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00:00L'heure d'accueillir mes débatteurs de la première heure, Jules Torres, un journaliste politique au JDD.
00:05Bonsoir Jules.
00:06Bonsoir Stéphanie Neumereux.
00:07En plein bouclage du journal.
00:09Oui mais bon, je viens à vous.
00:11C'est gentil, on a quoi en une demain ?
00:14On a une interview exclusive et croisée, c'est la première dans l'histoire, d'Éric Zemmour et Sarah Knaffo en même temps.
00:22C'est la première fois qu'un couple politique nous accorde une interview croisée.
00:27Et je peux vous dire ce que ça dépote.
00:28Oui parce qu'ils ne s'étaient pas exprimés ensemble depuis toujours.
00:32On ne croisait jamais, ils n'ont jamais croisé le fer ensemble.
00:35Bravo pour cette une, on a hâte de lire tout ça.
00:38Véronique Jacquet est avec nous également, journaliste politique.
00:41Bonsoir ma chère Véronique.
00:42Bonsoir Stéphanie, bonsoir à tous.
00:44On va évidemment évoquer cette actualité politique riche, puisque évidemment les appétits s'aiguisent.
00:50Il n'y a pas d'autres mots en vue de la chute prochaine, on peut presque dire ça.
00:55Enfin ça y est, il n'y a pas beaucoup de suspense de François Bayrou le 8 septembre.
01:02Le RN avec Jordan Bardella s'est exprimé aujourd'hui.
01:06Il n'y a pas d'autre choix que de se tourner vers les Français.
01:09Le RN qui se tient prêt évidemment à gouverner, le cas échéant avec qui on verra.
01:14Et puis l'EPS qui fait acte de candidature également, qui a clôturé son université d'été aujourd'hui à Blois avec d'ailleurs des contre-propositions budgétaires.
01:26On en parle avec Emma Rafovitch, eurodéputée socialiste et porte-parole du parti socialiste.
01:31Bonsoir Emma Rafovitch.
01:33Alors vous avez clôturé, je le disais, vos universités d'été avec vos contre-propositions budgétaires,
01:41puisque le budget proposé par François Bayrou ne vous allait pas.
01:46Le plan prévoit de réduire le déficit de 21,7 milliards d'euros, deux fois moins d'ailleurs que celui de François Bayrou.
01:54Pour vous, les déficits ne sont pas assez importants, ça ne justifie pas justement qu'on puisse faire plus d'efforts que 21,7 milliards d'euros ?
02:07Vous savez, le 15 juillet dernier, quand François Bayrou a présenté son budget, il nous a dit finalement que c'était ça ou le chaos.
02:16Mais la réalité, ce qu'on voit depuis, c'est que le chaos, c'est lui.
02:19Oui, que finalement, il nous présente quelque chose qui n'est pas crédible, qui est un budget de souffrance pour les Françaises et les Français.
02:27Et oui, nous nous le disons avec force, il faut faire des économies, nous en proposons beaucoup.
02:32Mais ce que nous proposons surtout, c'est un chemin pour le pays qui soit souhaitable, qui soit durable.
02:37La vérité, c'est que ce que propose François Bayrou, c'est irresponsable, c'est complètement irresponsable.
02:44Nous, ce que nous voulons incarner, c'est finalement une alternative crédible.
02:48Parce que ce que propose François Bayrou, c'est finalement de crier maintenant au feu, alors que ça fait 8 ans, 8 ans, qu'il soutient la politique qui nous a amenés là où nous en sommes.
03:00Cette politique irresponsable, c'est celle de la droite.
03:03Moi, je n'ai pas envie finalement de rentrer dans le piège que voudrait nous tendre la droite, que voudrait nous tendre Emmanuel Macron.
03:09Celui de dire que ce serait finalement maintenant la gauche, les oppositions, de venir sauver François Bayrou.
03:16Moi, je le dis, son budget, il est irresponsable.
03:19Et donc, oui, le 8 septembre, très clairement, nous voterons contre.
03:22Nous avons surtout fait des propositions.
03:23Oui, oui, oui. En effet.
03:25Alors, c'est vrai que vous ambitionnez de passer à 3% de déficit à l'horizon 2032, un peu plus tard que prévu.
03:31Mais alors, c'est vrai, et vous allez me dire si j'ai tort ou raison, mais quand même, je l'ai lu dans les grandes lignes,
03:36en fonctionnant les plus hauts revenus et les entreprises en substance,
03:40même si vous faites effectivement des propositions sur l'économie verte.
03:45Mais c'est, selon vous, la manière dont on va relever le pays en taxant les plus hauts revenus.
