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  • il y a 5 mois
Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, a annoncé le déblocage d'un "fonds d'urgence de 8 millions d'euros" pour les agriculteurs touchés par l'incendie meurtrier dans l'Aude, lors d'un déplacement à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, jeudi 14 août.

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Transcription
00:00Bien, mesdames et messieurs, bonjour.
00:09Ce territoire du département de l'Aude, ce territoire des Corbières, a vécu un drame, et même d'une certaine façon une tragédie.
00:19J'ai tenu, une semaine après l'incendie, moins d'une semaine après l'extinction de l'incendie,
00:26et à la suite de la visite du Premier ministre, ici dans les Corbières, j'ai tenu à venir pour témoigner mon soutien indéfectible à la profession agricole si durement éprouvée,
00:38et au premier chef desquels, naturellement, la viticulture, qui constitue la majeure partie de l'activité agricole de ce département,
00:47ici dans ce territoire des Corbières qui est balafrée par l'incendie.
00:53J'ai rencontré des hommes et des femmes courageux qui affrontent avec beaucoup de détermination une situation extrêmement difficile,
01:03et j'ai tenu à apporter à l'ensemble du monde agricole, la viticulture bien sûr, mais aussi toutes les autres activités agricoles,
01:11l'expression de la solidarité nationale avec un fonds d'urgence de 8 millions d'euros qui servira à indemniser à la fois les pertes de récolte,
01:23les pertes de fonds, c'est-à-dire quand la vigne, par exemple, est détruite, ou quand le fonds agricole, l'arboriculture,
01:31mais surtout la viticulture qui est la plus nombreuse ici, donc pertes de récolte, pertes de fonds,
01:38et puis destruction de bâtiments et de matériel agricole.
01:43S'y ajoutera un dispositif fiscal qui permettra d'exonérer aussi les taxes foncières, tout cela à la main des préfets,
01:55et je veux en profiter pour saluer l'extraordinaire dévouement, d'abord de nos pompiers, de nos services d'incendie et de secours
02:03qui ont fait un travail absolument extraordinaire, et saluer les pompiers de la France entière qui sont venus prêter main-forte pour cet incendie,
02:11ce méga-feu, je rappelle que c'est le plus large, le plus gros incendie de la région sud depuis 50 ans.
02:19Et il suffit de regarder le paysage autour de soi pour en prendre la mesure.
02:24Je veux aussi saluer les services de l'État qui ont fait preuve d'une grande réactivité,
02:28sous l'autorité de M. le Préfet, qui aura également la tâche de pouvoir distribuer les aides aux producteurs qui en auront le plus besoin.
02:39Le Premier ministre a souhaité qu'une avance de 10 000 euros, jusqu'à 10 000 euros, puisse être délivrée dans les 15 jours qui viennent
02:49aux producteurs qui sont dans une difficulté particulièrement aiguë,
02:54de façon à pouvoir faire face aux premières obligations qui sont les siennes.
02:59Je rappelle que pour certains d'entre eux, il n'y aura pas de production, donc pas de revenus.
03:04Et évidemment, les assurances vont être au rendez-vous, l'État est au rendez-vous,
03:10mais il faut aussi épauler, je dirais, humainement, ces hommes et ces femmes si durement éprouvés.
03:17Ce qui est caractéristique un petit peu de ce département, c'est que la viticulture, c'est aussi le paysage,
03:22c'est donc aussi le tourisme, c'est-à-dire que les deux principaux vecteurs économiques du département dépendent de cet agriculte.
03:29Alors, vous avez raison de souligner que le tourisme sera naturellement impacté,
03:35et notamment le no-tourisme, dont je rappelle que c'est une politique que nous voulons développer dans notre pays.
03:42Les Français, les étrangers, aiment visiter nos vignes, nos caves, nos exploitations, nos domaines viticoles.
03:49La France est un grand pays viticole, elle tire là une source de prospérité,
03:57et évidemment, là, dans ce territoire des Corbières, les paysages ont été altérés, mais nous allons nous relever.
04:05D'ailleurs, je voudrais dire que je suis là ici pour le temps de l'urgence, mais il y aura le temps de la reconstruction.
04:10Et avant la fin de l'année, je reviendrai pour que, comme l'a dit le Premier ministre,
04:15l'Aude soit véritablement un territoire laboratoire de ce réchauffement climatique
04:24qui n'est pas étranger, naturellement, à l'épisode que nous venons de connaître avec ce méga-feu.
