00:00Anne-Sophie Lapix, RTL Soir.
00:03Le grand invité d'RTL Soir est journaliste.
00:06Il a commenté, analysé pendant quelques décennies la marche du monde,
00:10spécialiste des questions européennes avant d'être élu eurodéputé Renaissance,
00:14ou plutôt Renew.
00:15Bonsoir Bernard Guetta.
00:17Bonsoir.
00:18Alors à l'issue de la conférence qui se tenait à l'Elysée en présence du président ukrainien,
00:2226 pays se sont engagés à être présents sur le sol, en mer ou dans les airs
00:28pour garantir la sécurité en Ukraine en cas de cessez-le-feu.
00:32Est-ce que c'est une énorme avancée ?
00:34C'est une énorme avancée, c'est surtout une énorme progression de l'affirmation de l'Europe,
00:44et pas seulement de l'Union Européenne, des démocraties européennes, sur la scène internationale.
00:49Parce que, souvenons-nous, nous avons là réellement tordu le bras à Trump
00:56pour qu'il accepte qu'il y ait des garanties de sécurité données à l'Ukraine,
01:01et surtout pour qu'il accepte, enfin, on va voir, mais là on dirait que c'est joué,
01:05pour qu'il accepte que les Etats-Unis participent à ces garanties de sécurité pour l'Ukraine.
01:11Non, là vraiment, il y a un changement spectaculaire,
01:15et qui est imposé par l'Union Européenne à Trump.
01:18Alors, on n'a peut-être pas entendu la même chose,
01:20je rappelle que l'enjeu du sommet c'était donc d'obtenir le soutien américain,
01:24Donald Trump a donc participé à la réunion en visioconférence,
01:28et Emmanuel Macron annonce qu'il faut finaliser le soutien des Etats-Unis.
01:32En langage diplomatique, ça signifie que ce n'est pas gagné encore ?
01:35Non, ça n'est pas gagné, il n'y a pas de certitude.
01:39Il y a un débat, évidemment, entre les Européens et la Maison-Blanche,
01:45sur le degré d'implication des Etats-Unis dans ces garanties de sécurité.
01:49Mais regardez, depuis le 18 août, le jour où les sept Européens s'étaient rendus dans le bureau ovale,
01:57eh bien, le ton, la musique a changé et évolué de jour en jour.
02:02Souvenons-nous quand même que de jour en jour,
02:05Donald Trump se dit de plus en plus déçu, agacé, fâché, etc. par Poutine,
02:11parce qu'il doit bien constater lui-même que Poutine ne répond absolument pas
02:19aux propositions de paix de Donald Trump.
02:22Et donc, il est insensiblement acculé à soutenir les Européens
02:28dans les garanties de sécurité données à l'Ukraine.
02:31Alors, il faut voir ce qu'est ce soutien.
02:33Le 18 août, il s'était engagé à offrir un filet de sécurité américain.
02:39Quelle forme pourrait prendre ce filet de sécurité ?
02:43Alors, écoutez, une chose fondamentale,
02:47c'est le maintien du soutien des Etats-Unis à l'Ukraine
02:53dans la fourniture du renseignement.
02:56« Attention, les Russes vont bombarder telle Sib,
03:01attention, telle nuée de drones est partie,
03:05attention, telle nuée de missiles est partie. »
03:09Mais il y a aussi une deuxième chose,
03:12c'est une participation, et en vérité,
03:14on en parle de plus en plus,
03:16des Etats-Unis au financement des armes américaines
03:21à destination de l'Ukraine.
03:23Jusqu'à présent, les Etats-Unis disaient
03:25« Écoutez, vous, si vous, les Européens,
03:28vous voulez soutenir les Ukrainiens,
03:29très bien, on vous vend des armes,
03:31mais c'est à vous de les acheter. »
03:32Eh bien, aux dernières nouvelles,
03:34il semblerait, c'est peut-être sans doute,
03:37une évolution en cours,
03:39que les Etats-Unis pourraient participer au financement.
03:41Je ne vous dis pas du tout que ce soit joué,
03:45mais partie d'où nous étions partis,
03:47il y a un progrès spectaculaire.
03:49N'est-il pas déjà trop tard ?
03:51Le temps presse, les soldats russes continuent de progresser.
03:55Non, il n'est pas trop tard.
03:57Militairement parlant, oui, c'est vrai,
03:59l'armée russe continue à progresser,
04:02mais continue à progresser de centimètre en centimètre,
04:05pour ne pas dire de millimètre en millimètre.
