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  • il y a 5 mois
Le calvaire de l'auto-stoppeuse :
Tavannes, 1990. Brigitte, 18 ans, ne rentre pas de son rendez-vous chez le dentiste. Quinze jours plus tard, son corps est retrouvé sous un viaduc, atrocement mutilé. L’enquête piétine, jusqu’à ce que l’ADN parle… treize ans après. Derrière ce crime, un homme au double visage, et un procès glaçant.

Macabre mise en scène :
Lac de Lungern, 1999. Deux corps sont découverts coulés dans le béton à l’intérieur de barils. Victimes : deux associés d’une société de leasing. Le tueur, Carlos, met en scène un crime mafieux pour couvrir une escroquerie sordide. Le plan est si précis qu’il glace même les enquêteurs.

Qui a tué l'armurier ? :
Genève, 2002. Louis, 82 ans, armurier respecté, est retrouvé mort, un tournevis dans le cœur. Quelques mois plus tard, un kidnapping mène à ses meurtriers : deux hommes en errance. Le vol a viré au carnage. L’atrocité du geste soulèvera une onde de choc dans tout le quartier.

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Transcription
00:00:01Crime s'installe ce soir au pays des Helvettes pour vous raconter trois faits divers qui ont marqué ses habitants.
00:00:08Crime en Suisse, c'est tout de suite.
00:00:22Le 20 septembre 1990 à Tavannes dans le Jura bernois, Serge est mort d'inquiétude.
00:00:28Sa fille de 18 ans, Brigitte, n'est pas rentrée à la maison.
00:00:31Ce jour-là, la jeune fille avait rendez-vous chez le dentiste à Bienne.
00:00:35Elle s'y était rendue en stop car sa voiture ne débarrait plus.
00:00:38Malheureusement, Serge ne la reverra pas et son corps violemment mutilé sera retrouvé sous le pont d'une autoroute.
00:00:44Alors pourquoi une telle sauvagerie ?
00:00:46Il faudra attendre près de 10 ans aux enquêteurs suisses pour découvrir l'effroyable scénario de cette journée macabre.
00:00:52Ça a été un énorme choc dans la totalité de la région.
00:00:56Qui a pu commettre un acte d'une telle sauvagerie ?
00:00:59C'était un acte d'une sauvagerie inimaginable.
00:01:02Le 27 février 1999, au lac de Lungern, en Suisse, un pêcheur fait une macabre découverte.
00:01:09Alors qu'il se rend sur sa zone de pêche, il aperçoit dans l'eau à demi immergé deux tonneaux, au contenu plus que suspect.
00:01:15A l'intérieur, il découvre deux corps entassés et coulés dans le béton.
00:01:21Que s'est-il passé pour ces deux hommes, rapidement identifiés comme deux collègues qui travaillaient dans le commerce de voitures ?
00:01:27Démarre alors une incroyable enquête menée par la police de Fribourg pour tenter d'élucider ce double meurtre que la presse suisse surnomme le meurtre des barils.
00:01:36Il y a eu un branle-bas de combat invraisemblable lorsqu'on a découvert ces corps ensevelis dans des tonneaux.
00:01:44Le 2 avril 2002, dans le quartier des Eauvives à Genève, Maurice boit tranquillement son café en attendant son rendez-vous.
00:01:51Il vient voir son ami, Louis, 82 ans, qui tient une armurie à quelques centaines de mètres de là.
00:01:57Mais en entrant dans le magasin, quelque chose le perturbe.
00:02:00Les étals sont en désordre et Louis ne répond pas.
00:02:02En s'avançant vers le comptoir, il découvre une scène difficilement supportable.
00:02:07Son vieil ami est couvert de sang, un tournevis planté dans le thorax.
00:02:12S'agit-il d'un cambriolage qui aurait mal tourné et qui pouvait en vouloir à Louis, ce commerçant apprécié du quartier ?
00:02:18Une question qui restera sans réponse pendant de longs mois, avant que la police de Genève ne soit appelée pour une toute autre affaire.
00:02:25C'est impressionnant parce que la victime est une personne âgée qui visiblement s'est fait massacrer par des individus,
00:02:35ou des individus, on ne sait pas au début, et c'est ça surtout qui choque.
00:02:43Crime en Suisse revient ce soir sur le destin tragique d'une jeune autostoppeuse de 18 ans,
00:02:48disparue un soir d'hiver dans le Jura sans laisser de traces.
00:02:52Un document inédit pour crime.
00:03:10Dans l'affaire qui va suivre, vous allez découvrir le destin tragique d'une jeune Suissesse
00:03:16qui s'est trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment.
00:03:19Un crime terrible qui a créé la psychose dans toute une région
00:03:23et a tenu en haleine les enquêteurs durant plus de 10 ans.
00:03:28Ça a été un énorme choc dans la totalité de la région.
00:03:32Qui a pu commettre un acte d'une telle sauvagerie ?
00:03:35C'était un acte d'une sauvagerie inimaginable.
00:03:37Nous sommes dans le Jura bernois, région francophone du canton de Berne en Suisse.
00:03:51Ici, Romand et Allémanique se côtoient quotidiennement.
00:03:55La région s'étend jusqu'au lac de Bienne, dans le Zélande.
00:04:00La plus grande ville proche, c'est Bienne, au pied du Jura bernois.
00:04:04Bienne, qui est une ville bilingue.
00:04:06Bienne sert d'aimant.
00:04:08Il n'est pas surprenant qu'on y descende pour une ou deux activités et qu'on remonte dans son village.
00:04:14Brigitte, 18 ans, habite à 20 kilomètres de là, dans le petit village de Tavane.
00:04:21La jeune femme doit justement aller à Bienne ce jeudi 20 décembre 1990.
00:04:27Elle a un rendez-vous chez le dentiste et doit s'y rendre en train.
00:04:31Elle vient de passer son permis de conduire.
00:04:33Elle n'a pas de voiture ce jour-là.
00:04:36La voiture se trouve en réparation.
00:04:39L'après-midi se passe, mais Brigitte ne rentre pas de son rendez-vous.
00:04:43Une absence qui étonne ses parents, mais ne les inquiète pas.
00:04:48Le soir, on s'est dit qu'elle n'est pas rentrée.
00:04:53Ce qui nous inquiétait le plus, c'est qu'elle ne nous avait pas téléphoné.
00:04:57Mais en principe, si elle ne rentrait pas ou s'il y avait quelque chose, elle nous avertissait.
00:05:03Donc elle ne nous a pas avertis.
00:05:06Mais voilà, la nuit se passe et Brigitte n'a toujours pas donné signe de vie.
00:05:11Ses parents commencent sérieusement à se poser des questions.
00:05:16Le lendemain matin, elle n'était pas là.
00:05:19Alors on a commencé de s'inquiéter.
00:05:21J'ai fait la tournée des établissements publics où elle avait l'habitude d'y aller.
00:05:28On a un peu cherché aux alentours de la maison.
00:05:32En cette fin d'année 1990, alors que tout le monde prépare les fêtes de Noël,
00:05:38du côté de la famille de Brigitte, l'heure est aux recherches et à l'inquiétude.
00:05:43Pourquoi la jeune femme n'est-elle pas rentrée ?
00:05:46Et pourquoi n'a-t-elle pas prévenu ses parents ?
00:05:49Est-elle en sécurité chez des amis ?
00:05:51Ou a-t-elle fait une mauvaise rencontre ?
00:05:53À Tavannes, cela fait maintenant plusieurs jours que Brigitte a disparu.
00:06:04Malgré l'inquiétude, ses parents continuent de la chercher et surtout gardent espoir.
00:06:09La jeune femme a 18 ans et elle a peut-être tout simplement fait une rencontre
00:06:13et pris l'air pour quelques temps.
00:06:15Par mesure de sécurité, Serge prévient la police, qui procède également à des recherches.
00:06:42Mais au bout de dix jours, sans nouvelles, les enquêteurs décident de passer à l'étape supérieure
00:06:48en diffusant dans la presse un appel à témoins.
00:06:52On imprime une affiche.
00:06:55C'est un fait très marquant parce que le visage souriant de Brigitte Didier,
00:06:59cette coiffure des années 80, c'est une image qui va s'imprégner derrière les paupières.
00:07:07De nombreuses personnes vont appeler et dire qu'elles ont vu Brigitte un peu partout en Suisse.
00:07:13Les policiers écument le pays en vain.
00:07:16Pourtant, un appel va retenir leur attention et permettre de savoir avec certitude
00:07:22que Brigitte a été vue après son rendez-vous chez le dentiste.
00:07:26Il était alors 15h15.
00:07:28La police a trouvé que quelqu'un a certifié qu'elle faisait du stop à la sortie de Bienne.
00:07:38Mais cette piste s'arrête là.
00:07:41Ce samedi 5 janvier 1991, cela fait maintenant 15 jours que Brigitte a disparu.
00:07:47Quand des enfants s'aventurent sous le viaduc de Bienne,
00:07:50à quelques kilomètres de l'endroit où la jeune femme a été prise en stop.
00:07:54Les enfants jouent tout simplement sur ce terrain en dessous de ce pont d'autoroute.
00:08:00C'est une autoroute qui monte en fait, qui est un peu à flanc de coteau.
00:08:04Et puis ils voient quelque chose, ils s'en approchent et voilà, c'est un cours.
00:08:09Les enfants alertent la police qui arrive sur place.
00:08:13Les enquêteurs découvrent le corps et reconnaissent immédiatement Brigitte.
00:08:18Son corps est en partie dénudé.
00:08:21Et autour d'elle, un premier élément les interpelle.
00:08:23Son jean est soigneusement plié et ses bottes sont posées à côté d'elle.
00:08:29L'agresseur n'a laissé aucune chance à la jeune femme, selon les premières constatations.
00:08:35La jeune femme a des lésions, des lésions à la tête, des lésions dans le dos,
00:08:40des lésions devant, dans le thorax.
00:08:43Et vraisemblablement aussi quelques lésions peut-être internes,
00:08:48parce qu'il y a un petit peu de sang qui a coulé sur une des jambes.
00:08:50Visiblement, Brigitte a subi un véritable calvaire.
00:08:55Le corps est envoyé à l'Institut médico-légal de Zurich pour y être autopsié.
00:09:00De son côté, la police se rend chez la famille pour leur annoncer la terrible découverte.
00:09:05Ils ont sonné, ils sont rentrés, et puis d'après la tête qu'ils avaient,
00:09:11on s'attendait à ce qu'ils nous annoncent quelque chose d'assez grave.
00:09:17Après 15 jours d'attente et d'espoir, la vie de Serge et des siens vient de basculer dans l'horreur.
00:09:39Sa fille, Brigitte, a été sauvagement tuée sous le viaduc, à quelques kilomètres de chez eux.
00:09:46Mais qui a bien pu être capable d'une telle atrocité ?
00:09:50Brigitte a-t-elle été victime du conducteur qu'il a prise en stop ?
00:09:54Dans le Jura bernois, tout le monde ne parle plus que de l'assassinat de Brigitte.
00:10:06Ce crime odieux fait la une de tous les journaux et soulève l'incompréhension.
00:10:12Laurent connaissait Brigitte, il se souvient encore de cette terrible nouvelle.
00:10:17Ça a été un énorme choc dans la totalité de la région.
00:10:21C'était plutôt une synergie de groupe, une réaction de groupe,
00:10:27en étant apeuré, révolté, outré,
00:10:32et surtout en se demandant qui a pu commettre un acte d'une telle sauvagerie.
00:10:37C'était un acte d'une sauvagerie inimaginable.
00:10:40Au commissariat de Bienne, les policiers, eux, s'intéressent à la vie de Brigitte
00:10:45afin de retracer ses dernières heures.
00:10:48Il tente de savoir si quelqu'un aurait pu en vouloir.
00:10:54J'ai dédié une fille unique d'abord, soyez, aimez de ses parents.
00:11:01C'est une fille très sociale, très souriante, rigolote.
00:11:05On la décrit, ses amis disent qu'elle est drôle, qu'elle est amusante,
00:11:10qu'on aime sortir avec elle, on aime sa compagnie.
00:11:13Très proche de ses parents, la jeune fille vivait encore chez eux.
00:11:18Elle avait récemment intégré un nouveau travail où elle se plaisait.
00:11:23Elle travaillait dans une pharmacie.
00:11:25Ils avaient confié le soin des drogués qui vont chercher leur médicament le matin.
00:11:32D'après ce que j'ai entendu, elle était appréciée de beaucoup de monde.
