Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 mois
Les pharmaciens étaient dans la rue ce jeudi 18 septembre.
Ils étaient 300 à se rassembler devant la préfecture puis la CPAM à Valence. Les pharmaciens protestent contre l'abaissement des plafonds de remises commerciales sur les médicaments génériques, qui menace leurs officines.



















Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Ici Dromardèche, dès votre réveil, ici matin jusqu'à 9h.
00:06L'invité d'ici Dromardèche ce matin, Emmanuel Champagne, le coprésident de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine dans la Drôme.
00:13Bonjour Mathieu Ballot.
00:14Bonjour.
00:15Merci d'être avec nous, les pharmaciens dans la rue, hier aussi, contre la baisse des ristournes sur les médicaments génériques.
00:22On va y revenir évidemment, expliquer quel est le problème.
00:25Vous aviez appelé à fermer les pharmacies, combien étaient effectivement fermées hier en Dromardèche, vous le savez ?
00:30Alors hier en Dromardèche, on était sur 80-85% de fermeture.
00:34C'est beaucoup ?
00:34C'est beaucoup.
00:35C'est déjà arrivé ?
00:36Alors c'est jamais arrivé à ce point-là, on a fermé, ça fait 3 fois depuis 2024, en mai 2024, contre le monopole, où on était 70-75%.
00:46En août, le 16 août, on a fermé ce qui faisait une fermeture de 3 jours pour alerter le gouvernement sur cet arrêté.
00:51Et là, hier, on était du coup 80-85% et 92% en France.
00:56Mobilisation donc massive chez les pharmaciens autour de ce problème d'abaissement du plafond des remises commerciales sur les médicaments génériques.
01:04Expliquez-nous très simplement le problème.
01:07Alors très simplement, on a un plafond de remise générique, c'est-à-dire que nos génériques peuvent être remisés à un certain montant.
01:13Quand vous achetez les médicaments génériques au prix des laboratoires ?
01:15On achète les médicaments génériques au laboratoire, en effet, parce que le principe est assez simple, le prix d'un médicament générique de vente est tellement bas par rapport à son prix d'achat
01:24qu'on ne gagnerait pas d'argent s'il n'y avait pas de remise aujourd'hui.
01:27La société, la pharmacie, ne serait pas rentable.
01:30Donc pour ça, le plafond de remise générique est à 40%.
01:32Unilatéralement, après des négociations qui ont échoué, l'État a décidé de la baisser à 30% au 1er septembre,
01:38puis 25% en 2026, puis 20% en 2027, ce qui signifie que le plafond de remise générique tombe de moitié.
01:43C'est pour faire des économies aussi ?
01:45Alors là, les économies pour l'État, il n'y en a pas.
01:47L'économie, elle est pour les industriels, parce que l'industriel, aujourd'hui, c'est lui qui va nous vendre le médicament plus cher.
01:52Et l'État, lui, ne gagne pas d'argent.
01:53Donc aujourd'hui, le plan de l'État est qui arrive, on a eu la réunion du CEPS hier, le comité d'économie des produits de santé,
02:01les prix des médicaments génériques baissent également.
02:03Donc on a la double sentence.
02:05De 1, on achète plus cher.
02:06De 2, on vendra moins cher.
02:07Dans nos pharmacies, on le voit bien, alors bien sûr, il y a l'affaire médicament, mais il y a aussi tout ce qui est paramédical.
02:13Aujourd'hui, le médicament, c'est combien de vos ventes ? C'est quelle part de vos ventes ?
02:17Aujourd'hui, une pharmacie standard, une pharmacie rurale de quartier, qui est moyenne, fait 85 à 90% de médicaments remboursés.
02:24Aujourd'hui, ce qui fait vivre une officine, c'est le médicament, c'est l'ordonnance, c'est le soin.
02:28Et c'est pour ça que ce problème est primordial ?
02:31Tout à fait, c'est pour ça que ce problème est primordial, parce que quand vous gagnez votre vie sur du médicament,
02:36si on baisse votre rémunération dessus, sur des officines qui sont déjà tendues, ça va faire des fermetures,
02:41ça va faire une déstabilisation du maillage officinal aujourd'hui.
02:44Vous parlez carrément de fermeture d'officines ?
02:46Fermeture d'officines, aujourd'hui, on estime qu'il y a une pharmacie sur trois,
02:50enfin, on estime, non, on a fait des sondages, une pharmacie sur trois, qui est en difficulté financière.
02:54Il faut voir qu'en France, on a 290 officines qui ont fermé en 2024, Dromardèche, on est à 5,
03:00et donc ça va s'accélérer très rapidement s'il se décrit reste, c'est 800 officines qui fermeraient en 2026.
