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  • il y a 6 mois
L'initiative de François Bayrou est de vouloir passer la mesure sur la suppression de deux jours fériés. Il s'en est expliqué il y a quelques jours dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux. On en parle avec : Alexis Cuvillier, chef adjoint du service politique BFMTV. Catherine Giraud, secrétaire confédérale de la CGT. Et Daniel Labaronne, député "Ensemble pour la République” d'Indre-et-Loire.

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Transcription
00:00qui est de vouloir absolument faire passer cette mesure sur la suppression de deux jours fériés.
00:04Il s'en est expliqué il y a quelques jours dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux.
00:09Produire plus, ça veut dire que le pays travaille plus, qu'il a plus d'activités.
00:15Et c'est à partir de cette idée que j'ai proposée, l'idée controversée,
00:18qui a fait beaucoup de commentaires, de restreindre le nombre des jours fériés.
00:24Je suis tout à fait ouvert sur de quels jours il s'agit.
00:27Si on travaille un jour de plus ou deux jours de plus,
00:31alors ça veut dire que le pays tout entier produit plus.
00:34Je sais bien que ça a suscité beaucoup de commentaires et beaucoup d'opposition.
00:40Mais en vérité, si c'est un effort de cet ordre qui permet de sortir des difficultés qu'on rencontre
00:47ou qui nous aide à sortir des difficultés qu'on rencontre,
00:50je trouve que c'est un effort acceptable.
00:54Acceptable, ça c'est à voir.
00:55Parce que pour le moment, ce ne sont que des réponses négatives qui arrivent pour François Bayrou, Alexis Cuvillier.
01:01C'est-à-dire que là, c'est la méthode Bayrou.
01:03Il l'avait dit juste avant le début de l'été, les deux jours fériés pour faire des économies,
01:07faire des rentrées d'argent, faire en sorte que les Français travaillent un peu plus.
01:11Et puis là, au cœur de l'été, il dit de nouveau aux partenaires sociaux,
01:14c'est comme la méthode conclave.
01:15Tenez, vous me dites ce que vous en pensez.
01:17Si c'est oui, je vous donne encore du temps de discussion.
01:20C'est la méthode Bayrou.
01:20D'abord, ce que l'on comprend dans ce document d'orientation,
01:24c'est que ce principe de renoncer, de sacrifier deux jours fériés dans l'année à venir,
01:31c'est toujours quelque chose qui tient au Premier ministre.
01:34Là-dessus, il n'a pas varié, même si parfois, dans certaines expressions,
01:38notamment à l'oral, c'est par exemple le cas de celle que l'on vient d'entendre,
01:42il dit que le choix des jours peut lui évoluer.
01:44Vous savez qu'on parle du lundi de Pâques et du 8 mai.
01:46Là-dessus, il dit que ça peut être d'autres jours, si d'autres propositions font l'unanimité,
01:51voire peut-être même un seul jour, si des solutions sont trouvées
01:55pour réussir à atteindre l'économie qui serait dégagée, selon Matignon,
02:00par cette suppression de deux jours fériés,
02:03une économie d'environ 4 milliards d'euros, selon cette estimation.
02:07Et puis, vous avez raison, il y a le rappel de la méthode.
02:11Ce document d'orientation qui est envoyé aux partenaires sociaux en plein mois d'août,
02:15des partenaires sociaux qui, évidemment, ne sont pas ravis d'y lire ce qui figure,
02:21en comprenant que le Premier ministre souhaite, en effet, aller jusqu'au bout de cet effort.
02:27Parmi d'autres, il y a maintenant, du côté des partenaires sociaux,
02:32cette possibilité pour eux ou d'accepter le débat ou de le refuser.
02:36Le Premier ministre laisse jusqu'au 1er septembre aux partenaires sociaux
02:39pour s'exprimer à ce sujet.
02:40Puis, dans un deuxième temps, s'ils acceptent de venir discuter, de venir négocier,
02:46eh bien, il y aura une phase de débat qui s'ouvrira jusqu'au 30 septembre.
02:50Ensuite, nous serons dans le temps davantage parlementaire.
02:54J'allais dire même la dernière ligne droite pour le Premier ministre,
02:56puisque on sait que le budget, les projets de budget sont attendus à l'Assemblée en octobre.