00:11:35À l'époque du drame, elle n'avait pas de petite amie attitrée.
00:11:42À 18 ans, la tavouanaise profitait de la vie et préférait les sorties entre amis.
00:11:47« Bien évidemment, comme toute personne sur Terre, elle avait des amis, des inimitiés.
00:11:56Mais il n'y avait à première vue rien d'extraordinaire qui aurait pu être une piste.
00:12:01Ouh là, effectivement, manifestement, celui-là ou celle-là, il en veut amour à la jeune femme. »
00:12:06Brigitte était également une belle jeune femme que l'on remarque.
00:12:11Du haut de son mètre 80, avec son physique athlétique, elle ne passait pas inaperçue.
00:12:15« Brigitte est quelqu'un qui sait se défendre.
00:12:19C'était quelqu'un qui faisait du tir au fusil d'assaut en ce temps, comme beaucoup de jeunes Suisses.
00:12:26C'était quelqu'un qui ne faisait pas 1m50 et puis 40 kilos, toute mouillée.
00:12:33C'était une personne qui était en mesure de se défendre et puis elle avait du caractère. »
00:12:40Un caractère qui soulève la question d'une complicité.
00:12:43« Y avait-il un ou plusieurs agresseurs ? »
00:12:47Quelques jours après la macabre découverte, les résultats de l'autopsie tombent.
00:12:51Les enquêteurs espèrent qu'ils leur délivreront de précieux indices.
00:12:55L'autopsie va révéler une violence inouïe de la part du criminel et du violeur.
00:13:06Une strangulation probablement à main nue.
00:13:11Brigitte a sans doute perdu connaissance, avant de reprendre connaissance aussi.
00:13:16Il y a des coups de couteau portés pendant l'agression, pendant l'acte sexuel.
00:13:25Deux couteaux portés dans la poitrine, alors que Brigitte est déjà morte.
00:13:31L'autopsie est sans appel.
00:13:34L'assassin de Brigitte s'est littéralement acharné.
00:13:38La jeune femme a été agressée sexuellement avant d'être sauvagement tuée.
00:13:42Mais le meurtrier a signé son crime en laissant son empreinte.
00:13:48« À l'intérieur des parties intimes, on trouve des traces et on trouve des traces de sperme. »
00:13:55Le matériel génétique est envoyé pour analyse.
00:13:59La police cantonale de Bienne attend beaucoup de ces résultats.
00:14:02Mais nous sommes en 1991 et les recherches sur l'ADN en sont à leur début.
00:14:08Leur espoir sera donc de courte durée.
00:14:10L'empreinte génétique révélée n'est que partielle.
00:14:15« On arrivera avec les moyens de l'époque à un profil qui finalement ne permettait pas d'inclure mais permettait d'exclure, si vous voulez.
00:14:22Qui permettait de dire, c'est pas lui qui a laissé cette trace. »
00:14:25Une maigre consolation pour les policiers dont l'enquête s'annonce compliquée.
00:14:30Qui a pu en vouloir à cette jeune fille ?
00:14:32À qui on ne connaissait aucun ennemi ?
00:14:34Et pourquoi un tel acharnement ?
00:14:37Cette empreinte génétique permettra-t-elle un jour de remonter au tueur ?
00:14:42Si les circonstances de la mort de Brigitte ne font aucun doute, il manque toujours l'arme du crime.
00:14:52Pendant deux jours, sous le viaduc, plus de 40 policiers et élèves de l'école de police ratissent les broussailles à sa recherche.
00:15:02Un travail minutieux qui va finir par payer.
00:15:07« Dans des buissons contrebas, on trouve un couteau.
00:15:11On trouve un couteau qui pourrait être l'arme de crime. »
00:15:14« Un couteau de cuisine, un couteau de boucherie même, une lame de 8 cm. »
00:15:21Sur le couteau, il n'y a aucune inscription.
00:15:24Mais un détail interpelle les policiers.
00:15:27Sa lame est émoussée et il manque un rivet.
00:15:31Afin de retrouver son propriétaire, les enquêteurs vont employer les grands moyens.
00:15:35« Il y aura la fameuse recherche avec les panonceaux où le couteau lui-même sera présenté en photo
00:15:44avec appel au témoin qui peut dire d'où provient ce couteau, qui a eu ce couteau, enfin l'appel classique. »
00:15:50En parallèle, les policiers écument toutes les boucheries et restaurants de Suisse susceptibles d'utiliser ce type de couteau.
00:15:58Malgré ce travail de titan qui les mènera jusqu'en France,
00:16:02ni les appels à témoins, ni les auditions ne donneront de résultat.
00:16:07Parti dans plusieurs directions, la police recentrera l'enquête sur les proches de Brigitte Didier.
00:16:13On pense toujours à cette époque-là que Brigitte pouvait connaître son assassin.
00:16:20« Ils ont même filmé à l'enterrement, à la sortie d'église,
00:16:24pour voir tous ceux qui étaient à l'église à l'enterrement.
00:16:28Parce qu'éventuellement que le meurtrier peut venir à l'enterrement. »
00:16:34Les images de l'enterrement ne donnent rien.
00:16:37Les enquêteurs ne relèvent aucun comportement suspect.
00:16:41Toujours persuadés qu'ils puissent s'agir d'une connaissance de Brigitte,
00:16:44ils interrogent alors les amis proches de la victime.
00:16:48Parmi eux, Laurent.
00:16:49« Ils me demandent si je la connais, où est-ce qu'on allait boire un verre,
00:16:56si elle était gentille, comment elle était, les gens qu'elle fréquentait. »
00:17:00L'interrogatoire des amis proches ne donnant rien,
00:17:03les policiers vont élargir leurs recherches
00:17:05et interroger toutes les personnes que Brigitte aurait pu connaître.
00:17:10Le résultat est gigantesque et la tâche s'annonce compliquée.
00:17:14« Le nombre de gens qui ont été interpellés est énorme.
00:17:19Ça remplit des classeurs et des classeurs. »
00:17:22Commencent alors des auditions en nombre.
00:17:25Et si la plupart sont vaines,
00:17:27un témoignage va pourtant retenir l'attention des enquêteurs.
00:17:31« Il y a un conducteur de bus
00:17:32qui va dire que le soir où on a maintenant la certitude
00:17:37que Brigitte a été tuée.
00:17:40Il a vu, le long de la route, là,
00:17:42à proximité de cette scène de crime,
00:17:46un monsieur qui l'a un peu interpellé par son comportement.
00:17:49Il avait l'air un peu énervé, excité, comme ça.
00:17:51Et il va pouvoir faire un portrait robot de ce monsieur. »
00:17:57Mais l'enthousiasme des enquêteurs retombe vite.
00:18:00Le portrait correspond à Monsieur Tout-le-Monde.
00:18:02Un seul élément marquant,
00:18:04l'homme aperçu par le chauffeur de bus avait une moustache.
00:18:08L'enquête stagne
00:18:10et pourtant les policiers biennois veulent encore y croire.
00:18:15« La police ne lâche pas prise sur l'affaire Brigitte.
00:18:19La police, mais la population non plus,
00:18:21toujours très affectée par sa disparition.
00:18:24On veut trouver qui est l'assassin de Brigitte.
00:18:27Et pour y parvenir, on offrira des primes
00:18:31à qui pourra fournir un indice déterminant. »
00:18:36Pendant des années, les enquêteurs gardent espoir
00:18:38et se refusent à fermer le dossier.
00:18:41Voilà près de 10 ans que Brigitte a été tuée
00:18:43et son assassin est toujours en liberté.
00:18:46Alors toutes les pistes ont-elles été exploitées ?
00:18:49Et les parents de Brigitte connaîtront-ils un jour la vérité ?
00:18:5310 ans après le terrible assassinat de Brigitte,
00:19:04un nouveau juge d'instruction décide de réétudier
00:19:07l'ensemble du dossier avec un œil nouveau.
00:19:10Un profiler est appelé pour analyser en détail la scène de crime.
00:19:15De nouvelles auditions ont lieu
00:19:16et surtout l'ADN est de nouveau analysée
00:19:19avec cette fois-ci les technologies d'aujourd'hui.
00:19:23« On a deux personnes qui ont laissé des traces
00:19:27et qu'on a pu identifier ces deux personnes
00:19:29par le biais des recherches qu'on avait.
00:19:31C'est quelque chose d'assez extraordinaire.
00:19:34Tout d'un coup, on a deux pistes alors qu'avant on n'en avait pas. »
00:19:38Une avancée extraordinaire pour les enquêteurs
00:19:41mais qui va aussi donner lieu à un véritable coup de tonnerre.
00:19:44L'un des deux ADN correspond à Laurent, l'ami de Brigitte.
00:19:48« En décembre, je me retrouve arrêté de manière totalement surpris
00:19:55et où on m'informe que je suis inculpé du meurtre de Brigitte Didier.
00:20:01Évidemment, c'était un peu le choc. »
00:20:04L'ADN de Laurent Jacot a été retrouvé dans la face intérieure
00:20:08du sous-vêtement de Brigitte.
00:20:10Pour les enquêteurs, c'est l'étonnement
00:20:12car en 1991, l'homme avait dit connaître Brigitte, mais sans plus.
00:20:17Il lui demande alors de s'expliquer sur la présence de cette trace.
00:20:23« On me dit « Oui, mais vous avez été entendu à l'époque
00:20:26et vous n'avez pas dit que vous avez eu un rapport avec Brigitte Didier. »
00:20:30De là, je le rétorque parce que cet entretien de début 1991
00:20:34m'avait quand même un petit peu surpris par sa légèreté.
00:20:38Je m'en étais souvenu.
00:20:39« Je me rétorque, mais vous n'avez pas dit que vous avez couché avec lui. »
00:20:43Je lui dis « Oui, mais le problème, c'est qu'on ne me l'a pas demandé.
00:20:46« Ah, mais ce n'est pas grave, il fallait le dire spontanément. »
00:20:48Pour le juge d'instruction,
00:20:52cette empreinte génétique fait de Laurent un sérieux suspect.
00:20:55L'homme est alors placé en détention,
00:20:57mais il clame son innocence.
00:21:00En parallèle, les enquêteurs décident de s'intéresser
00:21:02au deuxième profil génétique,
00:21:05un certain Patrick.
00:21:06Il y avait deux traces
00:21:09qu'il mettait en cause.
00:21:11Un ressortant des traces trouvées à l'intérieur du corps
00:21:15des parties intimes de Brigitte
00:21:17et l'autre aussi sur le stipe.
00:21:21Patrick est un Suisse alémanique.
00:21:23Il habite à quelques kilomètres de Bienne.
00:21:26Il exerce différents petits boulots.
00:21:28Quand Brigitte est assassinée,
00:21:30il était chauffeur-livreur.
00:21:31L'homme est un fort à bras,
00:21:33passionné de bodybuilding.
00:21:34Daniel, double champion de Suisse,
00:21:38l'a bien connu.
00:21:39« C'était une très grande gueule,
00:21:42quelqu'un qui parlait beaucoup.
00:21:44Il était plutôt malin
00:21:45et s'entraînait énormément dans la salle. »
00:21:52Si l'ADN de Patrick est identifié,
00:21:54c'est tout simplement parce qu'il est inscrit
00:21:56au fichier des empreintes génétiques.
00:21:57L'homme purge une peine de 17 ans
00:22:00pour le meurtre d'Octel,
00:22:01son professeur de bodybuilding.
00:22:04Octel était le meilleur ami de Daniel.
00:22:07Il se rappelle de cette terrible annonce.
00:22:10« C'était vraiment un choc.
00:22:12Je ne m'y attendais absolument pas.
00:22:13J'ai toujours su que quelque chose de grave pouvait se passer,
00:22:16car Octel avait quelques histoires.
00:22:18Mais que ça se passe ainsi,
00:22:19c'était un choc. »
00:22:20Laurent et Patrick en détention,
00:22:23la question d'une éventuelle complicité refait surface.
00:22:26Les enquêteurs cherchent si les deux hommes
00:22:29auraient pu se connaître
00:22:30et fouillent dans leur passé.
00:22:32Mais rien ne relie les deux suspects.
00:22:36« Patrick B. nie, comme Laurent Jacot,
00:22:39toute participation au crime de Brigitte Didier.
00:22:44Il ira jusqu'à refuser de voir les images du crime
00:22:48que lui présente la police.
00:22:50Mais il nie avec un détachement qui paraît suspect. »
00:22:58Patrick maintient que les analyses sont fausses.