03:065 pharmacies qui ont fermé en Dromardèche l'an dernier, c'est ça ?
03:09Tout à fait.
03:10Sur quoi ? Plutôt en ville, plutôt à la campagne ?
03:13C'est les deux, il n'y a vraiment pas d'idée là-dessus, c'est vraiment les deux, il y a de la ville, il y a de la campagne.
03:20Mathieu Ballot, on entend vos problèmes, vous êtes co-président de l'union des syndicats de pharmaciens d'officines,
03:25en même temps, est-ce que vous entendez aussi que vous faites partie des professions qu'on a du mal à plaindre ?
03:31Tout à fait, ça s'entend, mais aujourd'hui, il faut voir que le métier d'officine a changé,
03:35aujourd'hui, ce n'est pas facile, on a des entreprises, on a des entreprises aujourd'hui qui sont en difficulté financière,
03:41parce que notre prix est fixé par l'État, les prix des médicaments diminuent, les remises diminuent,
03:46les charges ont augmenté, toutes nos charges de personnel, nos charges d'électricité, comme tout le monde,
03:50et aujourd'hui, ça devient difficile de vivre en étant pharmacien, en rural, qui plus est,
03:55ce qui fait, à ce moment-là, que les fermetures d'officines s'accélèrent.
03:59Les temps ont changé, c'est ce que vous nous dites.
04:00Les temps ont changé, tout à fait, et c'est devenu plus difficile.
04:04Sébastien Lecornu, Premier ministre, aux affaires, ça peut changer quelque chose ou pas ?
04:07Eh bien, on espère, parce que là, l'arbitrage était à Matignon, on a perdu l'arbitrage, la santé a perdu l'arbitrage,
04:12et donc, on sait, hier, l'objectif était vraiment de se rappeler au Premier ministre
04:16et de lui dire qu'on est présent, on est toujours là, et on veut retourner à la table des négociations.
04:20On ne dit pas qu'on veut tout arrêter, que la CPAM, on est d'accord qu'il faut faire des économies dessus,
04:26ça, il n'y a aucun problème, mais on veut travailler avec l'État pour arriver à faire ces économies.
04:30Et sous quelle forme, du coup ?
04:32Eh bien, l'USPO, dernièrement, a fait 26 leviers d'économie possibles,
04:35qu'il a envoyés à Matignon et au cabinet santé, sur tout ce qui est le biosimilaire, la substitution,
04:39sur la substitution de tout ce qui est dispositifs médicaux, c'est-à-dire les pansements, etc.
04:44et ainsi, tout ce qui est les traitements chers à réévaluer.
04:46Aujourd'hui, il faut savoir qu'en France, 42% des dépenses de la sécurité sociale, c'est 1% des médicaments,
04:52qui sont des médicaments très onéreux.
04:54Avec les propositions que vous faites, on fait autant d'économies qu'avec cette baisse sur les génériques ?
04:58On en fait plus.
04:59Plus ?
04:59Oui, on va jusqu'à 10 fois plus d'économies avec les 26 leviers possibles.
05:03Pardon, mais pourquoi c'est refusé, du coup ?
05:04On se demande aussi, on aimerait être entendus, on veut être entendus, on veut travailler avec l'État,
05:08et pour l'instant, il y avait un blocage à Matignon, qui fait que ce n'est pas possible.
05:12Donc, on appelle M. Lecornu, l'USPO appelle M. Lecornu, pour revenir à la table des négociations,
05:17et arriver à un accord où tout le monde est gagnant.
05:198 pharmacies sur 10 fermées hier dans le pays, notamment Andromardèche.
05:23C'était un coup ? Vous allez recommencer ? L'idée, c'est quoi, maintenant ?
05:27Alors, la suite de la mobilisation, si on n'est pas entendu, c'est qu'on va sûrement durcir le mouvement,
05:31parce qu'on va se retrouver après encore en difficulté, donc on va voir, qu'est-ce qu'on va faire ?
05:36On va avoir un CA national pour décider, mais le mouvement se durcira si nous ne sommes pas entendus, effectivement.
05:40Comment il peut se durcir, ce mouvement ?
05:42Se continuer sur des grèves, grève des tiers payants, grève des gardes,
05:45nous sommes déjà réquisitionnés quand nous sommes de garde par le préfet.
05:48Là, vous vous adressez directement à nous, patients, quoi ?
05:50Vous, patients, tout à fait.
05:52Après, voilà, il y a des choses qui ne sont pas encore actées,
05:55mais on verra ce que ça donne au niveau de la mobilisation.
05:58En tout cas, effectivement, la mise en garde est bien réelle ce matin avec vous,
06:02Mathieu Ballot, co-président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine dans la Drôme.
06:07Merci à vous, passez une bonne journée.
06:08Merci pour l'invitation.
06:09Il est 7h52.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations