00:00Les actualités françaises, au cœur de l'été, elle est sociale et politique avec ce que prépare le Premier ministre François Bayrou.
00:07Il prépare des coupes, peut-être dans les dépenses sociales, avec une hausse des franchises,
00:14moins d'indemnités pour les chômeurs ou plutôt conditionnés à des travaux, à un travail plus long.
00:19On a aussi la question des jours fériés.
00:22Il remet ça entre les mains des partenaires sociaux et se défend de tout passage en force.
00:26François Bayrou, c'est ce qu'il a répondu à Sophie Binet de la CGT.
00:30Sophie Binet a écrit que dans ces très grands mouvements de réforme que nous portons,
00:40le gouvernement choisissait de passer en force.
00:43Je pense qu'à côté de la démocratie politique, qui a tout son rôle,
00:48la démocratie sociale doit elle aussi prendre toute sa part de responsabilité.
00:55Pas de passage en force, la démocratie sociale doit prendre sa part de responsabilité.
00:59Au final, c'est le Parlement qui aura le dernier mot.
01:01Ça, il ne cesse de le répéter, François Bayrou.
01:03Enfin là, avec ses dossiers, il est en train de monter un front contre lui, le chef du gouvernement.
01:08C'est un calendrier assez inhabituel auquel on assiste,
01:11avec un Premier ministre qui, au cœur de l'été, est dans un format assez inédit.
01:16Il a lui-même choisi ce format de podcast et de vidéo.
01:19s'adresse très régulièrement à plusieurs reprises sur son projet de budget,
01:24alors que, évidemment, les Français ont pour beaucoup la tête un peu ailleurs.
01:30Et évidemment, c'est une méthode qui braque les partenaires sociaux,
01:34parce que, d'abord, le Premier ministre leur demande de s'exprimer rapidement sur
01:38« oui ou non, accepte-t-il de venir débattre avec lui, avec le gouvernement,
01:42sur la question des jours fériés ».
01:45Il leur laisse un délai assez limité d'ici le 1er septembre.
01:49Il y a d'abord ce sujet-là.
01:50Et puis ensuite, il y a le sujet de la façon dont les annonces
01:54qui ont été faites mi-juillet sont traduites.
01:57Ces documents d'orientation qui sont reçus au cœur de l'été
02:00sur le sujet, on le disait, des jours fériés,
02:03qui inquiètent évidemment les partenaires sociaux.
02:06Ces décrets qui se préparent sur la question sensible des franchises médicales.
02:12Le reste à payer pour les patients.
02:15Autant de dossiers qui alertent, et j'oubliais le dossier aussi sensible
02:19de l'assurance chômage, maintes fois renégociés
02:22et que le ministère du Travail veut remettre sur le chantier.
02:25On va en parler avec Jean-Claude Mailly, l'ancien secrétaire général
02:28du syndicat France Ouvrière.
02:29Bonsoir, M. Mailly.
02:29Bonsoir.
02:30Déjà, sur la forme, sur ce que disait Alexis, vous aviez connu ça ?
02:33Au cœur de l'été, un Premier ministre qui donne des pistes,
02:37des rendez-vous aux partenaires sociaux ?
02:39Pas comme ça, non.
02:39Il y a eu des décrets parfois pris en plein été,
02:43notamment, je me souviens...
02:45Baladur sur 93, ça je me souviens.
02:48Emmanuel Macron, quand il est arrivé,
02:51on a dû, à l'époque j'étais encore en responsabilité,
02:53on a négocié tout l'été sur le travail, la réforme du travail, etc.
02:57Mais sinon, de cette manière-là, non.
03:00Moi, politiquement, je pense qu'il veut aller dans le mur volontairement,
03:03il veut s'arrêter, Bérou.
03:04Ah bon ?
03:05Non, non, non, je ne vois pas pourquoi.
03:07La manière dont il procède, lui qui se dit...
03:11Depuis des années, les deux problèmes principaux qu'il évoque, c'est la dette.
03:15Bon, là, il sort un schéma, mais franchement, quand on regarde,
03:19quand on fait la liste, vous avez cité la santé, l'assurance chômage,
03:23les retraites, etc.
03:24Ça fait beaucoup, ça fait beaucoup sur les personnes.
03:27Et avec un sentiment global d'inéquité.
03:31Rien pour les entreprises, rien pour les plus riches, etc.
03:34Donc, c'est un choix.
03:36Ou alors, il s'est planté, et là, j'ai envie de dire,
03:39malheureusement que Marielle de Sarnay n'est plus là,
03:41parce qu'elle était vraiment une bonne conseillère.
