00:00La première cible, c'est les journalistes, parce que c'est une armée d'occupation.
00:03Ils ne veulent pas de témoins, ils veulent enterrer la vérité en enterrant les journalistes.
00:07M. Chalif, on s'est rencontrés plusieurs fois sur le terrain.
00:10Il a fait aussi un testament parce qu'il savait qu'à la fin, il va être tué.
00:14C'est un peu le sort de tous les journalistes.
00:15Nous tous, on attend ce moment-là parce qu'on sait qu'on est une cible.
00:18On est en train de vivre la mort tous les jours.
00:22Je m'appelle Rami Rujamous, journaliste indépendant à Gaza,
00:25très peu pris Bayou 2024, journaliste depuis presque plus de dix ans.
00:30Avant, j'étais fixeur. J'ai couvert plusieurs guerres.
00:33Bien sûr, cette guerre-là aussi.
00:34À 11h, si je ne me trompe pas, aux heures du soir, j'ai entendu une grande explosion.
00:39Ma femme, Sabah, elle m'a dit apparemment que c'était très proche, c'était dans le quartier.
00:43Et après, j'ai entendu mon voisin dire « c'est Al-Puittal-Shifa, c'est Al-Puittal-Shifa ».
00:47Et là, j'ai commencé à faire quelques coups de fil et puis j'ai reçu un coup de fil d'un ami à moi,
00:50un journaliste aussi qui travaillait avec moi.
00:53Il m'a dit qu'ils ont bombardé la fonte d'Al-Jazeera et apparemment,
00:57toutes les équipes d'Al-Jazeera sont mortes.
00:59On a une confirmation qu'Anos-Echarif et Tamadde Gréga sont mortes.
01:03Ils ont été tués.
01:04Après, on a compris qu'il y a eu sept personnes qui ont été tuées,
01:07six journalistes, cinq de l'équipe d'Al-Jazeera.
01:09Si c'est un journaliste indépendant, il y a une autre personne qui était là, hors de croix.
01:13C'est quelqu'un qui a été un peu la voix de Gaza, la voix des déplacés, la voix des victimes,
01:21la voix des personnes qui ont été tuées, la voix des amputés.
01:25Et surtout parce qu'il travaillait avec un média, un grand média comme Al-Jazeera.
01:29Donc, il était connu non seulement à l'échelle locale, mais aussi à l'échelle internationale,
01:34et surtout dans le moubara du musulman.
01:35Il a commencé à travailler avec Al-Jazeera pendant la guerre.
01:39La majorité des correspondants Al-Jazeera qui étaient là sont partis.
01:43Ils représentent un peu la voix de la résistance journalistique.
01:46C'est parmi les rares journalistes qui ne sont pas partis de Gaza pour aller au sud.
01:50Puis six mois, je crois que le porte-parole de l'armée d'occupation n'a pas arrêté d'inciter contre un monsieur Sharif.
01:57Même au début, quand il a commencé à travailler avec Al-Jazeera, pareil, il n'a pas arrêté d'inciter.
02:01Ils ont fait ça presque avec tous les journalistes qui les ont tués.
02:04Donc, même Louis, il s'attendait d'être tué.
02:07Il n'a pas arrêté.
02:08Il a fait aussi un testament parce qu'il savait qu'à la fin, il va être tué.
02:11C'est un peu le sort de tous les journalistes.
02:13Donc, tous, on attend ce moment-là parce qu'on sait qu'on est une cible.
02:19Il y a plus de 230 journalistes qui ont été tués.
02:21Parmi ces 230, il y a ceux qui ont été dérivant tués.
02:25Il y en a d'autres qui ont été tués de façon indirecte.
02:27Mais la majorité, ces journalistes étaient la cible depuis le premier jour de la guerre.
02:31On est en train de vivre la mort tous les jours.
02:33Et c'est le prix du travail de ce choix-là, de transmettre ce qui se passe à Gaza au monde entier.
02:38Après ma connaissance, il n'y a pas de confrères qui ont cédé à cause des menaces.
02:44Ça fait partie de notre devoir.
02:45Ça fait partie de notre travail.
02:46Et ça donne beaucoup plus de volonté de continuer parce qu'on sait qu'ils veulent enterrer la vérité.
02:52On enterre notre voix et nos images.
02:53Même, nous savons très bien qu'un jour, un autre, on va avoir le sort d'Alas Echali et d'autres 230 collègues.
02:59Ce soir-là, on est dans un train et à chaque fois, il y a une personne ou un journaliste qui descend de ce train-là.
03:06Ce n'est pas lui qui décide, mais plutôt, c'est lui qui est derrière la gâchette et le bouton.
03:11Et on ne sait pas comment on va être mort.
03:13Est-ce qu'on va être guardé, calciné, déchecté, enterré vivant ? On ne sait pas.
03:18Mais on sait très bien qu'il y aura une station où on va s'arrêter.
03:22On ne sait pas, ça va être quand chacun à sa station.
03:24Mais tant que cette guerre continue, tant que ce génocide continue, c'est le voyage ethnique,
03:29la première cible, c'est les journalistes parce que c'est un premier occupation.
03:32Ils ne veulent pas de témoins.
03:33Ils veulent enterrer la vérité en enterrant les journalistes.
03:38Et des dernières semaines, je ne veux plus de terrain, malheureusement.
03:41Ce n'est pas parce que pour des raisons de sécurité ou parce que j'ai peur de bombarder.
03:45C'est à cause de la fatigue parce que là, la famille, malheureusement, moi, j'ai 47 ans.
03:50Je ne suis pas en bonne forme avec la malnutrition qu'on est en train de vivre.
03:53Le terrain me manque, mais je n'ai pas le choix parce que je n'ai pas la force.
03:57Et je ne suis pas le seul.
03:58Je crois qu'il y en a beaucoup qui ont fait ce choix-là.
04:00Et après, nous, entre journalistes, on s'est divisé en groupe.
04:03Donc, il y a ceux qui sont devant les hôpitaux, comme Al-Azharif et tout ça pour faire leur direct
04:07parce qu'il y a un peu d'électricité, il y a un peu d'Internet.
04:09Il y en a d'autres qui ont été par quartier et surtout par région pour voir moins d'efforts et plus de couverture.
04:15Ce n'est pas qu'un génocide avec un arsenal militaire ou un nettoyage ethnique avec un arsenal militaire.
04:20Mais aussi, on est affronté à un arsenal médiatique de jamais vu.
04:23Et en plus, il y a un soutien clair des médias occidentaux qui prouvent toujours et soutiennent les paroles israéliennes
04:30et la version israélienne.
04:32Et quand il s'agit des Palestiniens, malheureusement, on n'est pas toujours pris en considération.
04:36Au début, on parle de quelques exemples depuis la France.
04:40Ils ont dit qu'il n'y a pas de journalistes à Gaza.
04:42Après, quand j'ai eu Bayeux, ils ont dit oui, peut-être qu'il y a des journalistes à Gaza.
04:45Mais ils sont Hamas.
04:47Après, oui, peut-être qu'il y a des journalistes à Gaza qui ne sont pas Hamas, mais ils sont intimidés par le Hamas.
04:52Alors que l'image parle, la voix parle, tout est parlant.
04:56Les preuves, elles sont là.
04:57Et malheureusement, on met en doute tout.
04:58C'est toujours notre parole contre la leur.
05:00Et malheureusement, la leur est toujours dominante.
05:02C'est parti.
05:06C'est parti.
05:07C'est parti.
05:07Vös.
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