04:31Par rapport aux mesures que vous avez annoncées, ça veut dire que concrètement,
04:34les agriculteurs, dès demain, sur leur compte en banque, vont avoir ces sous ?
04:37Dès demain. Je vous ai dit que l'avance forfaitaire, qui ira jusqu'à 10 000 euros, pourra être délivrée.
04:48Nous avons demandé au service de l'État de mettre tout en œuvre pour les délivrer dans la quinzaine qui vient.
04:54Comme mesure de moyen terme, qu'est-ce qui est envisageable de la part de l'État ?
05:01Qu'est-ce qui vous a été demandé par les professeurs ?
05:04Je crois qu'il est important de distinguer ces deux temps, le temps de l'urgence et le temps de la reconstruction.
05:10Ce qui me frappe, c'est que partout où il y a de la déprise agricole, il peut y avoir du feu.
05:14Les pompiers me l'ont dit, là où il y a de l'agriculture, il n'y a pas de feu, ou moins de feu.
05:19Donc il faut que nous tirions tous les enseignements de ce feu pour voir où est-ce que ça a brûlé,
05:24où est-ce que ça n'a pas brûlé, ce qui a bien fait barrière,
05:26de façon à pouvoir restaurer une agriculture protectrice autour des villages.
05:33On voit bien que la vigne autour des villages, elle a protégé les villages.
05:37On voit bien que là où il y a de la vigne, il y a encore de la végétation.
05:41Tandis que là où il y a des forêts ou de la broussaille qui n'est pas entretenue,
05:47ou qui est le fait d'une déprise agricole,
05:50eh bien le feu a prospéré à une vitesse sous l'effet du vent également, à une vitesse faramineuse.
05:55Donc il faut penser à restaurer de l'élevage.
05:59L'Occitanie, l'Aude, a été une terre d'élevage.
06:02Elle ne l'est plus, plus assez aujourd'hui.
06:05Or, les troupeaux entretiennent les paysages.
06:08Ils évitent aussi...
06:10Donc on voit bien que l'agriculture, elle est une solution.
06:14Elle n'est pas un problème, elle est une solution.
06:16Donc ce travail, à moyen et à long terme, il faut que nous le fassions.
06:19D'abord avec les professionnels, avec les collectivités locales et territoriales,
06:23qui auront aussi leur contribution à apporter, avec l'État naturellement.
06:28Il faut que nous soyons tous au chevet des Corbières, au chevet de l'Aude,
06:32au chevet des territoires méditerranéens,
06:35qui sont si lourdement impactés par le changement climatique.
06:38Avec un budget, on parle beaucoup d'économie.
06:40Comment ça va être financé ?
06:42Écoutez, il faut déjà penser la stratégie.
06:44Vous allez, permettez-moi de vous le dire gentiment, un peu vite en besogne.
06:48Il faut déjà savoir ce qu'on veut faire, avant de savoir comment on le fera.
06:51Quelle superficie agricole est conservée par ces millions d'euros, ramenés à l'hectare ?
06:55Alors, je raisonne, moi, sur les terres qui ont été affectées par le feu.
07:03Et puis, ça concernera également les productions qui ont été affectées par les fumées,
07:11par les mousses de retardante.
07:15Donc, pour les productions qui seront impropres à la consommation,
07:20et qui ne sont pas assurables, ce fonds d'urgence permettra également des indemnisations.
07:25Vous avez parlé de l'élevage, mais quelles autres solutions durables
07:27vous pouvez proposer aux discuteurs qui vont faire face à plus en plus de méga-feux
07:30dans le cadre du développement climatique ?
07:31Justement, il faut qu'on puisse travailler sur la question de l'eau.
07:36Évidemment, la question centrale de l'Occitanie, c'est l'eau.
07:41On voit bien, quand on va dans la région sud et quand on vient dans la région occitane,
07:44que la différence, c'est l'eau.
07:46Donc, il faut à la fois de la simplification administrative pour permettre de pouvoir irriguer,
07:54et puis aussi, il faut des moyens, c'est le sens du fonds hydraulique
07:59que j'ai déployé dans son premier volet,
08:04et certains projets concernent le territoire de l'Aude.
08:08Donc, il faut qu'on puisse amener de l'eau sur ce territoire.
08:12Sans eau, il n'y a pas de production agricole, il n'y a pas de vie.
08:15Et il faut le faire, évidemment, dans le respect de l'environnement,
08:18dans une approche de multi-usage, il faut de l'eau pour les productions végétales,
08:22notamment la vigne, mais il faut de l'eau aussi pour l'élevage,
08:25il faut de l'eau pour les populations.
