00:00Derrière les bananes, un cliché colonial.
00:03Joséphine Baker, icône ou caricature coloniale ?
00:09On la connaît pour sa ceinture de banane, son sourire éclatant et ses danses dans le Paris des années 1920.
00:18Mais pourquoi Joséphine Baker, femme afro-américaine, est-elle devenue un symbole d'exotisme dans la France coloniale ?
00:25Dans les années folles, Paris est fasciné par l'exotisme.
00:30On parle bien sûr d'exposition coloniale, dans les publicités, les spectacles, tout met en scène l'Afrique comme un continent sauvage, sensuel, primitif.
00:41Comme c'est écrit dans cet ouvrage, Marianne était aussi noire, je cite,
00:45« Sous les traits de banane, elle accomplissait, incarnait et tendait tangible, selon le mot d'Emmanuel Macron, la forêt vierge et le modernisme. »
00:54Et c'est à la page 13.
00:55Autrement dit, on la figeait dans un rôle qui mélangeait fantasmes sexuels, colonialisme et modernité artificielle.
01:04Vous comprenez ?
01:05Sa fameuse ceinture de banane n'est pas un choix neutre.
01:09Le livre rappelle qu'elle alimentait chez les élites urbaines françaises l'association des corps noirs, masculin ou féminin, à la lassivité, à la sensualité et toujours à la primitivité.
01:22Et ça, c'est dit encore une fois à la page 13.
01:24C'est un objet de divertissement, mais aussi un outil de stéréotype racial, renvoyant la femme noire à un corps tropical consommable, exactement comme on consommait les colonies.
01:35Josephine Baker a utilisé ce rôle imposé comme un tremplin vers la célébrité.
01:41Mais ce succès reposait sur des codes raciaux et coloniaux.
01:46Comme l'explique encore très bien le livre, elle s'inscrivait dans une tradition d'image coloniale qui associait la femme noire au plaisir masculin blanc, à la nature et à l'instinct.
01:58Ce n'est que plus tard qu'elle a inversé les attentes en devenant résistante, militante et figure internationale.
02:05Josephine Baker reste un paradoxe, pionnière dans l'accès à la scène et dans son engagement, mais façonné au départ par un imaginaire colonial.
02:16Comme le rappelle encore une fois l'ouvrage, elle incarnait le double stéréotype, à la fois la modernité américaine et l'exotisme colonial.
02:23Toujours à la page 13.
02:24Admirer Josephine Baker, oui, mais il faut aussi comprendre que son image publique fut construite par un pari colonial fasciné par la caricature.
02:35Ce n'est pas juste une histoire de cabaret, c'est la preuve que le racisme sait se déguiser en divertissement.
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