00:00J'ai conscience que je suis partie pour moi me faire applaudir que M. Rattel et M. Attal,
00:04mais c'est comme ça, on est venu débattre et pour vous donner notre avis en toute sincérité.
00:08La première chose, c'est que j'entends sans cesse de votre bouche que l'argent est rare dans ce pays,
00:12que l'argent public est de plus en plus rare et qu'il faut agir sous la dette.
00:15Mais j'ai l'impression que l'argent public est rare pour tout le monde, sauf pour les aides aux entreprises.
00:19Et moi, je veux qu'on pose ce sujet.
00:20Bien sûr qu'il faut aider les entreprises, mais bien sûr qu'il faut aider les entreprises.
00:24Vous êtes carrément eu. Là, on n'en avait pas eu jusqu'à présent.
00:26Je veux bien me prendre des leçons de constructivité, de responsabilité,
00:29mais ce que vous venez de faire est assez intéressant.
00:30Il n'y a pas de problème pour aider les entreprises, mais comment on les aide ?
00:33Est-ce qu'on peut débattre à un moment de la conditionnalité des aides dans ce pays,
00:36qu'ils soient soumis à des critères de non délocalisation ?
00:39Et je pense à des amendements que j'ai fait à la région Hauts-de-France,
00:42où tout le monde disait que les écolos, c'est toujours les mêmes amendements.
00:44Et puis, même Xavier Bertrand, maintenant, face à Arcelor, se dit que ça n'aurait peut-être pas été bête.
00:48À des critères sur la parité dans les entreprises, sur les critères sociaux,
00:51des critères environnementaux, c'est logique.
00:53Toutes les collectivités qui demandent des aides ont des critères.
00:55Pourquoi les entreprises n'en auraient pas ?
00:57Et puis, je sais aussi qu'au sein des entreprises, il y a des débats,
00:59que vous avez conscience que certaines entreprises,
01:02peut-être pas celles qui en ont le plus besoin,
01:03sont beaucoup plus aidées que des plus petites entreprises.
01:06Et que c'est d'ailleurs la même chose dans l'agriculture,
01:08qu'on entend beaucoup d'agriculteurs dire que la vie est dure.
01:10Et c'est vrai, c'est le métier qui a le plus de taux de suicide dans ce pays.
01:13Je suis une petite fille d'agriculteur, je suis très sensible à cette détresse.
01:16Mais pourquoi c'est toujours les plus gros agriculteurs qui touchent le plus d'aides publiques,
01:19que ce sont des aides à l'hectare,
01:20et que ce cri crève sont relativement moins aidés ?
01:23Moi, j'ai un sujet, je veux qu'on puisse se poser cette question.
01:25Et puis, M. Attal, j'ai entendu votre tirade, c'était très émouvement.
01:29Mais vous ne convaincrez personne dans ce pays,
01:31tant que les inégalités contribueront de s'accroître.
01:34Parce qu'augmenter la dette de 1 000 milliards d'euros en 8 ans,
01:37en commettant le double exploit,
01:39déjà de ne pas préparer l'avenir sur le plan environnemental,
01:42c'est 43 reculs environnementaux depuis le début de l'année.
01:46Et on parlera d'environnement, j'ai prévu d'autres développements plus tard.
01:49Mais sur le social, comment vous voulez-vous,
01:51et même vous, chef d'entreprise, qui êtes peut-être
01:53plutôt dans une meilleure situation économique pour certains
01:56par rapport au SD français, vous pouvez l'entendre.
01:58Quand les 500 personnes les plus riches dans ce pays...
02:01Je peux terminer, M. Bardella ? Tout va bien ?
02:03Quand les 500 personnes les plus riches de ce pays
02:05ont vu leur patrimoine, leur fortune doublée
02:07entre 2017 et 2023,
02:10et que dans le même temps,
02:11il y a 9,3 millions de pauvres,
02:13il n'y a jamais eu autant de pauvres dans ce pays
02:15depuis 30 ans, depuis 30 ans,
02:17et que quand on a le SMIC ou moins,
02:1942% des personnes qui sont concernées par ça,
02:21le SMIC ou moins,
02:22sautent au moins un repas par jour pour des questions financières.
02:25Comment voulez-vous que le pacte social tienne ?
02:27Et si le pacte social ne tient pas, mesdames et messieurs,
02:29l'économie ne tiendra pas non plus.
02:31Évidemment que ça va faire des grèves, des mouvements sociaux,
02:33mais c'est un sujet qu'on doit adresser ensemble.
02:34Et moi, si je suis venue aujourd'hui,
02:36ce n'est pas pour vous entendre applaudir M. Retailleau
02:38et me sifflez-moi, et puis je vais vous dire,
02:39les écologistes, on n'est pas arrêtés par ça.
02:41Je suis venue pour vous tendre la main et pour vous dire,
02:43travaillons-y ensemble.
02:44Parce que même pour les affaires,
02:46ce qui est en train de se passer n'est pas bon.
02:47La dissolution, ce n'est pas bon.
02:49Les tergiversations et le manque de prévisibilité, ce n'est pas bon.
02:51Et ce n'est pas bon pour vos entreprises,
02:53mais ce n'est pas bon non plus pour nos mairies écologistes.
02:55Je donnerai un exemple plus tard là-dessus,
02:57sur les ZFE, c'est très parlant.
02:58Mais franchement, prévisibilité, on est d'accord.
03:00Je crois vraiment qu'il y a un clivage aussi sur cette question.
03:03Je voudrais que j'en donne.
03:04Il n'y a pas de problème, on n'est pas d'accord sur...
03:05Enfin, on peut être d'accord ou pas sur la mesure,
03:07mais sur faire travailler des villes pendant des années là-dessus,
03:10pour les laisser tomber à la fin,
03:11en disant, on supprime l'aide à la conversion des véhicules.
03:14Comment ils font les gens alors ?
03:15La question de l'imprévisibilité.
03:16Mais on ne peut pas changer la vie toutes les trois semaines.
03:18En fait, dans un pays, ce n'est pas possible quand on est chef d'entreprise
03:20et ce n'est pas possible quand on dirige des villes écologistes ou d'autres.
03:24Donc on demande de la prévisibilité.
03:26Et j'ai connu l'exploit de me faire applaudir aussi aux Médèves.
03:28Je rentre dans le club privilégié de Messieurs Attal et Retailleau.
03:32J'en suis très fière.
03:32Jordan Bardella.
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