04:07Écoutez, quand on pense qu'on en est,
04:10la guerre a commencé en 22,
04:12en 22,
04:14ils n'ont pratiquement pas progressé sur le terrain
04:18par rapport aux zones qu'ils contrôlaient déjà en Ukraine.
04:22En tout cas, le Kremlin a mis en garde la nuit dernière.
04:27Ce ne sont pas des garanties de sécurité pour l'Ukraine,
04:30ce dont discute en ce moment la coalition des militaires,
04:32ce sont des garanties de danger pour le continent européen.
04:36Le message est clair,
04:38c'est un engrenage de guerre que promet Moscou.
04:40Oui, ils le promettent,
04:42mais est-ce que vous croyez que si réellement,
04:45ils se trouvent en face d'un front de 26 pays plus les Etats-Unis,
04:52ils vont continuer à menacer d'envahir des pays de l'Union européenne ?
04:59Non, et de l'OTAN et de l'Alliance atlantique ?
05:01Non, je ne le crois pas.
05:02Un instant, c'est précisément parce que nous commençons enfin
05:08à leur opposer un front uni que les Russes s'énervent.
05:13Autre sujet qui vous concerne,
05:15c'est l'accord de libre-échange Mercosur.
05:18Hier, une clause de sauvegarde qui dit
05:19qu'on peut suspendre les importations d'Amérique du Sud
05:22en cas de variation des prix et des volumes importés a été adoptée.
05:26La Commission européenne a appelé mercredi les 27 pays lieux
05:29à approuver l'accord commercial rapidement
05:31avec les pays latino-américains du Mercosur.
05:35Les syndicats agricoles français dénoncent une trahison.
05:38Ils appellent le gouvernement à tenir sa promesse,
05:40celle de ne pas importer des produits
05:42qui ne respectent pas les normes européennes
05:44et donc de multiplier les contrôles pour le vérifier.
05:46Est-ce qu'on va être capable de tenir cette promesse ?
05:49Écoutez, il faut voir aujourd'hui
05:52ce qu'est réellement cette clause de sauvegarde.
05:56Comment on l'applique ?
05:59Comment on l'applique absolument ?
06:01Il faut voir ça, mais nous venons, nous Français,
06:04avec les Irlandais, avec les Polonais,
06:06un peu avec les Italiens aussi,
06:09nous venons de marquer un point considérable
06:11en imposant ces clauses de sauvegarde.
06:14Alors maintenant, quels seront-elles dans le détail ?
06:17Est-ce qu'elles seront crédibles ou pas ?
06:18Tout ça est à examiner avec beaucoup, beaucoup
06:21de précautions et d'attention.
06:24Mais là, bon, écoutez, il y a un progrès
06:28et un progrès grâce à la résistance de la France notamment.
06:32Mais un progrès qui ne convainc absolument pas
06:34les syndicats agricoles français.
06:36Non, non, je le vois, je l'entends,
06:37ça ne convainc pas pour l'instant.
06:39Mais peut-être seront-ils un peu plus convaincus
06:42quand ils verront le détail de ces clauses de sauvegarde.
06:45En tout cas, il faut l'espérer.
06:46Il faut l'espérer, pourquoi ?
06:48Parce que si ces clauses de sauvegarde étaient valables,
06:53l'accord Mercosur serait infiniment profitable
06:58à tous les pays de l'Union Européenne,
07:02France en tête,
07:03puisque ce serait infiniment profitable,
07:06notamment aux exportations de fromage,
07:09de vin et d'alcool.
07:10Oui, voilà, c'est un des arguments.
07:12C'est qu'il y aurait 4 milliards d'économies
07:14pour les importateurs français notamment.
07:18Merci beaucoup Bernard Guetta.
07:19Merci à vous.
07:20Bonne journée.
07:21Bonne journée à vous.
07:22Dans un instant dans RTS Soir,
07:24l'info qu'on a failli rater,
07:26les amateurs de Cachou la Joni
07:27ont du souci à se faire.
07:28Et puis, écoutez.
07:35Vous l'avez reconnu ?
07:37C'est Vanessa Paradis.
07:39Elle s'est confiée à Anthony Martin
07:41sur son nouvel album.
07:42Il sort le mois prochain.
07:43Ce sera la tentation du soir.
07:45A tout de suite.
07:47Suivez RTL en vidéo sur l'appli RTL.
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