00:03Michael Dorian, on débat sur Europe 1 avec vos invités Régis Lesaumier, grand reporter et directeur de la rédaction d'Omerta,
00:11et Michel Taubes, éditorialiste politique et directeur de la publication d'Opinions internationales.
00:17A Noisy-le-Sec, la projection en plein air du film Barbie avec Margot Robbie, film de Margot Robbie d'ailleurs, avec Margot Robbie et Ryan Gosling,
00:24a été annulé sous la pression et les menaces, selon la mairie d'un groupe de quartiers.
00:32Beaucoup se disent que le maire n'aurait jamais dû céder, n'aurait jamais dû annuler la projection de ce film.
00:37Régis Lesaumier, le maire, qui d'ailleurs a déclaré sur les réseaux sociaux qu'il avait peur que cela se reproduise.
00:44Mais oui, en effet, il n'aurait jamais dû céder parce que là, on est dans un petit film rigolo, un peu woke, on va dire, oui.
00:53Oui, mais est-ce que ce n'est pas un film qui atteint une religion, qui porte atteinte à une morale quelconque ?
01:03C'est plutôt Bonenfant, je l'ai regardé avec une certaine curiosité au départ,
01:08puis j'ai trouvé finalement qu'il y avait un message beaucoup moins militant qu'on l'avait annoncé au début.
01:15Après, est-ce que cette organisation de quartiers, qui est derrière cette organisation de quartiers ?
01:22S'agit-il d'un groupe avec des visées islamistes ?
01:28Et la question...
01:30Ça y ressemble, Régis, puisque le maire ne nomme pas clairement les choses,
01:35mais il parle d'arguments fallacieux traduisant l'obscurantisme et le fondamentalisme.
01:39Vous savez qu'on cite souvent Albert Camus, dans ces cas-là, ne pas nommer les choses, c'est ajouter du malheur au monde.
01:46En l'occurrence, il faut appeler un chat un chat, par moment, parce que là, céder là-dessus, ça voudra dire quoi ?
01:52Ça veut dire que quand on mettra un Truffaut, quand on mettra un Godard,
01:56quand on projettera des films qui peuvent, on va dire, aller heurter la morale de certains,
02:03on les interdira en ce nom.
02:06Et on renie complètement les principes,
02:08comment Michel parlait de Voltaire tout à l'heure,
02:11mais on renie les principes qui sont fondamentaux en France.
02:14Et vous avez raison, parce qu'il y a toujours des précédents à ce type de décision.
02:19Oui, puis il peut toujours y avoir un groupe de quartiers qui décide que
02:22tel film ne va pas dans le sens de sa morale à lui.
02:26Et dans ce cas-là, on ne peut plus rien regarder du tout.
02:29Michel Taubes.
02:29Non, mais ces petits échecs successifs,
02:33face effectivement à une doctrine totalement étrangère,
02:37à une société occidentale, sont multiples.
02:42Encore une fois, ce film, il n'est pas anodin.
02:45Pour les islamistes qui ont demandé son interdiction, il n'est pas anodin.
02:49C'est un film qui met en scène des jeunes filles,
02:52c'est un film sur le féminin,
02:54c'est un film aussi pour certains, dans l'esprit walkie,
02:56sur les minorités sexuelles.
02:58Et pour des islamistes de quartier,
03:01ce n'est pas la peine d'aller les chercher en Irak ou en Syrie,
03:03dans nos quartiers français, certains, ils sont tout à fait hostiles.
03:08Moi, j'ai déjà entendu des habitants de nos quartiers,
03:11près de là où j'habite, me dire que la musique, c'est interdit,
03:15ce n'est pas bien, c'est illicite.
03:17Donc, effectivement, moi, je pense que le maire communiste
03:23de Noisy-le-Sec aurait dû maintenir ce film.
03:28Et il peut encore en organiser la projection.
03:31Parce que les habitants de Noisy-le-Sec,
03:32pour qui les projections et les nombreux auditeurs d'Europe 1
03:38savent ce que c'est que des projections en extérieur pendant l'été,
03:41tous les week-ends, d'un film dans les quartiers,
03:44ça fait partie du lien social et ça rassemble les populations,
03:49ils ont droit de voir ce film.
03:51Et ce film, il doit être projeté.
03:52Et le maire, il a les moyens de le faire.
03:54Et s'il n'a pas les moyens, qu'il demande à la police
03:57de l'aider à assurer la sécurité de la projection.
04:00Mais la projection, elle doit avoir lieu.
04:02Et si la projection n'a pas lieu ?
04:04C'est peut-être pour une raison qui n'a pas été évoquée.
04:07C'est qu'ils ne sont pas quatre.
04:08Ce n'est pas un groupuscule qui a demandé l'interdiction de ce film.
