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  • il y a 1 an
Les meilleurs moments de l'antenne de RMC commentés par Estelle Denis et toute sa bande.

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00:00RMC Estelle Midi, le zapping RMC.
00:04Et on démarre tout de suite avec Apolline Matin ce matin sur RMC.
00:08Nos centres-villes sont-ils en danger ?
00:09De plus en plus de magasins baissent le rideau, des baux sont à céder.
00:13On estime à 10% de vacances de locaux en cœur de ville.
00:17Dominique Scholcher, PDG de Système U, était l'invité d'Apolline de Malherbe ce matin.
00:21Il y a en France ce que j'appelle une décommercialisation.
00:25Même dans notre métier, il y a aujourd'hui quelques magasins qui ferment.
00:28Il y a des mètres carrés que certains de mes confrères ferment parce que les magasins sont parfois trop grands.
00:32On les réduit.
00:33Donc aujourd'hui, il y a une décommercialisation.
00:36Ce n'est pas la grande distribution qui a décidé du jour au lendemain d'implanter des magasins en périphérie comme ça.
00:43On a suivi les clients.
00:45À un moment, les gens sont équipés de voitures.
00:47Ils ont eu envie de pavillons.
00:48Ils ont quitté le centre-ville.
00:50Même les administrations ont quitté.
00:52Et nous, on a suivi le mouvement.
00:55Perico Legas, est-ce que nos centres-villes sont en danger aujourd'hui ?
00:58Je passe mes étés à sillonner la France et je traverse tellement de...
01:03Y compris de préfectures ou de sous-préfectures.
01:05La dernière, Issoudin, rue de la République, la grande rue centrale.
01:07Je n'y suis pas allée.
01:0898% !
01:09J'ai fait les photos.
01:10120 commerces que vous avez vendus, à vendre, cédés, terminés.
01:14Voilà.
01:14Alors, des grandes surfaces à l'extérieur.
01:16Si...
01:17Alors, je ne dis pas que les patrons de grandes distributions ont engendré ce phénomène sciemment.
01:21Mais c'est la conséquence, effectivement, d'une forme de consommation...
01:24C'est Internet, surtout, Perico.
01:25C'est Internet.
01:26Alors, le commerce en ligne est en train de porter un préjudice, y compris à la grande distribution,
01:30qui commence à avoir peur à son tour.
01:32Et puis, un jour, il y a quelque chose qui tuera le commerce en ligne.
01:34Je ne sais pas, ce sera le troc.
01:35Voilà.
01:35Pour l'instant, la France a des totalités de territoires sinistrés,
01:40avec des agglomérations qui sont mortes et de l'artisanat.
01:44C'est-à-dire, aussi, quel est le problème ?
01:45Nous avons une industrie qui ne produit plus.
01:47On ne produit plus nos produits, on ne fait que consommer.
01:49On a transformé la France en société de consommation,
01:51non plus de production, ni même de transformation.
01:54On a tout confié au sud-est asiatique ou ailleurs.
01:57On ne fait que revendre.
01:57Eh bien, si on ne fait que revendre, le point de distribution suffit.
02:00On n'a plus besoin d'un petit commerce de proximité.
02:02Et c'est le pays qui crève.
02:03Est-ce que, Jean-Philippe, vous habitez dans une toute petite ville dans le sud de la France.
02:07Est-ce que, vous aussi, vous êtes touché par cette désertification des centres-villes ?
02:11Alors, non.
02:12Moi, je vais rester un petit peu optimiste, quand même.
02:14Parce qu'il y a une prise de conscience, quand même, des Français.
02:16Alors, je le vois, moi, dans mon village.
02:17Mais, surtout, je le vois à Aix-en-Provence,
02:18où j'ai une librairie indépendante au centre-ville.
02:22Et j'ai, tous les jours, des clients qui me disent
02:25« Nous, on veut vous défendre, parce qu'on pourrait très bien acheter le même livre
02:28au même prix dans une grande surface ou sur Internet.
02:32Mais on veut vous aider, on veut vous défendre, parce qu'on aime venir dans... »
02:35Donc, il y a une prise de conscience.
02:36Il y a eu une prise de conscience, d'ailleurs, post-Covid.
02:39Vous vous souvenez de ces commerces essentiels, non-essentiels ?
02:42Ça n'a pas duré beaucoup de temps.
02:43Moi, je le ressens encore, des gens qui viennent défendre.
