'article 4 on ne le connaît pas forcément.
10:52Le 5, on rappelle, c'est la solidarité entre les membres de l'Alliance.
10:54Exactement.
10:54C'est celui qui fait peur.
10:55C'est celui qui fait peur.
10:56Alors d'après l'article 4, l'OTAN peut convoquer des consultations de ses membres à chaque fois qu'un de ses membres justement le demande
11:03parce qu'il estime que son intégrité ou sa sécurité a été menacée.
11:07C'est la première fois que la Pologne, elle demande à ce que cet article soit déclenché.
11:11Il y a eu huit déclenchements à peu près dans l'histoire de l'OTAN.
11:15Alors il n'y a pas d'intervention militaire prévue dans le cadre de cet article.
11:18C'est vraiment des consultations, mais c'est un article qui précède le fameux article 5 dont on vient de parler.
11:22Alexandre Cuny, sur ce sujet, effectivement, l'article 4 qui est l'article diplomatique, la réaction militaire quand même aussi ?
11:31Oui, la réaction militaire qui est une première.
11:34C'est vrai que c'est la première fois que l'espace aérien de l'OTAN, d'un pays de l'OTAN, est fait l'objet d'une accursion de drones russes.
11:43Et c'est aussi la première fois que des avions de l'OTAN, c'est ça qui rend les choses à la fois spectaculaires et importantes,
11:51abattent des drones russes.
11:54Donc en l'occurrence, les avions polonais, il y a aussi des avions néerlandais, italiens et américains qui ont été mobilisés.
12:02Un mot peut-être, Virginie Pironon, sur l'intention, puisqu'il y a certaines chancelleries qui sont un petit peu prudentes sur le côté accidentel ou pas de cette incursion.
12:12Les Polonais, eux, ils en sont sûrs. Est-ce qu'on en sait plus aujourd'hui ?
12:16Il y a une enquête qui est ouverte.
12:18Bon, quand vous avez un pays à vos portes qui est en guerre, qui est aujourd'hui absolument mitraillé, c'est pas le bon mot,
12:26mais il y a énormément de drones russes. On voit bien que le cap aussi, côté russe, a été franchi.
12:30Avant, les records, c'était 300 drones lancés en une nuit, puis ça a été 500 drones, puis 600.
12:35Et aujourd'hui, on est à 800.
12:35Mais ce qu'on dit, c'est que vu la trajectoire des drones, il était impossible que ce soit pas volontaire.
12:40On sait que Vladimir Poutine a très envie de tester l'Europe et de voir la réponse que les Européens et l'OTAN vont pouvoir lui apporter.
12:47Moi, je crois qu'il n'y a pas de doute. Dans une certaine presse, on va dire, qui est sensible à la propagande russe,
12:55il est dit qu'en fait, vous savez, en Ukraine, il y a un système de brouillage électronique.
13:01Et que donc, en fait, malheureusement, ces pauvres drones ont été brouillés par ce système de brouillage ukrainien et qui se sont perdus.
13:08Mais en fait, quand on regarde effectivement leur trajectoire, pas du tout.
13:10Parce qu'effectivement, ils partent...
13:12On dit qu'ils allaient en direction d'une base, même.
13:14Non, mais ils allaient tout droit. Véritablement, je pense qu'il n'y a aucun doute.
13:18Et d'ailleurs, la Russie ne fait même pas semblant de mentir. En général, elle le fait.
13:21Elle a mollement démenti son intention.
13:23Mais il n'y a véritablement aucun doute.
13:25C'est fait vraiment un test.
13:27En fait, la Russie teste de savoir comment l'OTAN réagit.
13:31Et je crois que la réaction, quand même, a été assez forte.
13:33Parce qu'en pleine nuit, entre 2 et 3 heures du matin,
13:37les alliés de l'OTAN se sont coordonnés.
13:38Ils ont décidé d'envoyer des avions qui partaient des Pays-Bas.
13:42Il y a aussi un avion italien.
