- il y a 6 mois
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00:00Bonjour et bienvenue Manuel Valls.
00:02Bonjour Sonia Mabrouk.
00:03Vous êtes le ministre des Outre-mer, évidemment ancien Premier ministre.
00:06C'est votre grande interview ce matin sur CNI Europe 1, au moment où, pour beaucoup, l'après-Bayrou a déjà commencé.
00:12Plus singulièrement, Monsieur le Ministre, est-ce que vous êtes ce matin un ministre déjà sur le départ, en partance, ayant fait ses cartons ?
00:19J'ai le sentiment, depuis que je suis arrivé dans ce gouvernement, à la demande de François Bayrou,
00:24que nous sommes toujours en sursis, vu la situation politique et l'instabilité qui règne à l'Assemblée nationale.
00:31Mais je me suis fixé comme règle d'être concentré sur ma mission.
00:35Je reviens de la Nouvelle-Calédonie pour continuer à présenter le projet que nous avons accordé à Bougival
00:42et pour ramener ce territoire sur le chemin de la paix et du redressement.
00:46Et lundi et mardi, je serai à Mayotte, donc je continue dans ma mission,
00:50même si rien ne m'échappe et je vois bien qu'il y a quelques nouvelles à Paris.
00:54J'étais assez surpris, d'ailleurs, de vivre tout cela depuis Nouméa.
00:58C'est assez surprenant de vivre ça de l'autre côté du monde, même si c'est sur un territoire français.
01:02Et quand sera-t-il le 8 septembre ? Est-ce que c'est du déni ou du cynisme de la part de François Bayrou
01:06de laisser penser, comme hier, Manuel Valls, qu'il y a encore une voie de passage à l'Assemblée,
01:10alors qu'arithmétiquement, politiquement, tous jouent contre vous, y compris d'ailleurs dans l'opinion publique ?
01:16Nous verrons bien, ils reçoivent, je crois, les présidents des groupes parlementaires,
01:20les chefs de partis, parce qu'il faut, je crois, tenter de convaincre et trouver un chemin.
01:26Pourquoi si tard ? Personne ne croit que les oppositions étaient en vacances.
01:29Mais revenons peut-être à l'essentiel, parce que, ne soyons pas hypocrites,
01:34ce qui peut se jouer le 8 septembre prochain allait se jouer de toute façon
01:38à l'occasion du débat budgétaire, à travers un 49-3, une motion de censure,
01:42et donc tout le monde se préparait à une nouvelle crise.
01:46Mais je crois que l'essentiel n'est pas là.
01:48L'essentiel, c'est comment nous réussissons à stabiliser le pays,
01:52qui fait face, comme beaucoup de démocraties d'ailleurs,
01:55à une véritable crise démocratique, qui peut chez nous se transformer en crise de régime,
02:00et nous faisons face à une crise des finances publiques,
02:04avec un niveau de dette et un niveau de déficit public,
02:07ce que dit le Premier ministre avec beaucoup de courage depuis plusieurs mois,
02:10et n'est pas entendu, comment faisons-nous face à cela ?
02:13Donc il faut trouver les moyens d'un accord sur le budget,
02:17il ne peut pas y avoir d'autres solutions.
02:19Mais en quoi accorder la confiance à François Bayrou permettrait de régler
02:21une telle situation qui perdure depuis déjà très longtemps ?
02:24Pour se mettre d'accord, comme il le dit lui-même, sur le constat,
02:28et surtout pour trouver ensuite les moyens d'un accord,
02:31c'est possible, me semble-t-il, pour la loi de finances,
02:34et pour la loi de financement de la sécurité sociale, dans les prochaines semaines ?
02:37Un accord est encore possible aujourd'hui ?
02:39Mais ce n'est pas qu'il est possible, c'est qu'il est indispensable.
02:42Sinon, quelle est la solution ?
02:44C'est moi ou le chaos en réalité, c'est ce que vous dites ?
02:47Oui, je pense qu'il ne faut peut-être pas caricaturer les choses ainsi.
02:51Ne prenons pas en otage ni les formations politiques, ni les Français,
02:55mais trouvons une solution.
02:56Sinon, c'est quoi l'alternative ?
02:58La dissolution, monsieur le ministre ?
