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  • il y a 5 mois
Selon les Nations unies, 242 journalistes ont été tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023. Journaliste gazaoui francophone, trois fois primé au prix Bayeux des correspondants de guerre, Rami Abou Jamous travaille toujours dans l’enclave palestinienne. Au lendemain de la mort de son confrère d’Al-Jazeera, il explique à “Courrier international” les raisons de leur ciblage par l’armée israélienne.

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Transcription
00:00La première cible, c'est les journalistes, parce que c'est une armée d'occupation.
00:03Ils ne veulent pas de témoins, ils veulent enterrer la vérité en enterrant les journalistes.
00:07M. Chalif, on s'est rencontrés plusieurs fois sur le terrain.
00:10Il a fait aussi un testament parce qu'il savait qu'à la fin, il va être tué.
00:14C'est un peu le sort de tous les journalistes.
00:15Nous tous, on attend ce moment-là parce qu'on sait qu'on est une cible.
00:18On est en train de vivre la mort tous les jours.
00:22Je m'appelle Rami Rujamous, journaliste indépendant à Gaza,
00:25très peu pris Bayou 2024, journaliste depuis presque plus de dix ans.
00:30Avant, j'étais fixeur. J'ai couvert plusieurs guerres.
00:33Bien sûr, cette guerre-là aussi.
00:34À 11h, si je ne me trompe pas, aux heures du soir, j'ai entendu une grande explosion.
00:39Ma femme, Sabah, elle m'a dit apparemment que c'était très proche, c'était dans le quartier.
00:43Et après, j'ai entendu mon voisin dire « c'est Al-Puittal-Shifa, c'est Al-Puittal-Shifa ».
00:47Et là, j'ai commencé à faire quelques coups de fil et puis j'ai reçu un coup de fil d'un ami à moi,
00:50un journaliste aussi qui travaillait avec moi.
00:53Il m'a dit qu'ils ont bombardé la fonte d'Al-Jazeera et apparemment,
00:57toutes les équipes d'Al-Jazeera sont mortes.
00:59On a une confirmation qu'Anos-Echarif et Tamadde Gréga sont mortes.
01:03Ils ont été tués.
01:04Après, on a compris qu'il y a eu sept personnes qui ont été tuées,
01:07six journalistes, cinq de l'équipe d'Al-Jazeera.
01:09Si c'est un journaliste indépendant, il y a une autre personne qui était là, hors de croix.
01:13C'est quelqu'un qui a été un peu la voix de Gaza, la voix des déplacés, la voix des victimes,
01:21la voix des personnes qui ont été tuées, la voix des amputés.
01:25Et surtout parce qu'il travaillait avec un média, un grand média comme Al-Jazeera.
01:29Donc, il était connu non seulement à l'échelle locale, mais aussi à l'échelle internationale,
01:34et surtout dans le moubara du musulman.
01:35Il a commencé à travailler avec Al-Jazeera pendant la guerre.
01:39La majorité des correspondants Al-Jazeera qui étaient là sont partis.
01:43Ils représentent un peu la voix de la résistance journalistique.
01:46C'est parmi les rares journalistes qui ne sont pas partis de Gaza pour aller au sud.
01:50Puis six mois, je crois que le porte-parole de l'armée d'occupation n'a pas arrêté d'inciter contre un monsieur Sharif.
01:57Même au début, quand il a commencé à travailler avec Al-Jazeera, pareil, il n'a pas arrêté d'inciter.
02:01Ils ont fait ça presque avec tous les journalistes qui les ont tués.
02:04Donc, même Louis, il s'attendait d'être tué.
02:07Il n'a pas arrêté.
02:08Il a fait aussi un testament parce qu'il savait qu'à la fin, il va être tué.
02:11C'est un peu le sort de tous les journalistes.
02:13Donc, tous, on attend ce moment-là parce qu'on sait qu'on est une cible.
02:19Il y a plus de 230 journalistes qui ont été tués.
02:21Parmi ces 230, il y a ceux qui ont été dérivant tués.