04:13C'est certainement un groupuscule qui est très implanté
04:17dans ce quartier de Noisy-le-Sec
04:19et qui a certainement une implantation très forte
04:22qui explique que dans le rapport de force avec la mairie,
04:26il a les moyens de se faire entendre.
04:28Et donc moi, je pense que ce quartier,
04:30c'est en train de devenir un territoire perdu de la République
04:32où effectivement des islamistes ont pris le pouvoir.
04:36Ils sont en train de prendre le pouvoir dans les âmes,
04:38dans les esprits des habitants de ce quartier.
04:41Mais ils ont peut-être déjà pris le pouvoir.
04:43Donc c'est au maire d'assurer la défense des valeurs républicaines
04:47et de maintenir l'organisation de ce film
04:50et de le reprojeter d'ici la fin du mois.
04:52Alors écoutez la réaction de l'opposition justement.
04:55Thomas Franceschini, il est conseiller municipal UDI à Noisy-le-Sec
04:59et il estime lui que le maire a fait, a commis une grosse erreur
05:01en déprogrammant ce film.
05:03Il était invité de CNews ce matin, écoutez.
05:06Céder et annuler ce film, cette projection,
05:09c'est reculer face à ces personnes qui viennent mettre des pressions sur les élus.
05:14On le voit, il y en a de plus en plus dans pas mal de villes
05:17et ça ne concerne pas que des quartiers d'Île-de-France,
05:19ça concerne aussi la province.
05:21Il y a de plus en plus de pression sur les élus.
05:22Et pour moi, le fait de déprogrammer ce film
05:25était un renoncement et une totale erreur.
05:28Je pense qu'il aurait pu trouver une autre solution,
05:30soit déplacer le film à un autre moment
05:32et proposer aux familles qui étaient là un film différent.
05:37Je pense que ces moments de convivialité sont très importants.
05:40Et un recul et une déprogrammation de ce film
05:43pour répondre à la pression de quatre individus,
05:46à mon sens, c'est une erreur.
05:47Thomas Franceschini, conseiller municipal UDI de Noisy-le-Sec,
05:50invité de CNews ce matin.
05:52Cette décision, elle est grave.
05:53Elle est grave parce que le maire a cédé.
05:56Il a cédé, Régis Sommier, à la pression de ce petit groupe
06:00qui sort aujourd'hui vainqueur
06:02et qui sort renforcé par cette décision du maire
06:05et qui, demain, peut décider d'imposer autre chose.
06:09Et peut décider d'imposer peut-être quelque chose de plus important,
06:12d'imposer sa loi, finalement.
06:13Mais ça peut aller jusqu'à le début d'une police des mœurs
06:17qui existe dans certains pays musulmans.
06:22L'exemple est bien choisi parce que c'est totalement l'idée, là.
06:25C'est l'idée de ne pas montrer des choses
06:29qui heurtent un sentiment religieux ou des convictions religieuses.
06:34La vraie question, c'est que nous sommes en France,
06:36nous ne sommes pas dans une république islamique.
06:40Nous sommes en France.
06:41En France, il y a des principes, c'est la laïcité.
06:43La laïcité, c'est aussi le droit au blasphème.
06:46C'est aussi tout un corpus idéologique
06:48qui est libre à ces gens-là de ne pas regarder aussi
06:52mais imposé à une catégorie de population indifférenciée.
06:57Parce que là, il y a des musulmans, des chrétiens,
07:00des gens qui ne pratiquent pas,
07:03qui se voient privés de ce film.
07:07Encore une fois, je vous dis,
07:09ce n'est pas un film qui est choquant d'un point de vue,
07:12comment on n'y montre pas, de la pornographie.
07:15C'est beaucoup moins.
07:15Je me souviens, par exemple,
07:16il y avait un film extrêmement choquant dans les années 80
07:19qu'on n'avait pas demandé son retrait
07:21qui s'appelait Les Nuits Fauves.
07:23Je ne sais pas si vous vous souvenez,
07:24qui montrait l'itinéraire d'un homosexuel.
07:28Ce film-là, à l'époque, à mon sens,
07:31a été passé dans plein de cinémas.
07:33Personne n'avait demandé son retrait.
07:35Là, on est dans un film
07:37qui est, on va dire, un clin d'œil.
07:40C'est effectivement un film qui met en avant les femmes,
07:42qui diminue les hommes.
07:44Là aussi, c'est vrai qu'au niveau de certains,
07:46ça crée débat, ça peut faire débat,
07:49mais la liberté d'expression, c'est...
07:51C'est ça l'intérêt.
07:52Mais les bâtes, on n'est pas dans leur logiciel.
07:54Honnêtement, quand j'ai appris cette information,
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