13:44Il y a eu quand même une réaction qui est assez forte.
13:47Et c'est ça, la nouveauté.
13:48C'est qu'effectivement, comme le disait Virginie Pironon,
13:51sur tout le flanc est de l'Europe,
13:54il y a souvent des drones qui tombent ou des missiles, etc.
13:59Mais là, la nouveauté, c'est que l'OTAN a dit
14:01« Là, maintenant, ça suffit.
14:02Une vingtaine de drones, c'est énorme.
14:04Et maintenant, on va réagir.
14:06On ne va plus se laisser faire. »
14:07Alors, justement, réaction Audrey Vuetaz,
14:08est-ce que l'OTAN peut aller encore plus loin ?
14:11Peut-être pour compléter ce que disait François.
14:13Je pense que c'est une réaction qui était presque nécessaire.
14:15Parce que si c'était rien passé,
14:17finalement, c'est un peu la porte ouverte.
14:19Là, ils ont voulu montrer une réponse de fermeté.
14:24Nécessaire, mais est-elle suffisante pour dissuader Vladimir Poutine ?
14:27C'est quand même toujours le sujet.
14:28C'est un peu l'enjeu de ces prochaines semaines, ces prochains mois.
14:31C'est de savoir qu'est-ce qui va être fait par l'OTAN.
14:33Est-ce qu'on peut aller plus loin ?
14:34Alors, on en a parlé tout à l'heure.
14:35L'idée, c'est d'adapter, finalement, les systèmes de défense.
14:38Parce qu'on a vu que c'était quand même approximatif,
14:41ou en tout cas disproportionné.
14:43Donc voilà, c'est peut-être de renforcer les systèmes radars,
14:46d'avoir plus de patrouilles, voire des exercices permanents,
14:49de passer aussi par des actions diplomatiques.
14:51Ça, c'est ce que je lisais.
14:52Alors, ce n'est pas vraiment le rôle de l'OTAN,
14:54mais de pousser ses membres à avoir des actions diplomatiques
14:56contre la Russie.
14:58Par exemple, arrêter d'acheter tout simplement du pétrole russe.
15:01C'est ce que pousse notamment Donald Trump.
15:03Donc voilà, essayer de pousser par des actions diplomatiques.
15:06Et puis, si ces incursions sont répétées,
15:09et s'il y a des victimes,
15:11parce que là, pour l'instant, il n'y a pas eu de victime civile,
15:14là, on se dirige vers une utilisation de l'article 5.
15:16Et là, c'est un scénario vraiment très sévère.
15:20Oui, on peut imaginer que tout ça est quand même fait un peu en contrôle
15:22de la part de la Russie.
15:23Je ne sais pas, Virginie Pironon, ils mettent peut-être nom ?
15:26Je vois que François Bonan a moché la tête.
15:27Non, parce que, pardon, mais on voit qu'il y a d'abord
15:29cette intrusion de drones sur le territoire polonais,
15:33et quatre jours après, sur le territoire roumain.
15:37Et donc, oui...
15:38Et ça veut dire qu'ils risquent quand même l'incident
15:40à n'importe quel moment, potentiellement.
15:42C'est extrêmement dangereux.
15:43Alors, en plus, il y a un gros exercice militaire côté russe...
15:46Et biélorusse.
15:47...et biélorusse, avec 10 000 hommes, je crois...
15:49Jusqu'à mardi, sur le plan ouest.
15:52Voilà, qui sont mobilisés.
15:53Donc, l'attention est quand même maximale.
15:56Et vous disiez, qu'est-ce qui pourrait arrêter cette guerre
16:00et dissuader Vladimir Poutine ?
16:02C'est ce que plaident les Ukrainiens depuis des mois.
16:04Ce sont surtout des sanctions économiques.
16:06Il faudrait qu'il arrive à un point, en fait, aujourd'hui,
16:08Vladimir Poutine, où il sente qu'il n'a plus d'intérêt
16:10à poursuivre cette guerre.
