Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/ Pour son interview d'actualité, Télématin reçoit les parachutistes Karine Joly et Greg Crozier.
00:00On accueille désormais un couple hors du commun, ils viennent tout juste d'inscrire leur nom dans l'histoire avec un record du monde, tout simplement.
00:14On rappelle que vous êtes parachutiste, champion du monde de Freefly et vous venez de participer à une fresque humaine absolument incroyable,
00:22176 personnes qui volent dans les airs en chute libre, regardez-moi ça, à plus de 280 km heure.
00:28Un nouveau record du monde, établi il y a quelques jours aux Etats-Unis, ça fait quoi d'être champion du monde, recordman du monde ? On est heureux, on est fiers ?
00:38Déjà on est très content de venir partager ça avec vous, parce qu'effectivement ça demande beaucoup de préparation pour arriver à un résultat comme ça.
00:46Et en l'occurrence celui-ci il est beau parce que ça faisait 10 ans qu'on essayait de le battre, le précédent étant de 164 en 2015, établi en 2015, et celui-là exactement c'est 174, je vous reprends c'est 174.
00:57À 174, vous compris ?
01:00Oui, vous compris, vous avez ajouté au 174.
01:04174 personnes, alors comment ça se passe ? Parce qu'il y a des répétitions, vous vous entraînez pour ça, tous ensemble, c'est des gens de partout dans le monde ?
01:11Oui, alors en fait ce qui se passe c'est qu'en amont il y a beaucoup d'entraînements à différents endroits du monde, donc il y en a eu à Dubaï, il y en a eu aux Etats-Unis, il y en a eu en Europe,
01:18souvent c'est deux avions, donc 40 personnes à peu près qui vont s'entraîner ensemble, et au dernier moment on rejoint tout ce beau monde et on va faire une performance ensemble.
01:27Et ce qui est particulièrement génial, c'est qu'on a toutes ces nationalités, ces cultures, ces religions différentes qui viennent s'unir pour un objectif commun.
01:35Et la beauté du geste, enfin je veux dire c'est une vraie chorégraphie en l'air, on coordonne ça comment en fait ? On chute tous au même temps, on a l'impression que vous allez vous rentrer dedans.
01:46C'est sublime, les images qu'on voit c'est sublime.
01:49Oui, souvent les gens nous posent cette question-là, évidemment il y a une sélection très rigoureuse et on s'entraîne beaucoup au sol.
01:55Toutes les approches on les travaille au sol, on a le temps de prendre beaucoup de repères visuels, et au final ça se passe plutôt bien.
02:00Quand la sélection est bien faite c'est facile au final.
02:02Est-ce que, parce que là ça a l'air simple, et quand vous en parlez, et quand on vous regarde.
02:05Vous trouvez que ça a l'air simple ou simple ?
02:07Non mais on voit c'est tellement chorégraphié, ça a l'air de se passer dans une fluidité totale, et pour autant est-ce qu'on a peur avant de sauter ?
02:15Alors peur c'est un grand mot, disons qu'à chaque fois qu'on fait quelque chose d'un peu nouveau, il y a ces voyants-là qui se réactivent.
02:21Donc si on fait un saut de nuit, si on fait un saut à 6 mm avec de l'oxygène, avec beaucoup de monde comme ici,
02:27dès qu'on a fait quelques sauts de réacclimatation, en fait tout se passe très bien.
02:31En fait, s'il y a une personne qui ne réalise pas sa performance, ça veut dire que les 174 personnes ne réalisent pas le record du monde, c'est bien ça ?
02:40Exactement, alors pour être honnête on visait un 200 personnes, et on a dû réduire un petit peu, parce que la météo n'a pas été avec nous,
02:48donc on a eu très peu de tentatives pour réaliser ce record finalement, donc on a dû réduire un petit peu notre taille,
02:53et on a eu quelques coéquipiers qui sont restés sur le banc, qu'on a ramené une fois qu'on a assuré ce record-là,
02:59et on s'est rendu compte que finalement la performance elle est vraiment énormément liée au mental,
03:03puisque tous ces gens sont capables de venir prendre leur poste et de venir prendre la main de la personne devant eux,
03:08mais des fois le mental avec la pression fait qu'on arrive mal à performer.
