00:00Sud Radio et vous, le chikungunya qui continue de gagner du terrain en France après le sud du pays.
00:05De nouvelles régions sont touchées, la Nouvelle-Aquitaine, la Bourgogne ou encore la région Grand-Est.
00:10Au total, depuis le début de l'été, plus de 300 cas autochtones ont été détectés dans l'Hexagone contre un seul l'an dernier.
00:16C'est dire si c'est devenu un enjeu de santé publique. Bonjour Dr Daniel Siméka.
00:22Bonjour Benjamin, bonjour à tous.
00:23Et merci d'être avec nous, on vous retrouve comme chaque lundi matin sur Sud Radio.
00:26Alors le chikungunya, c'est un virus, commençons par là, il est transmis par le moustique-tigre.
00:32Le nombre de cas, je le disais, a explosé cette année.
00:34Comment savoir déjà si l'on est infecté ? Quels sont les symptômes ?
00:38Les symptômes sont au départ assez passe-partout, puisque ça ressemble à une grippe.
00:43Les symptômes sont essentiellement une fièvre et puis des douleurs.
00:47Des douleurs dans les muscles, dans les articulations.
00:51Ça peut s'accompagner d'un mal de tête.
00:52Ça peut parfois donner une éruption, mais dans la moitié des cas à peu près.
00:57Surtout c'est l'intensité, on sait bien qu'une grippe ça nous fiche par terre,
01:02mais là c'est l'intensité des douleurs.
01:05Chikungunya, en langue bantou, ça veut dire homme recroquevillé ou homme recourbé.
01:11On parle de douleurs qui peuvent pousser au suicide.
01:15Donc on imagine bien que ça doit être quand même assez désagréable et assez intense.
01:19Après, le diagnostic...
01:22Ah oui, des douleurs terribles.
01:24Et donc, surtout, on sait que c'est une maladie qui ne tue pas normalement,
01:29et dans la plupart des cas.
01:31Donc pousser au suicide alors que c'est une maladie qui passe toute seule,
01:35les douleurs doivent quand même être assez intenses.
01:40À part ça, il y a surtout...
01:42Après, le diagnostic est hospitalier,
01:44parce qu'il y a des PCR qui permettent de détecter la présence du virus,
01:49mais ça ne se fait pas, il n'y a pas un diagnostic.
01:50Des tests qu'on va faire pour confirmer, oui, c'est ça.
01:52Exactement, exactement.
01:53Et surtout, c'est suspecté.
01:55Et puis, jusqu'à présent, on disait toujours
01:57quelqu'un qui revient d'une zone à risque,
02:00évidemment, ce critère-là va finir par, malheureusement,
02:04être invalidé un peu.
02:06Parce que s'il y en a un petit peu partout,
02:08et si le moustique remonte,
02:10ça veut dire que le virus remonte,
02:12ça va devenir un petit peu compliqué.
02:14Donc, effectivement, la prévention,
02:17peut-être on peut parler de prévention,
02:19c'est une prévention classique par rapport aux moustiques,
02:23lorsque c'est la période des moustiques.
02:27Donc, parler de dos stagnantes,
02:30les moustiquaires, etc.
02:32Mais c'est un peu difficile, par exemple, en Ile-de-France,
02:35de dire aux gens de prendre des précautions
02:38comme s'ils étaient en zone infestée par des moustiques,
02:43comme pour le paludisme, etc.
02:45Et puis, il y a le vaccin.
02:46Il y a le vaccin, maintenant, qui est quand même un espoir.
02:48Alors, il y a un vaccin qui existe, effectivement.
02:50Je ne savais pas qu'il y avait un vaccin chez Kungunya.
02:53Est-ce qu'il est efficace ou pas ?
02:55Est-ce qu'il est disponible en France ?
02:57Alors, il est efficace,
02:59puisqu'on a la chance, contrairement à d'autres maladies,
03:03la chance, entre guillemets,
03:04toujours le mot chance,
03:05d'avoir une maladie qui donne des anticorps
03:08qui sont neutralisants.
03:09Une fois qu'on l'a eu une fois,
03:11on ne l'a pas deux fois.
03:13Donc, le vaccin, forcément, va marcher.
03:15Pour l'instant, le vaccin n'est pas autorisé sur l'hexagone.
03:19Il est autorisé uniquement,
03:21donc, dans l'Océan Indien,
03:23la Réunion, Mayotte.
03:27Et puis, pour les voyageurs,
03:29donc, le critère, c'est 18-64 ans,
03:32comorbidité, bien sûr.
03:34et pour les voyages dans les zones à risque.
03:38Mais, pour l'instant, pour l'hexagone,
03:40la Haute Autorité de Santé n'a pas donné son feu vert.
03:44Comme toujours, il y a des précautions.
03:47Pour l'instant, il n'y a pas de souci avec ce vaccin.
03:50Là encore,
03:52les vaccins n'ont pas d'inconvénients majeurs,
03:55et celui-ci en particulier,
03:57mais il n'est pas autorisé en France.
03:58Juste d'un mot,
03:59les séquelles sur long terme,
04:00il y en a ou pas avec le chikungunya ?
04:02Il peut y en avoir.
04:05Il peut y en avoir.
04:06C'est le passage à la chronicité,
04:07c'est-à-dire des douleurs qui persistent.
04:10Une agueusie,
04:11vous savez, la perte du goût,
04:12un peu comme on avait avec le Covid.
04:16Et puis,
04:17des douleurs, vous savez,
04:19qu'on dit neuropathiques,
04:21c'est-à-dire par atteinte des petits nerfs,
04:23en particulier des brûlures de la plante des pieds,
04:26des douleurs résiduelles,
04:28qui ne sont pas des douleurs musculaires,
04:30mais qui sont des douleurs liées
04:31à l'atteinte des nerfs en particulier.
04:33C'est dans un faible nombre de cas,
04:35mais c'est particulièrement invalidant.
04:37Oui, avec le moustique-tigre
04:38qui est présent pratiquement
04:40dans toute la métropole.
04:41Aujourd'hui,
04:4180% des départements français
04:43concernés, effectivement,
04:45c'est un enjeu majeur,
04:46je le disais,
04:46de santé publique.
04:48Docteur Daniel Simeka,
04:49merci d'avoir été avec nous ce matin
04:51sur Sud Radio.
04:52Bonne journée à tous.
04:53Très belle journée à vous également.
04:54Il est 6h29, la météo.
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