00:00Bonjour François Ruffin. Vous aussi vous dites bye bye Bayrou ?
00:04Oui mais vous savez ça c'est de l'ordre de la péripétie politique. Je veux vous dire moi, quel sujet, le sujet de fond, c'est qui doit payer la facture ?
00:11Parce que depuis cinq années vous savez qu'Emmanuel Macron a baissé les impôts comme jamais, notamment pour les grandes fortunes et pour les grandes entreprises.
00:17Ça crée un déficit public qui est abyssal. Ça crée aussi une injustice fiscale puisque vous avez aujourd'hui le boucher du coin qui paye plus d'impôts qu'Amazon,
00:28vous avez le milliardaire qui paye moins d'impôts que sa secrétaire.
00:31La question du budget donc, mais François Bayrou va tomber avant même l'examen de son budget.
00:36Mais c'est lui qui a fait le choix de mettre sa tête sur le bio, il ne peut pas derrière réclamer pitié.
00:41Alors ce qu'il réclame, je dis qui doit payer la facture ? La réponse de François Bayrou, la réponse des macronistes et la réponse du RN c'est les malades de longue durée, les salariés, les retraités.
00:52Et évidemment, la gauche porte une autre orientation. L'autre orientation c'est-à-dire ceux qui doivent payer, c'est ceux qui ont le plus engrangé.
01:00En 30 ans, les 500 fortunes françaises, vous savez moi je me balade toujours avec ma bible de classement des 500 de challenge,
01:07en 30 ans, elles ont vu leur patrimoine multiplié par 14 pendant que le SMIC n'a pas doublé.
01:12Donc qui doit payer en premier ? Il doit y avoir la restauration d'un impôt de solidarité sur la fortune,
01:18il doit y avoir une taxe sur les grandes transmissions, il doit y avoir un impôt sur les dividendes.
01:22Alors ça c'est la réponse de la gauche, c'est votre réponse, vous parlez quand même de péripéties,
01:25malgré tout on entend pas mal de gens, des picards notamment ce matin, nous dire leur découragement, leur abattement,
01:30j'ai plus d'espoir, j'attends plus rien, c'est ce qu'on a entendu ce matin, qu'est-ce qu'on dit quand même encore à ces gens qui nous écoutent aussi ce matin ?
01:37Je comprends très bien la résignation et le fait que la dissolution du président de la République l'année dernière nous a menés dans une impasse.
01:43Mais c'est pour ça que je tiens à expliquer à vos auditeurs, à expliquer aux picards, quelle est la grande question qu'on a affrontée aujourd'hui
01:50et qui fait qu'il y a un désaccord profond aujourd'hui, c'est quoi ? C'est qui doit payer la facture ?
01:55Est-ce que ce sont à nouveau par des jours fériés ou par des franchises ?
02:00Vous savez, ce soir par exemple, ce soir il y a l'instauration, alors que ce gouvernement il est à bout de souffle, il n'existe plus,
02:07et pourtant sur une boîte de médicaments, il va y avoir la franchise, va être maintenant de 2 euros à la place de 1 euro.
02:12Quand vous aurez passé une radio, ça sera 8 euros à la place de 4 euros.
02:16Quand vous aurez un transport médical, ça sera 16 euros à la place de 8 euros.
02:19Est-ce que ça doit continuer à être les malades ? On sait que la maladie appauvrie, qui paye ?
02:24Ou bien est-ce qu'on considère que les premiers à payer, ça ne veut pas dire que tout le monde ne doit pas faire des efforts derrière,
02:29mais que les premiers à payer, ça ne doit pas être ceux qui se sont le plus enrichis, qui payent aujourd'hui ?
02:33Vous imaginez que vous payez deux fois plus d'impôts en proportion que les 500 qui sont dans ce livre-là ?
02:40Et on a bien compris que c'est sur ça qu'achoppe effectivement la question ?
02:42Oui, c'est une grande question, la question fiscale.
02:45Ici Picard, 18h moins 10, nous sommes avec François Ruffin, député debout de la première circonscription de la Somme.
02:50C'est François Bayrou, par cet après-midi, comme la situation politique le laisse présager,
02:56qui peut prendre sa place ? Est-ce que vous appelez effectivement ? Est-ce que ce soit quelqu'un de la gauche, issu de la gauche ?
03:01Évidemment, on est sortis en tête des résultats l'année dernière, ça ne veut pas dire que c'était mirobolant,
03:06je n'ai jamais considéré que c'était une victoire, mais enfin, ça n'a pas été essayé.
03:10La gauche n'a pas la majorité à l'Assemblée nationale, il va falloir faire des compromis.
03:14Elle n'a pas la majorité dans le pays, elle n'a pas la majorité à l'Assemblée nationale,
03:18il faut l'admettre, le constater, et moi je l'ai dit dès le soir du 7 juillet dernier.
03:23Donc avec qui êtes-vous prêt à travailler ?
03:25Vous savez, c'est soit Emmanuel Macron, président de la République, dit
03:29« Ma politique de l'offre n'a pas marché », parce que non seulement elle a été hyper coûteuse pour le pays,
03:34non seulement elle a été injuste, mais en plus elle s'est avérée inefficace.
03:37Aujourd'hui, on a une part de l'industrie dans le PIB qui vient pour la première fois de passer sous les 10%.
03:42Donc soit il admet ça, et il accepte qu'il y ait un changement de politique,
03:46notamment par le biais de la justice fiscale,
03:48soit il continue à bloquer depuis l'Élysée.
03:51S'il accepte qu'il y ait un changement de politique, il doit dire à son bloc central,
03:54laissez passer, laissez passer, laissez essayer autre chose.
03:58Et vous serez prêt à travailler avec ce bloc central ?
04:00Moi je pose des impératifs.
04:03Les impératifs, c'est la justice fiscale.
04:05Donc la justice fiscale, ça veut dire le retour d'un impôt de solidarité sur la fortune,
04:09qui va chercher l'argent sur les milliards d'un autre.
04:10Et si ça bloque toujours, est-ce qu'il faut des nouvelles élections législatives ?
04:13Vous seriez prêt à vous remettre en campagne ?
04:14Vous savez, moi j'ai été réélu l'année dernière,
04:17donc mon mandat ne date pas des années et des années.
04:19Je pense que la grande question, c'est la place du président de la République.
04:22C'est lui qui nous met à la fois dans une crise fiscale,
04:26parce qu'il a creusé le déficit comme jamais.
04:28Vous savez, si c'était la gauche qui avait fait ça,
04:30tous les matins on parlerait du Titanic.
04:31Donc des élections présidentielles anticipées ?
04:33Je souhaite, moi, des élections présidentielles anticipées.
04:36Je souhaite qu'on se donne six mois pour réfléchir
04:38à quelle nouvelle orientation on prend dans notre pays,
04:41et que oui, au printemps, il y ait une nouvelle élection présidentielle,
04:44quitte à ce qu'Emmanuel Macron se présente à nouveau devant les électeurs,
04:47pour vérifier quelle est aujourd'hui sa légitimité.
04:50Mais ce sera, à mon avis, la condition pour retrouver la stabilité
04:54et pour se fixer un cap dans la durée.
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