03:52Je rappelle quand même que 10% des plus riches pèsent 75% d'impôts sur le revenu.
03:56Mais oui, il faut arrêter finalement de toujours toucher les mêmes.
03:59Il faut arrêter de toujours toucher les mêmes.
04:01C'est les travailleurs, c'est les Français qui aujourd'hui souffrent,
04:04à qui on demande tout le temps, tout le temps, tout le temps de se serrer la ceinture.
04:07Alors, nous, nous l'assumons, il faut une taxe Zuckmann, ça rapporterait 15 milliards d'euros,
04:12il faut taxer les grandes fortunes, les grandes entreprises,
04:15finalement faire contribuer ce qu'Emmanuel Macron a servi pendant 8 ans.
04:20Aujourd'hui, les Françaises et les Français, ils n'en peuvent plus.
04:23Moi, j'ai vu avec Olivier Faure, avec des membres du Parti Socialiste,
04:26tous les jours, des Françaises et des Français qui nous disent
04:28on dilue notre shampoing avec de l'eau, on dilue notre soupe avec de l'eau,
04:32et demain, ça va être quoi ? On va dissoudre l'eau avec de l'eau ?
04:35On n'en peut plus, et nous, ce qu'on veut, c'est de la justice.
04:37Et on est d'accord pour faire des efforts, mais aussi seulement...
04:40Mais Emma Raffović, pardonnez-moi, mais de taxer les entreprises,
04:43on rappelle aussi que pour les particuliers, on le rappelle tous les jours,
04:47mais enfin que le prélèvement obligatoire est un des plus élevés au monde,
04:50on est à plus que quasiment 43% du PIB,
04:54on rappelle aussi quand même que moins de la moitié des Français
04:57paient l'impôt sur le revenu.
04:58La taxe de Zuckman, c'est sur 1800 foyers.
05:01Oui, mais il y a déjà la contribution au revenu différentiel.
05:05Qui possède plus de 100 millions d'euros, qui possède plus de 100 millions d'euros de patrimoine.
05:09Mais il y avait la taxation des hauts revenus déjà,
05:13prévue dans le budget de François Bayrou,
05:15vous voulez encore plus d'impôts toujours ?
05:18La réalité, c'est que François Bayrou, avec lui, la confiance, elle est rompue.
05:22C'est François Bayrou, le Premier ministre, synonyme des cadeaux aux plus riches
05:26et du matraquage sur les plus précaires.
05:29Nous, ce que nous voulons, c'est enfin un budget responsable.
05:33Un budget qui amène la France à se réparer.
05:35Mais est-ce que c'est responsable de taper sur les entreprises qui vont...
05:39Vous savez que les cotisations sociales sont au plus haut,
05:41on est à 26,6% du coût du travail contre par exemple 16,5% en Allemagne.
05:47Est-ce qu'on en rajoute encore sur les entreprises qui souffrent en ce moment de l'instabilité ?
05:52Mais ce n'est pas jamais les PME que nous allons viser ou taper.
05:56Je vais vous le dire, c'est très simple finalement ce que nous proposons.
05:58La taxe Zuckman, c'est une taxe sur les 1 800 foyers en France
06:02qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine.
06:05Nous voulons aussi avancer sur la lutte contre la fausse fiscale.
06:09Il faut reconfigurer massivement les exonérations patronales.
06:12Il faut aussi taxer les GAFAM.
06:13Vous savez, ces grandes entreprises, Google, Amazon,
06:16toutes celles-là, et aussi taxer la malbouffe.
06:19Franchement, croyez-nous, notre objectif c'est de relancer l'économie.
06:21Vous êtes eurodéputée, Emma Raffovitch.
06:23On a vu qu'Ursula von der Leyen n'a rien fait devant le président Trump
06:26à part se prendre 15% de taxes.
06:29Elle n'a rien dit sur les GAFAM.
06:31Et vous avez bien raison.
06:33Moi, je ne suis absolument pas une soutienne d'Ursula von der Leyen.
06:37Et faut-il le rappeler, c'est aussi Emmanuel Macron
06:39qui pendant longtemps a permis à Ursula von der Leyen
06:42d'être présidente de cette commission européenne.
06:44Aujourd'hui, il faut dire, il faut de la justice.
06:47Les dividendes, ils ont explosé, explosé.
06:50Les plus grandes fortunes, elles ont triplé en quelques années
06:54alors que les Français, eux, s'appauvrissent.
06:57Et oui, il faut de la relance.
06:58Il faut assumer d'investir, investir massivement pour le pouvoir d'achat.
07:02Mais aussi assumer...
07:02Et rien sur des réformes structurelles, Emma Raffovich ?
07:06Rien sur les dépenses publiques, parmi les plus élevées au monde ?