03:01La dissolution, mais nous le savons.
03:04D'ailleurs, il faut bien le reconnaître.
03:06La dissolution, c'est pour les formations politiques du gouvernement,
03:10pour les Républicains, pour ce qu'on appelle le bloc central,
03:14ceux qui ont soutenu Emmanuel Macron depuis 2017.
03:17Pour le Parti Socialiste aussi, c'est la menace d'une quasi-disparition,
03:22de se retrouver entre LFI et le Rassemblement National,
03:26qui d'ailleurs, sur les questions budgétaires et financières,
03:29portent à peu près le même programme.
03:31Non, je crois qu'il faut être sérieux dans ce moment-là.
03:34Au-delà de ce que pense l'opinion publique, moi j'en appelle à l'effort,
03:38un sursaut des formations politiques du gouvernement,
03:42pour trouver un accord sur le budget.
03:44Ce n'est pas le moment.
03:45Alors que nous faisons face à des tensions géopolitiques immenses,
03:50avec la question toujours de l'Ukraine.
03:52Alors qu'il faut non pas faire voter les Français,
03:55mais régler le problème des déficits et de la dette,
03:57il faut trouver donc une solution, des accords.
04:00La France a besoin d'un budget.
04:02Est-ce que vous vous rendez compte si dans quelques semaines,
04:03nous n'avons pas de budget, ce qui peut se passer sur les marchés ?
04:07D'ailleurs, on le sent déjà.
04:08On a entendu cette même musique, Manuel Vaz, à la dernière dissolution.
04:12Pardonnez-moi, certains avaient dit que ce serait cataclysmique,
04:15et nous en sommes là aujourd'hui.
04:16En quoi ne pas retourner aux urnes pour les Français ?
04:20En quoi ce n'est pas une...
04:21Mais est-ce que vous êtes sûr que ça réglerait le problème ?
04:23Je vous pose une question.
04:24Je n'en sais rien, je ne crois pas.
04:26Nous vivons les effets, évidemment, de la dissolution de juin 2024.
04:31Que vous considériez comme un poison, je le rappelle à nos auditeurs et téléspectateurs à l'époque.
04:35Mais ce poison, il est toujours là, je ne me dénie pas.
04:38Nous voyons un. Pourquoi ?
04:39Parce que la Ve République, la France, c'est le génie,
04:43il faut revenir à l'origine du général de Gaulle,
04:45de créer les conditions de la stabilité.
04:47Si notre pays ne sommes pas une démocratie du nord de l'Europe,
04:50nous n'avons pas la même culture que l'Allemagne.
04:54De ce point de vue-là, nous sommes évidemment différents,
04:56avec notre propre génie, avec nos défauts,
04:59mais aussi, évidemment, tous nos atouts.
05:02S'il y a de l'instabilité permanente,
05:04nous creusons les conditions,
05:06nous provoquons les conditions d'une crise de régime.
05:09Qui provoque cette instabilité ?
05:11Et expliquez-nous vraiment clairement ce matin,
05:13ne pas être en accord avec le plan et les idées de la Macronie ou de François Bayreau,
05:17est-ce que c'est être forcément un artisan du chaos et de l'instabilité ?
05:21Non, mais c'est pour ça qu'il faut trouver un accord.
05:24Le Premier ministre, le 15 juillet, a mis un certain nombre de propositions sur la table.
05:28Qui ont fait hurler en grande partie les Français.
05:30Elles doivent être discutées, elles doivent être négociées.
05:33Je suis convaincu, même si tout le monde n'est pas d'accord,
05:35qu'il y a une voie de passage pour que le budget soit, évidemment,
05:39à la hauteur des déficits, bien évidemment.
05:43Il faut se mettre d'accord sur ce constat.
05:46Mais qui n'est pas d'accord sur le constat ?
05:47La question est qu'on n'est pas d'accord,
05:48certains ne sont pas d'accord sur les propositions, les solutions.
05:51Alors, il faut travailler, bien évidemment, sur les solutions
05:54et pour que ce budget soit à la fois le plus efficace possible
05:57pour faire face à ces déficits.
05:58Vous y croyez encore, ce matin ?
06:00Je crois qu'on n'a pas le choix.