08:27Donc, il faut en faire un usage sobre, un usage, évidemment, bien maîtrisé.
08:34Comment vous avez calculé ce volume de 1 million d'euros ?
08:38On l'a travaillé avec les professionnels.
08:41Voilà.
08:41Alors, vous savez, dans le calibrage d'un fonds d'urgence,
08:44il y a toujours une part d'évaluation qui n'a pas la force de la certitude,
08:50on verra à l'usage.
08:51Mais il semble, enfin, les professionnels ont exprimé assez largement
08:55leur satisfaction sur le calibrage de l'aide.
08:57Une dernière question.
08:58Pour la listeria, il y a les premiers cas qui datent de début juin,
09:02mais le lien avec les fromages, ils n'ont été habitués que début août.
09:06Pourquoi ce délai ?
09:07Alors, d'abord, le signalement a été fait en juin sur un fromage
09:11qui a été fabriqué en avril.
09:14Et c'est un détaillant, un commerçant qui a signalé la présence de listeria.
09:23Donc, dès lors, tout le lot a été retiré.
09:27Il y a eu un premier retrait rappel.
09:29Et puis, ensuite, des analyses ont été faites
09:33et ne détectaient pas de présence de listeria.
09:39Mais lorsque sont apparus les malades,
09:42il a fallu procéder par sécurité à un retrait rappel massif.
09:47C'est l'entreprise qui a en responsabilité les contrôles,
09:53la qualité sanitaire.
09:54L'État est là pour veiller à ce que l'entreprise effectue correctement les contrôles.
10:01L'État est là pour demander la multiplication des contrôles quand il y a lieu.
10:06L'État est là pour demander le retrait si l'entreprise ne le fait pas elle-même,
10:12ce qui n'est pas le cas ici, puisque l'entreprise, par sécurité,
10:16a procédé elle-même à des retraits massifs.
10:19Et puis, nous procédons à toutes les investigations,
10:22à toutes les analyses pour déterminer l'origine de cette contamination.
10:26Évidemment, c'est un sujet qui a toute mon attention.
10:32Vous savez que c'est une situation qui est très problématique,
10:38possiblement très dangereuse.
10:40Il y a d'ailleurs eu beaucoup de malades et un décès.
10:45Donc, deux décès.
10:47Nous regardons ça avec beaucoup, beaucoup d'attention.
10:49Vous avez une petite question ?
10:51Non, le fromage a été fabriqué...
10:54Non, le premier cas ne...
10:56Non, le fromage a été fabriqué en avril.
11:02Voilà, il a été fabriqué en avril.
11:04Le commerçant qui commercialise le produit détecte la listeria
11:08dans les semaines qui suivent.
11:12Et à partir de ce moment-là, on retire l'ensemble du lot de fromage.
11:16Ce qui est une procédure tout à fait normale.
11:19Donc, un premier retrait rappel.
11:21Ensuite, des analyses très précises ont été faites.
11:24Et par sécurité, l'entreprise a décidé de retirer tous les lots,
11:29possiblement concernés par la listeria.
11:32Mais les investigations sont toujours en cours.
11:34Et petite question, justement.
11:35On voit que cet incendie est criminel.
11:37En tout cas, il a été volontaire.
11:38On voit que ça fait énormément de dégâts.
11:40Plans de professionnels sont impactés,
11:42obligés justement de les aider aussi financièrement.
11:45Une petite réaction justement par rapport à ça.
11:46Si véritablement l'enquête confirme que c'est un incendie d'origine criminelle.
11:53Le terme de criminel n'est pas trop fort.
11:56C'est franchement un désastre, un désastre humain, un désastre économique, un désastre écologique,
12:05imputable à la folie d'une personne, possiblement.
12:11En tout cas, l'enquête devra, un, le déterminer.
12:13Et deux, vraiment, les réponses pénales devront être extrêmement sévères.
12:19Je rappelle que nous avons eu un décès, plusieurs blessés graves.
12:24Et je ne parle pas de l'ensemble du préjudice qu'a subi cette région.
12:28Donc voilà, laissons l'enquête se dérouler.
12:31Elle est menée avec diligence par les services.
12:34Et puis, elle appellera des réponses pénales extrêmement significatives
12:40à ce qui, aujourd'hui, est un véritable drame pour cette région.
12:45Merci beaucoup.
12:46Merci beaucoup.
12:46Merci beaucoup.
12:47Merci beaucoup.
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