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  • il y a 5 mois

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00:00Grande rentrée pour tout le monde, pas que pour nous sur Europe 1. François Bayrou également, 16h, le discours de la méthode, comment faire avaler la pilule, comment convaincre au final ?
00:13Est-ce que vous avez des conseils à donner à François Bayrou ou Sébastien Ligné ?
00:17J'ai envie de dire de l'abandonner maintenant.
00:20Il n'y va pas ?
00:21Non mais c'est-à-dire que ça va bientôt faire 9 mois qu'il est en poste François Bayrou et ça fait maintenant 9 mois qu'on entend beaucoup de choses,
00:27beaucoup d'annonces sur cette méthode Bayrou, sur la manière de faire les choses différemment, d'éviter les erreurs faites par son prédécesseur.
00:34On a eu beaucoup d'annonces mais on n'a pas eu grand-chose finalement depuis 9 mois.
00:37Ça va venir là ?
00:38Oui mais enfin ça fait un moment qu'on nous dit ça va venir.
00:40Ce n'est pas la première conférence de presse de François Bayrou.
00:42Qu'est-ce qu'on a retenu de ces précédentes conférences de presse ?
00:44L'image d'un homme qui se démène contre son propre camp, qui essaye de gagner du temps et surtout l'image d'un homme qui est cerné.
00:50Et moi c'est ça en fait que je retiens.
00:51C'est pour ça que je pense qu'il faut que cet homme abandonne des appraisons et qu'il sorte un petit peu avec le panache de Cyrano.
00:57C'est le sort que tout remplaçant subira à son tour.
01:02Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée Nationale à moins de nommer, et encore ça serait vite terminé,
01:10comment s'appelait-elle la représentante du Front Populaire ?
01:15Du Front Populaire, le retour de Lucie Castel.
01:18Je ne dis pas le retour, je n'exige rien, parce que moi je ne partage pas ton pessimisme sur l'avenir à court terme.
01:24Tu penses qu'il peut s'en sortir ?
01:25Je pense qu'il peut passer en effet à la difficulté,
01:30parce que je crois que c'est de l'intérêt du Rassemblement National de ne pas le sortir maintenant.
01:35Donc si tu fais des comptes, même si la gauche unie vote, unie, façon de parler,
01:40même si la gauche vote contre François Bayrou, vote donc la censure,
01:45il n'est pas dit pour autant que ça suffira si le Rassemblement National...
01:48On va en parler des oppositions, mais pas tout de suite, s'il vous plaît.
01:52Je préfère qu'on se concentre déjà sur François Bayrou.
01:54Vous vous disiez Sébastien Ligné, il est cerné, mais Michel Barnier était cerné aussi, la preuve.
01:59Il a eu deux ou trois mois, ensuite François Bayrou est cerné aussi.
02:03Mais sur la méthode, il avait justement essayé, en tout cas, de changer un peu par rapport à son prédécesseur,
02:08de s'ouvrir un peu plus aux oppositions.
02:10Cet été, il a semblé plutôt tenter, en tout cas, de se reconnecter aux Français.
02:16Est-ce que c'était un bon choix ? Est-ce que c'est réussi, à votre avis ?
02:19Les sondages tentent à montrer l'inverse.
02:21C'est-à-dire que quand vous avez quand même 90% des Français
02:23qui considèrent que ce n'est plus l'homme de la situation pour donner un budget à la France,
02:2890%, j'ai peur que ce soit un chiffre qui soit un petit peu définitif pour François Bayrou.
02:32Quand on voit que sa mesure phare, qui est quand même les jours fériés,
02:35est rejeté massivement, plus de 80% des Français sont comptés.
02:38Pour la suppression des jours fériés, il a un petit peu de dos au mur.
02:41Mais c'est fait pour ça, il a sorti justement ces deux jours fériés
02:45pour pouvoir négocier avec ses oppositions, ou ses soutiens,
02:50et essayer d'en retirer un, voire d'en retirer deux.
02:53Mais son discours de cet après-midi, nous verrons ce qu'il sera.
02:57En tout cas, il l'a déjà laissé entendre au cours du week-end passé.
03:02Il faut que les Français comprennent qu'il y a péril dans la demeure,
03:05et que ce n'est pas en bloquant le pays, on va y venir j'imagine,
03:09que ce n'est pas en bloquant le pays le 10 septembre, sans qu'on sache très bien qui est derrière tout ça,
03:13que ça suffira et que le pays va entrer dans la voie du redressement.
03:17La situation, il faudrait quand même que les Français s'en convainquent.
03:21Alors, je suis d'accord avec toi, tout travail mérite salaire.
03:25Le gros inconvénient des deux jours qui sont supprimés et qui ne sont pas payés,
03:30ça, ça me paraît extraordinairement compliqué à faire passer.
03:33Donc je pense que d'ores et déjà, on va négocier, et au moins l'un des deux sautera.
03:38Mais tout travail mérite salaire.
03:40Et puis ensuite, il y aura des négociations qui vont s'ouvrir.
03:42Je ne suis pas sûr que ce soit terminé pour François Béroud.
03:45Un sondage qui est odoxo pour le Parisien aujourd'hui en France,
03:48donne 80% d'opposants à cette suppression des deux jours français.
03:54Mais écoutez, le reporter d'Europe 1, Maximilien Carrier,
03:58le correspondant dans le Nord, qui a demandé aux Français leur avis
04:02à ce sujet de la suppression de deux jours fériés. Écoutez.
04:05Effectivement, il y a des grimaces sur les visages
04:07quand on aborde le sacrifice des deux jours fériés.
04:10C'est le cas de Florence. Elle travaille en milieu hospitalier.
04:13Toujours la classe moyenne, et c'est toujours les mêmes, en fait,
04:16qui pâtissent de cette situation.
04:18C'est de la déception du gouvernement.
04:20Je suis infirmière hospitalière,
04:22et les jours fériés, je les travaille depuis toujours.
04:24Le peu qu'on nous donne pour faire un férié,
04:26on va encore perdre ça,
04:28et c'est décevant.
04:29Il y a d'autres solutions à trouver pour améliorer
04:32le budget de l'État, insiste-t-elle.
04:34Moins de privilèges, par exemple,
04:36pour les politiques, souffle Nathalie,
04:37très attachée à ces deux jours fériés.
04:39Le 8 mai, c'est quand même hyper historique pour notre pays.
04:44Notre parti de moine est importante,
04:46et M. Bayrou ne respecte pas ce jour historique pour la France, en fait.
04:49Et ils sont peu nombreux à soutenir cette mesure.
04:52Francine est retraitée de l'Éducation nationale.
04:55Les Français veulent absolument un Premier ministre
04:58qui trouve des solutions,
04:59qui retrouve de l'argent,
05:00mais d'un autre côté, ils ne sont pas prêts à faire des efforts.
05:02On est ancrés dans ces deux jours fériés
05:04depuis très, très, très longtemps.
05:06Mais bon, à un moment, il faut aussi savoir ce qu'on veut.
05:08Car quand on compare avec les pays voisins,
05:10affirme-t-elle,
05:11on n'est pas si mal lotis en termes de jours fériés.
05:14Maximilien Carlier,
05:15à Villeneuve-Dasque, à côté de l'île,
05:17qui a sondé, qui a pris le pouls des Français,
05:20au sujet de la suppression de deux jours fériés.
05:23Mais Sébastien Ligné,
05:24quand même, ces deux jours fériés,
05:26on se concentre beaucoup dessus.
05:28Ça a été très commenté, ultra commenté,
05:31après les annonces de François Bayrou le 15 juillet dernier.
05:33est-ce que ce n'était pas justement, j'allais dire,
05:37un leurre pour essayer de faire oublier
05:39aussi les autres annonces qui,
05:40et certaines sont d'autant pleureuses.
05:42On parle des remboursements de certains médicaments,
05:44les fonctionnaires, etc.
05:46Alors, on se focalise beaucoup sur ces jours fériés.
05:48Mais le leurre a fonctionné.
05:49D'ailleurs, à la minute où cela a été annoncé,
05:51dans la conférence de presse l'été dernier,
05:53on n'a parlé plus que de cela dans la semaine.
05:55C'est-à-dire qu'on a oublié totalement
05:56les plus de 40 milliards d'autres d'économies restantes,
06:00le manque d'efforts faits sur l'immigration,
06:02le manque d'efforts faits sur les réformes structurelles,
06:04notamment sur le système de retraite.
06:06Il n'y en a pas.
06:07Et on s'est focalisés là-dessus.
06:09Mais en fait, je pense que,
06:10pourquoi ça cristallise autant les tensions ?
06:14Je pense qu'in fine,
06:15les Français ne seraient pas totalement opposés
06:17d'en supprimer peut-être un ou deux,
06:19dans une situation idéale
06:21où ils auraient vu que des efforts massifs
06:23auraient été entrepris par l'État d'une manière générale,
06:26avant de demander un effort supplémentaire à la classe moyenne.
06:29Parce que le problème, c'est ça.
06:30Ce qu'ils ressentent derrière cette suppression des jours fériés,
06:33c'est que c'est toujours la solution de facilité.
06:34C'est dès qu'on a besoin de trouver de l'argent,
06:36et en l'occurrence, pas énormément,
06:37puisque l'État explique qu'on va économiser à peu près 4 milliards d'euros
06:40avec la suppression de ces deux jours fériés.
06:42Ce qui n'est pas énorme, finalement.
06:43C'est une goutte d'eau par rapport à notre déficit.
06:45Mais le problème, c'est que dès qu'on a 4 milliards d'euros à trouver,
06:47au lieu d'aller les prendre dans la réforme de l'État,
06:50au lieu de les prendre dans l'immigration,
06:51au lieu de les prendre dans l'Union Européenne,
06:52au lieu de les prendre dans le système de retraite,
06:54on les prend aux Français.
06:55Et c'est ce point-là qui cristallise les tensions.
06:57Je ne suis pas certain que les Français seraient contre
06:59supprimer un jour férié.
07:00Encore une fois, le 8 mai,
07:01j'aime beaucoup la dame qui a parlé dans votre reportage,
07:03mais honnêtement,
07:04qui, lors du 8 mai,
07:06passe son jour férié à rendre hommage aux soldats ?
07:09Personne.
07:09Enfin, personne ne fait ça.
07:10Il faut arrêter cette histoire.
07:11On peut très bien rendre hommage à nos soldats disparus
07:14en travaillant.
07:15Ce n'est pas impossible de faire les deux.
07:17C'est une fausse excuse pour moi, cela.
07:19La vraie excuse, c'est de dire
07:20il y en a marre que ce soit toujours les mêmes
07:21qui trinquent en premier.
07:22Voilà.
07:23Parole d'excellence,
07:24mais je suis d'accord avec ça.
07:26C'est-à-dire que,
07:27pour une bonne partie de ces deux jours fériés supprimés,
07:30en principe, en théorie,
07:31je pense qu'on va négocier
07:34et qu'un s'en sauvera peut-être.
07:37Mais le 8 mai n'a pas toujours été férié, d'ailleurs.
07:39Le premier ministre va, je pense, nous éclairer.
07:43Je pense qu'on va entrer dans des discussions interminables
07:45et avec les Républicains
07:47et avec le Bloc Central, etc.
07:49Sinon, il n'aurait pas sorti ça comme ça.
07:52Il sait très bien que ça allait susciter
07:54une réaction négative.
07:56Encore une fois,
07:57là où ça coince, même pour moi,
08:00c'est que tout travail mérite salaire.
08:03Et franchement, c'est difficile de dire
08:05non seulement vous n'allez pas travailler,
08:07mais en plus de ça,
08:08on va vous virer votre prime éventuelle,
08:11etc.
08:11et que les entreprises vont payer un quelque chose.
08:14Ça me paraît un peu compliqué, quand même.
08:16Jean-Claude Dacier, justement, si je rembobine un petit peu le film,
08:19François Bayrou, le 15 juillet,
08:21a annoncé ses pistes,
08:23et son plan, son projet de budget, on va dire.
08:26Il était censé, à l'époque, avoir tout l'été
08:28pour justement prendre le pouls de la France,
08:31des partis politiques.
08:32Ça n'a pas suffi.
08:33Mais justement, qu'est-ce qui va vraiment être différent aujourd'hui,
08:37à votre avis ?
08:37Je ne suis pas sûr que les Français soient complètement convaincus
08:39de la gravité de la situation.
