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  • il y a 5 mois
On pourrait trouver ça tout à fait incongru voire inaproprié de parler de la reconstruction d'un pays alors qu'il est toujours en guerre. Pourtant, la reconstruction de l'Ukraine est bien un sujet d'actualité...
Regardez L'angle éco avec Marie Guerrier du 21 août 2025.

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00:00RTL Matin
00:01L'Angleco c'est avec vous Marie Guerrier
00:04alors on pourrait trouver ça tout à fait incongru
00:06voire inapproprié de parler de la
00:08reconstruction d'un pays alors que
00:09ce pays est toujours en guerre. Pourtant
00:12Marie, la reconstruction de l'Ukraine
00:14est bien un sujet d'actualité.
00:16Oui parce qu'en fait elle a déjà commencé
00:1775% des infrastructures
00:20endommagées ou détruites à Kiev au début
00:22de la guerre en 2022
00:23sont aujourd'hui reconstruites.
00:26Les combats se sont éloignés de la capitale
00:28les travaux ont pu être engagés.
00:30Dans les régions proches de la ligne de front c'est une toute autre
00:32histoire. 30% du réseau ferré
00:34ukrainien détruit ou endommagé
00:3613% des logements, 16%
00:38des établissements de santé, 10%
00:40des écoles, ce sont des milliers de bâtiments
00:42et les réseaux de gaz, d'électricité
00:44visés par les attaques russes. Selon
00:46la dernière évaluation de la Banque mondiale
00:48le coût total de la reconstruction
00:50s'élève à plus de 520 milliards
00:52de dollars sur 10 ans pour réparer
00:54les infrastructures, relancer l'économie
00:56et investir dans les secteurs stratégiques
00:58comme l'énergie, les transports
01:00et l'agriculture. Comment l'Ukraine
01:02va-t-elle pouvoir financer tout ça ? Elle peut compter
01:04sur une mobilisation internationale
01:06déjà bien structurée parce que ça ne peut pas
01:08s'improviser. La quatrième conférence
01:10sur la reconstruction de l'Ukraine s'est tenue
01:12à Rome en juillet. En fait, dès la fin
01:142022, moins d'un an après le début de la guerre
01:16l'Union Européenne s'est engagée à soutenir
01:18financièrement le redressement
01:20et la reconstruction de l'Ukraine. Elle a donc
01:22bâti un système de financement avec des partenaires
01:24les pays du G7, du G20, les institutions
01:27bancaires internationales.
01:28Pour faire simple, une réserve est
01:30progressivement constituée pour la
01:32reconstruction à base de subventions
01:34et surtout de prêts accordés à l'Ukraine
01:36financés en partie grâce aux intérêts
01:38générés par les actifs russes confisqués.
01:41C'est un gros effort
01:42financier. Mais comme il faut beaucoup d'argent
01:44l'Union Européenne a également lancé un appel
01:46au financement privé et elle
01:48va soutenir un maximum d'entreprises
01:50européennes prêtes à investir dans la reconstruction
01:52en Ukraine parce que l'idée c'est aussi de
01:54récupérer un maximum de contrats.
01:56Et il y a de la concurrence notamment avec les
01:58Américains et les Britanniques qui aimeraient bien aussi se placer en Ukraine.
02:00Et Marie, comment se positionnent la France
02:02et les entreprises françaises ?
02:04La France a un avantage. Elle est le premier employeur
02:06étranger en Ukraine.
02:0825 000 salariés dans la banque.
02:10La grande distribution, l'agroalimentaire,
02:12la logistique avec à la fois la présence
02:14de grands groupes et de PME. Donc très vite
02:16les entreprises françaises se sont projetées sur
02:18l'après-guerre. Dès 2023, le
02:20MEDEF, l'organisation patronale, expliquait
02:22la reconstruction est un processus
02:24long qui s'anticipe. Et dès
02:262023, Emmanuel Macron a nommé un envoyé
02:28spécial de la France pour l'aide et la reconstruction.
02:31Il s'appelle Pierre Elbron.
02:32Son rôle est notamment d'inciter
02:34de nouvelles entreprises françaises à s'engager
02:36en Ukraine, les mettre en contact avec
02:38des partenaires, faciliter les démarches.
02:40Agir en Ukraine, c'est aussi créer de l'emploi
02:42dans nos régions, dit-il. Il cite,
02:44à titre d'exemple, une commande de rails
02:46fabriquée dans l'est de la France
02:48pour remplacer 150 kilomètres de voies
02:50ukrainiennes. Le gouvernement a
02:52débloqué 200 millions d'euros pour
02:54soutenir 19 projets de reconstruction
02:56portés majoritairement par des PME
02:58françaises dans des secteurs stratégiques
03:00comme par exemple le déploiement de la fibre optique.
03:02Bon, d'accord, mais il faut le dire, Marie,
03:04investir dans un pays qui est encore en guerre,
03:06c'est vraiment une prise de risque. Oui, mais ce sont
03:07des opportunités à saisir. Tiens, par exemple,
03:10la région Bourgogne-Franche-Comté,
03:12elle vient de signer un accord de coopération
03:14pour la reconstruction
03:16avec la région ukrainienne de
03:18Vénitsia. Elle a fait passer
03:20le message à ses entreprises locales
03:22bourguignones et franc-comtoises. Il ne faut
03:24pas hésiter, ne pas attendre la paix.
03:27Le pays se reconstruit au fur et à
03:28mesure et les Ukrainiens se souviendront de
03:30ceux qui étaient là à la première heure.
03:32L'année dernière, Saint-Gobain a inauguré sa
03:34première usine en Ukraine. Elle produit désormais
03:36des mélanges de gypses. L'année
03:38dernière également, Xavier Niel,
03:40le fondateur de Free, a racheté et
03:42fusionné deux opérateurs de téléphonie
03:44ukrainien. Une opération à
03:46un milliard et demi d'euros, le plus gros
03:48investissement privé étranger en Ukraine
03:50depuis le début de la guerre.
03:51L'Angléco signé...
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