03:12Frédéric ?
03:12Oui, moi j'ai une question, parce que quand on voit ces images, évidemment c'est impressionnant,
03:15vous êtes à quelle vitesse, et comment ça impacte le corps ? Est-ce que vous ressentez des pressions à certains endroits ?
03:22Oui, alors pour les vitesses d'approche, on est à 340-350 km heure, pour rattraper la base,
03:28et après la vitesse elle est constante, la base essaie de maintenir 280 km heure.
03:32Donc vous descendez à 280 km heure ?
03:34Et les vidéomanes qui nous accompagnent le sont aussi, c'est pour ça qu'on a cette impression qu'on est tous à la même...
03:39Et on ressent quoi alors sur le corps ?
03:41La pression elle est forte, mais c'est comme en moto, j'ai envie de dire, une fois qu'on s'est installé dans cette vitesse-là,
03:47c'est juste un courant qui est très fort.
03:49C'est bon pour la circulation sans doute.
03:52Il faut parler de votre couple quand même, parce que vous êtes en couple depuis 16 ans, c'est ça ?
03:58Oui.
03:5916 ans maintenant, vous sautez beaucoup ensemble, c'est difficile de sauter avec la personne qu'on aime ?
04:03Alors au début...
04:04Non, non, c'est pas...
04:05Au début c'est plus difficile que justement, effectivement, de faire équipe avec un ami...
04:11Oui, c'est ça.
04:11Voilà, et après on s'aperçoit que ça devient une force, évidemment, parce qu'en fait on est tout le temps ensemble,
04:16et aussi pour les moments qui sont difficiles, donc au final on devient indestructible.
04:21Est-ce que vous faites beaucoup de compétitions ?
04:22Bien sûr, bien sûr.
04:23Vous avez sauté, vous Greg, face à l'Everest, je crois en novembre dernier, c'est ça ?
04:28Merci, merci de rappeler ça.
04:30Alors j'ai voulu essayer de faire quelque chose d'exceptionnel pour mon 10 000e saut,
04:33et ça a été évidemment beaucoup de travail, comme on peut imaginer, et j'ai eu la chance de faire sauter face à l'Everest.
04:38Donc on est monté à 7 000 m, parce que c'est quand même 9 km, on ne se rend pas compte, c'est vraiment incroyable cette montagne.
04:44Et on ne pouvait pas sauter plus proche, j'aurais aimé être un peu plus près, mais malheureusement, si on s'approche, on n'est plus de suite.
04:49Là vous vous trouvez trop loin là déjà, on est à 20 km de l'Everest.
04:52Oui, c'est quand même.
04:53C'est fabuleux parce qu'en fait on se pose sur un plateau qui a 4 000 m de hauteur, alors que c'est l'habitude de 4 000 m qu'on s'élance d'un avion.
05:01Donc tout a été changé, on avait les masques à oxygène, et c'est vrai que c'était vraiment particulier.
05:07Vous vivez de votre passion en fait, c'est votre métier aujourd'hui, c'est bien ça, vous avez arrêté l'architecture intérieure pour faire ça Karine ?
05:15Oui tout à fait, en fait c'est le pas qu'on a choisi de faire, c'était de lâcher notre job.
05:21Greg était skipper, moi j'étais architecte d'intérieur, on travaillait à Monaco, et on s'est dit ok, si on veut vraiment atteindre les podiums internationaux, il faut qu'on soit à temps plein dans notre passion.
05:30Il faut faire le grand saut quoi.
05:32C'est quoi le prochain défi, rapidement ?
05:34Le prochain gros défi.
05:35Alors on a la chance de partir fin octobre, c'était sur les pyramides d'Egypte, ça c'est très bien, ça va être magnifique, ça suffit à notre bonheur, on était heureux de vous avoir, merci à tous les deux d'être venus sur le plateau.
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