02:46Mais, en effet, et ça rejoint le premier débat de l'émission,
02:48sur la baguette à 29 centimes.
02:50Aujourd'hui, c'est tellement facile d'acheter la viande, le pain,
02:53de quoi manger, de quoi s'habiller,
02:55de quoi... Même les fournitures scolaires, l'essence,
02:58en périphérie de ville.
03:00Quel intérêt de venir au centre-ville,
03:02si ce n'est un acte militant, pratiquement.
03:04Et moi, j'appelle vraiment tous les Français à continuer à le faire,
03:06parce que c'est l'emploi qu'on préserve.
03:08Et l'emploi, ce sont aussi ceux qui vont aller consommer eux-mêmes.
03:11Donc, en fait, il faut réalimenter la pompe.
03:13Et vraiment, moi, je veux rester optimiste,
03:15parce que les Français aiment aussi leur centre-ville.
03:17Donc, il faut aussi qu'ils fassent peut-être ce petit effort.
03:20Parce qu'il faut s'organiser, il faut se garer aussi.
03:22Les stationnements, c'est devenu hors de prix.
03:24En centre-ville, ça devient compliqué.
03:26Donc, voilà, il faut s'organiser et faire ce petit effort
03:28pour faire perdurer les centres-villes.
03:30Oui, mais c'est difficile de faire un effort
03:32quand tu vois que, par exemple, je dis n'importe quoi,
03:33mais pour un tabouret, il vaut 40% de moins sur Internet
03:37que dans ton magasin.
03:39Parce qu'il y a des promos,
03:40parce que tu as la livraison qui est gratuite,
03:41parce que tu ne peux pas te garer.
03:43Quand tu gardes le parking, ça te coûte un bras.
03:46Et donc, à un moment, tu fais un arbitrage
03:48et tu dis, je vais me faire livrer
03:50si la livraison, elle est gratuite.
03:51J'aurais même pu me déplacer.
03:52Et voilà, c'est ça le problème aussi des centres-villes.
03:56Et les réseaux sociaux nous emmènent directement aussi.
03:58Ça, c'est assez récent quand même.
04:00Les réseaux sociaux, vous scrollez, vous scrollez,
04:02vous tombez sur quelque chose, vous l'achetez,
04:04vous l'avez le lendemain.
04:05Avant, on se posait la question,
04:06tiens, qu'est-ce que je voudrais acheter ?
04:08Là, aujourd'hui, c'est les réseaux sociaux qui nous y emmènent.
04:10C'est vrai qu'on fait parfois des achats
04:12totalement inconsidérés sur Instagram.
04:14C'était affreux.
04:15Élise Golfarb, est-ce que vous faites cet acte militant
04:18aujourd'hui de consommer en centre-ville
04:20ou en tant que geek, parce que vous êtes une geek,
04:22vous ne faites de la consommation que sur Internet ?
04:25Moi, j'habite en centre-ville.
04:27Donc, c'est facile pour moi de consommer en centre-ville.
04:29Je descends, je vais en bas de chez moi,
04:31j'ai la boulangerie, la boucherie, le supermarché.
04:34Donc, évidemment qu'il y a des trucs que j'achète sur Internet.
04:37Par exemple, l'autre jour, je voulais...
04:39Je suis une débile, mais je voulais un porte-briquet.
04:42Pardon ?
04:43C'est quoi un porte-briquet ?
04:45Je ne sais pas ce qu'il y a un porte-briquet.
04:46C'est un truc qui s'accroche avec un mousqueton
04:49et t'as ton briquet comme ça.
04:50C'est comme les vieux avec leur clé.
04:52Vous savez, dans Super Consommation, il y a Super Con.
04:54Et moi, je suis Super Con de la Super Consommation.
04:57Je suis cette première partie.
04:58Mais, pour moi, le problème de ça,
05:01c'est que, pour moi, le fait que les centres-villes se vident,
05:04c'est un problème de santé publique.
05:06Oui, oui, j'ai vu ça cet été, j'ai trouvé ça cool.
05:08Mais bon, c'est très grave.
05:10C'est une question de santé publique.
05:11Je trouve que nos politiques publiques ne font pas du tout
05:13en sorte qu'on ait envie aussi d'aller dans les centres-villes.
05:17avec les parkings toujours plus chers,
05:19avec le fait que ce n'est pas très accessible,
05:22avec tout ça, en fait, si vous voulez.
05:25Les commerçants qui payent de plus en plus cher leur loyer.