03:43Ou alors, c'est un choix délibéré.
03:45Voilà.
03:45Et pourquoi ce serait ce choix délibéré ?
03:47Parce qu'entre la censure, etc., il tombait sur la dette.
03:51Voilà, mais alors qu'il a d'autres schémas pour réduire la dette que ça.
03:55En plus, sur la démocratie sociale, il répond mal à Sophie Binet.
03:58Pourtant, c'est aux partenaires sociaux qu'il dit,
04:00écoutez, mettez-vous d'accord, voilà mes pistes de travail,
04:02réfléchissez-y, si vous me dites oui,
04:04eh bien, ensuite, on discute.
04:05Non, non.
04:07Il dit, voilà, il faut deux jours fériés.
04:09Vous pouvez discuter des jours, à la limite,
04:12les bons ou pas, regardez comment vous faites, etc.
04:15Mais il faut discuter là-dessus.
04:16Attendez, les syndicats, historiquement,
04:19ne répondent pas aux coups de sifflet, quoi.
04:20Mais c'est pareil du côté de l'assurance chômage.
04:23Ça fait la deuxième fois, la première fois, c'était Macron en 2018,
04:27qui a chamboulé, qui a tout fait pour que la négociation ne marche pas.
04:31Et là, qu'est-ce qu'ils font sur l'assurance chômage ?
04:33Il y a un accord qui date de l'automne 2024, qui est valable 4 ans.
04:36Et on leur dit, ben voilà, c'est pas suffisant,
04:37il faut que vous trouviez 4 milliards d'économies.
04:39Ça ne peut pas marcher.
04:40Sur l'assurance chômage, ce qui vaut...
04:42Pardon, Alexis.
04:44En fait, aujourd'hui, la Convention stipule qu'il faut avoir travaillé 6 mois
04:47au cours des 2 dernières années.
04:48Oui, ils veulent durcir.
04:48Et là, l'idée, ce serait de passer peut-être à 9 mois de travail,
04:51à 9 mois de travail sur une durée plus courte,
04:54qui serait de 20 mois au lieu de 24 mois.
04:56Oui, oui.
04:56Et François Baroud, il va vous dire, c'est ce qui se passe,
04:58notamment chez nos voisins de Suisse ou Portugais.
05:00C'est assez le coup classique de faire des comparaisons.
05:02Vous savez, en international, moi, je me méfie toujours des comparaisons
05:05de manière ou d'une autre.
05:06Donc, on s'est incité à retrouver plus rapidement un emploi.
05:08Mais ça ne marche pas.
05:09Écoutez, aucun économiste sérieux n'a fait la démonstration aujourd'hui
05:14que de durcir les conditions pour les chômeurs,
05:16ça les aide à retrouver du boulot.
05:18Il y a un chercheur qui a sorti ce matin
05:21le niveau moyen de revenus de toutes les catégories de Français.
05:25Quel est le niveau moyen de revenus le plus bas ?
05:27Ce sont les chômeurs.
05:28Il faut arrêter, la majorité des allocations sont très basses et tout.
05:31Non, franchement, ce n'est pas sérieux.
05:33La méthode n'est pas sérieuse.
05:35Non, la méthode n'est pas sérieuse.
05:36Et les dossiers pris, ce n'est pas sérieux.
05:38Ce n'est pas cela qu'il faut prendre.
05:39Écoutez, historiquement, mon expérience,
05:41quand vous avez tous les syndicats, sans exception,
05:44qui ne sont pas d'accord, attention.
05:46Il y a une petite lumière qui doit s'allumer.
05:48Attention quand vous en avez deux qui râlent et puis trois,
05:50peu importe.
05:51Mais là, c'est tous les syndicats qui sont complètement désaccord.
05:53Je ne sais pas ce qu'ils feront.
05:54Ils se voient le 1er septembre.
05:55Vous avez ce truc, je ne sais pas ce que ça donnera du 17 ans, etc.
05:58L'appel au blocage.
05:59Oui, je ne sais pas ce que ça va donner, c'est autre chose.
06:02Mais moi, je veux dire, attention.
06:04On dit toujours, l'été, la rentrée va être chaude.
06:07Là, franchement, attention.
06:08Et c'est pour ça que je ne comprends pas l'attitude de François Béroud.
06:12Ce n'est pas parce qu'il est devenu youtubeur que ça marche.