00:23:01Laurent affirme avoir eu un rapport avec la jeune femme
00:23:03bien avant le drame
00:23:05et que la présence de son ADN
00:23:07n'aurait aucun lien avec le meurtre.
00:23:11« Au moment où je suis en détention,
00:23:14je ne sais pas combien de temps ça va durer.
00:23:16C'est relativement lourd à supporter
00:23:19dans la mesure où on ne connaît pas le début,
00:23:22on ne connaît pas la fin de cette histoire. »
00:23:26Le procureur trouvera finalement des recherches scientifiques
00:23:29confirmant qu'une trace d'ADN peut résister au lavage.
00:23:33Laurent Jacot est donc mis hors de cause
00:23:36et relâché après avoir effectué 64 jours de détention.
00:23:40L'étau se resserre alors sur Patrick.
00:23:43« C'est à ce moment-là que le portrait robot a réapparu un petit peu
00:23:48et qu'en allant chercher les photos de M. B à l'époque des fêtes,
00:23:53on devait quand même constater que c'était assez prochain. »
00:23:56Un portrait robot très ressemblant, mais aussi un comportement.
00:24:00Le chauffeur avait parlé d'un homme complètement paniqué.
00:24:04Une attitude similaire à celle que Daniel avait pu observer en 1997.
00:24:10Il avait en effet croisé Patrick, juste après qu'il ait tué Octai.
00:24:14« C'était un soir. Il était dehors et j'ai croisé Patrick.
00:24:21Il promenait son chien, mais il avait l'air complètement paniqué.
00:24:25Il était trempé, en nage. Il n'avait pas le temps de parler avec moi.
00:24:29Il était blême. Je ne l'avais encore jamais vu comme ça.
00:24:33J'ai tout de suite compris que quelque chose de grave s'était passé. »
00:24:36Pour la justice biénoise, l'implication dans le meurtre de Brigitte ne fait aucun doute.
00:24:47Les parents de Brigitte, eux, attendent désormais le procès de l'assassinat de leur fille.
00:24:52Alors Patrick, avouera-t-il ce crime sordide ?
00:24:55À Biènes, la justice a rendu un non-lieu pour Laurent.
00:25:07Une procédure qui s'est achevée trois ans après son incarcération.
00:25:12Après un long combat, l'homme a pu obtenir gain de cause,
00:25:15mais surtout que la justice reconnaisse l'erreur.
00:25:19Et le 17 mai 2005, 15 ans après les faits, c'est le procès de Patrick qui s'ouvre à Biènes.
00:25:25Le fait marquant du premier procès de Patrick Bé, en première instance,
00:25:31c'est la présence des parents.
00:25:34C'est la présence des parents qui voient pour la première fois le meurtrier de leur fille,
00:25:38de leur fille unique.
00:25:39« Il est là, il a assis sur sa chaise, et puis c'est de là qu'il y a nos ennuis.
00:25:45Puis on se demande pourquoi, c'est comme si j'étais, je ne sais pas,
00:25:48il n'a pas de fleurs, je ne sais pas, puis on a reçu le pot de fleurs sur la tête,
00:25:55c'est lui qui est là. »
00:25:57Patrick est inculpé de l'assassinat de Brigitte.
00:26:00En Suisse, cette notion, au-delà de la préméditation,
00:26:04implique l'absence de scrupules et une façon particulièrement odieuse d'agir.
00:26:08En revanche, pour les faits de viol, l'homme ne peut être jugé, en raison de la prescription.
00:26:16« J'ai le souvenir d'un homme détaché, sans grande émotion,
00:26:25un homme qui nie l'évidence des traces ADN. »
00:26:30« Il a toujours nié connaître Brigitte Didier, parce que les traces, elles sont là.
00:26:35Elles ont été analysées trois fois.
00:26:36Elles ont été analysées trois fois pour être sûr, avec des méthodes différentes d'ailleurs,
00:26:40entre la première et la deuxième analyse, pour voir que vraiment, on ne se trompe pas. »
00:26:45Pour les experts, aucune erreur n'est possible.
00:26:49Il s'agit bien de l'ADN de Patrick.
00:26:51Pourtant, l'homme ne change pas de défense et continue à nier.
00:26:56Un comportement difficile à accepter pour la famille de Brigitte,
00:26:59qui sur le banc des victimes, souffre en silence.
00:27:02« Toute la période du procès, j'ai toujours eu l'impression que ça a fait beaucoup de tort à ma femme.
00:27:10Parce qu'à chaque séance, à chaque truc, on remue toute l'histoire, forcément. »
00:27:18Lors du procès, la personnalité de Patrick va également être minutieusement analysée.
00:27:24Et les expertises psychiatriques sont sans appel.
00:27:27Lors du procès, elle relève une personnalité où, face à une accumulation d'un stress,
00:27:36il y a un moment où l'homme change de face, littéralement,
00:27:42pour partir dans une perversité, un non-respect d'autrui.
00:27:48Et qu'ensuite, la personnalité revient, la personnalité première revient,
00:27:56mais avec un processus de déni qui se met en place pour cacher ce que l'autre monsieur B a fait.
00:28:07L'expert psychiatre va, pour simplifier un petit peu, parler un petit peu de Heidi Jekyll.
00:28:14Selon les experts, Patrick se trouvait au moment des faits, dans un état de stress important.
00:28:21Sa femme venait d'accoucher, sa mère était souffrante.
00:28:25Une succession d'événements qui auraient facilité son passage à l'acte.
00:28:29Une version qui ne convainc pas les jurés, qui condamne Patrick, à la prison à perpétuité.
00:28:35Une peine confirmée en appel.
00:28:37C'est vraiment une histoire très tragique.
00:28:42Depuis, je me dis toujours, tu n'as aucune idée de la personne qui est devant toi.
00:28:47Elle peut avoir un comportement avec les uns, et être totalement différente avec les autres.
00:28:53Les parents de Brigitte, eux, sont satisfaits du verdict,
00:28:57et n'ont qu'un seul souhait, que cet homme ne puisse plus jamais recommencer.
00:29:01On est content qu'ils soient retirés de la société, mais on n'est pas heureux qu'ils soient punis.
00:29:11Ça serait faux de dire ça.
00:29:13Content, oui.
00:29:16Satisfait.
00:29:17Mais ça ne nous rend pas heureux.
00:29:21Plus de 20 ans après l'assassinat de Brigitte, Serge est désormais veuf.
00:29:25Dans sa maison de tavane, le père de famille pense souvent à sa fille.
00:29:31Et toujours, avec beaucoup d'émotion.
00:29:34Pour moi, forcément.
00:29:37C'était une fille formidable, et puis...
00:29:40Et puis...
00:29:43J'ai un souvenir époustouflant.
00:29:45Je dis tout simplement que tout le monde garde l'image qu'il en avait.
00:29:55Crime en Suisse vous propose maintenant de revenir sur l'histoire incroyable de deux corps
00:30:03retrouvés dans le lac de Lungern, coulés dans le béton.
00:30:08Voici ce document exclusif pour Crime.
00:30:10Dans l'affaire qui va suivre, vous allez découvrir un incroyable crime, au mode opératoire, jamais vu en Suisse.
00:30:32Une affaire retentissante, qui va impliquer un trio dont la tête pensante va faire preuve d'une froideur implacable.
00:30:40Il y a eu un branle-bas de combat invraisemblable lorsqu'on a découvert ces corps ensevelis dans des tonneaux.
00:30:48Nous sommes à Fribourg, cité bilingue de Suisse, réputée pour son dynamisme économique.
00:31:04Ici, près de 35 000 habitants se côtoient chaque jour entre vieux centre historique et nature.
00:31:10Une petite ville tranquille, où tout le monde se connaît.
00:31:16Fribourg, c'est l'arc lémanique qui est très urbanisé, la région bernoise qui est très urbanisée.
00:31:23Ça se veut à Cantonville et important, ça reste très rural et, en français, je dirais provincial.
00:31:31À plusieurs dizaines de kilomètres de là, Lungern, dans le canton alémanique d'Obvaldeux.
00:31:40Un endroit prisé des citadins en quête de calme.
00:31:45Mais ce samedi 27 février 1999, un pêcheur qui a ses habitudes au bord du lac va y faire une terrible découverte.
00:31:54J'observe qu'il y a un tonneau à déchets de loin.
00:32:02Il se rend sur place sur une barque.
00:32:04Évidemment, il a la stupéfaction de constater, en s'approchant, qu'émergent de ce tonneau les jambes et les fesses d'une personne.
00:32:16Des restes humains à la surface de l'eau.
00:32:20Désarçonnés par ce funeste spectacle, le pêcheur s'approche.
00:32:24Il est alors loin d'imaginer ce qu'il est sur le point de découvrir.
00:32:31Dans ce tonneau, on voyait juste deux pieds et pieds derrière.
00:32:36Et puis le reste du corps, ça a dû être encore au fond du tonneau, bétonné.
00:32:42Le corps est entièrement bétonné, dans un baril de plusieurs centaines de kilos.
00:32:47Mais le lac n'a pas livré tous ses secrets.
00:32:50À cette époque de l'année, son niveau baisse régulièrement.
00:32:54Car il est en réalité un lac artificiel.
00:32:57Un lac dans lequel il va faire une nouvelle fois face à l'horreur en découvrant un second baril.
00:33:03Et on découvrira un deuxième tonneau qui lui est à quelques mètres, un peu plus profondément enfoui, immergé.
00:33:15Et lui aussi présentera les mêmes caractéristiques.
00:33:17Un corps bétonné à l'intérieur.
00:33:20Le pêcheur appelle la police, qui arrive immédiatement sur place.
00:33:28Les enquêteurs du canton commencent alors leurs investigations.
00:33:32De mémoire de policiers, personne n'avait encore jamais vu ça.
00:33:36La police arrive, deux tonneaux, deux corps du béton.
00:33:41Évidemment, c'est la stupéfaction générale.
00:33:43On peut s'imaginer, Auvalde, c'est un tout petit canton du centre de la Suisse.
00:33:50Les affaires criminelles, ils sont très rares.
00:33:52C'est un canton rural.
00:33:54Et évidemment, il y a eu un branle-bas de combat invraisemblable
00:33:59lorsqu'on a découvert ces corps ensevelis dans des tonneaux.
00:34:05Les enquêteurs savent qu'il y a urgence.
00:34:08Ils vont devoir répondre à de nombreuses questions.
00:34:11Qui sont les victimes retrouvées bétonnées dans des barils ?
00:34:15Pourquoi un crime aussi sordide ?
00:34:17La Suisse a-t-elle à faire face à un prédateur d'un nouveau genre ?
00:34:24Au lac de Lungern, les policiers commencent les premières investigations.
00:34:35Mais leur intervention est plus difficile que prévue.
00:34:38Le rivage escarpé rend l'accès compliqué.
00:34:41C'est donc un véritable casse-tête.
00:34:43Comment sortir ces deux barils de là ?
00:34:47Ils ont dû utiliser un hélicoptère pour aller plus près et sortir les tonneaux.
00:34:53parce que chaque tonneau pesait environ 400 kg.
00:34:56Après plusieurs heures, les barils sont extraits du lac
00:34:59et transportés à l'Institut médico-légal de Zurich.
00:35:03Les enquêteurs et plongeurs ratissent le lac et ses rives
00:35:07à la recherche du moindre indice.
00:35:09En vain.
00:35:10Seule certitude, la signature qui laisse peu de place aux doutes.
00:35:15On se vire et bétonner des corps dans des fûts,
00:35:20c'est un mot d'opératoire qui est utilisé par des mafias.
00:35:24En pensant à la piste mafieuse,
00:35:25on pensait aussi qu'il était possible que les tonneaux aient été piégés.
00:35:30Car ce que redoutent le plus les enquêteurs,
00:35:33c'est que les barils soient bourrés d'explosifs.
00:35:35Un procédé utilisé par la mafia pour empêcher l'identification des victimes.
00:35:40Les barils sont donc passés au rayon X.
00:35:44Résultat, ils ne présentent aucun danger.
00:35:47Les corps sont donc minutieusement extraits du béton pour être autopsiés.
00:35:52On a retrouvé dans l'un des corps 10 projectiles, 10 balles de 9 mm,
00:35:57et dans l'autre 12.
00:35:58Mais surtout, on trouve des rayures différentes sur certaines des balles.
00:36:04Les conclusions du médecin légiste étaient clairement morts dues à des coups de feu, à des armes.
00:36:16Pour les enquêteurs, c'est une certitude.
00:36:20Les deux victimes des hommes ont été abattues de sang-froid.