07:081 700 milliards en 2025 ?
07:10Ce que nous annonçons, c'est des économies fortes d'ailleurs sur le fonctionnement de l'État.
07:15L'optimisation des fonctions support, du fonctionnement des agences.
07:18On prévoit d'ailleurs plus de 5 milliards d'économies.
07:22Par exemple, je vais te dire, en arrêtant de faire appel à des cabinets de conseil comme McKinsey
07:27qui finalement à chaque fois font en sorte que les dépenses publiques explosent
07:32pour finalement pas tellement d'efficacité.
07:36Mais nous, on a envie finalement de proposer des choses concrètes.
07:39Les ultra-riches se sont enrichis.
07:41L'État parfois s'est délabré.
07:43Les services publics n'ont pas connu d'investissement.
07:46Si on veut demain un État, une France qui aille mieux,
07:51il faut des économies, il faut réduire les déficits,
07:54et il faut investir.
07:56Investir dans le logement, investir dans les transports,
07:59investir pour notre souveraineté.
08:01Là, on est à 3 500 milliards de dettes, donc ça va être compliqué.
08:05Bonsoir, Madame la députée.
08:07Bonsoir.
08:08Encore une fois, vous vous en prenez un petit peu à une catégorie de la population
08:11qui sont en l'occurrence les riches et derrière les riches.
08:14Il y a quand même un concept extrêmement flou,
08:15parce que je vous rappelle quand même que François Bayrou lui-même disait
08:18que pour être riche en France, c'était 3 500 ou 4 000 euros de revenus bruts,
08:22y compris à Paris.
08:23Je n'ai pas l'impression qu'on soit riche quand c'est cela,
08:25mais en effet, Stéphanie...
08:26Non, là, on parle...
08:27Attendez, là, on parle de...
08:28Je n'ai pas terminé ma question,
08:30mais moi, je voulais vous poser la question.
08:31Est-ce que vous n'avez pas finalement l'impression de tomber dans le même écueil
08:34que François Bayrou qui lui coûte cher,
08:35c'est-à-dire de cibler une catégorie de la population ?
08:38En l'occurrence, lui, c'est les boomers, vous, c'est les riches.
08:40Là, on parle de 1 800 foyers qui possèdent plus de 100 millions d'euros.
08:44Mais vous savez très bien que ce n'est même pas 100 millions d'euros
08:46parce que c'est sur des revenus non cotés
08:47qui appartiennent soit à des holdings, soit à l'immobilier.
08:50Donc, ce n'est pas des millions d'euros
08:52qui sont dans les comptes ou dans les parts.
08:53Moi, je ne m'en ai plus.
08:54Non, mais non, je ne suis pas d'accord avec vous.
08:56Vous savez, à un moment, il faut aussi de l'égalité et de l'équité.
08:59Moi, je crois que les plus riches de ce pays,
09:01ils sont des patriotes.
09:03Et moi, j'en appelle aux patriotes.
09:05Eh bien oui, il faut assumer la solidarité.
09:08La solidarité, c'est pour tout le monde.
09:10L'égalité, c'est pour tout le monde.
09:13Aujourd'hui, il faut le dire, la croissance en France,
09:15la croissance, elle est tirée à 50% par la consommation populaire.
09:17On vous rappelle quand même, Emma Raffovic,
09:18que 1% des plus riches payent 30% de l'impôt.
09:21Donc, ils y contribuent déjà.
09:23Essayons d'avancer.
09:25Oui, allez-y.
09:26Aujourd'hui, les précaires, les pauvres dans ce pays,
09:28ils font aussi tenir la France.
09:30Ils font tenir la France, mais ils n'en peuvent plus.
09:33Ils ont faim, ils n'arrivent pas à se proger.
09:35Et 18 mois, ils ne savent pas comment ça va faire.
09:37Non, mais ça, personne n'a dit le contraire.
09:38Alors, je le dis, les 1 800 foyers de France
09:42qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine,
09:45moi, j'en appelle à leur patriotisme.
09:47Je suis sûre d'ailleurs qu'ils en ont.
09:49Et je pense qu'ainsi, on arrivera à réunir et à réconcilier,
09:52et je dirais même à réparer la France.
09:54Avançons un petit peu.
09:56Bon, Olivier Faure a déjà prévenu qu'il était inimaginable
09:58que les socialistes votent la confiance à François Bayrou.
10:01François Bayrou devrait tomber autour, en effet, du 8 septembre.
10:05Alors, vous allez vous rendre tout de même à Matignon lundi.
10:08Vous en attendez encore quelque chose ?