03:00Ça s'annonce extrêmement tendu pour le Premier ministre.
03:04De toutes parts, dans toutes les oppositions politiques, encore Marine Le Pen aujourd'hui,
03:08on dit à quel point la mesure sur les jours fériés ne fait pas l'unanimité.
03:12On va voir justement ce qu'a écrit Marine Le Pen aujourd'hui sur les réseaux sociaux.
03:17Réponse à François Bayrou, vous allez voir, ça tient en quelques lignes, en quelques mots.
03:21C'est très clair, voilà ce qu'elle dit.
03:23Comme je le craignais, le salaire des deux jours fériés supprimés sera confisqué par le gouvernement
03:27pour alimenter le tonneau des danaïdes, des gaspillages publics.
03:30C'est hors de question.
03:31Trop de travail mérite salaire, puisque oui, dans la proposition,
03:34il est bien précisé que les salariés mensualisés, les agents publics,
03:38ne seront pas rémunérés davantage et que, pour le secteur public,
03:42la contribution sera affectée au budget de l'État.
03:45Bonsoir, vous faites partie des partenaires sociaux.
03:48Vous avez déchiré le document de François Bayrou et mis à la poubelle déjà ?
03:51Ah non, on ne l'a pas déchiré.
03:52La CGT est fortement, évidemment, opposée à la proposition.
03:55C'est scandaleux de vouloir faire travailler les salariés deux jours de plus sans les rémunérer,
04:03alors qu'on nous a déjà pris deux années sur notre retraite.
04:08Donc, voilà, pour nous, c'est scandaleux.
04:11Nous, on a un temps démocratique à la CGT.
04:13On décide avec nos organisations.
04:16Vous allez quand même étudier la proposition.
04:17On n'a pas grand-chose à étudier parce qu'en gros, on nous dit, vous allez négocier peut-être les jours à choisir,
04:23mais de toute façon, ça sera deux jours à travailler de plus.
04:27Donc, qu'est-ce qu'on nous propose de négocier de la régression ?
04:30Bon, on va quand même consulter nos organisations parce qu'on est une organisation démocratique.
04:34On a aussi des échanges avec les autres organisations syndicales,
04:38puisque ce qui serait bien, c'est de faire un front syndical, effectivement, pour montrer notre opposition.
04:43Donc, ça, on n'en décidera pas seul, mais déjà, il y a une pétition en ligne contre toutes ces propositions du gouvernement.
04:50Même du côté du patronat, on n'est pas franchement pour cette proposition, sur le coût des jours fériés.
04:54Apparemment, notamment chez les petits patrons, oui, mais on peut comprendre,
04:58parce que ça va vraiment être quelque chose qui va être favorable pour les plus grosses entreprises,
05:03parce que quand on dit que ça va rapporter de l'argent à l'État,
05:06en fait, ça va d'abord rapporter de l'argent aux entreprises qui vont faire des bénéfices,
05:10et qui vont reverser une partie, une partie de ces bénéfices.
05:15On ne sait pas encore exactement quelle proportion, à hauteur, nous dit-on, de 4 milliards d'euros.
05:20Mais du coup, c'est encore un joli cadeau qu'on fait aux patronats et aux plus grands groupes,
05:25qui bénéficient déjà de 211 milliards d'exonérations, d'aides sans contrepartie chaque année.
05:33Donc, vous dites, de l'argent, il y en a, et on sait où le trouver, en fait, c'est ce que vous dites.
05:36Mais Alexis Cuvillier, au sein même de la famille politique de François Bayrou,
05:41il y a fracture sur cette histoire.
05:43Quand vous discutez au téléphone et vous le faites avec des députés,
05:46des élus Modem, Renaissance ou autres, ils sont assez divisés là-dessus.
05:51D'abord, il y a une vraie diversion de points de vue, différence de points de vue
05:56entre le Modem de François Bayrou et les Républicains,
05:59de Bruno Retailleau, de François-Xavier Bellamy,
06:02autant de personnalités qui ont dit à quel point elles étaient mal à l'aise
06:06avec cette mesure sur les jours fériés,
06:09parce qu'ils estiment, selon leur analyse,
06:12qu'elle est une demande supplémentaire pour un certain nombre de Français
06:16qui travaillent et à qui on demande beaucoup
06:19et qu'un effort important est demandé.