05:28Et qu'est-ce qui se passe derrière, surtout ?
05:30C'est l'augmentation du surtourisme.
05:31Pourquoi ?
05:32Parce que moi, la rue dans laquelle j'ai grandi à Paris,
05:34c'est une rue dans l'huitième.
05:36Il y avait plein de restaurants, plein de commerces.
05:37Aujourd'hui, il n'y en a plus un.
05:39Par contre, qu'est-ce qu'il y a ?
05:40Des Airbnbs.
05:41Tous les commerces ont été remplacés par des Airbnbs
05:43parce qu'il faut des locaux commerciaux
05:45pour pouvoir faire du Airbnbs toute l'année.
05:49Donc, toutes les façades de restaurants
05:51sont devenues des façades un peu floutées, opaques.
05:55Et c'est du Airbnbs pour des touristes.
05:57Mais en fait, c'est aussi à cause de choses comme ça
06:01que c'est devenu imbivable d'aller dans certaines villes.
06:03Aujourd'hui, tu vas à Lisbonne, c'est que des Airbnbs.
06:06Je pense que c'est un truc qui est complètement globalisé en Europe.
06:07Des magasins de souvenirs tout pourri.
06:09Il n'y a que des magasins de souvenirs, des kebabs et des Airbnbs.
06:12Donc, en fait, les centres-villes ne sont plus très attractifs.
06:16Et pour moi, je pense que les politiques devraient s'occuper de ça.
06:19C'est de la politique publique pour moi.
06:21Après, c'est vrai que c'est un acte militant aujourd'hui
06:23d'aller consommer en centre-ville pour sauver nos commerçants.
06:26Le Morning RMC avec Mathieu Béliard et Pascal Latour-Dupin.
06:29Est-ce mission impossible de recruter de la main-d'œuvre pour les vendanges ?
06:33Elles viennent à peine de commencer.
06:35Pourtant, les vignerons manquent déjà de main-d'œuvre pour les vendanges.
06:39Mais où sont passés les saisonniers ?
06:40David Ratigny, viticulteur dans le Beaujolais, était l'invité d'RMC pour en parler.
06:45Au temps de mes parents, on avait les gens qui prenaient les vacances.
06:48Il n'y avait que 4 semaines de vacances.
06:50Mais les gens prenaient des vacances pour se faire de l'argent,
06:51pour se faire de la gratte en plus.
06:53Après, depuis les années 2000, maintenant, c'est des gens essentiellement d'origine étrangère,
06:58à part quelques personnes.
07:00Il y en a quelques-uns.
07:01Je ne dis pas qu'il n'y en a pas.
07:01Mais si vous voulez faire une équipe comme moi de 40, rien qu'avec des Français, c'est compliqué.
07:06Parce que vous avez d'abord cherché à recruter, évidemment, en France.
07:09Il faut le préciser aux auditeurs.
07:10Non, je ne cherche plus à recruter en France.
07:12Vous n'avez même pas cherché à recruter en France ?
07:14Je ne cherche plus.
07:15Pourquoi ?
07:15Parce que déjà, c'est compliqué de les avoir.
07:18Quand ils viennent, ils restent deux jours, ils sont fatigués, ils se plaignent
07:21et ça ne va pas, à part quelques-uns, comme je l'ai.
07:22Donc, c'est souvent des anciens.
07:24Donc, moi, j'ai besoin d'une équipe de 40 personnes.
07:26J'ai besoin de compter dessus.
07:27Je ne veux pas qu'ils m'abandonnent au bout de deux jours.
07:29Ça ne sert à rien.
07:31Perico, les gars, on fait comment pour retrouver des vendangeurs,
07:35des jeunes Français qui ont envie de faire les vendanges ?
07:37Moi, je sais qu'il y a 25 ans, quand j'étais jeune,
07:40mais tout le monde faisait les vendanges.
07:42Et c'était une expérience extraordinaire.
07:43On ne fait plus.
07:44David Ratigny, que je connais, qui fait un très bon vin,
07:46a la chance d'avoir encore un réseau de personnes locaux, j'allais dire.
07:50Bon, je connais des vignerons qui s'entêtent à vouloir faire travailler
07:54des jeunes Français, étudiants et autres,
07:55qui, au bout de 3-4 jours,
07:57« Ah, c'est lourd, ça colle, il fait chaud, on laisse tomber. »
07:59Donc, aujourd'hui, les filières, elles ont été organisées
08:02avec toutes les dérives que ça peut supposer.
