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  • il y a 10 mois
Lors de l'émission Face à Michel Onfray du 6 septembre, Michel Onfray revient sur la rave-party dans l'Aude : «L'État n'est pas impuissant, mais l'État a choisi de laisser faire».

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Transcription
00:00– Oui, enfin il joue du pipeau, vous remarquez que je ne dis pas du violon, mais il joue du pipeau…
00:03– Merci de respecter le violon.
00:04– Absolument, et les violonistes. Mais moi je ne crois pas à l'impuissance de l'État,
00:08je crois que l'État a mis sa puissance dans l'invitation à ne rien faire, à laisser faire.
00:15Je ne peux pas croire que nos services se créent, je ne les connais pas, je ne connais pas les gens, etc.,
00:18mais enfin j'ai du respect pour ces gens-là qui nous protègent, vraiment, qui font un métier difficile,
00:23mais ils font un métier. Je ne peux pas croire que 2000, on a dit 1000, 2000, je ne sais pas,
00:26entre 2000 et 3000. – Je ne peux pas croire que 2000 personnes se soient contactées mutuellement
00:31par des réseaux que n'auraient pas percés les services secrets.
00:34– Je ne sais pas. – Moi je sais, ou alors, si nos services secrets ne sont pas capables
00:39de s'inscrire sur le darknet ou sur des réseaux un peu compliqués pour faire partie de la fête,
00:46donc pour savoir quand elle aura lieu et où elle aura lieu, ça on peut le faire, si on ne peut pas le faire.
00:50Moi je pense qu'il n'y a pas l'impuissance de l'État, parce que je vous assure, je l'ai déjà dit,
00:53mais quand je traverse une ville où c'est limité à 50, à 70 kilomètres…
00:59– Là, on vous tape dessus. – Et le surlendemain, voilà, je reçois un papier dans ma boîte aux lettres, etc.
01:05Donc l'État n'est pas impuissant, l'État a décidé de laisser faire.
01:09D'abord on pourrait organiser les choses autrement, d'abord on pourrait demander aux services secrets
01:13de faire de telle sorte qu'on puisse savoir qui, quand, ou comment.
01:16Quand vous avez 1000 ou 2000 personnes, vous avez au moins 500 voitures ou camions qui arrivent,
01:20pour ne pas nous faire croire que la gendarmerie ne voit pas ces mouvements-là.
01:23Vous avez des satellites, vous avez des choses qui permettent de vérifier.
01:27Ensuite, vous avez la possibilité d'interpeller tous ces gens-là.
01:30D'abord on a une armée, et quand on aurait une espèce de cinquième colonie…
01:33– Il a dit le préfet, non, ils étaient trop nombreux, on n'a pas pu faire.
01:34– Oui, ils sont trop nombreux.
01:35– On leur a mis des PV.
01:36– Et quand il y aura 1000 personnes à descendre dans les villes, dans chaque ville, dans chaque grande ville…
01:40– C'est le risque pour le 17 plomb.
01:41– Bien sûr, il fera quoi l'État là ? Il ne fera rien du tout.
01:43– Donc il y a effectivement l'espèce de jurisprudence de tels ou tels qui ont été tués malencontreusement dans des…
01:51– Il y a le spectre de la bavure et d'un mort parmi ces jeunes.
01:54Et ça, c'est la hantise de nos gouvernants.
01:56– Eh oui, mais dans la mesure où vous n'êtes pas prêts à assurer l'ordre public
02:00et que vous avez en face des gens qui sont prêts, eux, à tuer, le problème, il est là.
02:03C'est que quand on rentre dans les voitures de ces gens-là, on découvre qu'il y a des armes,
02:06qu'il y a des boules de pétanque avec des rasoirs, qu'il y a des tournevis, qu'il y a des marques…
02:10– Pas pour les Black Blocs. – Pardon ?
02:11– Oui, pour les Black Blocs. – Non, pas seulement.
02:13Je veux dire que là, on tait toutes ces choses-là.
02:15Mais je veux dire, ces gens-là, ils ne viennent pas de manière pacifique.
02:17Alors d'abord, moi, je serais pour que le ministère de la Culture,
02:20pour entendre Mme Rachida Dati sur cette question-là,
02:22puisse organiser des rêves partis dans des lieux dédiés.
02:25Non, je vous assure, dans des lieux dédiés.
02:27Moi, je ne suis pas pour le fait qu'on interdise ce genre de choses.
02:30Je suis pour le fait qu'on interdise ces choses-là quand elles ont lieu
02:32dans le mépris de la propriété privée, de travailleurs, d'agriculteurs, de paysans, de viticulteurs.
02:37Je veux dire, ces paysans qui ont ressemé de la luzerne et qui ont retravaillé leur terre,
02:42ce n'est pas seulement une propriété privée, c'est un instrument de travail.
02:45Et quand on dit qu'on va détruire l'instrument de travail parce qu'on a envie de faire la fête
02:48et il n'y a que ça qui nous intéresse, ce n'est pas normal.
02:50Donc vous avez des friches industrielles, assez probablement.
02:53Vous avez à Bordeaux, il y a une base sous-marine où toutes ces choses-là peuvent exister.
02:57Enfin, on peut très bien identifier des lieux qui ne soient pas dangereux,
03:00qui ne soient pas dans le mépris de la propriété privée, du travail des agriculteurs et des paysans.
03:04Moi, je soutiens ceux qui ont descendu avec des manches de pioche parce qu'on nous dit
03:07« Ah, mais il ne faut pas faire la loi soi-même. »
03:09D'accord, mais quand la loi est faite, si la police n'est pas faite par la police,
03:13si elle n'est pas faite par la gendarmerie, si elle n'est pas faite par l'armée,
03:15comme l'État y invite, eh bien il est normal que les gens disent
03:18« Écoutez, excusez-nous, mais on paie beaucoup d'impôts pour être protégés.
03:21Vous ne nous protégez pas, on assure nous-mêmes notre protection. »
03:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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