00:00Vous avez des indiscrétions sur ce que prévoit Emmanuel Macron après François Bayrou.
00:05Est-ce qu'on est parti pour une nouvelle dissolution comme le réclament les oppositions ?
00:09Et non, chers téléspectateurs, vous pouvez ranger vos cartes d'électeurs que vous étiez en train de chercher,
00:13au moins pour l'instant, même si François Bayrou et son gouvernement tombent dès la semaine prochaine.
00:19Le scénario de la dissolution dans la foulée n'est pas le scénario privilégié aujourd'hui par le chef de l'État.
00:25Expliquez-nous pourquoi, qu'est-ce qu'il retient ?
00:28On pourrait se dire d'abord que c'est plutôt logique, même cause, mêmes effets en effet,
00:31donc pourquoi ne pas dissoudre à l'issue d'une nouvelle défaite politique ?
00:34Par ailleurs, le délai depuis la précédente dissolution est largement dépassé.
00:38En clair, il a les mains libres, le chef de l'État.
00:40Son entourage d'ailleurs le répète, il ne se privera pas de cette arme constitutionnelle,
00:44même si l'utiliser, ça n'est pas son souhait.
00:47Concentrons-nous sur la deuxième partie de la phrase.
00:49Ça n'est pas le souhait du président d'abord pour des raisons stratégiques.
00:53Si des élections législatives avaient lieu demain, le Rassemblement national les remporterait sans doute,
00:57et ça, bien sûr, il en a conscience.
00:59Le chef de l'État, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle Marine Le Pen est en train d'essayer de le pousser à la dissolution,
01:05et évidemment, il ne veut pas lui faire ce cadeau.
01:08Ça n'est pas non plus son souhait pour des raisons symboliques.
01:10La semaine prochaine, si le gouvernement tombe, le président considère que ça sera moins la faute des oppositions
01:16que la faute du Premier ministre lui-même,
01:19parce que c'est lui qui a sollicité tout simplement un vote de confiance.
01:21Écoutez comment c'est formulé dans la bouche d'un ministre que j'ai vu hier.
01:25Un vote de confiance perdu, ça n'est pas aussi fort qu'une motion de censure,
01:29même si c'est le même résultat.
01:30En clair, ça veut dire que c'est moins le résultat d'une initiative du Premier ministre
01:34qu'une manœuvre au style extérieur.
01:37Donc, ce n'est pas tout à fait la même chose,
01:39et donc, ça ne déclenche pas forcément le même article constitutionnel de la part du président de la République.
01:44Il faudrait donc aller plus loin dans la crise politique pour qu'il dégaine l'arme de la dissolution.
01:48Et donc, pour l'instant, son scénario privilégié, c'est tout simplement de nommer quelqu'un d'autre après François Bayrou.
01:54Et puis, dernier point, ça n'est pas son souhait pour des raisons démocratiques.
01:57Aujourd'hui, le chef de l'État estime que l'Assemblée nationale, elle est représentative de la France,
02:02avec ses fractures, cette vision, c'est le moins qu'on puisse dire.
02:05En clair, vous avez voulu cette assemblée-là, vous, les Français, les hommes politiques.
02:10En clair, débrouillez-vous, assumez.
02:11Donc, en clair, pour résumer, la valse des premiers ministres va continuer.
02:15C'est un peu ce à quoi on peut s'attendre, en effet.
02:17Pas de retour aux urnes, pour l'instant, en tout cas pour changer de député.
02:20Mais pourquoi pas un retour aux urnes pour changer de président ?
02:22La proposition ne vient pas de la France insoumise, mais des rangs des Républicains.
02:26Surprise, c'était Valérie Pécresse sur notre antenne hier soir. On l'écoute.
02:30Je ne crois pas qu'une deuxième dissolution apporte la stabilité au pays.
02:33Je crois que c'est une élection présidentielle anticipée qui serait souhaitable.
02:36Je ne dis pas qu'il doit partir. Je dis que sa décision sera de convoquer les Français aux urnes.
02:41Et que la dissolution, à mon sens, serait un deuxième échec.
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