10:10Alors, c'est assez étrange, le sort du Premier ministre semble scellé,
10:13puis on va négocier, alors on ne sait pas quoi.
10:16Vous pouvez peut-être nous éclairer.
10:17On n'ira pas tout à fait négocier, vous le savez très bien.
10:20Nous, nous avons annoncé notre position.
10:21Et boire le thé ?
10:22Nous voterons contre la confiance à François Bayrou.
10:26Alors, il nous invite, nous irons tout simplement lui dire en face
10:29ce que nous avons dit partout.
10:31Mais la confiance avec François Bayrou, elle est désormais rompue.
10:34Il n'y a pas de retour en arrière possible.
10:37Les socialistes ont présenté aujourd'hui un autre budget.
10:39Nous sommes prêts.
10:40Nous sommes prêts à gouverner.
10:42Nous avons des propositions.
10:43Elles sont, je crois, assez bonnes.
10:44Et nous savons aussi comment gouverner.
10:46Avec quelle légitimité ?
10:47Vous êtes 66 députés à l'Assemblée nationale, Aïma Raffovitch.
10:51Mais vous savez, madame, qu'il y a une majorité aujourd'hui à l'Assemblée nationale ?
10:54Pas les socialistes, mais aujourd'hui, il faut des propositions, je crois, innovantes.
11:02Il faut assumer que la gauche, nous nous sommes prêts
11:06parce que nous sommes arrivés en tête aux dernières élections législatives,
11:09qu'aux dernières nouvelles, à aucun moment, Emmanuel Macron n'a choisi
11:12de donner sa confiance à la gauche.
11:15Eh bien, nous, avec les socialistes, nous le disons.
11:16Alors, vous êtes arrivés à la gauche, de Ruffin à Glucksmann,
11:19du Parti communiste jusqu'à Planète.
11:20Ce n'était pas une majorité claire, c'était une majorité relative,
11:24avec les insoumis.
11:26J'y viens, évidemment, à cette question.
11:28Nous ne gouvernerons pas avec les insoumis.
11:29Excusez-moi, mais...
11:29Pardon, pardon, excusez-moi.
11:31J'ai dit, nous ne gouvernerons pas avec les insoumis.
11:34Donc, vous allez gouverner à 121 députés, si on comprend bien.
11:36Si on prend donc les communistes, les écologistes et les socialistes.
11:39Comment est-ce qu'on peut gouverner avec 121 députés ?
11:41À gauche, eh bien, ce que nous voulons, c'est gouverner à gauche,
11:45de Ruffin à Glucksmann, avec des propositions concrètes,
11:49un cap clair, mais surtout un engagement.
11:51Non, mais est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous gouvernez ?
11:52Vous gouvernez, vous faites passer des textes et un budget avec 121 députés.
11:56Mais pour ça, monsieur, pour que je vous explique,
11:58il faut juste vous laisser terminer la phrase.
12:00Et je vous le dis, nous nous gouvernerons,
12:02notamment parce que nous respecterons le Parlement.
12:04Nous placerons le Parlement au cœur de notre projet gouvernemental,
12:08en le laissant, lui, faire des compromis, laisser parler le Parlement.
12:12Nous avons, vous savez, depuis qu'il y avait Michel Barnier,
12:14en suite de François Bayrou, texte par texte,
12:16nous avions proposé que des compromis puissent avoir lieu.
12:19À aucun moment, ils n'ont choisi de ne bouger d'un millimètre de leur dogmatisme.
12:24Eh bien, nous nous le disons, nous avons des propositions fortes,
12:27un programme de gauche, parce que nous sommes de gauche,
12:30mais nous ne serons pas dogmatiques parce que nous...
12:32Estimez-vous aujourd'hui que le pays est à gauche ?
12:35Et nous n'utiliserons pas le 49.3.
12:38Estimez-vous, estimez-vous, Emma Roffovitch,
12:40non, mais c'est vraiment une question sérieuse.
12:41Estimez-vous qu'aujourd'hui, vous avez le sentiment
12:43que les Français vous attendent dans votre programme de gauche ?
12:46Vous vous sentez plébiscité par les Français ?
12:49Écoutez, moi ce que je vois, et je vous le dis parce qu'avec beaucoup de sincérité,
12:54moi j'ai fait avec le Parti Socialiste et beaucoup d'autres élus,
12:57un tour de France où on est allé partout, dans énormément de villes,
13:00où aujourd'hui, la politique, de manière générale,
13:03pas uniquement la gauche, pas uniquement la droite, pas uniquement l'extrême droite,
13:06la politique, elle déboute beaucoup de gens.
13:09Parce que finalement, il y a une perte de confiance,
13:11il y a une défiance énorme entre les Français et la politique aujourd'hui,
13:15parce qu'ils sont déçus, finalement, ils n'y croient plus.
