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  • il y a 7 mois
Plus de 270 médias du monde entier perturbent simultanément leurs unes, leurs pages d’accueil et leurs programmes, ce lundi 1er septembre, pour notamment dénoncer le meurtre des journalistes par l’armée israélienne dans la bande de Gaza.

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Transcription
00:00Il est 6h21, depuis le début de la guerre à Gaza il y a presque deux ans, plus de 210 journalistes ont été tués, encore cinq la semaine dernière.
00:07Et ceux qui restent nous informent au péril de leur vie.
00:10Reporters sans frontières appellent les médias du monde entier à se mobiliser.
00:14Aujourd'hui, 250 ont répondu à l'appel, dont Radio France.
00:17Bonjour Thibaut Brutin.
00:18Bonjour.
00:19Vous êtes le directeur général de Reporters sans frontières.
00:21Pourquoi mobiliser aujourd'hui ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit, là, il faut faire quelque chose ?
00:25Ça fait évidemment plus de 18 mois que RSF est mobilisé aux côtés des journalistes de Gaza.
00:30Mais là, on a senti un point de bascule avec la frappe du 10 août, dans laquelle Anas al-Charif a péri, mais également celle du 25 août dernier.
00:38Je crois qu'il y a un moment d'émotion.
00:40Évidemment, pour nous, il est vraiment fondamental de montrer qu'il y a une fraternité dans la profession.
00:46Je crois que c'est la fraternité qui sauvera la liberté de la presse et c'est véritablement ce qu'on essaye d'exprimer aujourd'hui.
00:51D'autant que ce que vous nous dites, c'est que pour beaucoup de ces journalistes qui ont été tués, ils ont été vraiment volontairement, ils ont été ciblés par l'armée israélienne.
00:58Il y a 220 journalistes qui sont morts à Gaza depuis le début du conflit.
01:02Pour 56 d'entre eux, Reporters sans frontières est en mesure d'apporter des informations qui indiquent un ciblage.
01:10Donc les journalistes ne meurent pas.
01:12Ils sont tués délibérément par les forces armées israéliennes dans un très grand nombre de cas.
01:16Parce que journalistes ?
01:17Parce que journalistes, parce qu'il y a une politique délibérée qui est mise en œuvre par l'armée israélienne, qui va d'abord de la fermeture de la bande de Gaza à la presse internationale,
01:27qui passe ensuite par la mise en place d'une cellule qui est chargée de campagnes de discrédit, de dénigrement.
01:33Cellule au sein du renseignement israélien.
01:34Cellule au sein du renseignement militaire qui permet donc de dire sur la base de preuves qui sont complètement invérifiables, que tel ou tel serait terroriste.
01:42Et puis à la fin, il y a des assassinats ciblés, puisque je crois que c'est comme ça qu'il faut les appeler.
01:46Avec des ciblages aussi téléphoniques, des journalistes sur place qui reçoivent des messages via WhatsApp.
01:50Les forces d'armée israélienne savent très bien qui sont les journalistes, savent très bien où ils sont.
01:55Et c'est pour ça qu'on a effectivement, oui, des appels sur les téléphones portables des journalistes qui leur disent « Partez de cette maison, quittez cet endroit, etc. »
02:03Donc quand on nous dit « On ne savait pas que les journalistes étaient là », on n'y croit pas une seule seconde.
02:07C'est pour ça qu'il y a eu un tel choc avec la frappe du 25 août.
02:10L'hôpital de Cagnonès, le troisième étage, c'était un endroit qui était connu comme un espace où les journalistes avaient accès à un bon réseau.
02:17Donc quand il y a eu deux frappes, coup sur coup, sur cet endroit, je crois que ce n'est pas cohérent avec la connaissance que les services de renseignement israéliens ont.
02:29Thibaut Brutin, qu'attendez-vous de cette journée ? Vous pensez vraiment qu'une mobilisation médiatique, même avec 250 médias, va faire changer la position d'Israël ou ce que fait Israël vis-à-vis de la presse ?
02:40Il faut voir que c'est une responsabilité collective. Bien sûr, les forces d'armée israélienne ont vraiment la bride sur le cou.
02:45Je crois que le gouvernement Netanyahou ne fait pas grand cas du cadre de protection internationale des journalistes.