08:05La filière cambodgienne, maintenant les Bulgares,
08:08qui sont des gens exemplaires.
08:10Je veux dire, je vais dans le Val-de-Loire,
08:11je vois des Bulgares qui sont là.
08:12Oui, alors, on va éviter de tomber dans les clichés.
08:14Les Bulgares sont des gens exemplaires.
08:16Je vous dis que les équipes de vendangeurs bulgares,
08:18les Français ne veulent plus autre chose que des Bulgares,
08:21qui sont consciencieux, bosseurs, c'est comme ça.
08:23C'est des gens qui ont peut-être...
08:24Comme on dit, c'est peut-être parce qu'ils ont faim
08:25qu'ils ont envie d'y arriver.
08:26Quand ils arrivent en France, ça leur fait plaisir.
08:27Et ils donnent exemple aux Français
08:29de comportements que les Français ne savent plus avoir.
08:31Oui, enfin, ils acceptent peut-être aussi,
08:32pardon, excusez-moi, Péricault,
08:33mais des salaires que les Français n'acceptent pas.
08:35Absolument pas, tout ça.
08:36Parce que si les salaires sont très bas,
08:37il est évident qu'on n'a pas...
08:38Les gens ont pas envie de faire un métier difficile
08:40pour les salaires trop bas.
08:40Vous connaissez l'administration française.
08:42Si vous saviez le protocole qui est mis en place
08:44quand vous avez une équipe de vendangeurs étrangers
08:46sur les locaux, le salitaire...
08:47C'est les mêmes salaires que pour les Français ?
08:49C'est les salaires de la loi française.
08:51Alors c'est du SMIC un petit peu plus.
08:53Ensuite, vous avez des vignerons
08:54qui payent au rendement un peu plus.
08:56Le soir, il y a un repas collectif
08:58et il y en a qui se battent pour revenir l'année d'après
09:00tellement ils ont été contents d'être bien traités.
09:01Pas toujours.
09:02Mais ce qu'ils sont déclarés ?
09:04Il y a des contrôles permanents.
09:05Je vous demande, Péricault, je...
09:06L'autre jour, il y a un papa,
09:07un ignorant à la retraite qui est allé aider son fils.
09:11Contrôle de l'URSSAF.
09:12Le monsieur n'avait aucune amende.
09:14Parce qu'il donnait un coup de main à son fils.
09:16Donc je peux vous dire, là-dessus, la République,
09:17il y a des endroits où elle n'est pas très exigeante.
09:19Je peux vous dire que là-dessus,
09:20elle est extrêmement regardante
09:21et qu'on peut aller travailler d'où qu'on vienne
09:23dans le monde entier.
09:24On sera fiché, logé, contrôlé...
09:26Vous voulez dire que la police est plus dans les vignobles
09:27que dans les quartiers difficiles ?
09:28Il y a des moments de l'année
09:30où on trouve plus de contrôle de l'État.
09:31La présence de l'État, l'application de la loi
09:33est plus sévère dans les endroits où on travaille vraiment
09:35que dans les endroits où on ne faut rien.
09:38Jean-Philippe, d'où je trouve que vous avez fait les vendanges ?
09:39Alors, non, je n'ai pas pu.
09:41Et c'est une des raisons, je pense,
09:42pour laquelle on ne trouve plus de jeunes vendangeurs aujourd'hui.
09:45C'est que moi, j'étais en BTS.
09:46Et le BTS commençait début septembre.
09:48Et à l'époque, ceux qui étaient en fac
09:51commençaient début octobre.
09:52Donc le mois de septembre,
09:53ils allaient faire les vendangers.
09:54Moi, j'étais frustré de ne pas pouvoir le faire.
09:55Et aujourd'hui, en fait, je n'entends plus d'étudiants
09:58qui disent « moi, ma rentrée, elle est en octobre ».
09:59En fait, de plus en plus,
10:00et notamment avec les formations d'alternance, etc.,
10:03ils commencent début septembre, comme tout le monde.
10:05C'est-à-dire qu'il n'y a plus de rentrée en octobre,
10:06je n'ai pas l'impression.
10:07Et le réchauffement climatique ayant anticipé les vendanges,
10:09c'est plus tôt.
10:10Mais voilà, c'est plus tôt.
10:11Pour les étudiants, c'est compliqué.
10:13Ah non, au contraire, c'est mieux.
10:14Alors, c'est mieux,
10:14mais on ne peut pas s'engager sur toutes les vendanges.