06:21Il y a une forme, c'est complètement indépendant
06:24des clivages politiques que nous connaissons,
06:26il y a une forme de convergence de points de vue
06:28entre différentes oppositions, que ce soit du côté de la gauche,
06:31du côté de la droite et on l'a vu du côté du Rassemblement national,
06:34sur le fait que certaines économies sont demandées
06:38de façon trop importante à certaines catégories de population
06:41et pas assez sur d'autres.
06:43C'est vrai pour les plus fortunés,
06:45vous savez à quel point la gauche notamment a jugé
06:48que la copie de François Bayrou mi-juillet
06:51ne ciblait pas assez les personnes plus fortunées
06:55et donc là-dessus, il y a une demande d'évolution qui est demandée.
07:00Après, toute la question, c'est d'ailleurs un peu la question
07:03que je voulais vous poser aussi, madame,
07:05c'est quelles seront les marges de négociation ?
07:08Parce qu'on sait que François Bayrou, dans son logiciel,
07:11il a cette capacité, cette volonté, en tout cas il l'affiche,
07:15est-ce qu'elle est sincère ?
07:16Il affiche cette volonté de discuter, de négocier.
07:19Est-ce qu'il n'y a pas des choses qui peuvent bouger dans cette copie ?
07:22Ça, c'est une réalité.
07:23En fait, tout dépend de ce qu'on nous propose de négocier.
07:26Là, dans la lettre de mission, c'est clair,
07:29en gros, on nous propose de négocier deux jours de moins
07:32ou deux jours de travail en plus d'ailleurs.
07:36Donc, si c'est ça la marge de manœuvre,
07:39juste savoir si c'est PAC, si c'est 8 mai, si c'est…
07:43Pas de jour férié, c'est hors de question, quel qu'il soit.
07:46Pour nous, ce n'est pas de la négociation.
07:48Il faudrait quand même qu'on entende un peu le son de cloche pro-gouvernement,
07:52ou plutôt pro-mesure.
07:53C'est Daniel Labaronne, qui est député ensemble pour la République d'Indre-et-Loire,
07:57qui est avec nous.
07:57Bonsoir.
07:58Expliquez-nous pourquoi vous êtes plutôt, vous, en faveur de cette mesure, alors ?
08:03Alors, écoutez, d'abord, peut-être rappeler deux principes.
08:05Le premier, c'est que moi, je suis très attaché à la valeur travail.
08:08Et quand on travaille plus, je considère qu'il faut qu'on soit mieux rémunéré,
08:12qu'on ait une rémunération supérieure.
08:16Et puis, je suis attaché aussi à l'idée que, plutôt que de payer plus d'impôts,
08:20il faut sans doute que notre pays travaille plus.
08:21Sur la base de ces deux principes-là, moi, j'observe cette proposition de suppression
08:29de deux jours fériés avec intérêt.
08:31Mais je crois qu'elle doit s'accompagner de mesures compensatrices sur le plan de la
08:35rémunération.
08:36Et je crois qu'il faut qu'elle soit clairement expliquée.
08:41Et que la contrepartie, c'est qu'on travaille plus, mais on paye moins d'impôts.
08:45Ah oui, ça, c'est la proposition que vous faites.
08:47On va écouter le point de vue patronal dans cette histoire.
08:52Et c'est Jean-Guilhem Daré qui est avec nous, qui représente les entreprises, les TPE.
08:57Bonsoir, M. Daré.
08:58Merci d'être avec nous.
09:00Vous êtes pour ou contre ces deux jours fériés, alors, supprimés ?
09:05Nous, nous avons interrogé nos adhérents au travers d'une enquête,
09:09d'où il résulte que 72% d'entre eux sont contre cette mesure.
09:13Pour différentes raisons.
09:14La première, c'est qu'on peut l'habiller comme on le veut.
09:17Il s'agira en tout état de cause d'une nouvelle taxe sur les salaires.
09:21La deuxième raison, c'est que ce n'est pas dans l'ADN des artisans, des commerçants, des dirigeants de TPE
09:26de faire travailler leurs salariés gratuitement.
09:30Et la troisième raison, c'est qu'ils n'ont pas envie eux-mêmes,
09:32parce qu'il faudrait qu'ils soient présents dans l'entreprise,
09:35de travailler deux jours de plus dans l'année,
09:37alors même qu'ils travaillent déjà 48 heures par semaine.