00:36:24Le ou les meurtriers ne leur ont laissé aucune chance.
00:36:28Mais rien ne permet de remonter leur piste.
00:36:31Seul et unique espoir, identifier les victimes.
00:36:34J'ai prélevé les empreintes digitales, à ce moment-là, de ces deux corps.
00:36:42Et puis j'ai directement vérifié avec les données qu'on avait personnelles.
00:36:49Contre toute attente, les empreintes digitales protégées par le béton parlent.
00:36:54Il s'agit d'un certain Philippe, originaire de Fribourg, et d'un certain Otto.
00:37:00Deux quadragénaires, portés disparus, six semaines plus tôt.
00:37:04A l'époque, la disparition n'était pas inquiétante.
00:37:07Il y avait quelques indices ou quelques pistes qui laissaient penser que ces personnes avaient quitté la Suisse pour habiter à l'étranger, soit au Brésil, soit dans un autre pays.
00:37:16Donc pas d'ouverture d'enquête criminelle, simple avis de disparition.
00:37:20Deux hommes exécutés par balles, leurs cadavres bétonnés et deux disparitions suspectes.
00:37:27Les enquêteurs sont face à une énigme.
00:37:30Qu'est-il arrivé à Philippe et Otto ?
00:37:32Ont-ils réellement croisé les membres de la mafia ?
00:37:35Qui leur en voulait, à ce point ?
00:37:38À Fribourg, la mort de Philippe et d'Otto fait désormais la une de tous les journaux.
00:37:51Dans ce petit canton de Suisse, même les policiers n'ont jamais vu un tel crime.
00:37:56Ils n'ont qu'un seul objectif, en savoir plus sur le profil des victimes, à commencer par Otto.
00:38:02Il a une vie de famille, il est marié, c'était un mariage qui était relativement récent, il n'avait pas d'enfant.
00:38:10Oui, il avait une belle famille à côté, car il avait plusieurs sœurs.
00:38:16Et c'était, oui, c'était quelqu'un tout à fait tranquille, qui n'avait pas d'histoire, il n'avait pas de casier, il n'avait rien du tout.
00:38:25Philippe mène une vie plus agitée.
00:38:27Divorcé, père d'une fillette, l'homme est connu à Fribourg par les différentes activités qu'il a pu exercer.
00:38:36Il a été, par exemple, le gérant d'une discothèque en ville de Fribourg.
00:38:41C'est quelqu'un qui a peut-être évolué dans un milieu un peu interlope,
00:38:45mais sans qu'on puisse dire qu'il s'agit de quelqu'un qui soit un délinquant ou un criminel, encore moins.
00:38:52Lorsque les deux hommes se rencontrent en 1998, quelques mois avant leur mort,
00:38:58Otto rejoint Philippe dans son affaire.
00:39:01Chacun a son rôle parfaitement déterminé.
00:39:05Leur business, ça, principalement, c'était des voitures.
00:39:11Ça veut dire qu'ils cherchaient des clients pour le leasing des voitures, ils vendaient, ils achetaient ces véhicules.
00:39:20Beaucoup de gens présentaient Otto comme une sorte d'homme de main, ce qu'il n'était absolument pas.
00:39:24C'était juste le collaborateur de Philippe.
00:39:27Sa tâche était effectivement d'accompagner Philippe quand il fallait aller chercher les véhicules
00:39:31chez les personnes qui ne payaient plus leur contrat de leasing.
00:39:34Selon les critères de base du leasing, si on ne payait plus le leasing, on allait rechercher le véhicule.
00:39:41Et Otto était celui qui accompagnait Philippe parce qu'il fallait aller à deux,
00:39:44puisque pour amener un véhicule à aller en voiture, il fallait forcément être deux.
00:39:48À ce stade de l'enquête, rien ni personne ne permet d'affirmer que Philippe et Otto ont eu des liens avec la mafia.
00:39:55La presse, elle, se déchaîne, plongeant les familles dans l'angoisse et l'incompréhension.
00:40:00Au moment de la mort de Philippe, sa fille a à peine 10 ans.
00:40:08C'est une toute petite fille, évidemment, qui ne comprend pas ce qui arrive.
00:40:14Elle a accès, comme tout le monde, à la presse.
00:40:20Et il y aura des photos d'une violence très forte qui vont être diffusées.
00:40:31Et c'est un choc supplémentaire pour la fille.
00:40:33C'est dans ces circonstances-là que se déroulent l'enterrement des deux victimes en toute intimité,
00:40:38parce que les familles sont très inquiètes de savoir s'elles ont quelque chose à craindre elles aussi.
00:40:43Magistrats et enquêteurs décident de reprendre la pré-enquête qui avait été menée lors de la disparition des deux hommes.
00:40:52Grâce à l'étude de la téléphonie, ils vont découvrir que Philippe a reçu un ultime appel le 11 janvier à 21h27.
00:41:01Une communication localisée à Fribourg.
00:41:04On savait qu'ils étaient en contact avec une certaine personne qui s'appelle Carlos.
00:41:14Et c'est clair, pour la police en général, c'est toujours dans toutes les enquêtes.
00:41:18La dernière personne qui est en contact avec quelqu'un, on s'intéresse.
00:41:24Pour les enquêteurs, cela ne fait désormais plus aucun doute.
00:41:28Philippe et Otto ont été tués le 11 janvier.
00:41:31Que s'est-il donc passé ce soir d'hiver ?
00:41:34Après 21h27, qui est ce Carlos ?
00:41:38A-t-il un lien dans cet assassinat hors Nord ?
00:41:44Alors que les corps de Philippe et Otto ont été retrouvés depuis plusieurs jours,
00:41:54les enquêteurs s'intéressent à Carlos.
00:41:56À 25 ans, ce binational suisse-espagnol travaillait avec Philippe depuis deux ans et demi.
00:42:04Les personnes contactaient l'entreprise pour une proposition de leasing.
00:42:09Et puis la proposition, souvent, c'était Carlos qui allait la porter et qui la faisait signer.
00:42:13Carlos, il était intéressant pour nous.
00:42:16Mais après, dès qu'on s'intéresse en personne, il faut aussi savoir avec qui cette personne a contact.
00:42:24Et là, on a aussi vu d'autres personnes, entre autres un Victor et un Bernard.
00:42:32Les deux hommes sont des amis et collaborateurs de Carlos.
00:42:37Les policiers veulent en avoir le cœur net et décident de les auditionner.
00:42:42Victor est entendu, mais rien de suspect dans ses propos.
00:42:45Mais Bernard a étrangement quitté le pays.
00:42:48Et surprise, il n'est pas parti seul.
00:42:51On a rapidement recherché Carlos après l'adéquat décor.
00:42:57On a pu constater à ce moment-là qu'aussitôt que la découverte des tonneaux a été publiée dans les médias,
00:43:03il avait quitté le territoire suisse.
00:43:08Carlos et Bernard sont donc partis ensemble.
00:43:12Les policiers décident de perquisitionner l'appartement de Carlos.
00:43:15La fouille ne donne rien, aucun élément ne met en cause le jeune homme.
00:43:22Carlos dispose d'un petit local au sous-sol de l'immeuble dans lequel il a son appartement.
00:43:27C'était l'endroit idéal.
00:43:28C'est un endroit qui est au sous-sol, dont les portes sont massives, insonorisées.
00:43:35Tout paraît en ordre.
00:43:37Pourtant, les policiers retrouvent des photos prises par Carlos.
00:43:41Et un détail va attirer leur attention.
00:43:43Sur une photo, on voit, sur un rebord, on voit trois armes.
00:43:50Et puis, au moment que nous, on est intervenus dans ce local, il y avait encore seulement deux armes.
00:43:59Une arme qui manque, une disparition soudaine.
00:44:03Pour les magistrats et policiers, ces éléments suffisent à lancer un mandat d'arrêt international contre Carlos.
00:44:09Contre toute attente, ce n'est pas Carlos qui revient, mais Bernard.
00:44:13L'homme est immédiatement entendu par les policiers.
00:44:17Après plusieurs auditions, il passe aux avis.
00:44:20Selon de dire de Bernard, c'était Carlos qui était vraiment la personne principale.
00:44:32Mais on ne savait pas si Bernard nous a dit la vérité, parce qu'on n'avait ni vos preuves.
00:44:38De toute façon, rien.
00:44:39C'était seulement ses déclarations à lui.
00:44:44Pour la première fois dans cette affaire, les policiers ont un scénario.
00:44:48Selon Bernard, Carlos aurait tué Otto et Philippe, avec l'aide de son homme de main, Victor.
00:44:54Reste à confronter cette version avec celle de Carlos, qui est toujours à l'étranger.
00:45:00Alors pour le convaincre de rentrer en Suisse, le juge le contacte par téléphone et abat sa dernière carte.
00:45:08La ruse.
00:45:09S'il se présentait rapidement à la justice suisse, il éviterait une longue procédure d'arrestation ou d'extradition dans un pays étranger.
00:45:17Selon que j'ai parlé d'affaires graves, j'ai parlé d'affaires de trafic de voitures, on n'a pas parlé à ce moment-là au téléphone d'assassinat.
00:45:22Le magistrat réussit alors l'incroyable tour de force de faire revenir Carlos en Suisse.
00:45:30Carlos est pris au piège.
00:45:33A peine la frontière franco-suisse traversée, l'homme est emmené au commissariat de Fribourg, où l'attendent les enquêteurs.
00:45:42Vu l'accumulation des éléments contre lui, il se rend compte rapidement qu'il ne peut pas contester être l'auteur des coups de feu.
00:45:50Il ne peut pas contester que c'est bien lui qui a tué Otto et Philippe.
00:45:56Carlos est au pied du mur.
00:45:58Il va leur donner sa version des faits.
00:46:01Il confirme qu'il a bien vu Otto et Philippe ce 11 janvier 1999.
00:46:07Mais la rencontre aurait soudainement dérapé.
00:46:10Carlos aurait alors tiré sur Philippe et Otto.
00:46:13Il a dit qu'il était séduit.
00:46:22Il a dû se défendre dans ce local parce qu'ils étaient agressés par ces deux, par un pistolet.
00:46:28Ils étaient armés et puis c'était la légitime défense.
00:46:32S'en serait alors suivi une macabre mise en scène pour se débarrasser des corps.
00:46:37Mais Carlos, dit-il vrai, s'agit-il réellement d'un cas de légitime défense ?
00:46:43Qui de Carlos, Bernard ou Victor est à l'origine de ce funeste scénario ?
00:46:52A Fribourg, les enquêteurs sont face à deux versions contradictoires.
00:47:01Celle de Carlos et de Bernard.
00:47:03Pour démêler le vrai du faux, ils doivent entendre la version de Victor, celui que Carlos désigne comme son homme de main.
00:47:13Victor passera à table immédiatement.
00:47:16Aussitôt interpellé et encore même dans la voiture avec les inspecteurs, il va commencer à vider son sac.
00:47:23Manifestement, il en avait besoin.
00:47:26Victor raconte tout, à commencer par les raisons de ce double assassinat.
00:47:30Depuis plusieurs mois, Carlos établissait de faux contrats de leasing dans le but d'empocher les commissions.
00:47:37Mais Philippe s'était rendu compte de la supercherie.
00:47:40Une escroquerie de 40 000 euros.
00:47:45Ses complices disaient non, simplement, il lui devait de l'argent et puis il ne savait pas comment lui rendre.
00:47:49Et puis il ne l'aimait pas, il voulait s'en débarrasser.
00:47:52Et malheureusement, comme il était toujours avec Otto à cette époque, Otto devait disparaître aussi.
00:48:02Semaine après semaine, Carlos peaufine son funeste projet.
00:48:07Il imagine une mise en scène machiavélique pour faire croire à un règlement de compte mafieux.
00:48:12Mais il a besoin d'un homme de main.
00:48:15Ce sera Victor.
00:48:16Il faut que toi, tu viennes avec moi.
00:48:21Je vais tout préparer là, maintenant.
00:48:23Tu me donnes un coup de main.
00:48:25Pendant des jours, Carlos va effectuer des essais de tir dans son local avec Victor.
00:48:31Il va préparer son arme et son local en le protégeant avec du plastique.
00:48:37Le 11 janvier 1999, sa résolution est prise.
00:48:42Il va passer à l'action.
00:48:43Carlos, accompagné de Victor, sont allés se procurer dans un magasin proche de Fribourg du mortier,
00:48:51enfin du ciment, des bacs à mortier, des truelles.
00:48:55Carlos récupère deux barils en tôle.