16:11Et tant qu'il en aura, il continuera.
16:14Est-ce que l'intérêt économique est suffisant ?
16:16Les sanctions économiques, je pense que ça aiderait beaucoup.
16:18C'est en tout cas ce pour quoi plaident les Ukrainiens aujourd'hui.
16:20Un mot encore, Alexandre Kounis,
16:22puisque nous sommes quand même sur les informés de l'Europe.
16:24Et dans l'Europe, il y a aussi l'Union européenne.
16:27Quel a été son rôle, là, dans cette petite crise ?
16:30Alors, c'est l'OTAN qui est en première ligne.
16:31Là, c'est vrai qu'elle a été plutôt en retrait.
16:36Mais ce qui est intéressant de noter, c'est que quand même,
16:38l'agression de mardi à mercredi s'est passée dans la nuit
16:40qui précédait le discours de l'État de l'Union
16:42que devait prononcer Ursula von der Leyen.
16:47Et donc, elle a été obligée, si vous voulez,
16:49de réagir en direct live pour dire que
16:51l'Union européenne allait défendre
16:53chaque mètre carré de son territoire.
16:55ce qui était probablement aussi une manière
16:59de chercher à déstabiliser, à attaquer l'Union européenne.
17:03L'Union européenne, en fait, je pense, son rôle,
17:06c'est aussi d'aider, mais c'est plus un travail de fond,
17:09les pays à muscler leur armée, notamment à l'Est.
17:12Et c'est ce qu'elle fait.
17:13Elle a débloqué, vous savez, 150 milliards d'euros de crédits
17:17qui seront faits par la Commission européenne
17:19pour que ça coûte moins cher aux États qui en ont besoin.
17:20Et comme deux, par hasard, sur ces 150 milliards,
17:23les deux pays qui en bénéficieront le plus à ce stade,
17:27c'est la Pologne et la Roumanie,
17:28respectivement 43 milliards et 16 milliards.
17:31Ce qui est curieux, pardon, François Baudonnet,
17:32il nous reste peu de temps, mais c'est qu'il y a aussi
17:34un article, je crois, au niveau européen,
17:37de solidarité. Et pourtant, la Pologne
17:39a fait appel plutôt à l'OTAN.
17:40Alors, il y a effectivement l'article 42.7,
17:42qui est un article d'assistance mutuelle,
17:44qui est un peu l'équivalent, qui est d'ailleurs plus puissant
17:46que l'article 5 de l'OTAN.
17:48Mais elle a fait appel à l'OTAN,
17:49parce que l'OTAN, c'est l'organisation militaire.
17:51Donc, en fait, c'est vraiment son rôle.
17:54En plus, c'est un pays
17:56atlantiste, et donc, c'est pour cette raison
17:58qu'elle a fait appel à l'OTAN. Je voulais juste dire
18:00un petit... En fait,
18:01noter que la Russie suit, évidemment,
18:04de très près ce que fait Ursula von der Leyen.
18:06Moi, j'étais dans le train avec elle
18:07et avec d'autres journalistes, quand elle s'est
18:10rendue en Ukraine la dernière fois.
18:12En fait, quand elle est ressortie d'Ukraine,
18:13qu'elle est arrivée à la frontière polonaise à la fin de son voyage,
18:16au moment où elle passait
18:18la frontière, il y a eu une alerte sur tout le pays
18:20et ils ont recommencé
18:21les bombardements. C'était un message
18:23extrêmement clair envoyé à l'Union Européenne.
18:25Merci à vous, François Baudonnet,
18:28je fais dans l'ordre. Merci
18:29beaucoup Virginie Pironon, rédaction internationale
18:31de Radio France. Merci Audrey Vuettas,
18:34journaliste à Public Sénat. Et merci
18:36Alexandre Counis du Quotidien.
18:38Les Echos, merci à vous d'avoir suivi
18:39les informés de l'Europe. Très bon week-end
18:42sur France Info.
18:42Sous-titrage Société Radio-Canada
18:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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