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  • il y a 8 mois

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Transcription
00:00Marie-Estelle Dupont, 15h-16h sur Europe 1.
00:05Romain Desarbres.
00:06Bonjour à toutes et tous, bienvenue en direct sur Europe 1 pour et si on en parlait jusqu'à 16h.
00:13Bonjour Marie-Estelle Dupont.
00:14Bonjour Romain.
00:15C'est la rentrée sur Europe 1 et désormais vous nous apporterez tous les jours entre 15h et 16h
00:20votre regard de psychologue clinicienne sur l'actualité.
00:24On vous retrouve en direct évidemment et sur le podcast avec l'application Europe 1.
00:30Aujourd'hui Marie-Estelle Dupont, pour cette première émission de la saison sur Europe 1,
00:34vous souhaitiez revenir sur le décès d'un streamer après 12 jours de live,
00:40d'émission en direct sur internet, un marathon qui s'est avéré être mortel.
00:46Et oui, vous avez certainement vu la semaine dernière, chers auditeurs d'Europe 1,
00:49l'histoire tragique de cet homme de 46 ans mort en direct après 12 jours de mauvais traitements,
00:55filmé, diffusé sur les réseaux.
00:58C'est le choc, la stupeur, la sidération quand la réalité dépasse la fiction la plus glauque.
01:03On se rend compte que l'on a tendance à nier, pour s'en protéger, la banalité du mal.
01:08Humiliation, emprise, appât du gain, tout ce qu'il y a de plus sombre dans l'âme humaine semble ici réuni.
01:14Mais ce que nous dit, je crois, cette histoire, c'est que notre époque s'est fourvoyée dans une immense illusion.
01:20Celle que la technologie allait lisser la société et ferait œuvre civilisatrice.
01:25Que le sacré de la vie renaîtrait par le progrès technologique.
01:29On voit ici qu'il n'en est rien.
01:31Et je pense, comme vous, chers auditeurs d'Europe 1, que le mal a toujours existé,
01:35que la haine est mimétique, comme le désir.
01:37Mais je pense aussi que notre société a non seulement détruit les cadres qui permettaient de sublimer les pulsions de destruction,
01:44mais aussi mis en avant des outils qui amplifient, libéralisent, banalisent, reproduisent toutes les formes de perversité.
01:51Quand des jeunes paient pour qu'autrui frappe à leur place un homme affaibli,
01:55la motée là, mue, possédée par le vertige de la destruction,
02:00avec tous les éléments de la perversion, la fabrique du consentement,
02:03l'absence de remords et de culpabilité, l'humiliation,
02:08la victimisation du coupable, que vous avez certainement reconnu,
02:12et qui trouve une sorte de caution morale dans la demande de ceux qui paient,
02:15et l'acceptation de celui qui subit.
02:18Chers auditeurs d'Europe 1, j'ai frissonné comme vous,
02:21et il me semble important aujourd'hui de revenir sur cette affaire et ce qu'elle dit de notre société.
02:26On ne nous a jamais autant parlé de vivre ensemble,
02:28et pourtant la barbarie semble être devenue un banal bien de consommation.
02:33Merci Marie-Estelle, voilà votre édito.
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