02:53Il faut que les États qui le souhaitent fassent pression de façon forte et on ne les entend peut-être pas assez.
03:00Nous, on en appelle au Conseil de sécurité des Nations Unies, faire en sorte que la France, le Royaume-Uni, d'autres pays qui en sont membres, demandent la tenue d'une réunion spécifique sur ce point.
03:10C'est fondamental dix ans après l'adoption consensuelle d'une résolution, la résolution 2222, qui dit sans détour que c'est la responsabilité des pays belligérants que de permettre la couverture des conflits et d'assurer la protection des journalistes.
03:26Mais on pense aussi qu'il faut dire que la campagne de dénigrement qui est portée par les forces armées israéliennes contre les journalistes gazaouis, elle ne marche pas, elle ne prend pas.
03:38Et c'est pour ça que le slogan est clair. Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza, il n'y aura bientôt plus personne pour vous informer.
03:46C'est un slogan qui est fédérateur, nos demandes sont claires.
03:49Ouverture de Gaza, fin des crimes commis contre les journalistes.
03:51Et puis, c'est aussi fondamental, évacuation pour les journalistes palestiniens qui le souhaitent.
03:56Le fait que la bande de Gaza soit complètement interdite aux journalistes étrangers, là ce dossier n'avance pas du tout actuellement ?
04:03Il a pu avancer, il avance à des degrés divers en fonction des pays avec qui on discute.
04:08Et je salue la mobilisation de certains états qui ont fait de l'évacuation des journalistes palestiniens une priorité,
04:15forcés de reconnaître qu'on n'a pas réussi à obtenir des lignes d'évacuation qui soient stables, pérennes sur le long terme.
04:21Pourtant, on a énormément de demandes.
04:23Et quand on voit le ciblage dont font l'objet les journalistes, je crois que c'est vraiment quelque chose qui doit être priorisé.
04:29C'est une urgence aujourd'hui.
04:30250 médias, je le disais, ont répondu à votre appel à l'appel de Reporters sans frontières.
04:34250 médias de 72 pays, c'est bien ça ?
04:37Absolument.
04:37Il y a des médias israéliens ou américains ?
04:39Alors, des médias américains, oui. On a NPR, on a The Intercept, le grand média d'investigation.
04:45On a la Columbia Journalism Review, qui est une autorité morale dans la profession.
04:49J'en passe, c'est des meilleurs.
04:50Côté israélien, on a évidemment plus de difficultés à mobiliser.
04:55On voit d'ailleurs l'isolement dont fait l'objet Aharetz, par exemple, qui ose avoir une couverture critique.
04:59Mais on a 972, ce journal d'investigation qui unit israéliens et palestiniens.
05:06Je crois que c'est fondamental d'avoir leur engagement.
05:08Mais on a des médias de tous les continents.
05:10Je veux dire en Argentine, au Brésil, en Tchéquie, en Égypte, à Taïwan.
05:15Vous avez des journalistes, des rédactions qui se sont mobilisés et ont répondu à l'appel.
05:19Je crois que c'est fondamental d'avoir cette unité dans la profession.
05:22Thibaut Brutin, les journalistes palestiniens qui aujourd'hui encore, malgré les menaces, malgré la faim,
05:28parce qu'en fait, ils la vivent, cette guerre aussi, ces journalistes palestiniens.
05:31Est-ce qu'ils sont aussi une cible du mouvement terroriste Hamas ?
05:35Le Hamas a historiquement tout fait pour essayer de contrôler l'information à Gaza.
05:41Aujourd'hui, il a, je dirais, une sorte de combat pour sa survie militaire.
05:47Et les premières violences qui sont commises contre les journalistes, c'est évidemment les forces armées israéliennes aujourd'hui.
05:53Mais oui, le Hamas a des organes de propagande, mène aussi une campagne de désinformation massive sur ce qui se produit à Gaza.
06:02Et c'est pour ça qu'on a besoin de presse indépendante.
06:04Il faut comprendre que s'il n'y a plus de journalistes, ça va être propagande contre propagande.
06:08On va être pris entre la propagande israélienne et la propagande du Hamas.
06:11Et je crois que personne ne veut ça.
06:12Merci Thibaut Brutin, directeur général de Reporters sans frontières.
06:16Vous est-il invité du 5-7 ?
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