06:01En lisant la presse et d'autres...
06:03Oui, mais parce que, encore une fois, je ne vois pas d'alternative.
06:07Les efforts qu'il faut faire en matière de retraite,
06:09en matière de santé, réduire le déficit et la dette,
06:13alors il faut trouver des solutions.
06:15Évidemment, elles doivent être justes sur le plan fiscal et social.
06:18Chacun doit être mis à contribution,
06:20y compris, évidemment, les plus riches, les grandes entreprises.
06:23Évidemment, les plus riches, pour vous.
06:25Chacun doit participer de cet effort.
06:28Si vous voulez, et je crois que c'est le courage de François Bayrou,
06:31c'est de tenir un discours de vérité sur ce sujet-là.
06:33Alors, justement, quelle est la vérité, Manuel Valls ?
06:35Sur notre situation budgétaire.
06:37C'est le pays lui-même.
06:38Sans doute, le quoi qu'il en coûte, de ce point de vue-là, pesait beaucoup.
06:41On a le sentiment que dès qu'on touche, et c'est normal,
06:45à un secteur, dès qu'il faut faire un certain nombre de réformes,
06:48elles sont forcément difficiles,
06:50le pays se braque.
06:51Parce qu'il y a sans doute une prise de confiance.
06:53C'est la fameuse expression, Manuel Valls, c'est Nicolas qui paye.
06:55C'est surtout les mêmes qui ont l'impression de trinquer et de porter la charge.
06:58Exactement, c'est vrai, en termes de fiscalité et de charge,
07:00vous avez tout à fait raison.
07:01Donc, c'est pour ça qu'il faut discuter.
07:03Mais quelle est la vérité ?
07:03S'il n'y a plus de discussion,
07:04alors qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale,
07:06nous allons alors dans le mur avec une crise de régime.
07:08Est-ce que nous n'y sommes pas dans le mur ?
07:09Parce que quand on a écouté attentivement le ministre de l'économie,
07:12il y a quelques jours, c'était intéressant.
07:14Le même Éric Lombard, le matin, ne dit pas la même chose que le soir.
07:17Le matin, il a quand même dit que la France risquait d'être sous tutelle du FMI.
07:21Ce n'est pas rien pour un pays comme le nôtre.
07:22Et puis, le voilà qu'il corrige ses propos le soir,
07:25sans doute recadrés par Matignon.
07:26Où est la vérité ?
07:27La situation est suffisamment grave pour ne pas en rajouter.
07:31Il suffit de voir les différences entre les taux d'intérêt
07:36entre l'Allemagne et la France et même l'Italie
07:40pour se rendre compte que nous sommes dans une situation difficile.
07:43Est-ce qu'on peut vivre avec cette dette et ces déficits ?
07:47Non, il faut évidemment les réduire.
07:49Mais de l'autre côté, il faut aussi travailler davantage
07:52pour produire davantage.
07:54Parce que là encore, François Bayrou l'avait dit il y a quelques semaines,
07:57c'est sans aucun doute là où nous accumulons le plus de retard.
08:00Ça ne veut pas dire que nous n'avons pas une industrie qui fonctionne,
08:02des investissements dans toute une série de secteurs,
08:05de l'énergie bien évidemment, des transports, dans bien des domaines.
08:08Nous avons des atouts, je pense bien sûr au nucléaire.
08:11Sur tous ces sujets-là, nous avons des atouts.
08:13Mais nous savons qu'il faut faire un effort collectif.
08:16Et pour cela, dans la situation politique que nous connaissons,
08:19avec l'Assemblée que nous avons, il faut essayer de construire un accord.
08:22Vous n'appliquez pas d'entre vous, vous n'écoutez pas ce que disent les Français.
08:24Il y a des gens qui pensent déjà à l'après Bayrou.
08:27Certains sont déjà dans l'après Emmanuel Macron.
08:29Et d'ailleurs, il n'y a pas que la solution de la dissolution.
08:31Comment vous appréhendez, vous jugez, certains appels,
08:35ou en tous les cas la piste de la démission, vous qui avez été Premier ministre ?
08:38De la démission du Président de la République.
08:41Mais il faut donc provoquer une crise de régime ?
08:44Il faut créer les conditions de ce qui sera une crise à répétition ?
