00:00Sud Radio, ça va mieux en le disant, Jean Dorido.
00:06Mon cher Jean Dorido, bonjour.
00:07Bonjour Maxime, bonjour à tous.
00:098h24, ravi de vous retrouver en cette saison pour évoquer les questions de santé, de psychologie.
00:15Et un sujet qui me tient à cœur ce matin, que vous avez eu envie de prendre le temps d'évoquer, mon cher Jean, c'est la santé mentale.
00:21Un quart des jeunes français seraient atteints de dépression, c'est ça ?
00:25Oui, c'est exactement ça Maxime. En réalité, c'est une enquête qui a été menée par l'Institut Montaigne.
00:32L'enquête a été faite en ligne du 14 au 30 avril de cette année.
00:375 633 jeunes âgés de 15 à 29 ans, répartis sur tout le territoire, ont répondu à 23 questions, comme ça, sur Internet.
00:46Et c'était complété, ce questionnaire, par un autre questionnaire standardisé cette fois, sous forme d'auto-évaluation.
00:52L'idée du questionnaire Maxime est simple, il s'agit d'évaluer la fréquence d'un certain nombre de problèmes rencontrés au cours des deux dernières semaines.
01:01Vous avez pour chaque situation évoqué 4 réponses possibles, ça va de jamais à presque tous les jours, en passant par plusieurs jours ou plus de la moitié du temps.
01:10Parmi les problèmes aventuriers, il y a l'absence d'intérêt ou de plaisir à faire les choses.
01:14C'est des mots forts quand même.
01:16C'est des mots très forts, évidemment. Le fait, vous l'avez dit, de se sentir triste, déprimé ou désespéré.
01:21Et les résultats, effectivement, sont inquiétants, puisque vous avez un jeune sur quatre qui semblerait souffrir de dépression.
01:28Cela fait 25%. C'est plus du double qu'en 2017, où il n'y avait que, si j'ose dire, 11,7% des jeunes qui étaient concernés.
01:36Et plus effrayant encore, Maxime, penser qu'il vaudrait mieux mourir ou envisager de se faire du mal est évoqué par 31% des répondants.
01:46Non seulement les chiffres sont effrayants, mais c'est totalement tragique.
01:49Comment les responsables de cette enquête expliquent, eux, cette situation ?
01:53Évidemment, il est impossible de ne pas penser à la pandémie de Covid et aux périodes de confinement successifs,
01:59parce qu'il faut bien noter que les jeunes interrogés dans cette étude sont âgés de 15 à 29 ans,
02:03ce qui signifie que lors du confinement, ils avaient entre 10 et 24 ans.
02:08Or, la psychologie du développement documente depuis fort longtemps la nécessité, le besoin, dans cette tranche d'âge, de s'ouvrir au monde extérieur.
02:16Et nous avons là toute une tranche d'âge, toute une génération qui s'est trouvée empêchée, qui s'est cognée contre un mur.
02:22Et c'est aujourd'hui qu'apparaissent en réalité, de façon de plus en plus claire, les conséquences dramatiques des choix qui ont été faits.
02:29Vous avez même un pic de problématiques, d'après cette étude, qui se situerait dans la tranche d'âge des 22-25 ans,
02:36ce qui tombe en réalité pile sur les jeunes qui avaient entre 17 et 20 ans en 2020,
02:41l'âge précisément où le besoin d'extérieur est le plus fort en réalité.
02:45Bon, d'accord. Là, on sait que le confinement a eu des conséquences dramatiques.
02:48Beaucoup ont essayé d'alerter depuis longtemps, notamment chez les jeunes.
02:51Mais je ne peux pas croire qu'il n'y ait que ça comme élément déclencheur de cette enquête.
02:54Alors non, évidemment, vous avez raison de le souligner, il n'y a pas que ça, mon cher Maxime.
03:00L'enquête s'intéresse aussi à la question des écrans, évidemment,
03:03qui sont consommés de plus en plus massivement par les jeunes, et aussi, on le sait, par les moins jeunes.
03:08En l'occurrence, l'enquête observe que plus l'usage des réseaux sociaux est important,
03:12plus le bien-être se détériore.
03:14C'est ce que l'on appelle, lorsque l'on étudie des chiffres, une corrélation.
03:18Plus vous avez de l'un, plus vous avez de l'autre.
03:21Alors, maintenant, attention, une corrélation, ça n'est pas une causalité.
03:24Peut-être qu'un jeune qui consomme trop de réseaux sociaux finit par aller mal.
03:29Mais peut-être, en réalité, que c'est parce que le jeune va mal qu'il perd le goût à tout type d'activités
03:33et qu'il finit par passer tout son temps sur son smartphone.
03:36C'est ça.
03:37Et puis, en plus, on peut quand même trouver, parce que la jeunesse est un vivier d'espoir,
03:41normalement quelques lueurs dans tout ça, non ?
03:43Alors, évidemment, il faut, de toute façon, coûte que coûte,
03:46quoi qu'il arrive, conserver l'espoir, se donner collectivement les moyens de conserver l'espoir.
03:50D'abord, l'ancien Premier ministre, M. Michel Barnier,
03:54avait décrété la santé mentale des jeunes, grande cause nationale.
03:57Nous en avions parlé ici même, dans cette chronique, au mois de décembre.
04:01Il est essentiel que nos dirigeants continuent, bien sûr,
04:04de faire plus que le maximum pour aider notre jeunesse.
04:07Il est essentiel aussi de mieux prendre en charge les soins en santé mentale.
04:11Je vous rappelle, Maxime, que les psychologues ne sont toujours pas pris en charge
04:15par l'assurance maladie.
04:17Quant au dispositif Mon Psy, il reste encore extrêmement perfectible.
04:21Néanmoins, cette enquête qui vient d'être publiée
04:23montre que le sujet reste bien présent dans les esprits.
04:27On peut espérer qu'un effort collectif se mette en route.
04:30C'est plus que jamais nécessaire.
04:31Merci beaucoup, mon cher Jean Dorido.
04:33Il y a de la magie en vous.
04:34C'est votre dernier livre publié chez Duneau.
04:36Et je rappelle que vous êtes docteur en psychologie
04:37et créateur du site hypnosparis.com.
04:40Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
04:41Merci, Maxime.
04:41Et en direct ce matin, il est 8h29 sur Sud Radio.
04:45Sud Radio.
04:45Sud Radio.
04:46Parlons vrai.
04:47Parlons vrai.
04:47Sud Radio.
04:48Parlons vrai.
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