13:17Enfin, aucun Parti n'y échappe, ni le vôtre.
13:19Mais votre constat est partagé.
13:20Exactement, mais c'est ce que je viens de dire, madame.
13:23Honnêtement, je ne sais pas ce que les Français,
13:25aujourd'hui, si les Français, ils nous attendent, nous,
13:27plus qu'un autre, je ne me suis pas persuadée qu'on soit,
13:28vous savez, une promesse incroyable,
13:31mais je pense que nous, nous avons envie d'agir en responsabilité.
13:34Moi, le projet qu'on porte,
13:35je pense qu'il est bon pour la France,
13:36qu'il est capable de réparer la France,
13:38qu'il est capable de réparer aussi la démocratie
13:40et nous faire sortir de cette crise de régime.
13:41Véronique Jacquier veut vous parler,
13:44veut vous interpeller.
13:45Oui, moi, j'ai l'impression, quand même,
13:47que votre projet pour réparer la France
13:48n'est pas à la hauteur des enjeux.
13:51D'abord, sur la méthode,
13:52c'est-à-dire que vous parlez de compromis,
13:54vous parlez de textes sur lesquels
13:57on n'utiliserait pas le 49-3.
13:59Oui, le 49-3.
14:02Franchement, ça me paraît bien utopique.
14:04On a l'impression qu'on retourne à la 4e République.
14:06Je vous rappelle, quand même,
14:07que la 5e République a été faite pour faire vivre le bipartisme.
14:11Et effectivement, comme l'a dit Jules Torres,
14:13vous n'auriez absolument aucune majorité.
14:15Donc, je ne vois pas ce que vous pouvez tricoter
14:17et avec qui vous pouvez trouver des compromis.
14:20Ensuite, on a toujours la vieille rengaine
14:22de taxer les riches.
14:23Je pense que c'est loin d'être suffisant.
14:26Et vous parlez d'une politique irresponsable
14:28de la part de François Bayrou.
14:29Finalement, l'irresponsabilité en politique,
14:31elle a peut-être commencé au début des années 80
14:34avec François Mitterrand,
14:35quand il a fait passer la retraite,
14:38à 60 ans, sincèrement.
14:40Donc, je crois qu'on vit sur 40 ans...
14:42Vous êtes caricaturale.
14:44Attendez, laissez-moi terminer
14:45avant de comprendre où je vais vous emmener.
14:48J'ai quand même le sentiment
14:49que vous avez instillé dans la tête des Français
14:53cette idée depuis 40 ans
14:55qu'on pouvait travailler moins pour vivre mieux.
14:57On arrive au bout d'un cycle.
14:59On arrive au bout de cette idée.
15:01Et taxer les riches, franchement, ça ne va pas suffire.
15:04Il faut réindustrialiser le pays.
15:06Il faut réhabiliter la valeur travail.
15:08Alors là, je ne vous ai pas suffisamment entendue
15:11sur cette question-là.
15:12Non, non.
15:13Je ne vois pas où sont vos ambitions
15:14pour retrouver une vraie gauche du gouvernement.
15:18Mais ce que vous dites à l'instant,
15:19pour moi, est essentiel.
15:21Essentiel.
15:21Évidemment qu'il faut réindustrialiser le pays.
15:24Mais vous savez ce que ça veut dire,
15:25réindustrialiser le pays ?
15:27Eh bien, ça veut dire investir.
15:28Ça veut dire faire des grands investissements.
15:30Non, la vérité, c'est qu'il faut un plan de relance pour le pays.
15:33Et oui, pour la réindustrialisation.
15:35Ça veut dire qu'il faut des plans logement,
15:36qu'il faut des plans pour le transport,
15:38pour les transports collectifs,
15:39qu'il faut assumer que nous voulons que la France,
15:41elle soit souveraine en termes d'industrie,
15:44en termes d'énergie,
15:45en termes d'alimentation,
15:46qu'il faut soutenir les collectivités locales.
15:48Moi, j'en ai marre, finalement,
15:49que vous dites parfois...
15:51Mais avec quel argent ?
15:52Vous n'avez pas le sentiment que, justement,
15:54si on en arrive...
15:54Eh bien, nous, vous disons, madame...
15:55Vous n'avez pas le sentiment que si on en arrive,
15:57là où on en arrive,
15:58c'est parce qu'il y a eu trop d'argent public
16:00donné à tort et à travers
16:02et que ça n'a jamais produit les résultats escomptés ?
16:05Non.