08:48C'est-à-dire qu'on continue de dissoudre,
08:50et maintenant l'idée, c'est la démission du Président de la République.
08:52Non. Non, parce que, moi j'écoute les Français,
08:55mais le rôle des responsables politiques, vous avez raison,
08:58c'est de les écouter.
08:59Mais nous n'avons pas besoin de suivre en permanence
09:01tous les mouvements de l'opinion.
09:03Notre rôle, c'est dans la mesure du possible.
09:06Même si je ne méconnais pas le rejet profond
09:09de ce qu'on appelle la classe politique.
09:11Je le sais, et des élites d'une manière générale.
09:14Mais moi, à travers mon expérience,
09:15je veux dire les choses telles que je crois.
09:18Nous n'avons pas besoin d'élections législatives de nouveau
09:21qui ne régleraient pas le problème.
09:22Pas de dissolution, pas de démission.
09:25On continue comme ça, on va dans le mur.
09:28Non, il ne faut pas aller dans le mur.
09:29Il faut trouver une solution.
09:31La responsabilité, c'est-à-dire.
09:32Il y a un compromis avec une telle Assemblée éclatée,
09:34avec aujourd'hui un climat politique aussi exacerbé.
09:37J'en appelle une nouvelle fois,
09:38parce que du Parti Socialiste...
09:40Vous en appelez à qui d'ailleurs, pardonnez-moi ?
09:41Du Parti Socialiste jusqu'aux Républicains,
09:43passant par le...
09:44Pourquoi exclure la France Insoumise
09:46et le Rassemblement National ?
09:46Parce qu'il dit clairement que...
09:48Écoutez, la France Insoumise demande
09:50ou des élections législatives,
09:51ou la révocation du président de la République.
09:55Nous savons en plus aujourd'hui
09:56qu'il n'y aura pas d'alliance sur le fond
09:58ni aux élections entre LFI et le Parti Socialiste.
10:00Vous en êtes su ?
10:01Et de l'autre côté,
10:04le Rassemblement National est à peu près
10:06dans la même position.
10:07Il vous a épargné avec certaines motions de censure
10:10qui ne sont pas passées.
10:11Mais aujourd'hui, je dis bien,
10:13je pense que l'agenda du Rassemblement National,
10:16c'est de créer les conditions d'une crise politique.
10:18Je peux d'ailleurs, de certaine manière,
10:19les comprendre pour qu'ils puissent arriver au pouvoir.
10:23Attendons 2027.
10:24Et d'ici là, stabilisons les choses.
10:27Construisons un budget.
10:28Rien ne nous dit que de nouvelles élections,
10:30et encore pire,
10:31la démission du président de la République
10:33forcée par je ne sais qui,
10:34réglerait les problèmes.
10:35Dans ce moment-là,
10:37les formations politiques
10:38qui ont gouverné,
10:39qui aspirent à gouverner,
10:40doivent trouver le chemin d'un accord.
10:42Alors, je vous donne raison.
10:44Si on n'y arrive pas,
10:45je vois très bien ce qui va se passer.
10:47Et les solutions...
10:47C'est-à-dire ?
10:47Les solutions que vous avez évoquées...
10:49Les solutions qui affaibliraient pour vous de nouveau la France.
10:52Oui, mais parce qu'on rentre dans un mouvement,
10:53parce que nous ne savons pas
10:54ce que donneront ces élections législatives.
10:56Et on risquera d'être encore plus affaiblis.
10:58C'est le principe d'une démocratie.
10:58Oui, mais nous l'avons déjà éprouvé, pardon,
11:00il y a un an.
11:01Et c'est le ministre des Outre-mer qui...
11:03On ne va peut-être pas jouer avec ça en permanent.
11:05Et c'est le ministre des Outre-mer qui avertit,
11:07puisque vous avez, Manuel Vaz,
11:08des dossiers d'importance,
11:09notamment la Nouvelle-Calédonie.
11:10D'ailleurs, l'accord de Bougival
11:12que vous portez à bout de bras,
11:13ça fait déjà plusieurs mois
11:14de négociations, de concertations.
11:17Cet accord, je le rappelle,
11:19oui, il se fait avec toutes les forces politiques calédoniennes,
11:22sauf les forces indépendantistes du FLN-KS.