08:41Je suis même sûr du contraire.
08:42Il y a les élites, comme on dit souvent,
08:45les gens qui suivent un peu la politique,
08:47ou les gens dont le métier est de suivre un peu les chiffres,
08:50savent que la situation est d'une extrême gravité.
08:533 300 milliards de dettes, ce n'est pas rien.
08:55Alors je sais bien que les États-Unis en ont 10 fois plus,
08:58mais ça n'a rien à voir,
08:59et ça ne peut pas se passer.
09:00C'est que c'est une première année à 40 et quelques milliards.
09:03Ce n'est pas énorme.
09:04Mais ce n'est que le début.
09:06On est pour plusieurs années engagés dans des réformes profondes
09:11et on ne coupera pas.
09:14On ne coupera pas aux réformes de structure.
09:16Mais, mais, mais, j'ajoute,
09:18que tout ça n'interviendra qu'en 2027,
09:20avec, je l'espère, un élu à la présidence de la République
09:24qui sache à peu près où il va,
09:26ce qu'il veut,
09:27et qui évite de nous précipiter
09:28dans une situation fiscale absolument dramatique
09:33comme celle que nous vivons aujourd'hui.
09:35On va commencer par se concentrer sur 2025 et aujourd'hui, d'ailleurs.
09:38Je voudrais vous faire écouter la réaction d'Aurore Berger,
09:40ministre déléguée chargée de l'égalité,
09:42femmes, hommes et de la lutte contre les discriminations.
09:45Elle était à notre micro sur Europe 1 et CNews ce matin
09:48lors de la grande interview de Sonia Mabrouk.
09:51Et évidemment, elle a défendu le projet de François Béroux.
09:53Écoutez-la, on en parle.
09:55Je voudrais votre réaction, Sébastien Ligné.
09:57Je soutiens par principe le plan qui a été présenté.
10:00Parce que je crois à la capacité qu'on a à travailler plus.
10:03Parce que c'est une nécessité de continuer à travailler plus,
10:07à travailler tous.
10:08C'est ce qu'on a fait.
10:09Parce que le chômage de masse, aujourd'hui,
10:10on a démontré que ce n'était pas une fatalité.
10:12Donc on est plus nombreux à travailler.
10:14Non seulement on est plus nombreux à travailler,
10:15mais il faut que chacun réussisse à travailler plus
10:17et surtout réussisse à vivre de son travail.
10:21C'est ça qui est dit par un certain nombre de ceux,
10:23peut-être qui seront dans la rue le 10 septembre.
10:25Ce que je condamne sur le moment du 10 septembre,
10:27c'est la tentative et honté de récupération politique manifeste
10:31de la part de la France insoumise
10:32et cette volonté de blocage.
10:34Est-ce que les Français veulent que le pays ait à l'arrêt ?
10:36Ou est-ce que les Français veulent que le pays soit en mouvement ?
10:38Mais ça commence à bouillonner, j'allais dire,
10:40du côté des Français et de l'opposition.
10:42On en reparlera d'ailleurs.
10:43Je voudrais votre réaction au propos d'Aurore Berger, Sébastien Ligné.
10:46Mais c'est assez contradictoire
10:47parce qu'elle exprime le souhait de voir les Français travailler plus
10:51et de gagner plus d'argent.
10:52Le problème, c'est que ce n'est absolument pas
10:53en travaillant simplement deux jours supplémentaires,
10:55enfin en enlevant deux jours fériés,
10:57qu'on va travailler plus.
10:58Ce serait par exemple en augmentant la durée effective
11:00de temps de travail par jour ou par semaine.
11:02Là, ce serait une mesure pour travailler plus.
11:03Et quand elle explique qu'il faut gagner plus d'argent,
11:05ça commencerait d'abord, par exemple,
11:07de payer ces deux jours travaillés
11:09qui vont le devenir.
11:11Donc, ils seront toujours fériés.
11:12Donc, c'est très contradictoire
11:13puisque, encore une fois, je rejoins Jean-Claude,
11:15supprimer deux jours fériés,
11:16ce n'est pas une réforme structurelle.
11:17Ce n'est pas de travailler plus.
11:19C'est essayer de trouver 4 milliards
11:20dans le fond du tiroir.
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