Pris dans le vertige de tant d’années d’irrésolution, de procrastination et d’errances managériales, voilà donc le gouvernement dos au mur, sur le rendez-vous électoral d’octobre 2025, menacé de partout, confronté à l’hypothèse désormais de moins en moins surréaliste, de se voir sortir de la position centrale qu’il occupe depuis une quarantaine d’années. La relance en février dernier, dans une évidente précipitation, des travaux du Programme spécial de reconstruction et de développement de la Région de l’Extrême-Nord, au Ministère de l’Economie, faisant l’annonce du début d’investissement de 600 milliards, dans une enveloppe globale de 1 200 voire 1 600 milliards était ainsi le clair signal de la débandade d’un gouvernement qui s’est longtemps menti à lui-même.
00:00C'est parce qu'il sait par observation intuitive, par expérience mais aussi par lecture universitaire que la légitimité démocratique dans les sociétés modernes s'acquiert nécessairement par la manifestation cumulée de l'impartialité, de la réflexivité et de la proximité que lui, Ferdinand Gongo, secrétaire général de la présidence, est venu tomber la chemise le 15 février dernier à Iago.
00:30Puis Kousseri, afin de faire face aux voix et visages dissonants dont l'écho strident a lourdement perturbé la célébration des 93 ans de Paul Bia deux jours plus tôt au palais des sports de Yaoundé.
00:42Une à une, cet homme habitué aux atmosphères aseptisées de la capitale politique est venu serrer des mains, les enveloppant de son énergie cosmique, feignant autant que possible la sincérité dans le contact à ses oubliés.
00:54Ces oubliés aux grandes mains, aux pommes endurcies par la vie, la sécheresse des sols et des épreuves.
01:02Ces mains de femmes et d'hommes qui luttent de toutes leurs chaires et leurs sons pour s'en sortir dans cette région que le destin et les systèmes gouvernants post-indépendants ont établi d'année en année,
01:11comme la plus pauvre du pays, d'où un plan présenté comme urgent à elle dédiée.
01:15Le président de la République a décidé d'un plan présidentiel de reconstruction et de développement de l'extrême nord,
01:28qui vise naturellement à reconstruire les infrastructures endommagées du fait de Boko Haram,
01:36qui visent la réalisation des projets aussi abandonnés du fait de l'environnement ambiant marqué par l'insécurité,
01:46la réalisation en matière de développement des infrastructures susceptibles de propulser les activités socio-économiques dans cette partie
01:55et enfin l'accompagnement des populations pour renforcer leur résilience et leur réinsertion socio-économique.
02:06Les mains nues et rugueuses de toutes ces femmes et ces hommes de courage et de sacrifice sur cette question portant aux protestations
02:19à l'encontre de l'ouverture d'un parc naturel de 12 000 km² ici au confluon de trois arrondissements clés du département du Mayocani
02:26sont venus faire savoir aux autorités publiques combien in fine la politique n'est guère qu'une question de rapport de force.
02:33La force de penser à l'envers, la force de se montrer contre, la force de dire non et de faire masse autour des idées et des conversations que l'on dit.
02:48Nous sommes des Camerounais, tout comme les autres Camerounais aussi.
02:54Voyez, nous sommes tous ici, là, on a fréquenté.
02:56Tous, là, ce sont des diplômés.
02:58Vous avez dit que la terre ne trahit pas.
03:01Voilà, nous avons accepté la terre comme bénéfice.
03:06Ça, c'est le mot clé de notre président Paul Biya.
03:09Voilà, nous avons allumé avec la terre.
03:11Vous nous changez encore la version.
03:13On quitte une population de plus de 10 millions.
03:16On n'est pas là pour faire du mal à quelqu'un.
03:18On revendique nos droits.
03:20Nos parents sont morts ici et nos grands-parents sont morts ici.
03:23Et aujourd'hui, on te dit de quitter comme ça.
03:25Mais ça ne nous plaît pas.
03:26Mais demander à Yaound de parler ça à 13h-ci.
03:31Si, à non, c'est que l'animation du parc est effectuée, il n'y a pas de problème.
03:35Vous prenez ça étant comme un siège pour les animaux.
03:39Vous avez considéré toutes ces populations, une partie de ces contingents qui défendent les Camerounais,
03:45sont nés ici dans cette partie du Cameroun.
03:48Ils sont élevés par le céréal que nous avons cultivé ici dans cette partie.
03:52Ce n'est pas votre problème.
03:56Une protestation qu'il n'a donc pas eu d'autre choix que de prendre à cœur.
04:03Lui, Ferdinand Gongo, secrétaire général de la présidence de la République,
04:08porte-voix en chef d'un polbia dans tout ce qui fait sens et contraint par la force des choses
04:13et surtout par l'évidente usure de son créateur d'y penser et de s'y voir,
04:18en dépit pour cela de l'extrême répétition de ses formules de gloire et de soumission à l'endroit de polbia.
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