10:16Et à l'époque, ils pouvaient s'engager
10:18sur tout le mois de septembre
10:19parce qu'ils ne commençaient qu'en octobre.
10:20Moi, j'ai l'impression que...
10:21Alors, je ne suis pas sûr de l'info,
10:23mais j'ai l'impression vraiment
10:24que les étudiants commencent en septembre.
10:25Et l'autre problème,
10:27c'est la distance que l'on a mis
10:29entre le monde rural et nous.
10:31C'est-à-dire qu'en fait,
10:31ceux qui habitent dans le village
10:32ont encore ce rapport au travail dans les champs,
10:35au travail dans les vignes,
10:36mais quelqu'un qui habite en ville,
10:38il ne sait même pas à quoi ressemble le travail du vendangeur.
10:43Donc, je crois qu'avant, on faisait les champs,
10:45on faisait la moisson, etc., dans la famille.
10:47Aujourd'hui, on n'a plus vraiment de famille.
10:49Enfin, en tout cas, de moins en moins de famille rurale.
10:51Et donc, on a cette distance qu'on a mis
10:53entre nous et les champs et les vignes.
10:55L'EGG, ce matin sur RMC,
10:57un préfet pris en flagrant délit de départ en vacances
11:00avec sa voiture de fonction.
11:01Doit-il démissionner ?
11:03C'est le préfet de Haute-Loire.
11:04Il décide de partir en vacances en Italie
11:06début mai avec son épouse
11:06avec sa voiture de fonction.
11:08Bon, jusque-là, personne ne le savait,
11:10mais petit problème, accident à la frontière.
11:13Il demande alors à son administration
11:14un autre véhicule avec chauffeur.
11:16Rien que ça, la CGT s'est emparée,
11:18évidemment de l'information,
11:20car ça s'apparente bien, selon elle,
11:21à un abus de biens sociaux.
11:23Écoutez l'éducateur des GG, Abel Boyy.
11:26Ce qui peut paraître agaçant,
11:27c'est que c'est toujours quand ils se font gauler,
11:30ils ont manqué de discernement,
11:31ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient.
11:32Certains sont même somnambules.
11:34Peut-être qu'il a pris sa voiture.
11:35Et le fait d'appeler en plus
11:37une autre voiture de l'administration
11:38avec un chauffeur,
11:39on se fout du monde.
11:40Et il faut rajouter à cela
11:41qu'on parle beaucoup du prix de l'essence.
11:43Il avait certement la carte totale
11:45avec l'option illimitée sur l'essence.
11:48Donc oui, ça énerve les Français.
11:50Et François Bayrou devrait un petit peu
11:52regarder ce qui se passe de ce côté-là.
11:55Élise Godfarb, il doit démissionner ?
11:56Ou on doit le démissionner, ce préfet ?
11:58Non.
12:00Mais ça va.
12:01Il a le droit à l'erreur, en fait.
12:03Ah, parce que c'est une erreur ?
12:04Vous croyez qu'il n'a pas fait exprès ?
12:05Mais bien sûr qu'il a fait exprès.
12:06Mais en fait,
12:07c'est tellement quelque chose
12:08que ça fonctionne comme ça
12:09dans toutes les entreprises,
12:11même dans les associations.
12:12Moi, j'étais dans le monde associatif
12:14depuis ma plus tendre jeunesse.
12:16Je voyais très bien
12:17qu'avec l'argent de l'assaut,
12:19les boss de l'assaut,
12:20ils se payent leur déj,
12:21ils se payent leur truc.
12:22Mais c'est terrible.
12:22C'est pas normal.
12:23Mais je sais que c'est terrible.
12:24Moi, j'ai été marraine d'association
12:25et il n'y avait que des bénévoles
12:26et je t'assure qu'on ne faisait pas
12:27genre de choses.
12:28Mais oui, mais c'est aussi
12:29la rémunération du labeur, je dirais.
12:32Ah d'accord.
12:32Le labeur d'un préfet
12:33et donc pour rémunération,
12:35il part en vacances
12:35avec sa voiture de fonction.
12:36Mais comment tu peux défendre ça ?
12:37Moi, ça ne me choque pas.
12:38Je trouve ça nul.
12:39Ça ne choque pas ?
12:39Non, mais je trouve ça nul.
12:41Je ne l'aurais pas fait.
12:42Mais qui le paye ?
12:42Il est payé avec nos impôts.