09:39Donc, c'est une proposition qui est très nettement rejetée.
09:45Donc, pour vous, aujourd'hui, ce n'est même pas la peine d'en discuter ?
09:48Ce dont on peut discuter, c'est, parce qu'il y a un problème, on le sait,
09:54c'est du temps de travail en France.
09:56Mais on doit discuter du temps de travail hebdomadaire.
10:00Par exemple, si on augmente le temps de travail d'une heure par semaine,
10:05on a un rendement trois fois supérieur à ce qui est proposé par le Premier ministre,
10:09puisqu'on travaille environ 42 semaines par an.
10:13Alors, quand je parle de rendement, il faut savoir qu'encore une fois,
10:16les chefs d'entreprise, en tout cas ceux des TPE, sont pour payer ces heures.
10:21Parce que ce qu'ils veulent, c'est une augmentation du pouvoir d'achat
10:24de leurs salariés et donc des consommateurs.
10:27Et par effet induit, il y aura nécessairement plus de cotisations
10:31et le budget de l'État s'en portera mieux.
10:35Daniel Labaronne, justement, puisque vous êtes avec nous, député,
10:37pourquoi essayer de faire, vouloir faire passer une mesure
10:41qui en plus risque de vous emmener vers la censure,
10:44là sur les deux jours fériés, et vous mettre à dos tout le monde ?
10:47Pourquoi ne pas plutôt discuter, effectivement,
10:50temps de travail, comme le dit à l'instance,
10:52ce représentant des entreprises ?
10:55Le Premier ministre a ouvert le dialogue,
10:58a proposé aux partenaires sociaux de discuter de cette mesure.
11:02Là, j'entends des contre-mesures que j'approuve, pour ma part,
11:07puisque l'idée, c'est lorsqu'on travaille plus, il faut gagner plus.
11:12Et votre interlocuteur disait que ce n'est pas dans l'ADN des artisans
11:16que de faire travailler plus sans donner une rémunération supplémentaire.
11:21– C'est dans l'ADN de personnes, si on demande à travailler plus,
11:25on est payé, tout travail mérite salaire.
11:27– Oui, mais là, dans la proposition du Premier ministre, j'ai bien compris,
11:33ces jours fériés supprimés ne s'accompagneraient pas
11:36d'une augmentation de rémunération.
11:39C'est-à-dire que ce seraient deux jours donnés, en quelque sorte,
11:42par les salariés ou les travailleurs indépendants.
11:44– Pourquoi est-ce qu'on donnerait deux jours durant lesquels on vient travailler ?
11:50Enfin, ça n'existe pas.
11:52– Là, on peut peut-être avoir une démarche qui prend en compte l'intérêt collectif.
12:00L'idée, c'est qu'il faut travailler plus pour produire plus,
12:04pour avoir plus d'emplois, pour permettre d'avoir des recettes fiscales,
12:08puisque si on produit plus, on prend plus.
12:09– Vous êtes en train de faire un impôt déguisé qui ne dit pas son nom.
12:13– Non, non, non, pas du tout.
12:14– Si vous produisez plus, et si vous vendez plus,
12:19on peut s'attendre à avoir plus d'impôts sur les sociétés
12:21qui rentrent dans les caisses de l'État.
12:23On peut s'attendre à ce qu'il y ait plus de TVA
12:25qui rentre également dans les caisses de l'État.
12:28Ce n'est pas un impôt déguisé.
12:30Ça veut dire qu'il y aura plus de richesses créées
12:32grâce à ces deux jours fériés supprimés,
12:35et donc plus de richesses, plus d'impôts sur les sociétés,
12:37d'impôts sur le revenu et d'impôts liés à la TVA.
12:40– Alors, merci à tous d'avoir commencé le débat.
12:43– On a une pétition en ligne,
12:45on a vu que les salariés à la signer,
12:46à se mobiliser dès la rentrée
12:48contre toutes les propositions régressives du gouvernement.
12:52– Dans tous les cas, on voit bien que le débat ne fait que commencer,
12:54ce qui l'emmènera vers la censure François Bayrou.
12:56Le Rassemblement National a d'ores et d'agir,
12:58d'ores déjà dit que ça ne passerait pas avec lui.
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