00:00Est-ce qu'il y a eu raison de mettre la barre aussi haut, François Bayrou,
00:02de dire que c'est 44 milliards et retour au 3% en 2029 ?
00:06C'est-à-dire dans 5 ans, on aurait pu dire qu'on va étaler.
00:08C'est très dur pour que ça passe dans l'opinion.
00:10Et à l'Assemblée nationale, on va plutôt faire ça sur 7, 8, 9 ans.
00:13Je ne veux pas être technique, parce que ça noirait un peu tout le monde.
00:15Mais 44 milliards ?
00:17Je n'ai jamais aimé le chiffre de 44 milliards.
00:18Ah bon ?
00:19Oui, parce qu'en réalité, on calcule ça par rapport à une tendance.
00:22On calcule ce qui se passe quand on tire le trait.
00:24Si on ne faisait rien, on dit qu'il y avait 44 milliards.
00:26Mais ce n'est pas des économies réelles.
00:28Les économies réelles, c'est plutôt 25 milliards.
00:30Parce que le jour où vous faites 44 milliards d'économies en tendanciel,
00:33comme on dit, il reste quand même 30 milliards d'euros de plus de dépenses publiques.
00:37Donc on n'y comprend rien, en fait.
00:38Mais admettons les 44 milliards.
00:40Ce que je dis, moi, c'est que nous sommes engagés, dans l'Union européenne,
00:44à réduire le déficit en 2029, en dessous de 3%.
00:47Et je le dis de manière très solennelle et précise, il faut tenir 2029.
00:52Parce que sinon, il se passe quoi ?
00:53Monsieur Fauvel.
00:54Nos amis allemands, italiens, espagnols, nous voient depuis 20 ans
00:58de toute façon de ne pas respecter des chiffres qu'on se fixe nous-mêmes.
01:02Est-ce qu'ils ne préfèrent pas un peu plus de stabilité en France,
01:05quitte à ce qu'on rembourse en plus tard ?
01:06Non, si tout n'est pas politique, ça c'est une manie française.
01:09C'est politique et c'est financier ensemble.
01:12Nous sommes le seul pays, la zone euro aujourd'hui,
01:14le seul qui a des déficits supérieurs à 3%.
01:17Ça devait être fait en 2024, puis en 2025, puis en 2027, maintenant en 2029.
01:20Pourquoi 2030, 2032, pourquoi pas 2035, pourquoi pas jamais ?
01:24Et donc, il est important de marquer notre volonté de le faire.
01:27Pourquoi ?
01:27Parce que c'est ainsi que nous allons inverser la courbe de la dette.
01:30Et puis, il y a une autre raison, qui n'est pas européenne, qui est nationale.
01:34Vous savez, en 2021, nous remboursions 25 milliards d'euros par an
01:38pour ce qu'on appelle le service de la dette.
01:40Aujourd'hui, c'est 63.
01:41C'est-à-dire que c'était le budget du logement, c'est plus que le budget de la défense.
01:43L'année prochaine, ce sera peut-être plus que le budget de l'éducation nationale.
01:46Dans les chiffres que nous avons, on serait à plus de 100 milliards en 2029.
01:50Le jour où vous remboursez 100 milliards par an,
01:53et plus votre intérêt augmente, plus cette somme augmente,
01:56comment voulez-vous investir pour la défense, pour l'écologie,
01:59pour l'éducation, pour l'innovation, pour la recherche ?
02:01Un pays qui ne passe...
02:02Vous parlez comme François Bayon sur le constat.
02:04Vous dites la même chose.
02:05Chaque année, on perd un petit peu de souveraineté.
02:06Et ça, c'est un constat.
02:09François Bayon n'est pas le seul à avoir dit ça.
02:11La dette, elle est détenue par des étrangers.
02:13Ils s'en remettront si on ne la rembourse pas.
02:15Je suis président de la Cour des comptes.
02:16Je l'ai dit avant que François Bayon soit Premier ministre,
02:18avant que Michel Barnier soit Premier ministre,
02:20avant que d'autres soient Premier ministre.
02:21Je le dis depuis 2020.
02:22Je voudrais vous entendre...
02:23Je le disais il y a déjà 30 ans.
02:24C'est un autre sujet.
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