06:15Dans les scénarios que vous imaginez,
06:17vous n'anticipez pas la possibilité qu'il y ait, d'une certaine façon,
06:21une manœuvre, c'est-à-dire que le Premier ministre
06:24mette en avant beaucoup de choses,
06:25pour qu'à la fin, au final, une négociation se mette en place,
06:29que des choses disparaissent du projet.
06:31Est-ce que ce n'est pas une façon, quelque part, pour lui,
06:33peut-être de tirer la sonnette d'alarme
06:36et de dire à tout le monde, il nous faut faire des efforts ?
06:38Depuis qu'il est arrivé, il tire la sonnette d'alarme.
06:41Ils en rajoutent, d'ailleurs.
06:42Je ne dis pas qu'il n'y a pas de problème de dette.
06:43Moi, je pense qu'il y a un vrai problème de dette,
06:45qu'il faut la réduire, etc.
06:46Mais les exigences du côté européen, ce n'est pas 40, c'est 25.
06:50Voilà, donc les 25 sont à peu près couverts
06:53par tout ce qu'il a annoncé là, malheureusement.
06:55Oui, il a déjà reculé, puisqu'il a dit aux Alsaciens,
06:59vous n'inquiétez pas, vous, vous n'aurez pas deux jours en moins.
07:01Deux jours fériés supplémentaires.
07:02Oui, mais il n'en supprime pas.
07:04Mais il n'en supprime pas, oui, tout à fait.
07:06Mais il a reculé, là.
07:07Il a dit, ah ben non, vous n'êtes pas concerné.
07:09Enfin, si c'est ça son objectif,
07:11écoutez, moi, on ne négocie pas comme ça.
07:13Ce n'est pas Donald Trump, quoi, je veux dire, c'est autre chose.
07:16Mais aujourd'hui, François Bayrou,
07:18vous pensez qu'il passera la fin de l'année ?
07:20Je ne pense pas, moi.
07:22Alors après, il y aura le débat au Parlement,
07:23il y aura censure ou pas censure.
07:25Mais franchement, je ne comprends pas
07:28pour quelqu'un qui se dit depuis toujours
07:30attaché à la démocratie sociale,
07:32qu'il ne la respecte pas, concrètement, il ne la respecte pas.
07:35Alors je me dis, pourquoi il fait ça ?
07:36Alors s'il fait ça, c'est peut-être qu'il veut tomber.
07:39Comme Mendes France, sauf que Mendes France,
07:41avant de tomber, il avait fait beaucoup de réformes.
07:42Mais est-ce que, oui, à l'époque,
07:45il avait réussi à les faire.
07:46Il n'a pas de majorité, quoi.
07:47Oui, d'accord, je suis d'accord.
07:50Lorsque le ministre de la Santé dit
07:52que la santé, ça a un prix,
07:53mais ça n'a pas de prix,
07:55mais ça a surtout un coût.
07:57Vous êtes d'accord avec cette petite phrase ?
07:59C'est pour ça qu'ils envisagent,
08:01notamment, de monter la franchise,
08:03de moins rembourser certains médicaments.
08:05En fait, ils peuvent dire tout ce qu'ils veulent.
08:07Ils cherchent de l'argent.
08:08Il y a 3 300 milliards de dettes.
08:10Oui, mais écoutez, il y a des choses à faire.
08:14Je vais prendre un seul exemple.
08:15Si vous réduisez les exonérations de cotisations patronales,
08:18qui aujourd'hui sont décrescendo jusqu'à 1,6 000...
08:21Moi, on dit qu'on ne peut pas toucher à l'activité.
08:23Oui, mais c'est passé de 1,6 à 1,4.
08:25Beaucoup d'économistes le disent.
08:27Même certains de la majorité ancienne le disent.
08:30Ça, c'est à peu près 10 milliards d'économies.
08:32Il ne faut surtout pas aller là-dessus.
08:34Donc, on ressort...
08:35Attendez, moi, ça fait quand même 30 ans
08:37qu'on entend les mêmes signoles.
08:39Les 4 milliards des jours fériés,
08:40des 2 jours fériés pour vous,
08:41c'est une aberration.
08:42Ça veut dire quoi ?
08:46Ça veut dire concrètement
08:47que les entreprises vont y gagner 4 milliards.
08:49Grosso modo, elles payent des cotisations,
08:50mais elles auront des gens qui travailleront
08:52sans elles payer particulièrement en plus.
08:56Du côté de l'État,
08:56ils vont récupérer 4 milliards.
08:58Ça veut dire que quand vous prenez mesure par mesure,
09:01ça va accroître les inégalités.