16:06Moi, j'ai envie de vous dire,
16:07parce que vous avez cité beaucoup de choses aujourd'hui,
16:09à l'Assemblée nationale, au Sénat,
16:11qui sont les parlementaires
16:13qui font avancer les choses
16:15pour améliorer la vie des Français.
16:17Vous me parliez à l'instant
16:18du fait que nous n'avions pas de majorité
16:20et que toutes les propositions
16:20que nous sommes en train de faire en ce moment
16:23étaient impossibles de faire valider.
16:25Moi, j'ai envie de vous dire quelque chose.
16:26L'attaque Zuckman...
16:27Rapidement, parce qu'on est au bout
16:28et on vous garde, si vous voulez,
16:30quelques instants après, Emma Raffovitch.
16:32L'attaque Zuckman,
16:33elle a été votée par l'Assemblée nationale.
16:35Les deux heures médicaux,
16:36une grande proposition de loi
16:38écrite par Guillaume Garraud
16:40a été votée par l'Assemblée nationale.
16:41On ne va pas faire un listing.
16:43Emma Raffovitch, je vous propose
16:44de rester avec nous
16:45dans quelques instants,
16:46juste après la pub,
16:47parce que j'ai encore quelques questions
16:48à vous poser.
16:49Notamment, on est passé rapidement là-dessus.
16:51Vous avez dit que vous ne voulez pas
16:52d'alliance avec la France insoumise
16:55et je vous poserai des questions
16:56sur ce sujet.
16:57Restez avec nous,
16:58Jules Torres et Véronique Jacquier également.
17:00Et on parle politique,
17:02toujours en compagnie
17:02de mes débatteurs de la première heure,
17:04Jules Torres et Véronique Jacquier
17:06et de mon invité,
17:07qui a eu la courtoisie,
17:08de rester encore quelques minutes,
17:09Emma Raffovitch,
17:11eurodéputée PS,
17:12porte-parole du Parti Socialiste.
17:14On expliquait il y a quelques instants
17:17avec nos échanges,
17:19on n'était pas forcément d'accord
17:21avec les débatteurs et vous
17:22sur votre contre-proposition budgétaire
17:26présentée aujourd'hui.
17:28Clairement,
17:29le PS ambitionne de gouverner.
17:30Je vous posais la question,
17:31si vous envisagez,
17:32en cas de départ probable
17:35du gouvernement Bayrou
17:36et de dissolution,
17:37surtout si vous envisagez
17:38des alliances avec les insoumis,
17:40vous m'aviez dit non.
17:42Pour quelle raison,
17:44Emma Raffovitch ?
17:45Oui, nous ne voulons pas
17:46gouverner avec les insoumis,
17:48nous l'avons évoqué,
17:49nous, avec qui nous voulons gouverner,
17:51c'est une alliance,
17:52un périmètre de travail
17:53qui va de Ruffin à Glucksmann,
17:55du Parti Communiste
17:56à Place Publique.
17:58Nous le pensons,
17:58c'est une alliance cohérente.
18:00Moi, je le dis depuis...
18:01On en est certain de ça.
18:03Jean-Luc Mélenchon,
18:04oui, bien sûr.
18:05Olivier Faure ne va pas changer d'avis
18:07devant les sièges qui s'envolent.
18:10Vous savez,
18:11c'est Olivier Faure lui-même
18:12qui a porté cette alliance
18:13de Ruffin à Glucksmann
18:14lors du dernier congrès
18:15du Parti Socialiste.
18:17Donc, non,
18:17je n'ai aucun doute.
18:19Je crois que Jean-Luc Mélenchon,
18:20il s'est exclu, finalement,
18:22lui-même de l'union de la gauche
18:23en faisant, évidemment,
18:26les pires sorties.
18:28Je pense, évidemment,
18:29à ses positionnements
18:30sur l'Ukraine,
18:32mais pas que.
18:33On peut, évidemment,
18:33penser à la manière
18:35dont il a traité,
18:36évidemment,
18:37la question de la guerre à Gaza
18:39et à quel point, je crois,
18:40oui,
18:40il a galvanisé
18:41l'identité limite
18:42par de nombreux propos
18:43et notamment les propos
18:44de certains de ses très proches.
18:45Moi, en tout cas,
18:46je ne crois pas
18:47que Jean-Luc Mélenchon,
18:48aujourd'hui,
18:48soit quelqu'un
18:49avec qui nous voulons gouverner.
18:51Nous voulons gouverner
18:52avec celles et ceux
18:53qui partagent
18:53le même objectif que nous,
18:55à savoir
18:56réparer la France.
18:58Jean-Luc Mélenchon,
18:59il est, je crois,
19:00dans un show
19:00assez individuel
19:01où il prépare
19:02une présidentielle anticipée.