12:44Bah voilà.
12:45Moi, je n'ai pas envie
12:45que les impôts payent
12:46à la voiture de fonction
12:47du préfet pour partir en vacances.
12:48Je trouve ça nul.
12:50Mais de là à démissionner,
12:51je vois plutôt lui dire
12:52de rembourser,
12:53rend l'argent.
12:53Alors déjà, voilà,
12:54rend l'argent.
12:54Mais on ne va pas perdre son travail.
12:56C'est des gens aussi
12:56qui regardent une pratique
12:57qui est faite par tout le monde.
12:59Mais non.
12:59On a gueulé ce préfet-là.
13:01Tu vas voir n'importe quel préfet
13:02qui pense qu'il fait la même chose.
13:03Bah voilà.
13:04Mais en fait,
13:04il sait ce qu'il doit faire.
13:06Le préfet,
13:06il est censé faire quoi ?
13:07Faire régner l'ordre en fait ?
13:09Faire appliquer la loi ?
13:10Je suis d'accord avec toi.
13:11Mais quand tu es dans un système
13:12où l'impunité est totale,
13:14évidemment que tu le fais.
13:15Moi, si demain...
13:16Je trouve ça terrible en fait.
13:17Parce que ce n'est pas
13:18une entreprise privée,
13:19c'est nous.
13:19Mais je suis d'accord.
13:20C'est nous qui payons ce préfet
13:21et sa voiture de fonction.
13:22Mais l'humain est faible.
13:23Mais non, justement.
13:25Mais si tu vois que tu peux
13:27avoir ta voiture de fonction
13:28partout,
13:29tu vas le faire.
13:30Si l'État ne contrôle pas.
13:30Mais très bien.
13:32Je ne te dis pas que c'est bien.
13:33Je ne te dis pas que c'est bien.
13:34Mais non, mais on le sentit juste.
13:36Mais tu te rends compte ?
13:36Ça ne me chauffe pas
13:37parce que j'ai l'impression
13:37que tout le monde fait ça.
13:38On est en train de demander...
13:39Bah non, non, non.
13:40Et j'ose espérer
13:40que tout le monde ne fasse pas ça.
13:41Mais tu imagines,
13:42on est en train de demander
13:42aujourd'hui à tous les Français
13:45de faire des efforts
13:46à se passer de...
13:47Ah mais je suis d'accord.
13:48Arrêtez-en.
13:48Avoir une année blanche,
13:49un machin.
13:50Et en revanche,
13:50les Français,
13:51ils voient quoi ?
13:52Ils voient qu'un préfet
13:53de la République,
13:54lui, il prend sa voiture
13:55de fonction avec les enfants
13:56et sa femme.
13:57Mais pourquoi
13:57il y a une voiture de fonction ?
13:58Et derrière,
13:59il demande une voiture
13:59avec chauffeur pour le...
14:01Mais on est où là, en fait ?
14:03Mais là, je suis complètement
14:03d'accord avec toi.
14:04Pour autant,
14:05je ne suis pas choquée.
14:06Et pour moi,
14:07tous les préfets le font.
14:08Mais c'est d'ailleurs
14:08ce que dénonce la CGT
14:09dans son tract
14:10au niveau local,
14:11en Haute-Loire.
14:12Elle dit qu'on n'a plus l'argent
14:12pour changer la photocopieuse
14:13à la préfecture.
14:19Pour dire
14:20je présente mes excuses
14:21et il reconnaît
14:22un manque de discernement.
14:23Donc, il sait
14:23qu'il a fait une erreur.
14:24Non, mais ce qu'il regrette,
14:25c'est de s'être fait avoir.
14:26Pour moi,
14:26c'est un système
14:27qui autorise ça.
14:28Non, mais ce qu'il regrette,
14:30c'est de s'être fait avoir.
14:30Et je me dis,
14:31pour un préfet
14:32qui se fait choper,
14:33combien le font
14:34de préfets,
14:35de sous-préfets,
14:36même des préfets hors cadre
14:37qui n'ont pas de fonction,
14:38que l'on paye
14:39et qu'on paye leur essence,
14:40leur voiture.
14:41On est juste avant
14:42le 10 septembre.
14:43Un Français
14:43qui n'avait pas envie
14:44de manifester,
14:45il entend ça,
14:45mais je vais y aller
14:46dans la rue le 10 septembre.
14:48Mais ils ne sont pas autorisés.
14:49La voiture de fonction,
14:50c'est parce qu'ils peuvent
14:51et ils doivent pouvoir
14:52se rendre à tout moment
14:53quand ils sont en fonction.
14:54C'est normal.
14:55Et à tout moment,
14:55aller sur un accident,
14:56une grève, etc.
14:58Mais pas pour les vacances.
14:59C'est horrible.
15:00Et là, je pense
15:01à tous les petits élus.
15:02Je pense à tous les petits maires,
15:03les petits conseillers municipaux
15:05qui, eux,
15:05mettent leur essence
15:06dans leur voiture
15:07pour aller faire fonctionner
15:09leur petite commune
15:10et qui voient ça,
15:11mais c'est révoltant.
15:12C'est vraiment révoltant.
15:13En fait, il faut juste
15:14complètement réformer
15:15le système des préfets
15:16parce que pour être préfet,
15:16il faut être nommé
15:17par le président.
15:18Il nomme tous ses potes.
15:19Tu fais comme tu veux
15:20pour nommer un préfet.
15:21C'est ça qui n'est pas normal.
15:22Je suis d'accord,
15:23mais on ne peut pas reprocher
15:24aux gens de bénéficier
15:25du système
15:25qu'il a autorisé à le faire.
15:27Il faut casser le système
15:28et on commence là.
15:28On va se calmer un petit peu.
15:30Tous les gouvernants
15:31utilisent leur voiture de fonction
15:32à des fins personnelles.
15:33Je vous signale
15:34et j'ai eu des voitures de fonction.
15:36Si vous la gardez
15:36à des fins personnelles,
15:37vous êtes fiscalisés.
15:39On paye un impôt.
15:40Donc, il faut voir
15:40quel est le statut
15:41de ce préfet.
15:42S'il est prévu
15:42qu'il utilise sa voiture
15:43de fonction,
15:44y compris pour des raisons
15:45personnelles,
15:46il est fiscalisé,
15:46il paye une taxe.
15:47C'est ça qu'il faut...
15:48Voilà.
15:49L'erreur, c'est ensuite
15:50quand il a eu son accident
15:51de demander à ce qu'on vient
15:52de...
15:52Peut-être qu'on le rapatrier.
15:53Tous les ministres,
15:54quand ils vont en vacances,
15:55évidemment pour des raisons
15:56de sécurité,
15:57gardent la voiture
15:57de fonction et de sécurité.
15:59Certains, quand ils ne le sont
16:00plus, le Premier ministre,
16:01gardent encore de la sécurité.
16:02Il est préfet de Haute-Loire,
16:03on va se détendre.
16:04Il n'y avait pas
16:05une urgence.
16:06Un préfet a sa voiture
16:07de fonction,
16:08qu'il utilise,
16:09à des fins personnelles.
16:10J'ai reçu un jour,
16:11chez moi,
16:12à dîner,
16:12une préfète
16:13qui avait pris sa voiture
16:14personnelle pour venir dîner.
16:15Ben voilà.
16:16C'est pourquoi ça existe.
16:17Je lui dis,
16:17vous n'avez pas pris...
16:17Non, non, non,
16:18elle me dit,
16:18je viens,
16:18je ne vais pas prendre la voiture.
16:19Elle me dit,
16:20j'aurais pu,
16:20mais je préfère.
16:21Le général de Gaulle
16:22avait un compteur à l'Elysée
16:23pour son électricité.
16:24Tout le monde n'est pas de Gaulle,
16:26manifestement.
16:27Mais ce qu'il a fait
16:28n'est pas forcément illégal.
16:29Peut-être qu'il y a eu
16:30une maladresse de sa part
16:31dans le fait de demander
16:31un chauffeur pour ne pas dire.
16:32Il ne faut pas dire.
16:32Il n'est pas illégal,
16:33mais c'est un minimum maladroit.
16:35C'est codifié.
16:35C'est codifié par la loi.
16:37Croyez qu'ils sont contrôlés.
16:37Ça coûte combien un chauffeur ?
16:38Parce que là,
16:39pour faire de la Haute-Loire
16:40à l'Italie,
16:41ça fait quelques kilomètres quand même.
16:43Je ne suis pas très bonne
16:44en géographie,
16:44mais j'ai quand même
16:45quelques notions.
16:46Estelle,
16:46je connais des dizaines
16:47de préfets,
16:48ils ont tous
16:48une voiture de fonction
16:49et un chauffeur.
