00:0018h, 20h, RTL Soir avec Anne-Sophie Lapix.
00:05Nous recevons la ministre déléguée au numérique Clara Chappaz.
00:08Bonsoir.
00:09Bonsoir Anne-Sophie Lapix.
00:10Vous annoncez porter plainte contre la plateforme australienne Kik
00:13après la diffusion en direct de la mort de Jean Portmanov,
00:16ce streamer suivi par plus de 200 000 personnes,
00:19décédé dans son sommeil après plus de 12 jours de direct
00:23durant lesquels il était régulièrement violenté et humilié.
00:26Vous portez donc plainte pour manquement
00:28face à la loi sur la confiance de l'économie numérique.
00:31Une plainte, enfin !
00:33Oui, j'assigne Kik, cette plateforme en justice,
00:36devant le tribunal judiciaire,
00:38parce que Kik, c'est mon combat.
00:40Vous savez, depuis le tout premier jour,
00:42en tant que ministre du numérique,
00:44je me bats pour rendre notre espace numérique plus sûr,
00:47pour sortir de ce sentiment de Far West numérique qu'on a aujourd'hui.
00:50Et Kik, c'est un exemple.
00:52C'est pour ça d'ailleurs que j'ai réuni tous les services
00:54en charge de la régulation d'Internet,
00:56aujourd'hui, dans mon ministère.
00:58L'Arcom, le régulateur,
01:00Faros, la plateforme où on signale
01:02les contenus illicites sur Internet,
01:04les services de la justice,
01:05pour comprendre ensemble
01:06qu'est-ce qu'on peut faire de plus,
01:08pour agir plus vite, plus fort,
01:10et avant toute chose,
01:11pour Kik,
01:11leur dire qu'on ne laissera rien passer
01:13et qu'on les a signés en justice aujourd'hui.
01:15Vous dites que vous êtes mobilier depuis le premier jour.
01:17C'était quand le premier jour ?
01:18C'est le jour de la mort du streamer
01:19ou c'est le jour où on vous a prévenu ?
01:21Il y a eu des signalements de Mediapart,
01:24de la ligne des droits de l'homme,
01:25auxquels vous n'avez pas répondu.
01:28Vous savez, sur Kik,
01:30il y a un article de Mediapart
01:32qui est sorti le 13 décembre
01:33et je salue le travail de Mediapart
01:35sur cette question-là
01:36parce que, dès le 16 décembre,
01:38les services de l'État
01:39ont engagé une enquête
01:41pour comprendre, déjà,
01:43les auteurs,
01:43les créateurs de contenus
01:44sur cette plateforme,
01:45quelles étaient leurs responsabilités.
01:47Et au mois de novembre,
01:48donc un mois avant,
01:49ils vous ont sollicité
01:50et vous ne leur avez pas répondu.
01:51Est-ce que c'était de la négligence ?
01:53Oui, ils nous ont contactés
01:54début décembre
01:55pour répondre à Mediapart.
01:57Il se trouve que
01:57j'appartenais au gouvernement Barnier
01:59qui venait d'être censuré.
02:00J'avais ce qu'on appelle
02:01un devoir de réserve.
02:02Mais honnêtement,
02:02je suis là pour en parler aujourd'hui.
02:03J'ai échangé avec Mediapart lundi.
02:05Je n'ai aucun problème à en parler.
02:06Et on vous saisit souvent
02:07de ce genre de choses,
02:08de genre de signalements ?
02:10Mais ce qui est important
02:12dans cette histoire
02:13et ma première priorité
02:14en tant que ministre du numérique,
02:15ce n'est pas de répondre
02:17ou de communiquer,
02:18mais bien d'être dans l'action.
02:19Et moi, depuis le tout premier jour,
02:20j'enchaîne tous les combats
02:23pour faire du numérique
02:24un espace plus sûr.
02:25Vous savez, par exemple,
02:26sur TikTok,
02:27peut-être les gens qui nous écoutent
02:29ont entendu parler du fait
02:30qu'il y a eu un phénomène
02:32au printemps dernier
02:33où il y avait des millions de vidéos
02:35qui demandaient aux filles
02:36de s'affamer d'être vides
02:38plutôt que vilaines.
02:39Je suis allée jusqu'à Dublin
02:40pour rencontrer les régulateurs
02:41et j'ai fait cesser ce phénomène.
02:43Et ça veut dire quoi ?
02:44Ça veut dire que les jeunes filles
02:45que j'ai rencontrées,
02:46par exemple,
02:47à l'hôpital Debré,
02:48qui aujourd'hui sont dans
02:48des situations de vulnérabilité,
02:50d'anorexie,
02:50qui regardent ce contenu
02:51n'y ont plus accès.
02:52Mais là, on revient
02:53à cette affaire
02:54qui nous intéresse.
02:55Je vous disais tout à l'heure
02:56une plainte, enfin.
02:57J'avais envie de vous dire
02:58est-ce que vous avez trouvé
02:59l'adresse de Kik, finalement ?
03:01Parce qu'il y a eu
03:01ces propos étonnants
03:03de l'ARCOM
03:04expliquant qu'il n'y avait pas
03:06d'interlocuteur européen.
03:07Donc en fait,
03:08on est condamné
03:09à attendre
03:10la bonne volonté de Kik,
03:12la collaboration de Kik
03:14pour pouvoir les attaquer,
03:15pour pouvoir essayer d'agir.
03:16On n'est pas condamné,
03:17on est dans l'action
03:19avec une enquête,
03:21avec un régulateur
03:23qui aujourd'hui mobilise
03:23tous les moyens
03:24pour pouvoir assigner
03:25cette plateforme,
03:25avec deux actions en justice,
03:27la mienne et celle
03:27du parquet de Paris,
03:28qui s'est saisie aussi aujourd'hui
03:30de tous les moyens
03:31pour pouvoir assigner
03:32cette plateforme.
03:32Et j'ai échangé
03:33avec les responsables de Kik,
03:35qui se situent en Australie,
03:36des personnes
03:37qu'honnêtement,
03:37je pourrais qualifier
03:38de voyous du numérique,
03:39qui sont à l'autre bout du monde,
03:40qui se sont faits des milliards
03:41sur le fait
03:43d'explorer
03:44les vulnérabilités,
03:46de les exploiter
03:46même ces vulnérabilités,
03:48notamment par exemple
03:48sur la question
03:49des jeux en ligne.
03:50En 2021,
03:51nous avons fermé
03:52leur plateforme de jeux en ligne
03:53qui s'appelait Sleik
03:54et nous irons jusqu'au bout.
03:55Et si nous avons les moyens
03:56de faire fermer Kik,
03:59bien sûr que nous le ferons.
04:01Mais vous les avez,
04:01ces moyens, justement ?
04:02On n'a pas l'impression.
04:03Alors,
04:04et j'entends que c'est
04:06parfois difficile à comprendre,
04:08mais en tant que responsable politique,
04:11j'ai été scandalisée
04:12par le décès
04:13de Raphaël Graven,
04:14aussi connu
04:14sur le nom
04:15de Jean Portmanoff.
04:17Mais nous ne prenons pas
04:18des décisions politiques
04:19sous le coup de l'émotion.
04:20Aujourd'hui,
04:21il faut se rappeler
04:21que le cadre
04:22de protection,
04:23parce que c'est ça,
04:24il s'agit de nos citoyens en ligne,
04:26il part d'un espace Internet
04:27qui était un espace
04:28de liberté totale.
04:29Sur Internet,
04:30à la base,
04:31il n'y avait pas de règles.
04:32C'était d'ailleurs
04:32la beauté d'Internet.
04:33C'est ce qui a permis
04:34les printemps arabes,
04:36c'est ce qui a permis
04:36la transparence de nos institutions.
04:38Et puis,
04:38c'est ce qui a permis
04:39un certain nombre de dérives,
04:40le fait qu'aujourd'hui,
04:41il y a des millions
04:42de vidéos tutoriels,
04:43de scarifications
04:44qui font que nos enfants
04:46ont accès à ces vidéos
04:47et que l'augmentation
04:48du taux de suicide
04:49chez les jeunes
04:50et de tentatives de suicide,
04:52c'est une réalité.
04:53Et donc,
04:53on a pris les devants
04:54et on a mis en place
04:56un cadre des règles.
04:56C'est étonnant
04:57de vous entendre dire
04:57on a pris les devants
04:58alors qu'on a l'impression
04:59que vous avez plutôt,
05:01pas vraiment un coup d'avance,
05:02mais plutôt un coup de retard.
05:03Mais je peux vous garantir
05:04que depuis le premier jour,
05:05moi je me bats pour mettre fin
05:06à ce phare ouest numérique
05:06et je continuerai à le faire.
05:08Et nous ferons
05:09toute la lumière
05:10sur ce qui s'est passé
05:11notamment auprès
05:13de cette plateforme Kik.
05:14C'est pour ça que j'ai demandé
05:16au premier ministre
05:16de faire une mission d'inspection
05:17sur ce sujet-là.
05:18C'est pour ça que je l'ai assigné
05:19en justice.
05:19C'est pour ça que nous utilisons
05:20tous les leviers.
05:21Mais surtout,
05:22ce qui m'intéresse
05:22encore plus,
05:25c'est de voir comment
05:25on peut créer
05:27un cadre général
05:28pour aller encore plus loin.
05:29Je vous donne
05:29une de mes convictions.
05:30D'ailleurs,
05:31je travaille avec les députés
05:32Stéphane Vogeta
05:35et Arthur Delaporte
05:36à qui j'ai confié
05:36une mission
05:37depuis le mois de juillet dernier
05:38sur cette question
05:39de l'économie
05:40des créateurs de contenu
05:41parce que c'est une économie.
05:43Il y avait une cagnotte
05:44de 36 000 euros
05:45en ligne
05:46au moment du décès
05:47malheureux
05:47de Raphaël Graven
05:48en ligne.
05:49Moi,
05:49j'ai une conviction
05:50très forte.
05:51C'est qu'il faut mettre fin
05:52à la monétisation
05:53de la vulnérabilité
05:53sur Internet
05:54et nous nous donnerons
05:55le temps de le faire
05:56parce que ce sont
05:57des sujets compliqués.
05:58Il y a aussi des questions
05:59de liberté d'expression.
06:00Il faut trouver
06:01le bon équilibre
06:01mais nous ferons
06:02tout ce que nous pouvons
06:03pour renforcer
06:03nos moyens d'action.
06:04Ça existe encore
06:05aujourd'hui
06:06des chaînes
06:06comme celle
06:07de Jean Pormanov ?
06:09Est-ce qu'aujourd'hui
06:10il y a encore
06:10des streamers ?
06:11On appelle ça des streamers
06:12des gens qui regardent
06:13d'autres personnes
06:14se faire frapper ?
06:15Sur Kik,
06:16j'ai obtenu
06:17de la plateforme
06:18de ses responsables
06:19qu'ils vérifient
06:19les 100 premières chaînes
06:20ce qu'ils ont fait
06:21et ils nous ont garanti
06:22qu'il n'y avait pas
06:23ce type de comportement.
06:24J'ai échangé...
06:25J'étais...
06:26Mais je vous parle de Kik
06:28mais il y a des millions,
06:29des milliers de plateformes.
06:30J'étais tout à l'heure
06:31auprès de Pharos
06:32donc ce service de signalement
06:33et d'ailleurs je tiens
06:34à rappeler
06:34à toutes les personnes
06:35qui nous écoutent
06:35parce que je crois
06:36que ce n'est pas encore
06:37assez compris
06:37et notamment
06:38je me le permets
06:40mais aux 200 000 personnes
06:41qui étaient abonnées
06:42à cette chaîne
06:43qui payaient 5 euros
06:44par mois
06:45pour voir ce type
06:46de comportement
06:46et plus pour faire monter
06:49les enchères
06:50que leur première responsabilité
06:51c'est de signaler
06:53et pour ça c'est très simple
06:54on va sur Pharos
06:54et donc j'étais avec les services
06:56avec les policiers
06:56les gendarmes
06:57tout à l'heure
06:58là cet après-midi
06:59pour voir comment est-ce
07:00qu'ils traitent les signalements
07:01il y a 220 000 signalements
07:04qui ont été réalisés
07:04l'année dernière
07:05c'est beaucoup
07:06et ce n'est pas assez
07:07à la fois
07:07on peut toujours en faire plus
07:08mais je peux vous garantir
07:09on a la certitude
07:10que les policiers
07:11et les gendarmes
07:12que j'ai vus
07:13les policiers
07:14et les gendarmes
07:14que j'ai vus
07:15qui font un travail formidable
07:16pour s'assurer
07:18que les contenus illicites
07:19sont retirés des plateformes
07:20ils sont au travail
07:21et nous ferons tout
07:22pour renforcer
07:23leurs moyens d'action
07:23serez-vous encore là
07:24dans deux semaines
07:25pour mener cette bataille ?
07:27écoutez cette bataille
07:28je vous l'ai dit
07:28je le mène depuis le premier jour
07:30c'est une conviction
07:31personnelle très forte
07:32pourquoi ?
07:33mais serez-vous là dans deux semaines
07:34c'était ça surtout la question
07:35parce que le numérique
07:35c'est une chance
07:36mais si on veut que ça reste une chance
07:37il faut encadrer ses dérives
07:38et je suis au travail
07:40chaque jour qui passe
07:41pour le faire
07:41la question qui m'occupe aujourd'hui
07:43vis-à-vis des deux semaines
07:45que vous mentionnez
07:46pourquoi deux semaines ?
07:47c'est deux semaines
07:48avant le vote de confiance
07:49réclamé par François Bayrou
07:50à l'Assemblée
07:51donc le 8 septembre
07:52pourquoi ces deux semaines
07:53et qu'est-ce qui va m'occuper
07:54dans ces deux semaines
07:55et qu'est-ce qui m'occupera
07:56de façon plus générale
07:57c'est
07:58vous savez moi
07:59j'ai quitté le monde privé
08:00pour m'engager en politique
08:01parce que
08:02je suis convaincue
08:04que la France
08:05a tous les atouts
08:06pour être une très grande nation
08:08mais pour ça
08:09il faut dire la vérité aux Français
08:11et dire la vérité
08:12ça veut dire
08:12et c'est ce qu'on va tâcher
08:13de faire dans les deux prochaines semaines
08:14ça veut dire
08:15que le problème de la dette
08:16il est réel
08:17et d'ailleurs je crois
08:18je crois qu'il y a un sondage
08:19qui est sorti là sur une des chaînes d'info
08:21BFM si je ne me trompe pas
08:22qui dit que
08:22trois Français sur quatre
08:24ont compris
08:25et confirment
08:27qu'il y a un problème grave
08:29de dette dans notre pays
08:30il y a aussi un sondage
08:31qui est sorti chez nous
08:32sur RTL
08:32qui dit que deux tiers des Français
08:34souhaitent
08:35que le gouvernement tombe en fait
08:36que le vote de confiance
08:37ne soit pas accordé
08:38mais quand on prend
08:39des décisions courageuses
08:41de dire la vérité
08:42et que cette vérité
08:43est difficile à entendre
08:44parce que ça veut dire
08:45faire des économies
08:46je comprends bien
08:47qu'on ne soit pas très populaire
08:48mais la seule question
08:49il n'y avait pas vraiment de débat
08:50est-ce que vous n'auriez pas préféré
08:51que François Bayrou
08:52ouvre la discussion
08:53avec les socialistes
08:53pour chercher des compromis
08:54sur la manière
08:55mais c'est exactement ce qu'il fait
08:57aujourd'hui
08:57il demande une seule clarification
08:59le Premier ministre
09:00et bien c'est bien
09:01ce que je vais m'attacher
09:02de faire dans les 15 prochains jours
09:04c'est de bien faire comprendre
09:05autant que possible
09:07et de répondre
09:07à toutes les questions
09:08parce que la seule question
09:09que nous demandons
09:10aux parlementaires
09:12dans 15 jours
09:12c'est
09:12est-ce que oui ou non
09:14il y a un problème de dette
09:15dans notre pays
09:16et comme le Premier ministre
09:17l'a rappelé hier
09:18toutes les pistes sont ouvertes
09:20je sais que le débat
09:21s'est cristallisé
09:21sur les jours fériés
09:22les avantages des politiques
09:23oui et puis sur la nécessité
09:25de justice fiscale
09:26de taxer davantage
09:27des revenus
09:27tout à fait
09:28la main tendue
09:30qu'attendait
09:30et tout est sur la table
09:31et j'espère
09:32qu'en tant que responsable politique
09:33nous saurons nous rassembler
09:34parce que cette dette là
09:36qu'on soit là ou pas
09:36dans 15 jours
09:37elle ne disparaîtra pas
09:38merci beaucoup
09:39Claire Achapaz
09:39ministre déléguée
09:40à l'économie numérique
09:41tout à l'économie numérique
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