19:04Ce n'est pas notre souhait.
19:05Le parti des Insoumis
19:06a clairement dépassé
19:07la ligne rouge
19:08pour vous
19:08sur les questions
19:09de l'antisémitisme.
19:10Vous le dites
19:10sans embâche,
19:11clairement,
19:11et sans ambiguïté.
19:13Oui, bien sûr.
19:14En fait,
19:14j'ai été moi-même
19:15la cible
19:15pendant très nombreux mois
19:18de beaucoup d'attaques,
19:19de cyberharcèlement,
19:21d'une LSI sphère.
19:22Je n'en suis jamais cachée
19:24et je pense,
19:24en effet,
19:25que ce n'est pas,
19:26en tout cas,
19:27que moi,
19:27j'aurais toujours aimé,
19:28en effet,
19:28que peut-être
19:29certains puissent
19:29revenir là-dessus.
19:30si ça n'a pas été le cas,
19:32je pense qu'il faut
19:33être cohérent
19:34et avancer avec ceux
19:36avec qui nous partageons
19:37finalement l'envie
19:38de réparer le pays.
19:39Et est-ce que vous avez
19:40le sentiment de votre ligne
19:41justement sur le rejet
19:42de Jean-Luc Mélenchon
19:43par rapport à cette question
19:44de l'antisémitisme
19:45et majoritaire
19:46au Parti Socialiste ?
19:47On sait très bien,
19:48par exemple,
19:48que Jérôme Guedj
19:49avait refusé...
19:50Il n'y a pas que le sujet
19:50de l'antisémitisme,
19:51non ?
19:51Il n'y a pas que le sujet
19:52d'antisémitisme.
19:52Oui, mais c'est quand même
19:53le principal.
19:54En tout cas,
19:54c'est sans doute
19:55celui qui vous concerne
19:56parce que vous avez été
19:56attaqué directement.
19:57Jérôme Guedj également.
19:59Et c'est aussi pour cela
20:00que vous,
20:01vous êtes aussi clair
20:02et ferme
20:03sur cette question-là.
20:04On avait Arthur Delaporte
20:05cette semaine
20:05dans le studio d'Europe 1.
20:07Il était beaucoup moins clair
20:07que ça sur un possible
20:09accord avec les Insoumis
20:11en cas de potentielle
20:12dissolution.
20:12Donc, vous comprenez
20:13que ce que vous nous dites
20:14ce soir est extrêmement clair.
20:16Ce n'est pas forcément
20:16le cas de tous
20:17vos camarades socialistes.
20:18Je pense que ce que je porte,
20:20en tout cas,
20:20l'alliance de Ruffin à Glucksmann,
20:22c'est quelque chose
20:22que porte directement
20:23Olivier Faure,
20:25qui est notre premier secrétaire.
20:27Moi, je le dis honnêtement.
20:28Moi, je n'ai pas envie de jouer.
20:29En fait, je n'ai pas envie de jouer.
20:31Je ne souhaite
20:31ni une dissolution,
20:33ni une destitution
20:33du président de la République.
20:35Moi, ce que je souhaite
20:35c'est qu'une gauche responsable
20:38gouverne.
20:39Et vous savez,
20:40aujourd'hui,
20:41la gauche,
20:42pour être crédible,
20:42je pense qu'il faut
20:43qu'elle soit solide
20:44sur ses appuis.
20:45Et donc, oui,
20:45ça veut dire défendre,
20:47défendre sans jamais bouger,
20:49sans jamais trembler,
20:50l'Ukraine
20:51et Volodymyr Zelensky.
20:53Ça veut dire protéger
20:54toutes nos concitoyennes,
20:56tous nos concitoyens.
20:57Ça veut dire s'engager
20:58clairement pour
20:59la reconnaissance
21:01de l'État de Palestine
21:02sans jamais tomber
21:04dans des dérits
21:05Vous avez un allié
21:06en la personne
21:07d'Emmanuel Macron.
21:08Je pense que,
21:09et je soutiendrai
21:10avec honnêtement
21:11beaucoup de force
21:12cette annonce,
21:13comme je l'ai fait
21:13lorsqu'il l'a annoncé.
21:14Mais je pense que,
21:15honnêtement,
21:15la gauche,
21:16elle peut,
21:17aujourd'hui,
21:18demain,
21:19réparer le pays.
21:20On a des propositions fortes.
21:21On est, évidemment,
21:22ancré dans la République.
21:23On en a parlé.
21:24Véronique,
21:24Jacques-Yves,
21:25vous voulez interpeller ?
21:26Oui, en vous écoutant,
21:27j'ai une question
21:28qui va peut-être
21:29vous surprendre,
21:30mais est-ce que vous pensez
21:31que François Hollande
21:32pourrait être dans la course,
21:34justement ?