02:25Il y en a d'autres qui ont été tués de façon indirecte.
02:27Mais la majorité, ces journalistes étaient la cible depuis le premier jour de la guerre.
02:31On est en train de vivre la mort tous les jours.
02:33Et c'est le prix du travail de ce choix-là, de transmettre ce qui se passe à Gaza au monde entier.
02:38Après ma connaissance, il n'y a pas de confrères qui ont cédé à cause des menaces.
02:44Ça fait partie de notre devoir.
02:45Ça fait partie de notre travail.
02:46Et ça donne beaucoup plus de volonté de continuer parce qu'on sait qu'ils veulent enterrer la vérité.
02:52On enterre notre voix et nos images.
02:53Même, nous savons très bien qu'un jour, un autre, on va avoir le sort d'Alas Echali et d'autres 230 collègues.
02:59Ce soir-là, on est dans un train et à chaque fois, il y a une personne ou un journaliste qui descend de ce train-là.
03:06Ce n'est pas lui qui décide, mais plutôt, c'est lui qui est derrière la gâchette et le bouton.
03:11Et on ne sait pas comment on va être mort.
03:13Est-ce qu'on va être guardé, calciné, déchecté, enterré vivant ? On ne sait pas.
03:18Mais on sait très bien qu'il y aura une station où on va s'arrêter.
03:22On ne sait pas, ça va être quand chacun à sa station.
03:24Mais tant que cette guerre continue, tant que ce génocide continue, c'est le voyage ethnique,
03:29la première cible, c'est les journalistes parce que c'est un premier occupation.
03:32Ils ne veulent pas de témoins.
03:33Ils veulent enterrer la vérité en enterrant les journalistes.
03:38Et des dernières semaines, je ne veux plus de terrain, malheureusement.
03:41Ce n'est pas parce que pour des raisons de sécurité ou parce que j'ai peur de bombarder.
03:45C'est à cause de la fatigue parce que là, la famille, malheureusement, moi, j'ai 47 ans.
03:50Je ne suis pas en bonne forme avec la malnutrition qu'on est en train de vivre.
03:53Le terrain me manque, mais je n'ai pas le choix parce que je n'ai pas la force.
03:57Et je ne suis pas le seul.
03:58Je crois qu'il y en a beaucoup qui ont fait ce choix-là.
04:00Et après, nous, entre journalistes, on s'est divisé en groupe.
04:03Donc, il y a ceux qui sont devant les hôpitaux, comme Al-Azharif et tout ça pour faire leur direct
04:07parce qu'il y a un peu d'électricité, il y a un peu d'Internet.
04:09Il y en a d'autres qui ont été par quartier et surtout par région pour voir moins d'efforts et plus de couverture.
04:15Ce n'est pas qu'un génocide avec un arsenal militaire ou un nettoyage ethnique avec un arsenal militaire.
04:20Mais aussi, on est affronté à un arsenal médiatique de jamais vu.
04:23Et en plus, il y a un soutien clair des médias occidentaux qui prouvent toujours et soutiennent les paroles israéliennes
04:30et la version israélienne.
04:32Et quand il s'agit des Palestiniens, malheureusement, on n'est pas toujours pris en considération.
04:36Au début, on parle de quelques exemples depuis la France.
04:40Ils ont dit qu'il n'y a pas de journalistes à Gaza.
04:42Après, quand j'ai eu Bayeux, ils ont dit oui, peut-être qu'il y a des journalistes à Gaza.
04:45Mais ils sont Hamas.
04:47Après, oui, peut-être qu'il y a des journalistes à Gaza qui ne sont pas Hamas, mais ils sont intimidés par le Hamas.
04:52Alors que l'image parle, la voix parle, tout est parlant.
04:56Les preuves, elles sont là.
04:57Et malheureusement, on met en doute tout.
04:58C'est toujours notre parole contre la leur.
05:00Et malheureusement, la leur est toujours dominante.
05:02C'est parti.
05:06C'est parti.
05:07C'est parti.
05:07Vös.
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