16:49Ils ne vont pas en plus
16:50garer leur bagnole
16:50quand ils arrivent
16:51à un commissaire agricole.
16:52Mais quand ils sont en fonction ?
16:54Mais quand tu pars
16:55en vacances en Italie ?
16:56Le chauffeur est un problème.
16:57Quelle idée de partir
16:58en vacances de la Haute-Loire
16:59à l'Italie ?
16:59Il garde sa voiture
17:00pour aller en vacances
17:01et peut-être dans ton statut
17:02et à vérifier.
17:03Je crois que c'est le cas.
17:04Le chauffeur,
17:04c'est un problème.
17:05Et pourquoi il a pris sa voiture ?
17:06Tout le monde s'est dit
17:07pour aller de Haute-Loire
17:08en Italie.
17:09Tous les Français disent
17:10« Je vais plutôt prendre
17:11le train ou l'avion ».
17:12Et lui,
17:12il prend la voiture
17:13parce qu'il sait
17:13que ça ne lui coûte rien.
17:15Parce qu'il a sa carte totale
17:16et qu'à Nice,
17:17juste avant de passer
17:18la frontière,
17:18il va faire un plein
17:19et que c'est notre argent
17:20qui paye tout ça.
17:21Il faut l'exemplarité.
17:23Elle fonctionne aussi
17:24en Italie,
17:24la carte totale.
17:25On est juste avant
17:26le 10 septembre.
17:26Il faut l'exemplarité
17:28et ça commence par là.
17:28C'est un sujet.
17:29Allez,
17:30on termine avec un extrait
17:31d'Apolline Matin.
17:31Ce matin sur RMC,
17:33des roues partout
17:33pour lutter contre
17:34la discrimination des roues.
17:36Aujourd'hui s'ouvre
17:37le Red Head Festival
17:38en clair,
17:39un rassemblement.
17:40On se retrouve
17:40des roues du monde entier.
17:42Ce festival se déroule
17:43chaque année aux Pays-Bas.
17:44Les explications
17:44de notre éditorialiste
17:45et à Arthur Chevalier.
17:48On les harcèle
17:48depuis la nuit des temps
17:50sous l'Antiquité.
17:51Être roues
17:51c'était considéré
17:52comme une anomalie
17:53de la nature.
17:54Petit à petit,
17:55les roues vont passer
17:56pour des êtres dangereux
17:57et maléfiques.
17:58À Athènes,
17:59quand il y avait des disputes
18:00entre les habitants,
18:01qu'est-ce qu'on faisait ?
18:01Eh bien,
18:02on chassait les roues
18:03de la cité
18:03parce qu'on pensait
18:04que c'était eux
18:05qui propageaient la discorde.
18:07Bref,
18:07au fond,
18:07c'était toujours de leur faute.
18:08Ce préjugé,
18:09il a duré ?
18:10Oui,
18:10ça va durer
18:11sous l'Empire romain.
18:12Le mot roue devient même
18:13une insulte courante
18:14dans le vocabulaire courant.
18:15Les roues sont aussi comparées
18:16au renard,
18:17un animal qui passe
18:18pour être fourbe,
18:19sournois et dissimulateur.
18:21Et évidemment,
18:22l'exact opposé des roues,
18:24bien sûr,
18:24ce sont les blonds.
18:25Eux,
18:26ils incarnent un idéal
18:27de pureté
18:27et on les compare
18:28au plus noble des animaux,
18:30le lion.
18:31Et aujourd'hui,
18:32j'en suis doux,
18:33vous êtes foivré celle,
18:34mais vous avez été roux.
18:35Et oui,
18:35en fait,
18:35j'ai été roux,
18:37mon frère est roux,
18:38encore beaucoup plus roux que moi,
18:39j'ai des tâches de rousseur,
18:40etc.
18:41Et c'est vrai que c'est horrible,
18:43en fait,
18:43les roues qu'moutent,
18:44etc.
18:45Mais enfin,
18:45on insulte,
18:46mais oui,
18:47on insulte les roux,
18:48on dit qu'ils se sentent mauvais,
18:49etc.
18:49Et c'est très bien
18:50qu'ils relèvent la tête
18:52et qu'ils puissent avoir
18:54leur heure de gloire
18:54et leur moment de gloire
18:55ici aussi.
18:56Voilà,
18:56le Red Head Festival
18:58une fois par an.
18:58C'est la couleur la plus usurpée
18:59et on ne se rend compte
19:00qu'à un certain moment,
19:01vous avez compris.
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