00:00RTL Matin
00:01L'Angleco c'est avec vous Marie Guerrier
00:04alors on pourrait trouver ça tout à fait incongru
00:06voire inapproprié de parler de la
00:08reconstruction d'un pays alors que
00:09ce pays est toujours en guerre. Pourtant
00:12Marie, la reconstruction de l'Ukraine
00:14est bien un sujet d'actualité.
00:16Oui parce qu'en fait elle a déjà commencé
00:1775% des infrastructures
00:20endommagées ou détruites à Kiev au début
00:22de la guerre en 2022
00:23sont aujourd'hui reconstruites.
00:26Les combats se sont éloignés de la capitale
00:28les travaux ont pu être engagés.
00:30Dans les régions proches de la ligne de front c'est une toute autre
00:32histoire. 30% du réseau ferré
00:34ukrainien détruit ou endommagé
00:3613% des logements, 16%
00:38des établissements de santé, 10%
00:40des écoles, ce sont des milliers de bâtiments
00:42et les réseaux de gaz, d'électricité
00:44visés par les attaques russes. Selon
00:46la dernière évaluation de la Banque mondiale
00:48le coût total de la reconstruction
00:50s'élève à plus de 520 milliards
00:52de dollars sur 10 ans pour réparer
00:54les infrastructures, relancer l'économie
00:56et investir dans les secteurs stratégiques
00:58comme l'énergie, les transports
01:00et l'agriculture. Comment l'Ukraine
01:02va-t-elle pouvoir financer tout ça ? Elle peut compter
01:04sur une mobilisation internationale
01:06déjà bien structurée parce que ça ne peut pas
01:08s'improviser. La quatrième conférence
01:10sur la reconstruction de l'Ukraine s'est tenue
01:12à Rome en juillet. En fait, dès la fin
01:142022, moins d'un an après le début de la guerre
01:16l'Union Européenne s'est engagée à soutenir
01:18financièrement le redressement
01:20et la reconstruction de l'Ukraine. Elle a donc
01:22bâti un système de financement avec des partenaires
01:24les pays du G7, du G20, les institutions
01:27bancaires internationales.
01:28Pour faire simple, une réserve est
01:30progressivement constituée pour la
01:32reconstruction à base de subventions
01:34et surtout de prêts accordés à l'Ukraine
01:36financés en partie grâce aux intérêts
01:38générés par les actifs russes confisqués.
01:41C'est un gros effort
01:42financier. Mais comme il faut beaucoup d'argent
01:44l'Union Européenne a également lancé un appel
01:46au financement privé et elle
01:48va soutenir un maximum d'entreprises
01:50européennes prêtes à investir dans la reconstruction
01:52en Ukraine parce que l'idée c'est aussi de
01:54récupérer un maximum de contrats.
01:56Et il y a de la concurrence notamment avec les
01:58Américains et les Britanniques qui aimeraient bien aussi se placer en Ukraine.
02:00Et Marie, comment se positionnent la France
02:02et les entreprises françaises ?
02:04La France a un avantage. Elle est le premier employeur
02:06étranger en Ukraine.
02:0825 000 salariés dans la banque.
02:10La grande distribution, l'agroalimentaire,
02:12la logistique avec à la fois la présence
02:14de grands groupes et de PME. Donc très vite
02:16les entreprises françaises se sont projetées sur
02:18l'après-guerre. Dès 2023, le
02:20MEDEF, l'organisation patronale, expliquait
02:22la reconstruction est un processus
02:24long qui s'anticipe. Et dès
02:262023, Emmanuel Macron a nommé un envoyé
02:28spécial de la France pour l'aide et la reconstruction.
02:31Il s'appelle Pierre Elbron.
02:32Son rôle est notamment d'inciter
02:34de nouvelles entreprises françaises à s'engager
02:36en Ukraine, les mettre en contact avec
02:38des partenaires, faciliter les démarches.
02:40Agir en Ukraine, c'est aussi créer de l'emploi
02:42dans nos régions, dit-il. Il cite,
02:44à titre d'exemple, une commande de rails
02:46fabriquée dans l'est de la France
02:48pour remplacer 150 kilomètres de voies
02:50ukrainiennes. Le gouvernement a
02:52débloqué 200 millions d'euros pour
02:54soutenir 19 projets de reconstruction
02:56portés majoritairement par des PME
02:58françaises dans des secteurs stratégiques
03:00comme par exemple le déploiement de la fibre optique.
03:02Bon, d'accord, mais il faut le dire, Marie,
03:04investir dans un pays qui est encore en guerre,
03:06c'est vraiment une prise de risque. Oui, mais ce sont
03:07des opportunités à saisir. Tiens, par exemple,
03:10la région Bourgogne-Franche-Comté,
03:12elle vient de signer un accord de coopération
03:14pour la reconstruction
03:16avec la région ukrainienne de
03:18Vénitsia. Elle a fait passer
03:20le message à ses entreprises locales
03:22bourguignones et franc-comtoises. Il ne faut
03:24pas hésiter, ne pas attendre la paix.
03:27Le pays se reconstruit au fur et à
03:28mesure et les Ukrainiens se souviendront de
03:30ceux qui étaient là à la première heure.
03:32L'année dernière, Saint-Gobain a inauguré sa
03:34première usine en Ukraine. Elle produit désormais
03:36des mélanges de gypses. L'année
03:38dernière également, Xavier Niel,
03:40le fondateur de Free, a racheté et
03:42fusionné deux opérateurs de téléphonie
03:44ukrainien. Une opération à
03:46un milliard et demi d'euros, le plus gros
03:48investissement privé étranger en Ukraine
03:50depuis le début de la guerre.
03:51L'Angléco signé...
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