00:48:59Sa panoplie est désormais complète.
00:49:01Reste à faire venir Otto et Philippe.
00:49:04Il prétexte un rendez-vous pour l'achat de la voiture d'auto.
00:49:07Le piège se referme.
00:49:10Victor, de son côté, est déjà en place avec une mission bien définie.
00:49:16La tâche après, c'est dès qu'on est une fois là-bas,
00:49:21moi je laisse déjà tourner la musique,
00:49:23et puis toi tu la mets à fond,
00:49:26et puis moi je vais les flinguer.
00:49:28C'est la seule chose à faire.
00:49:30Les trois hommes arrivent au local,
00:49:33mais Victor panique et se réfugie dans sa voiture.
00:49:37Qu'importe, Carlos est déterminé.
00:49:39L'homme vide un premier chargeur sur Otto,
00:49:42et Philippe achève sa sordide mise en scène.
00:49:45Ensuite, Carlos va chercher Victor,
00:49:49et puis tous deux sous la direction,
00:49:51alors clairement, de Carlos se mettent en besogne
00:49:54de mettre à exécution le plan pour se débarrasser des corps,
00:49:58à savoir d'introduire ces deux corps dans les tonneaux,
00:50:01puis de les bétonner.
00:50:04Les deux hommes nettoient minutieusement le local,
00:50:07puis le repeignent.
00:50:08Mais Victor refuse d'aller plus loin dans l'horreur.
00:50:12Carlos a impérativement besoin d'aide
00:50:14pour se débarrasser de ses barils.
00:50:17Il appelle alors Bernard le lendemain matin
00:50:19pour finir le travail.
00:50:22Carlos lui présente les deux tonneaux,
00:50:23et lui dit, là-dedans, il y a des corps,
00:50:25et maintenant, il faut s'en débarrasser.
00:50:27On va devoir aller chercher une fourgonnette,
00:50:30elle est réservée.
00:50:31On va y embarquer ces deux tonneaux,
00:50:33et puis on va aller les ensevelir quelque part.
00:50:38Après plusieurs heures de route,
00:50:40les deux hommes arrivent à Lungern,
00:50:42et jouent le dernier acte de cette sinistre mise en scène.
00:50:46Les policiers ont enfin des aveux,
00:50:48mais aucune preuve matérielle.
00:50:50Ils vont vérifier une à une les déclarations de Victor,
00:50:54à commencer par le magasin de bricolage.
00:50:57On était chercher des banques de caisse à ce magasin,
00:51:05et puis on avait de 20, 30, 40 de rouleaux de caisse à contrôler.
00:51:15Ça veut dire, avec la marchandise qu'ils nous indiquaient,
00:51:18c'était bien sûr un indice,
00:51:20mais quand même un indice assez bon, quoi.
00:51:25Mais il leur faut plus d'indices.
00:51:27Ils s'acharment,
00:51:27et chaque élément découvert accable un peu plus Carlos.
00:51:31Des traces de peinture du baril orange
00:51:33sont découvertes sur la camionnette,
00:51:35mais aussi sur son diable.
00:51:39Après, en démontant des bouts du sol,
00:51:44on a pu, après, au laboratoire, analyser,
00:51:47puis on a effectivement retrouvé
00:51:49des deux victimes,
00:51:51des traces de sang des deux victimes.
00:51:54C'est désormais une certitude.
00:51:57Philippe et Otto ont été tués dans le local de Carlos.
00:52:01Avec Victor et Bernard,
00:52:02ils sont placés tous les trois en détention.
00:52:05Mais Victor a-t-il vraiment tout dit ?
00:52:08Carlos avouera-t-il au procès ?
00:52:10Et quelle est véritablement l'implication de chacun ?
00:52:21Le 16 octobre 2001,
00:52:23au tribunal de Fribourg,
00:52:25le procès de ce que tout le monde appelle désormais
00:52:27l'affaire des barils, s'ouvre.
00:52:30Sur le banc des accusés,
00:52:32Carlos, Victor et Bernard.
00:52:35C'était un procès très attendu.
00:52:38Il y avait eu beaucoup de participants,
00:52:41beaucoup de parties civiles,
00:52:42il fallait de la place,
00:52:43et la presse était sur une tribune de côté.
00:52:48Le procès s'ouvre dans une ambiance médiatique.
00:52:51Il y a un retentissement,
00:52:53c'est spectaculaire, évidemment.
00:52:55Dans la région,
00:52:56il est peu courant
00:52:57qu'on ait des affaires
00:52:59d'homicide intentionnelle déjà,
00:53:00mais alors avec ces caractéristiques-là,
00:53:03cette froideur,
00:53:04puis ce mode opératoire
00:53:05pour se débarrasser des corps,
00:53:07évidemment,
00:53:07ça suscite un très très grand intérêt.
00:53:10Les familles d'Otto et Philippe
00:53:13attendent que la mémoire de leurs proches
00:53:14soit réhabilitée par une presse
00:53:17qui avait parfois noirci le trait des deux hommes.
00:53:21Carlos, inculpé pour assassinat,
00:53:23atteint à la paix des morts,
00:53:24et escroquerie,
00:53:25en court la perpétuité.
00:53:28Dans le box des accusés,
00:53:29l'homme est relativement calme.
00:53:31Carlos, de voir comme ça,
00:53:34jamais on pense qu'il est capable
00:53:37de faire commettre un crime pareil.
00:53:41Au moment du procès,
00:53:43il est assez serein,
00:53:45il a écrit une lettre
00:53:46avant le procès,
00:53:49aux victimes,
00:53:50pour s'excuser.
00:53:54L'écriture est une écriture
00:53:56tout à fait cohérente,
00:53:58et il s'exprime assez bien.
00:54:01Il n'y a pas de...
00:54:03Il ne présente pas,
00:54:05disons,
00:54:06de grande tristesse.
00:54:09Il a un rôle passif.
00:54:13Malgré ses excuses
00:54:14aux familles des victimes,
00:54:16Carlos campe sur ses positions
00:54:18et maintient sa version des faits.
00:54:24Le procès se déroule
00:54:26un petit peu comme l'instruction,
00:54:28c'est-à-dire que Carlos s'accroche
00:54:30à sa version de la légitime défense.
00:54:33Il n'en démord pas.
00:54:35Pourtant,
00:54:35les experts qui se succèdent
00:54:37à la barre
00:54:37sont formels.
00:54:40L'autopsie montre
00:54:42que certains des coups de feu
00:54:44ont été tirés
00:54:45dans le dos des victimes.
00:54:49Et ça,
00:54:50ça exclut la légitime défense.
00:54:52Comme le fait d'ailleurs
00:54:53que 20 balles aient été tirés,
00:54:54exclut totalement
00:54:55la légitime défense.
00:54:56Dans l'ensemble du tribunal,
00:54:59le sort de Carlos
00:55:00semble scellé.
00:55:01Reste à déterminer le rôle
00:55:03de Victor et Bernard,
00:55:05les deux autres co-accusés
00:55:06dans ce sordide
00:55:08double assassinat.
00:55:10Victor,
00:55:11qui a quand même
00:55:11joué un rôle déterminant,
00:55:13il était là aussi
00:55:14pour faire nombre
00:55:15face aux victimes.
00:55:20Il aurait pu empêcher le drame.
00:55:22Il n'a rien fait.
00:55:23Il a quand même
00:55:24une attitude criminelle
00:55:25extrêmement construite.
00:55:28Et puis le troisième complice,
00:55:30celui qui arrive
00:55:30le lendemain à Piquette
00:55:31à débarrasser de Corse,
00:55:33c'est vrai que c'était
00:55:33quand même quelqu'un
00:55:34qui interpellait
00:55:34aussi le tribunal
00:55:36parce qu'on s'est dit
00:55:37mais il est quand même
00:55:38fantastique ce garçon.
00:55:39Il arrive,
00:55:41son copain lui dit
00:55:41je viens d'abattre
00:55:44deux personnes,
00:55:44ils sont là
00:55:44dans des tonneaux,
00:55:45etc.
00:55:45Viens m'aider
00:55:46à les transporter
00:55:47pour aller les jeter
00:55:47dans un lac.
00:55:48Et puis lui,
00:55:49il dit d'accord.
00:55:51À l'issue de 15 jours
00:55:52de procès,
00:55:53Bernard est condamné
00:55:54à deux ans
00:55:55de prison ferme
00:55:56pour recel de cadavres
00:55:57et atteinte
00:55:58à l'intégrité des morts.
00:56:01Victor, lui,
00:56:02est cop de 7 ans
00:56:02pour complicité d'assassinat.
00:56:05Pour les meurtres
00:56:06d'Otto et Philippe,
00:56:07Carlos est condamné
00:56:08à la réclusion criminelle
00:56:09à perpétuité.
00:56:1115 ans après,
00:56:13ce qui reste quand même,
00:56:14c'est la barbarie des actes
00:56:16et la minutie
00:56:17de la préparation.
00:56:18Ces 15 longues années
00:56:21auront permis
00:56:22de refermer
00:56:23les blessures
00:56:24des familles
00:56:24de Philippe et Otto.
00:56:26Mais jamais,
00:56:27elles n'oublieront
00:56:27les terribles circonstances
00:56:29de la disparition
00:56:30de leurs proches.
00:56:32On avait,
00:56:33en tout,
00:56:33entre Philippe et Otto,
00:56:35il y avait
00:56:356 soeurs,
00:56:362 épouses,
00:56:371 enfant.
00:56:39Ça fait quand même
00:56:40beaucoup de monde
00:56:42qui était quand même
00:56:43très très touché
00:56:45par cette affaire.
00:56:45ça s'est terminé,
00:56:47elles ont pu faire
00:56:48le deuil
00:56:48et puis surtout
00:56:49dire voilà,
00:56:50maintenant cette histoire
00:56:51elle est réglée pour elles.
00:56:57Crime en Suisse
00:56:58sera en maintenant
00:56:59à Genève
00:57:00afin de vous raconter
00:57:01l'histoire tragique
00:57:02de Louis,
00:57:03un armurier
00:57:04de 82 ans
00:57:05retrouvé mort
00:57:06dans sa boutique,
00:57:07un tournevis
00:57:08planté dans le thorax.
00:57:10Un document
00:57:11bouleversant
00:57:12pour Crime.
00:57:12Dans l'affaire
00:57:29qui va suivre,
00:57:30vous allez découvrir
00:57:31le récit
00:57:31d'un simple braquage
00:57:33qui va se transformer
00:57:34en un crime sauvage.
00:57:36L'histoire d'un meurtre
00:57:37qui va venir bouleverser
00:57:39la quiétude
00:57:39de tout un quartier
00:57:41Genevois.
00:57:43C'est impressionnant
00:57:44parce que la victime
00:57:46est une personne âgée
00:57:47qui visiblement
00:57:49s'est fait massacrer
00:57:51par des individus
00:57:52ou des individus
00:57:54on ne sait pas au début
00:57:54et c'est ça surtout
00:57:55qui choque.
00:57:56Nous sommes à Genève
00:58:04en Suisse.
00:58:06Bordée par le lac Léman,
00:58:08cette métropole
00:58:08est l'un des poumons
00:58:09économiques du pays.
00:58:12Ses organisations
00:58:12internationales,
00:58:14ses banques
00:58:14en font une des villes
00:58:16les plus influentes
00:58:17du monde.
00:58:19Genève est une ville
00:58:20internationale.
00:58:22C'est vrai qu'on a aussi
00:58:23beaucoup de gens
00:58:23qui viennent se réfugier
00:58:26en Suisse
00:58:27espérant y trouver
00:58:28un eldorado
00:58:30ou en tout cas
00:58:30du travail.
00:58:31Il y a encore
00:58:32de l'argent,
00:58:33il y a des banques,
00:58:33on croit que tout le monde
00:58:34est riche
00:58:34et assis sur des lingots d'or.
00:58:38C'est dans cette ville
00:58:39que Louis Dumollard,
00:58:4082 ans,
00:58:42a choisi d'installer
00:58:43avec un ami son commerce.
00:58:44Une petite armurerie
00:58:46située dans le quartier
00:58:47des Eau-Vives.
00:58:49C'est un quartier
00:58:50de Genève
00:58:51qui est animé,
00:58:54qui a deux facettes.
00:58:55Il y en a une
00:58:56qui est près du lac,
00:58:58qui est relativement chic
00:59:00et à l'intérieur
00:59:01plus populaire.