11:25En tous les cas, tout est gelé,
11:26tout est arrêté là.
11:27C'est un des sujets qui me préoccupe précisément
11:30avec ce qui est en train de se passer,
11:32parce que la Nouvelle-Calédonie,
11:33c'est à 18 000 kilomètres d'ici,
11:34c'est 270 000 habitants,
11:36mais ça pèse beaucoup dans l'inconscient collectif,
11:39puisque c'est une décolonisation
11:40qu'il faut achever.
11:43Toutes les forces politiques,
11:44non-indépendantistes,
11:46centristes aussi,
11:47nationalistes ou autonomistes,
11:49et une partie des indépendantistes,
11:50notamment le PALICA et l'UPM,
11:52qui sont des formations historiques du FLN-KS
11:54et qui en sont sorties il y a un an et demi,
11:57soutiennent cet accord.
11:59L'immense partie-là,
12:01l'immense majorité de la population calédonienne,
12:04quelles que soient les origines aussi,
12:05et j'ai renoué le contact avec le FLN-KS
12:08pour trouver une solution.
12:10Mais vous avez raison,
12:11nous avons prévu de reporter les élections provinciales
12:14au mois de juin,
12:15donc il y a une loi qui est prévue
12:16et qui doit passer à la fin du mois de septembre au Sénat,
12:20et une réforme constitutionnelle après.
12:21Mais ça fait partie aussi de l'appel que je lance
12:24à la responsabilité,
12:26parce que ce dossier calédonien
12:28est aujourd'hui tributaire en effet
12:29de la situation politique nationale.
12:31Et moi je me bats pour la Nouvelle-Calédonie,
12:33mais aussi par la France,
12:34parce que c'est l'avenir de la France dans le Pacifique
12:37qui est également concerné par le dossier de la Nouvelle-Calédonie.
12:40La France, les Français,
12:41et notamment les Français juifs,
12:43sur le plan de la lutte contre l'antisémitisme,
12:45Manuel Valls,
12:45on connaît votre engagement depuis toujours,
12:47Emmanuel Macron a rejeté en bloc
12:49les accusations du Premier ministre
12:50Benyamin Netanyahou dans une lettre
12:52où il affirme que de telles accusations
12:53sont une offense à la France entière.
12:56Pourquoi de nombreux Français juifs,
12:58notamment, estiment qu'il n'en fait pas assez
13:00pour leur sécurité, pour leur protection,
13:02pour qu'ils restent en France dans leur pays ?
13:03Depuis de nombreuses années,
13:05j'en sais quelque chose,
13:06les gouvernements successifs
13:07se battent contre la haine des juifs
13:11et contre l'antisémitisme.
13:12C'est vrai dans notre législation,
13:14c'est vrai à travers l'action de la police
13:16et de la gendarmerie ou de la justice,
13:18c'est vrai dans la protection des sites,
13:21écoles, synagogues, centres culturels,
13:24des sites juifs de notre pays.
13:27Mais il y a quelque chose de beaucoup plus profond.
13:30Une grande majorité aujourd'hui,
13:32dans les enquêtes d'opinion des Français juifs,
13:34souhaite partir.
13:36J'avais déjà éprouvé ce sentiment en 2015,
13:38c'est pour cela que j'avais dit
13:39que la France sans les juifs ne serait plus la France.
13:41Pourquoi le président ne reprend-t-il pas cette phrase ?
13:44C'est à lui de la reprendre.
13:46Mais selon vous, quand même, c'est important.
13:48Un tel message envoyé pourrait rassurer une communauté.
13:50Il n'est pas important, il est essentiel.
13:52Pourquoi n'est-il pas prononcé ?
13:53Il est essentiel, il est vital, il est existentiel.
13:56Si les Français juifs partent de notre pays,
13:59nous perdons une grande partie de ce que nous sommes.
14:02Le judaïsme fait partie, évidemment,
14:04de l'âme de notre pays.
14:07Donc, voir ces départs, c'est pour moi une douleur.
14:09Et il faut faire très attention parce que nous sommes
14:11dans un moment de rupture.