21:34Puisque là,
21:35vous dites,
21:35on fait une offre
21:35de propositions,
21:37et le président de la République,
21:39s'il devait nous choisir,
21:40choisirait finalement,
21:41quelque part,
21:41le meilleur d'entre nous.
21:43Est-ce que ce ne serait
21:43pas François Hollande,
21:44déjà ?
21:46Vous voyez ce que je veux dire ?
21:47Non, mais il n'y a pas
21:48que Louis Vuitton,
21:49il n'y a pas que Raphaël Glucksmann,
21:51il n'y a pas...
21:51Je ne sais pas,
21:52entre vous,
21:53il y a une sacrée tombouille,
21:54quand même, non ?
21:55Non, moi, je vous dis,
21:56pour le coup,
21:57je vais être très là-dessus,
21:58peut-être que ça va vous faire rire
22:00par rapport à ce qu'ont été
22:01les derniers mois.
22:02La balle, la réalité,
22:03c'est qu'elle est dans le camp
22:03d'Emmanuel Macron.
22:04C'est lui qui va choisir,
22:05c'est lui qui va nommer.
22:06Moi, je n'ai pas envie
22:07de retomber dans le feuilleton
22:09qu'on a eue l'année dernière,
22:10où il y a eu les défilés
22:11de négociations,
22:12les défilés d'entretiens.
22:13Vous savez...
22:14Oui, vous avez oublié
22:14de lui qui casse-tête.
22:16Un casting sauvage,
22:17un casting sauvage
22:18pour trouver
22:19qui serait le meilleur
22:19Premier ministre.
22:20Moi, ça ne m'intéresse pas.
22:21Moi, ce que je veux,
22:22ce que je veux,
22:23c'est que la gauche gouverne.
22:24Je pense que nous pouvons le faire
22:26et vous savez...
22:27Vous savez aussi
22:28que les questions de casting
22:29se posent toujours.
22:31Emma Raffovitch,
22:31j'ai une toute dernière question
22:32pour vous.
22:33Vous êtes eurodéputée
22:34contre votre poste de porte-parole
22:38du PS.
22:39Vous travaillez, j'imagine,
22:41pas très loin de Rima Hassan
22:43qui fait l'objet
22:43de plusieurs plaintes,
22:44apologie du terrorisme,
22:45menace et incitation
22:46à un crime contre un élu
22:47en la personne de François-Xavier Bellamy,
22:49récemment incitation à la violence
22:50contre l'imam Shal Goumi.
22:52Est-ce que, clairement,
22:53Rima Hassan a-t-elle toujours
22:54sa place au Parlement européen ?
22:57Je sais qu'il y a eu
22:58beaucoup de demandes,
23:00notamment de levées
23:00de l'immunité parlementaire
23:01pour que des choses se passent.
23:03En tout cas, moi,
23:03en tant que députée,
23:04je ne suis pas membre du bureau
23:05qui va décider
23:06de ce genre de choses.
23:07mises, d'ailleurs,
23:08dans la maîtriseur.
23:09Non, mais à titre personnel,
23:10je vais vous dire,
23:11Rima Hassan,
23:11ce n'est pas une alliée.
23:12Ce n'est pas une alliée politique.
23:14Je n'ai pas à me positionner
23:15par rapport à un éventuel dossier,
23:17par rapport à des affaires judiciaires
23:18dont, d'ailleurs,
23:19moi, je respecte vraiment
23:21l'autonomie et le fait
23:24que la justice soit indépendante
23:25et que tout ça va se passer.
23:27Tout le monde a, évidemment,
23:29le droit d'avoir une défense.
23:31Donc, moi,
23:32tant que les personnes
23:32ne sont pas jugées ou condamnées,
23:34elles sont évidemment
23:34présumées innocentes.
23:36Dans tous les cas,
23:36ça n'a rien à voir
23:37avec les affaires.
23:38Pour moi,
23:38les sorties de Rima Hassan
23:39d'un point de vue politique
23:40font belles quelqu'un
23:41avec qui, en tout cas,
23:43je ne reconnais pas
23:43d'alliance possible.
23:45Merci, Marafovitch,
23:46eurodéputée PS,
23:48porte-parole du Parti Socialiste.
23:50Merci d'avoir été avec nous
23:51sur l'antenne d'Europe 1
23:51et à noter que Jérôme Guedj,
23:53un député PS de l'Essonne,
23:56sera l'invité de Pierre de Villeneau
23:57dans le grand rendez-vous européen.
23:59C'est News,
24:00Les Echos,
24:01demain matin.
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