09:03Et ce que je crains, moi,
09:04c'est qu'on discute.
09:05Moi, je discute aussi avec les uns et les autres.
09:07Je ne parle pas des syndicats,
09:08mais les gens ont un sentiment profond d'inéquité.
09:12Voilà, c'est toujours sur nous que ça tombe.
09:14Eh bien, ça, il faut faire attention.
09:15Vous parlez de discussion à l'instant.
09:16Est-ce que vous pensez que les organisations syndicales
09:19ont intérêt tout de même d'aller dire
09:22à François Bayrou et au gouvernement
09:23leurs désaccords profonds ?
09:24C'est-à-dire d'une certaine façon
09:26d'accepter de discuter ?
09:28Le Premier ministre a fixé des échéances
09:29le 1er septembre, le 30 septembre.
09:31Ou alors, est-ce qu'il faut d'ores et déjà
09:32que ces organisations syndicales disent
09:34« Cette fois-ci, c'est terminé,
09:36on ne saisit plus la main. »
09:38Je ne suis plus un responsable syndical.
09:39Je ne prendrai pas de décision à leur place.
09:41Et c'est des avions conseils à donner.
09:42Ah, mais il faut être dur, là.
09:43Alors, je ne dis pas qu'il ne faut pas discuter.
09:45C'est ceux qui choisiront.
09:46Mais il faut dire que ce type de situation
09:47n'est pas acceptable.
09:49Voilà.
09:49On ne bafoue pas, comme ça,
09:51la démocratie sociale.
09:52On a un coup de sifflé.
09:53Enfin, lui qui se dit « attaché à un accord ».
09:56Il y a un accord interprofessionnel
09:57sur l'assurance chômage
09:58de novembre ou octobre 2024.
10:00November 2024, oui.
10:01Ça fait évalable 4 ans.
10:03Et puis, allez, remettez 100.
10:04Et puis, alors, vous allez discuter.
10:05Mais voilà ce à quoi vous devez aboutir.
10:07Comment voulez-vous que ça marche ?
10:09Ça ne peut pas marcher.
10:10Ça ne peut pas marcher.
10:11Ça ne peut pas marcher.
10:11D'autant plus qu'il n'y a pas de majorité au Parlement.
10:14Oui, mais justement,
10:15on pouvait imaginer aussi,
10:17dans un autre schéma,
10:18il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
10:20Donc, on s'est d'accord avec les partenaires sociaux.
10:22On essaie de se mettre d'accord avec eux.
10:23Et derrière, c'est plus simple.
10:24Bien sûr.
10:25Mais non, mais ce n'est pas le chemin
10:25qu'il a choisi.
10:26C'est pour ça que je me dis,
10:27peut-être que finalement,
10:28il en a marre d'être Premier ministre.
10:30Ou alors qu'il est dans une tactique,
10:32comme le disait Saint-Humillé.
10:32Ou alors une tactique,
10:33mais risquée, selon moi.
10:35Risquée.
10:35Risquée.
10:36Une tactique,
10:37ou au contraire,
10:37on pousse la barre très loin
10:38pour ensuite revenir,
10:40faire des concessions.
10:41C'est quelque chose
10:44qu'on a entendu dans la classe politique
10:45très vite après les annonces
10:47du 15 juillet dernier.
10:48C'est-à-dire qu'il y avait,
10:50dans la conférence de presse du 15 juillet,
10:51quelque chose d'assez fort.
10:53Tout le monde le disait.
10:55Des annonces qui étaient fortes,
10:56qui ont marqué le symbole
10:57des deux jours fériés.
10:58Et donc beaucoup,
10:59y compris dans son camp,
11:00disaient,
11:01il y a des choses qui changeront,
11:02des choses qui bougeront.
11:04Peut-être,
11:05à la fin,
11:06il n'y aura peut-être
11:06qu'un seul jour férié
11:07de supprimer.
11:09C'est d'ailleurs ce que disait
11:09tout à l'heure sur ce plateau
11:11Richard Ramos,
11:12qui est un député de son parti.
11:14Mais c'est vrai
11:15que les partenaires sociaux
11:16ont des raisons de s'inquiéter,
11:17de voir que,
11:18pour l'instant,
11:19en tout cas,
11:19dans les documents d'orientation
11:21qui sont transmis,
11:22rien ne bouge.
11:23Merci Jean-Claude Bayer.
11:24Merci à vous.
11:24Merci Alexis Cuvillier.
11:26Merci Alexis Cuvillier.
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