14:13Donc, il faut trouver les mots, les expressions,
14:15au-delà même de la lutte contre l'antisémitisme.
14:16Qui n'a pas trouvé les mots, les expressions ?
14:18Je vais poser ma question plusieurs fois.
14:19Elle est importante quand même parce que l'exemple
14:21et comment dire, les mots qui rassurent
14:23viennent du sommet de l'État.
14:25Pourquoi ils ne sont pas venus ?
14:26Emmanuel Macron a souvent trouvé ces mots.
14:29Il n'a pas marché contre l'antisémitisme.
14:30Mais oui, il y a eu cette absence
14:34lors de la marche pour la République
14:36et contre l'antisémitisme.
14:38Il y a évidemment les prises de position
14:39qui sont celles de la France.
14:41Et moi, je respecte évidemment...
14:41Il peut en faire plus ?
14:42Vous l'appelez aujourd'hui à un discours,
14:45à une prise de parole ?
14:46Il faut faire très attention
14:47à ce qui est en train de se passer.
14:50Je ne sais pas si on peut rassurer,
14:52je ne sais pas si on peut trouver toujours les mots,
14:54mais il faut être à la hauteur
14:55de cette douleur profonde
14:56qui est parmi nos compatriotes français juifs.
14:59En tout cas, Emmanuel Macron a répondu
15:00sèchement à Israël.
15:02Mais qu'en est-il de l'Algérie ?
15:03Monsieur le ministre,
15:04on a entendu sur Europe 1
15:05le nouvel appel à l'aide
15:06de l'une des filles de Boalem Sansal
15:07alors que l'écrivain franco-algérien
15:09est emprisonné dans les geôles algériens
15:11depuis neuf mois.
15:12Pourquoi ne pas adopter le même ton avec Alger ?
15:14J'étais bouleversé par l'entretien
15:16de la fille de Boalem Sansal.
15:20Ça fait neuf mois
15:21qu'il est dans les geôles algériennes.
15:25Donc la France a changé, me semble-t-il,
15:27de ton dans un rapport de force diplomatique.
15:31Vous pensez qu'elle a changé de ton,
15:33la France a changé de ton ?
15:33Je crois que nous devons nous mobiliser
15:35à un niveau que nous n'avons pas atteint.
15:37Je serai à Autun demain
15:38lors des journées organisées
15:39par Jean-Michel Blanquer
15:40qui est très impliqué sur ce sujet-là
15:43comme sur bien d'autres.
15:45Il faut changer de ton.
15:46Il faut que les Français
15:46se rendent bien compte
15:47que cet écrivain franco-algérien
15:49qui défend notre langue
15:51avec un talent extraordinaire...
15:51Est-ce que tout le monde au gouvernement
15:52s'en rend compte
15:53et au sommet de l'État, pardonnez-moi,
15:54parce que ce n'est pas les Français
15:55qui peuvent le libérer ?
15:56La diplomatie française, je veux dire,
15:58a agi.
15:59Mais d'une manière générale,
16:00je pense que parmi la classe politique,
16:02ça a été vrai.
16:03M. Parrault a convoqué l'ambassadeur américain,
16:05c'est le numéro 2 qui est venu,
16:06et qu'en est-il ?
16:07Oui, il n'y a plus d'ambassadeurs d'Algérie
16:08dans notre pays.
16:09Vous ne m'avez pas communiqué
16:10par d'autres canaux.
16:11Oui, mais il faut continuer à communiquer,
16:13à peser sur ce régime,
16:15mais il faut au-delà une mobilisation.
16:17Nous avons eu les mêmes divisions
16:18dans le monde politique intellectuel français,
16:21notamment au moment de la fatwa
16:23contre Salmane Rougy.
16:24Tout de l'écho...
16:25Un écrivain,
16:26qui plus est un compatriote désormais,
16:28qui est enfermé,
16:29c'est une cause qui doit mobiliser
16:31le pays des Lumières,
16:32le pays des droits de l'homme,
16:33le pays qui se réclame toujours
16:35de la culture.
16:36Vous devez être entendu, évidemment.
16:37Merci Manuel Valls,
16:38c'était votre grand entretien.
16:39Bonne journée, à bientôt.
16:40Merci.
16:40Merci Manuel Valls.
16:41Merci.
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