00:59:04Au matin du mardi
00:59:062 avril 2002,
00:59:07ce quartier sans histoire
00:59:08va pourtant être
00:59:09le théâtre
00:59:10d'un drame sans précédent.
00:59:14Il est 8h55,
00:59:16les commerces du quartier
00:59:17lèvent peu à peu
00:59:18leur rideau.
00:59:20Maurice se présente
00:59:21au fin de la rue
00:59:22des Céry-Droques.
00:59:24Il pense y trouver
00:59:25Louis Dumollard
00:59:26qui assure l'ouverture
00:59:27de son magasin
00:59:28depuis près de 20 ans.
00:59:32Ce matin-là,
00:59:33M. Dumollard a rendez-vous
00:59:34avec un de ses amis
00:59:36qui est également
00:59:37un armurier à Genève.
00:59:39Cette personne
00:59:39est en avance,
00:59:41donc elle décide
00:59:42d'aller boire un café
00:59:43en attendant
00:59:43l'heure officielle
00:59:44d'ouverture.
00:59:46Le magasin
00:59:47ouvre habituellement
00:59:48ses portes à 9h.
00:59:50À quelques mètres de là,
00:59:52Marcia,
00:59:52coiffeuse et voisine
00:59:53de l'armurier,
00:59:55arrive à son salon.
00:59:56Il est alors
00:59:579h15.
00:59:59J'avais entendu
01:00:00la cloche
01:00:01de sa porte,
01:00:02donc pour moi
01:00:03c'était évident,
01:00:04lui,
01:00:05il était là.
01:00:06De son côté,
01:00:09Maurice pense que Louis
01:00:10doit enfin être arrivé.
01:00:12Il est 9h20,
01:00:13l'homme remonte la rue
01:00:15en direction
01:00:16de l'armurie.
01:00:18La porte est fermée,
01:00:19mais normalement
01:00:20il devrait être là,
01:00:21M. Dumollard,
01:00:22donc il pousse la porte,
01:00:24il entre.
01:00:25Maurice est étonné.
01:00:28La porte d'entrée
01:00:28n'est plus verrouillée,
01:00:30mais aucune arme
01:00:31n'a encore été disposée
01:00:32dans les vitrines.
01:00:34Son amie
01:00:34est aux abonnés
01:00:35absents.
01:00:36Pourtant,
01:00:37en s'avançant
01:00:37vers le comptoir,
01:00:39Maurice se retrouve
01:00:40face à un véritable carnage.
01:00:43Il voit le corps
01:00:44de son amie
01:00:45couché sur le dos,
01:00:47dans une mare de sang,
01:00:48avec le tournevis
01:00:49encore planté
01:00:50dans la région du cœur.
01:00:54Louis agonise.
01:00:56Il y a urgence.
01:00:57Maurice appelle
01:00:58immédiatement
01:00:58les secours.
01:00:59Alors,
01:01:00que s'est-il passé
01:01:01en l'espace
01:01:02de quelques minutes ?
01:01:03La police genevoise
01:01:06ne le sait pas encore,
01:01:08mais elle va être
01:01:09confrontée
01:01:09à une affaire criminelle
01:01:11des plus inattendues.
01:01:21Aux os vives,
01:01:22ce mardi matin,
01:01:23personne n'imagine encore
01:01:24que la vie tranquille
01:01:25de ce quartier
01:01:26vient de basculer
01:01:27à tout jamais.
01:01:28et c'est sous
01:01:29les fracas
01:01:29des sirènes
01:01:30que Marcia,
01:01:31la voisine de Louis,
01:01:33réalise le terrible drame
01:01:34qui s'est joué.
01:01:38Quand vous entendez
01:01:38une voiture de police,
01:01:40une deuxième voiture
01:01:41de police,
01:01:42l'ambulance,
01:01:43une troisième voiture
01:01:44de police
01:01:45et des personnes
01:01:46qui couraient,
01:01:48c'est vite compris.
01:01:52Louis Dumollard
01:01:54a été victime
01:01:55d'une agression,
01:01:56d'une extrême violence.
01:01:57L'homme
01:01:58est entre la vie
01:01:59et la mort.
01:02:01La police
01:02:02arrive
01:02:03et comme
01:02:04d'habitude
01:02:05prend toutes
01:02:06les mesures
01:02:07utiles
01:02:07en urgence.
01:02:09Donc il y a
01:02:09l'ambulance
01:02:11qui arrive,
01:02:12les médecins,
01:02:13un essai
01:02:13de réanimation,
01:02:15un essai 20.
01:02:19Le vieil armurier
01:02:20vient de succomber
01:02:21à ses multiples blessures.
01:02:23Sur place,
01:02:25policiers et médecins
01:02:25constatent très vite
01:02:26que son ou ses agresseurs
01:02:29ne lui ont laissé
01:02:30aucune chance.
01:02:33Monsieur Dumollard
01:02:33est mort
01:02:34de deux coups
01:02:35de tournevis,
01:02:36deux coups mortels,
01:02:37un au poumon
01:02:38et un dans le cœur,
01:02:40mais en réalité,
01:02:41il en a reçu
01:02:41beaucoup plus.
01:02:42L'autopsie réalisée
01:02:43dans le cas
01:02:45qui nous occupe
01:02:45a révélé
01:02:46huit coups
01:02:48de tournevis,
01:02:50donc un acharnement
01:02:51effroyable.
01:02:53Les policiers
01:02:54gèlent immédiatement
01:02:55la scène de crime
01:02:56et partent à la recherche
01:02:58du moindre indice.
01:02:59Mais leurs espoirs
01:03:00vont être rapidement déçus.
01:03:03Il semblerait
01:03:04qu'effectivement,
01:03:05il y ait
01:03:05très peu d'éléments
01:03:06au niveau scientifique
01:03:08dont dispose la police,
01:03:10si ce n'est une trace,
01:03:12une trace de semelle
01:03:13qui correspondrait
01:03:14à une chaussure
01:03:15type Reebok.
01:03:16La pointure
01:03:17indique qu'il s'agit
01:03:18de l'empreinte
01:03:19d'un homme.
01:03:20Et si lui
01:03:21et ses complices éventuels
01:03:22ont laissé peu de traces,
01:03:24en revanche,
01:03:25ils ne sont pas repartis
01:03:26les mains vides.
01:03:28Apparemment,
01:03:28une vingtaine d'armes
01:03:30ont disparu
01:03:31ainsi que de l'argent.
01:03:33La thèse du braquage
01:03:34qui aurait mal tourné
01:03:35semble la plus crédible
01:03:37aux yeux des enquêteurs.
01:03:39Pourtant,
01:03:39ils ne veulent négliger
01:03:40aucune autre piste.
01:03:42D'autant plus
01:03:43que la rapidité
01:03:44d'exécution
01:03:45et la violence
01:03:45du meurtre
01:03:46pourraient aussi
01:03:47faire penser
01:03:47à une mise à mort.
01:03:50L'enquête
01:03:50s'annonce difficile.
01:03:52La police
01:03:53fait son enquête
01:03:53de voisinage,
01:03:54ce qui est tout à fait
01:03:54évidemment habituel.
01:03:56Et dans le quartier,
01:03:58bon,
01:03:58c'était le matin,
01:03:59les gens sont soit au travail
01:04:01soit chez eux,
01:04:02mais personne n'a rien vu
01:04:04ni entendu.
01:04:06La police
01:04:06consulte également
01:04:07le registre des ventes
01:04:08des jours précédents
01:04:09et contacte les clients
01:04:11de Louis Dumollard.
01:04:13Parmi eux,
01:04:14Eric,
01:04:15un habitué du magasin
01:04:16qui va leur livrer
01:04:17un élément
01:04:18qui pourrait s'avérer capital.
01:04:19Ils m'ont dit
01:04:22« Si vous vous rappelez
01:04:23de quelque chose,
01:04:24vous nous rappelez,
01:04:25quelque chose
01:04:25qui vous revient
01:04:26par la suite,
01:04:26vous nous rappelez. »
01:04:28Et c'est là,
01:04:30parce que j'ai repassé
01:04:31après,
01:04:32puis j'ai vu
01:04:32que la caméra
01:04:33que j'avais posée
01:04:34était tournée
01:04:35contre le mur.
01:04:37Alors je les ai rappelés
01:04:37puis je leur ai dit
01:04:38« Mais écoutez,
01:04:38moi j'ai posé
01:04:39une caméra
01:04:39qui est fictive,
01:04:41mais elle a été déplacée. »
01:04:44La caméra
01:04:45est immédiatement envoyée
01:04:46dans les laboratoires
01:04:47de la police scientifique.
01:04:49L'analyse
01:04:50révélera peut-être
01:04:51des empreintes
01:04:52et permettra
01:04:53d'élucider ce meurtre.
01:04:55Alors que l'enquête
01:04:56se poursuit,
01:04:57l'entourage de Louis,
01:04:59averti du drame,
01:05:00s'effondre.
01:05:01« C'est impressionnant
01:05:02parce que la victime
01:05:04est une personne âgée
01:05:05qui visiblement
01:05:07s'est fait massacrer
01:05:09par des individus
01:05:11ou des individus
01:05:12où on ne sait pas au début
01:05:13et c'est ça surtout
01:05:13du choc. »
01:05:15Famille,
01:05:16amis,
01:05:16commerçants,
01:05:18c'est tout le quartier
01:05:19qui est en deuil.
01:05:20« La cruauté des gens,
01:05:22ça fait vraiment mal.
01:05:24Moi, ça m'a fait mal
01:05:25en tout cas.
01:05:25Quand j'ai appris
01:05:26ce qui s'était passé,
01:05:27ça m'a fait mal.
01:05:29C'est horrible. »
01:05:32Les premières heures
01:05:32de l'enquête
01:05:33n'ont pas livré
01:05:34beaucoup d'indices.
01:05:36Deux thèses s'affrontent.
01:05:37La plus plausible,
01:05:38celle du braquage
01:05:39qui aurait mal tourné
01:05:40et celle du règlement
01:05:41de compte.
01:05:42Alors les analyses
01:05:44des prélèvements
01:05:44relevés sur la scène
01:05:45de crime
01:05:46parleront-elles ?
01:05:48Sera-t-on
01:05:48qui s'est acharné
01:05:49sur ce vieil homme
01:05:50sans défense
01:05:52et surtout,
01:05:53pourquoi ?
01:05:56A Genève,
01:06:03le meurtre de Louis
01:06:04vient de plonger
01:06:05le quartier
01:06:06des eaux-vives
01:06:06dans l'effroi.
01:06:08Tous s'interrogent
01:06:09qui pouvait en vouloir
01:06:11à ce vieil homme
01:06:12a priori sans histoire.
01:06:14D'autant plus
01:06:15que l'enquête
01:06:15de personnalité
01:06:16discrédite rapidement
01:06:18la thèse
01:06:19du règlement
01:06:19de compte.
01:06:20C'est une belle personne,
01:06:24c'est une personne
01:06:24qui a travaillé
01:06:25toute sa vie,
01:06:27un citoyen modèle
01:06:28qui vivait
01:06:30une histoire d'amour
01:06:31avec son épouse
01:06:32depuis 60 ans.
01:06:34Louis rencontre
01:06:36Marie,
01:06:36sa future femme,
01:06:37en 1935.
01:06:39A 17 ans,
01:06:40l'homme s'engage
01:06:41dans l'armée
01:06:42de l'ère française
01:06:42pour défendre son pays
01:06:44pendant la Seconde Guerre mondiale.
01:06:46Dominique
01:06:48a grandi
01:06:48au Grand Lancie
01:06:49à côté de Genève
01:06:50dans la maison
01:06:51attenante à celle du couple.
01:06:53Il garde
01:06:54un souvenir fort
01:06:55de Louis.
01:06:57C'était quelqu'un
01:06:58de très très chaleureux.
01:06:59Il est très affable,
01:07:01il cherche un contact
01:07:02avec tout le monde.
01:07:04Puis il avait aussi
01:07:04l'esprit français,
01:07:06il était toujours drôle,
01:07:07il avait une bonne répartie,
01:07:09un bon mot.
01:07:09C'était
01:07:10un gentlement,
01:07:12c'était vraiment
01:07:13l'homme courtois
01:07:14avec un langage
01:07:15esquisse.
01:07:17Après l'armée,
01:07:18Louis se lance
01:07:19dans la vente
01:07:19de munitions
01:07:20et de poudres
01:07:21auprès des armureries.
01:07:23Bien plus qu'un travail,
01:07:24une véritable passion
01:07:25qui ne le quittera jamais.
01:07:28Monsieur Dumollard,
01:07:29à sa retraite,
01:07:31ne voulait pas
01:07:31rester inactif
01:07:33et comme
01:07:34il était
01:07:35passionné
01:07:36de mécaniques
01:07:38et notamment
01:07:39de mécaniques
01:07:40d'armes,
01:07:41il a décidé
01:07:41d'ouvrir
01:07:42une armurerie
01:07:43ou de reprendre
01:07:44une armurerie
01:07:45avec un de ses
01:07:47copains de collège.
01:07:48Et très vite,
01:07:50ce petit magasin
01:07:50va devenir pour Louis
01:07:52et son ami
01:07:52leur refuge.
01:07:55En fait,
01:07:56à l'intérieur
01:07:56de toute cette atmosphère
01:07:58des pistolets,
01:08:00des riflets,
01:08:01de plein de choses,
01:08:03il y avait
01:08:03une autre chose
01:08:05complètement différente
01:08:06que c'était
01:08:06un lieu d'amitié,
01:08:09un lieu de discussion,
01:08:11de découverte.
01:08:13voilà.
01:08:16La boutique,
01:08:18loin des grands axes,
01:08:19se trouvait dans
01:08:20une petite rue calme
01:08:21à l'abri des regards.
01:08:23Mais l'emplacement
01:08:24de ce commerce
01:08:24en faisait également
01:08:26une proie facile
01:08:27pour les voleurs.
01:08:29Les gens
01:08:30qui parlaient
01:08:30avec monsieur Dumollard
01:08:31m'avaient dit
01:08:32« mais est-ce que
01:08:32tu n'as pas peur
01:08:33qu'il se passe quelque chose
01:08:35une fois ? »
01:08:36lui, il disait
01:08:36qu'il faisait
01:08:37très attention
01:08:37et que de toute manière
01:08:39il était toujours armé.
01:08:41Une inquiétude légitime
01:08:42car l'armurie de Louis
01:08:44avait déjà été braquée
01:08:45quelques mois
01:08:46avant le drame.
01:08:48Les policiers
01:08:48se demandent alors
01:08:49s'il pourrait s'agir
01:08:50des mêmes auteurs.
01:08:52Ils décident
01:08:53de suivre
01:08:53cette nouvelle piste.
01:08:55Moi, j'ai suivi
01:08:58un tout petit peu
01:08:58par la presse,
01:08:59bien entendu.
01:09:00Non, toujours rien,
01:09:02toujours rien,
01:09:02toujours rien.
01:09:03Ils se sont passés
01:09:04plusieurs mois
01:09:05qu'il n'y avait rien
01:09:06du tout,
01:09:06pas de nouvelles.
01:09:08Et pour cause,
01:09:09trois mois après
01:09:10le meurtre de l'armurier,
01:09:11les scellés envoyés
01:09:12au laboratoire d'analyse
01:09:14n'ont pas parlé.
01:09:15La caméra de vidéosurveillance
01:09:17ne présente
01:09:17aucune empreinte digitale.
01:09:20L'auteur de la trace de pas
01:09:22relevé à proximité du corps
01:09:24n'a pas pu être identifié
01:09:26et aucune des armes volées
01:09:27n'a refait surface.
01:09:30La police patauge,
01:09:32elle n'arrive pas
01:09:35à mettre une étiquette
01:09:36sur les auteurs
01:09:38du meurtre
01:09:39de l'armurier.
01:09:42Les policiers Genevois
01:09:43ont exploité
01:09:44toutes les pistes
01:09:45en vain.
01:09:47Seul espoir
01:09:47que les armes volées
01:09:48réapparaissent.
01:09:50Alors le ou les agresseurs
01:09:52ont-ils quitté le pays
01:09:53ou alors
01:09:54sont-ils cachés
01:09:55à Genève ?
01:09:57Marie,
01:09:58la femme de Louis,
01:09:59saura-t-elle un jour
01:10:00qui a pu commettre
01:10:02cet acte odieux ?
01:10:05Le 1er juillet 2002,
01:10:13trois mois après
01:10:13le meurtre sauvage
01:10:14de Louis,
01:10:15un incroyable coup
01:10:16du destin
01:10:17va faire basculer
01:10:18l'enquête.
01:10:19un fait
01:10:20qui va emmener
01:10:20les policiers
01:10:21sur une piste
01:10:22aux antipodes
01:10:23de la vitre
01:10:24en qui les rangés
01:10:25de l'armurier.
01:10:28La police genevoise
01:10:30est informée
01:10:30via les polices
01:10:32autrichiennes
01:10:33et allemandes
01:10:34qu'un jeune homme
01:10:35de 24 ans
01:10:36qui est étudiant
01:10:37a été kidnappé
01:10:39dans sa voiture
01:10:40sur une aire
01:10:42d'autoroute
01:10:42près d'Innsbruck
01:10:43et apparemment
01:10:45cette personne
01:10:46est signalée
01:10:47à Genève
01:10:47avec ses kit-tapeurs.
01:10:50Les policiers
01:10:50commencent alors
01:10:51leurs investigations
01:10:52qui les mènent
01:10:53dans le quartier
01:10:54des Paquis,
01:10:55le quartier chaud
01:10:56de Genève.
01:10:58Il y a une filature
01:11:00qui amène
01:11:02la police
01:11:03devant un immeuble
01:11:04à Genève
01:11:05devant lequel
01:11:07il y a la voiture
01:11:08de l'étudiant allemand
01:11:09et procède
01:11:10à l'arrestation.
01:11:11Deux hommes
01:11:13sont interpellés
01:11:14dans un squat
01:11:15et placés
01:11:15en garde à vue.
01:11:17L'étudiant,
01:11:18quant à lui,
01:11:19est sain et sauf.
01:11:20Il va alors faire
01:11:21le récit
01:11:21de son terrible calvaire.
01:11:25Tout commence
01:11:26le 29 juin.
01:11:28Alors que le jeune allemand
01:11:29est sur une aire
01:11:29d'autoroute,
01:11:30deux hommes lui demandent
01:11:31s'il peut les prendre
01:11:32en stop.
01:11:34L'étudiant,
01:11:35qui ne se doute de rien,
01:11:36accepte.
01:11:38En route,
01:11:39ces deux personnes
01:11:41décident
01:11:42de séquestrer
01:11:44l'étudiant allemand
01:11:46qui conduisait
01:11:47son véhicule.
01:11:49Il lui demande
01:11:50sous menace
01:11:51d'une arme
01:11:52de passer
01:11:53finalement derrière.
01:11:54Ils prennent
01:11:54le volant
01:11:56et avec
01:11:57comme objectif
01:11:58de se retrouver
01:11:59d'aller à Genève.
01:12:02Arrivé à Genève,
01:12:03l'étudiant
01:12:04est tenu en otage
01:12:05pendant plusieurs jours.
01:12:07Sa famille
01:12:07est alors contactée
01:12:09par les ravisseurs.
01:12:11On va rentrer
01:12:13dans une espèce
01:12:14de correspondance
01:12:16avec la famille
01:12:18de ce jeune garçon
01:12:20et puis ses ravisseurs
01:12:21pour essayer
01:12:22d'obtenir
01:12:23une rançon.
01:12:26Le calvaire
01:12:26de l'étudiant
01:12:27aura finalement
01:12:28duré
01:12:29trois jours
01:12:30avant l'arrivée
01:12:31de la police.
01:12:33Alors que les auditions
01:12:34des kidnappeurs
01:12:35se poursuivent,
01:12:36les policiers
01:12:37perquisitionnent
01:12:38également le squat.
01:12:40Et là,
01:12:41surprise,
01:12:42ils vont y trouver
01:12:43des armes
01:12:43en quantité.
01:12:45Peu à peu,
01:12:46il y a des zones
01:12:48d'ombre,
01:12:49notamment sur les armes,
01:12:51sur l'origine
01:12:52de ces armes,
01:12:53d'où viennent-elles,
01:12:55ont-elles été dérobées,
01:12:57comment,
01:12:58qu'est-ce qu'elles font là ?
01:12:59Et alors là,
01:13:00c'est bingo,
01:13:00les armes ont été volées
01:13:01et les armes ont été volées
01:13:02dans l'armerie
01:13:03de Louis Dumoulin
01:13:04qui est mort
01:13:05deux mois avant.
01:13:08Les armes volées
01:13:09trois mois plus tôt
01:13:10ont enfin refait surface.
01:13:12Et ce n'est pas tout.
01:13:13Un autre élément
01:13:14de la scène de crime
01:13:15va permettre aux enquêteurs
01:13:17de resserrer l'étau
01:13:19sur les kidnappeurs.
01:13:21Un des inspecteurs
01:13:23va constater
01:13:25la similitude
01:13:26de la semelle
01:13:28de cette chaussure
01:13:29avec celle
01:13:30qui est déjà
01:13:31dans leur fichier
01:13:32et va constater
01:13:35que véritablement
01:13:36il y a curieusement
01:13:37un lien
01:13:39qui peut être fait
01:13:40entre l'armerie
01:13:41et puis cet acte-là.
01:13:44Fort de ces constatations,
01:13:46les policiers Genevois
01:13:47décident de réorienter
01:13:48l'interrogatoire
01:13:49sur le meurtre
01:13:50de l'armurier.
01:13:52Et très vite,
01:13:53face à la pression
01:13:54des enquêteurs,
01:13:55l'un d'eux
01:13:56craque,
01:13:57nous l'appellerons
01:13:58Alexei.
01:14:01Et donc,
01:14:02il va se livrer
01:14:04et on va dire
01:14:07se soulager
01:14:09d'un crime
01:14:09et va avouer
01:14:12être l'auteur
01:14:14de la mort
01:14:14de l'armurier.
01:14:17Alexei
01:14:18va également impliquer
01:14:19directement
01:14:20un de ses acolytes
01:14:21que nous appellerons
01:14:22Vladimir.
01:14:23les deux hommes
01:14:25sont placés
01:14:25en détention
01:14:26provisoire
01:14:27et les policiers
01:14:28préviennent
01:14:28immédiatement
01:14:29Marie,
01:14:30l'épouse
01:14:31de Louis.
01:14:34Elle était soulagée
01:14:35de l'arrestation
01:14:36de ces assassins
01:14:37parce qu'elle
01:14:38désespérait
01:14:39évidemment
01:14:40que l'on
01:14:42ne les retrouva pas.
01:14:43C'est finalement
01:14:45une toute autre affaire
01:14:46qui aura permis
01:14:47d'élucider
01:14:48le meurtre
01:14:48de l'armurier.
01:14:50Reste maintenant
01:14:51aux enquêteurs
01:14:52à découvrir
01:14:52ce qui s'est réellement passé
01:14:54ce matin
01:14:55du 2 avril 2002
01:14:57et surtout
01:14:58pourquoi
01:14:59une telle sauvagerie.
01:15:00A l'hôtel
01:15:08de police
01:15:08de Genève
01:15:09les deux suspects
01:15:10Alexei
01:15:11et Vladimir
01:15:12sont passés
01:15:13aux aveux.
01:15:14Face aux enquêteurs
01:15:15ils font alors
01:15:16le récit
01:15:16du terrible drame
01:15:18de la rue
01:15:19et ils broquaient.
01:15:20Alexei repère
01:15:22cette armurie
01:15:22il va d'ailleurs
01:15:25se contenter
01:15:26de celle-là
01:15:27parce qu'elle convient
01:15:28d'assez
01:15:28elle est un peu
01:15:29en retrait
01:15:29de sorte
01:15:30qu'il devrait y avoir
01:15:31très peu de passages.
01:15:34La veille du braquage
01:15:35Vladimir et Alexei
01:15:36effectuent des repérages
01:15:38dans le quartier
01:15:39mais également
01:15:40à l'intérieur
01:15:41de l'armurie.
01:15:43Ils y achètent
01:15:44un pistolet
01:15:45à air comprimé
01:15:46et constatent
01:15:47à première vue
01:15:48que la boutique
01:15:49est une cible facile.
01:15:52Ils s'apprêtent
01:15:53à être des braqueurs
01:15:54mais pas des meurtriers.
01:15:56Le matin
01:15:57du 2 avril 2002
01:15:58les deux hommes
01:16:00passent à l'action.
01:16:01Chacun
01:16:02a un rôle
01:16:02bien déterminé.
01:16:04Vladimir
01:16:05fait le guet
01:16:06devant la boutique
01:16:07pendant qu'Alexei
01:16:08entre
01:16:08chez l'armurier.
01:16:10Et c'est à ce moment-là
01:16:12que la vie
01:16:13de Louis
01:16:13va basculer.
01:16:15Il reçoit
01:16:16deux coups
01:16:18sur la tête
01:16:18visant à l'assommer
01:16:19pour qu'après
01:16:20les agresseurs
01:16:22puissent
01:16:22prendre l'argent
01:16:24qui était dans la caisse.
01:16:26Mais Louis
01:16:26a beau avoir 82 ans
01:16:28il ne se laisse pas faire.
01:16:30Dans un réflexe
01:16:31de survie
01:16:32l'octogénaire
01:16:33tente
01:16:33de repousser
01:16:34son agresseur.
01:16:38Cette résistance-là
01:16:39va faire
01:16:40que
01:16:41plus
01:16:42tout va basculer
01:16:44et que finalement
01:16:46les événements
01:16:46vont se succéder
01:16:47dans une forme
01:16:48de panique totale.
01:16:50Vladimir
01:16:50alerté par le bruit
01:16:52entre dans le magasin
01:16:53au secours
01:16:54de son comparse.
01:16:56Une véritable lutte
01:16:57commence.
01:16:58Un tournevis
01:16:59est attrapé
01:17:00à la volée.
01:17:01Les coups
01:17:01pleuvent.
01:17:02Finalement
01:17:03c'est Alexis
01:17:04qui se saisit
01:17:04principalement
01:17:05du tournevis
01:17:06et donnera
01:17:08deux coups
01:17:09qui se révéleront
01:17:10être mortels
01:17:10à l'encontre
01:17:12de l'armurier.
01:17:13À ce moment-là
01:17:13l'assassin
01:17:15le tire
01:17:17et le cache
01:17:19ce ferreur
01:17:19derrière le comptoir
01:17:21il met
01:17:22des gants
01:17:23et il vole
01:17:24les armes
01:17:24il remplit son sac
01:17:25et il part
01:17:26laissant sa victime
01:17:28agonisante
01:17:29dans le magasin.
01:17:30Au total
01:17:31Vladimir et Alexei
01:17:32volent 23 armes
01:17:34plus
01:17:34l'argent
01:17:35de la caisse.
01:17:37Tout s'est passé
01:17:37en un quart d'heure.
01:17:39Pour eux
01:17:40le braquage
01:17:41est réussi.
01:17:43Quand ils quittent
01:17:44la boutique
01:17:44ils ne savent pas
01:17:46que l'armurier
01:17:47est décédé
01:17:48ils partent
01:17:49avec ce sentiment
01:17:50d'avoir commis
01:17:51quelque chose
01:17:52d'infiniment grave
01:17:53mais ils ne le sauront
01:17:54que plus tard.
01:17:56Une fois les faits
01:17:57établis
01:17:57les enquêteurs
01:17:58s'intéressent
01:17:59au profil
01:17:59des présumés coupables.
01:18:01Alexei
01:18:02a 24 ans
01:18:03il est ukrainien.
01:18:05L'homme
01:18:05a une formation
01:18:06paramédicale
01:18:08et un passé
01:18:09dans la légion étrangère.
01:18:11Il est allé
01:18:12d'un pays
01:18:12à l'autre
01:18:13il a beaucoup voyagé
01:18:16mais
01:18:17il n'y a pas
01:18:18de point d'ancrage
01:18:19chez cet homme
01:18:19il n'y a jamais
01:18:20de stabilité
01:18:21il n'y a pas
01:18:22une stabilité familiale
01:18:23il n'y a pas
01:18:24de stabilité professionnelle
01:18:25il n'y a pas
01:18:26de stabilité affective.
01:18:28Quant à son comparse
01:18:29Vladimir
01:18:29il est lituanien
01:18:31arrivé depuis peu
01:18:32en Suisse
01:18:33l'homme
01:18:34n'a ni famille
01:18:34ni amis
01:18:35une âme
01:18:37tourmentée
01:18:37et ténébreuse
01:18:38qui aspire
01:18:40à des jours meilleurs.
01:18:40Il a un rêve occidental
01:18:43quitter la misère
01:18:44quitter un peu
01:18:47le désœuvrement
01:18:47et s'installer
01:18:49dans un pays occidental
01:18:51l'Eldorado helvétique
01:18:53et refaire
01:18:55ou faire sa vie
01:18:56puisqu'il a
01:18:57à peine 25 ans
01:18:58quand il commet
01:18:59les faits
01:19:00qui lui sont reprochés.
01:19:01et ils sont probablement
01:19:03un peu
01:19:03dans ce même état
01:19:06c'est à dire
01:19:07deux jeunes hommes
01:19:09sans projet
01:19:11sans perspective
01:19:12bien définie
01:19:13et ils se retrouvent
01:19:15à ce moment là
01:19:16dans un même état
01:19:18d'esprit
01:19:18mais
01:19:19sans qu'on puisse
01:19:20parler d'amitié
01:19:21je crois que c'est
01:19:22véritablement
01:19:22deux compagnons
01:19:23d'infortune.
01:19:24L'absence
01:19:25de toute trace
01:19:26laissait penser
01:19:26à des professionnels.
01:19:28Les auteurs
01:19:29de ce meurtre
01:19:29sont finalement
01:19:30deux hommes
01:19:31en errance
01:19:32à peine entrés
01:19:33dans l'âge adulte.
01:19:35S'ils se défendent
01:19:35d'avoir voulu
01:19:36tuer l'armurier
01:19:37pour les proches
01:19:38de Louis
01:19:38il ne fait aucun doute
01:19:40qu'il s'agit
01:19:41d'un assassinat.
01:19:42Le procès à venir
01:19:43saura-t-il répondre
01:19:45à leurs besoins
01:19:46de justice ?
01:19:49Le 21 février 2005
01:19:57le procès
01:19:58de Vladimir
01:19:59et Alexei
01:19:59s'ouvre enfin.
01:20:02Trois ans
01:20:02après les faits
01:20:03les deux hommes
01:20:04sont inculpés
01:20:05de la séquestration
01:20:06de l'étudiant allemand
01:20:07mais surtout
01:20:08de l'assassinat
01:20:09de Louis.
01:20:11L'enjeu
01:20:12de ce procès
01:20:13il se situe
01:20:14surtout
01:20:14au niveau
01:20:15du risque.
01:20:18Il y a
01:20:19du côté
01:20:19du procureur général
01:20:20très clairement
01:20:21une volonté
01:20:23de convaincre
01:20:24les jurés
01:20:25qu'on ne peut
01:20:27plus rien faire
01:20:27de ces hommes-là
01:20:29qu'il faut
01:20:31les extraire
01:20:32pour un temps
01:20:34indéfini
01:20:35de la société.
01:20:37A Genève
01:20:37ce procès
01:20:38est annoncé
01:20:39comme celui
01:20:39de la perpétuité.
01:20:41Dans les couloirs
01:20:42du palais
01:20:42tous
01:20:43sont convaincus
01:20:44que cette peine
01:20:45exceptionnelle
01:20:45dans le canton
01:20:46sera prononcée.
01:20:49Marie
01:20:49l'épouse
01:20:50de Louis
01:20:50attend
01:20:51elle des réponses
01:20:52à ces questions.
01:20:55Madame
01:20:56Léral
01:20:56est une personne
01:20:57qui est déjà
01:20:58à moitié morte
01:20:58et qui vient
01:21:00en chaise roulante
01:21:02au procès.
01:21:05Elle est
01:21:06avec
01:21:07son Louis
01:21:09et elle a
01:21:11expliqué
01:21:12finalement
01:21:12qui était
01:21:13cet homme
01:21:15pendant une heure
01:21:16au juré
01:21:17en essayant
01:21:18de le faire
01:21:19revivre.
01:21:20Et c'est vrai
01:21:20qu'en l'écoutant
01:21:21on avait l'impression
01:21:22qu'il était
01:21:23encore avec nous.
01:21:25Pendant trois jours
01:21:26le comportement
01:21:28des accusés
01:21:28est passé
01:21:29au peigne fin.
01:21:30Si Alexei
01:21:31est dans une attitude
01:21:31de remords évidente
01:21:33Vladimir
01:21:34apparaît
01:21:35beaucoup plus froid.
01:21:38Le juge
01:21:38d'instruction
01:21:39a montré
01:21:39les photos
01:21:41du cadavre
01:21:43à Vladimir
01:21:45et n'a
01:21:46absolument pas
01:21:47bronché.
01:21:48je pense
01:21:51qu'on pouvait
01:21:52s'attendre
01:21:52à ce qu'il
01:21:52s'effondre
01:21:53ou qu'il
01:21:55formule
01:21:55quelques regrets
01:21:56il est resté
01:21:57de marbre
01:21:58froid.
01:21:59C'est une image
01:22:00qui m'a frappé.
01:22:03Pour les avocats
01:22:04des accusés
01:22:05il ne s'agit pas
01:22:06d'une absence
01:22:07de remords
01:22:07mais de leur
01:22:08tempérament
01:22:09difficile à cerner.
01:22:11Ils défendent
01:22:12la thèse
01:22:12de l'homicide
01:22:13involontaire
01:22:14d'un braquage
01:22:15qui aurait mal tourné.
01:22:17Pour être assassin
01:22:20il faut vouloir
01:22:22ce résultat-là
01:22:24pas seulement
01:22:25prendre le risque
01:22:26qu'il survienne
01:22:27mais vouloir
01:22:28véritablement
01:22:28ce résultat
01:22:30de mort
01:22:30et là
01:22:32de fait
01:22:33c'était
01:22:34quelque chose
01:22:36qui n'était
01:22:36absolument pas
01:22:37voulu
01:22:38prévu
01:22:39préparé.
01:22:41On avait
01:22:41véritablement
01:22:42des personnes
01:22:43qui souhaitaient
01:22:44être des braqueurs
01:22:45qui voulaient être
01:22:46ces braqueurs-là
01:22:47mais d'aucune manière
01:22:48des assassins.
01:22:51Mais pour la partie civile
01:22:52il ne fait aucun doute
01:22:53il y a bien eu
01:22:55volonté de tuer.
01:22:57Il s'agissait
01:22:58incontestablement
01:22:59d'un assassinat
01:23:00ils ont agi
01:23:02vraiment sans scrupule
01:23:03imaginez
01:23:04qu'ils l'ont laissé
01:23:05agoniser
01:23:06ils ont tiré son corps
01:23:07que quand il avait réussi
01:23:09à sortir
01:23:10le tournevis
01:23:11les agresseurs
01:23:13lui ont remis
01:23:13un coup
01:23:14et après
01:23:15ils ont mis
01:23:15huit coups
01:23:16de tournevis
01:23:17il est évident
01:23:18que les circonstances
01:23:20dans lesquelles
01:23:21les agresseurs
01:23:22ont agi
01:23:22sont des circonstances
01:23:24odieuses
01:23:24ils ont agi
01:23:25sans scrupule
01:23:26pourquoi ?
01:23:28Pour un motif
01:23:28économique
01:23:30évidemment
01:23:30l'assassinat
01:23:31a été réalisé
01:23:33Les jurés
01:23:34vont suivre
01:23:35la thèse
01:23:35de la partie civile
01:23:36Alexei et Vladimir
01:23:38sont condamnés
01:23:39à 17 ans
01:23:40de réclusion criminelle
01:23:41et échappent
01:23:42de justesse
01:23:43à la perpétuité
01:23:44les proches
01:23:46de Louis
01:23:46eux
01:23:47sont soulagés
01:23:4812 années ont passé
01:23:54depuis l'assassinat
01:23:55de la rue
01:23:56des Cordiers
01:23:56et si le quartier suisse
01:23:59a retrouvé
01:23:59sa tranquillité
01:24:00personne ici
01:24:01n'a oublié
01:24:02leur ami
01:24:02Armurier
01:24:03voisin
01:24:05client
01:24:06et ami
01:24:07garde à jamais
01:24:08le souvenir
01:24:09de Louis
01:24:09un homme
01:24:11bon
01:24:11loyal
01:24:12et passionné
01:24:14pour moi
01:24:16j'ai perdu
01:24:17j'ai perdu
01:24:18non seulement
01:24:21j'ai perdu
01:24:22l'ami
01:24:22j'ai perdu
01:24:25le soutien
01:24:26moi
01:24:28il m'a manqué
01:24:29profondément
01:24:31il m'a manqué
01:24:32vraiment
01:24:33vraiment
01:24:34il m'a manqué
01:24:35l'a manqué
01:24:36il m'a manqué
01:24:36il m'a manqué
01:24:37de la rue
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