00:00Et il ne manquait plus que ça.
00:11C'est ce qu'ont dû se dire nombre de chefs d'entreprise, après l'annonce surprise par François Bayrou,
00:16d'un vote de confiance dont l'issue a toutes les chances de précipiter la chute du gouvernement.
00:22La conjoncture internationale était déjà pourtant difficile à décrypter.
00:26Compliqué, en effet, de prévoir comment l'économie américaine encaissera le choc des décisions prises par Donald Trump.
00:33Délicat aussi d'établir un diagnostic sur l'état de santé réel de la Chine, freiné par une demande domestique, toujours en panne.
00:41Complexe, enfin, de déterminer l'orientation de l'économie européenne, tant les trajectoires des économies sont opposées.
00:48Accélération forte au deuxième trimestre en Espagne, modeste en France, et léger recul en Italie, plus prononcé en Allemagne.
00:56Vient donc maintenant, en plus, s'ajouter le brouillard total sur les contours du cadre fiscal et social dans lequel les entreprises vont devoir composer en 2026.
01:06Une seule certitude. Tant que les patrons n'y seront pas plus clairs, l'attentisme sera général.
01:14Bref, le tissu productif va se mettre sur pause et toutes les décisions importantes seront suspendues.
01:21L'investissement, bien entendu. L'instabilité politique.
01:26Quatre premiers ministres se sont succédés en moins de deux ans.
01:30Les interrogations, incessantes sur les orientations budgétaires, brouillent la visibilité des entreprises,
01:35qui retardent, réduisent, voient annulent les projets les plus stratégiques.
01:41Ces ajustements se sont déjà produits l'an passé et se poursuivront dans les mois à venir.
01:45L'autre grand poste mis sous veille, les recrutements.
01:50La tendance était déjà médiocre avant l'annonce du 25 août, notamment pour les cadres.
01:55À peine 8% des entreprises prévoyaient d'embaucher des intentions au plus bas depuis 4 ans.
02:02Évidemment, toutes les lignes de dépenses sont passées en revue par les cost killers.
02:06Et la rentrée est placée sous le signe de la sauvegarde de la trésorerie.
02:09Trésorerie. L'enjeu. Disposer du cash nécessaire pour passer le cap.
02:14Or, il y a de quoi être inquiet, notamment pour les PME.
02:18À l'amorce de l'été, les dirigeants faisaient déjà état d'une situation particulièrement dégradée dans l'industrie,
02:24avec un solde d'opinion nettement en dessous de la moyenne des dix dernières années.
02:28En arrière-plan, un poids des stocks, de produits finis encore très lourds,
02:33et des délais de paiement clients qui s'allongent.
02:35Ce n'est pas mieux dans les services marchands, où la situation apparaît particulièrement dégradée,
02:41notamment dans les services aux entreprises.
02:44C'est le cas du vaste secteur de l'information et communication,
02:47qui inclut notamment les services informatiques, mais aussi du conseil et des activités juridiques et comptables.
02:52Le même schéma se répète dans le BTP, le commerce, et la situation va continuer de se dégrader.
02:59Autre grain de sable dans la mécanique, 5 ans après le lancement du PGE,
03:0471% des TPE-PME sont toujours engagés dans son remboursement, avec comme date butoir fin 2026.
03:13En intégrant les études, l'encours résiduel atteint 37 milliards d'euros, soit 25% des volumes empruntés.
03:19Des sommes à décaisser, qui pourraient rapidement devenir un boulet,
03:23car pour les entreprises concernées, l'accès au financement bancaire est déjà restreint.
03:27Avant l'été, le nombre de dévariants s'était stabilisé autour de 6 000 unités par mois,
03:33soit un niveau déjà exceptionnellement élevé,
03:36qui a porté, sur 12 mois, la sinistralité à plus de 65 000 entreprises, record historique.
03:42L'espoir était que le point haut soit enfin atteint.
03:46Il ne l'est vraisemblablement pas.
03:48La coupe est pleine, l'automne et l'hiver prochains risquent d'être particulièrement meurtriers.
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