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#Cinema #Film #Hollywood #Movie #Netflix #Popculture #Analyse #Critiquedefilm #Review #ReservoirVlog
Transcription
00:00Howard Hawks et Brian De Palma sont des réalisateurs qu'on ne présente plus.
00:03Ils ont tous deux su laisser leur marque dans l'histoire du cinéma grâce à leur savoir-faire unique
00:07et à leur incroyable efficacité en termes de mise en scène.
00:10Et c'est bien ce dont il sera question ici.
00:12On peut aisément dire que le Scarface de 1932 est un modèle du genre
00:15tant il posera les bases du film de gangsters et du film noir.
00:19Cette manière qu'a Howard Hawks de mettre en scène un succès tout aussi fulgurant que sa chute
00:23sera réutilisé à maintes reprises par les plus grands.
00:26Le rythme ultra soutenu, l'efficacité des scènes d'action,
00:28les transitions inspirées ne seront que quelques-unes des preuves, s'il en fallait,
00:32que Scarface a laissé sa marque au panthéon des films du genre.
00:36Alors pour revenir à son rythme, c'est ce qui fait toute la force du film.
00:38On ne perd pas une seule seconde dans Scarface. Hawks va droit au but.
00:42Son rythme oscille entre violence et brutalité et ne nous laisse aucun temps mort.
00:47Le film est pensé pour être aussi excitant et réaliste que possible.
00:49Il dresse le portrait d'une époque où cette violence était bien présente mais jamais montrée de la sorte.
00:54Car à cette époque, le cinéma se doit de rester loin de cette frontière entre fiction et réalité.
00:59Le public américain ne doit pas prendre en exemple ses brutes et encore moins comprendre leur fonctionnement.
01:04Voilà pourquoi le film commencera par cet écriteau.
01:07Voilà pourquoi il sera coupé par une scène de réunion totalement absurde.
01:10Voilà pourquoi Tony sera stoppé et abattu par la police.
01:13Voilà pourquoi l'affiche du film sera sous-titré « Shame of a Nation ».
01:17Mais le réalisateur et son producteur tiendront bon et permettront la naissance de ce bijou du cinéma américain
01:22qui engendrera lui-même un autre bijou réalisé par Brian De Palma
01:26qui pour le coup prendra complètement le contre-pied de son prédécesseur en termes de rythme et de mise en scène.
01:30Le Scarface de 1983 dure quasiment trois heures et se découpe en deux parties.
01:35Les débuts de Tony dans le monde de la drogue en tant que simple employé
01:38où le film prend son temps pour poser ses bases et développer les différents personnages
01:42puis son arrivée au sommet qui offrira à sa seconde partie un rythme ultra soutenu
01:46comme pour souligner l'ascension éphémère de Montana.
01:49Ces deux parties seront entrecoupées d'une séquence clipesque
01:51qui mettra en avant toute la décadence du nouveau roi de la drogue en Floride
01:54en pointant du doigt les problèmes de la société américaine des années 80
01:58qui ne voit la réussite qu'à travers la possession de biens matériels.
02:01Une transition qui dans le film de Ward Hawks prendra la forme d'une mitraillette en pleine action
02:05entrecoupée d'un calendrier
02:06qui soulignera une banalisation de la violence qui prend racine au fur et à mesure que le temps passe.
02:11Le film va aussi avoir ce rapport très particulier à la bestialité.
02:14Tony nous est introduit comme une sorte d'animal que les agents américains vont tenter de dompter.
02:18Et la caméra de De Palma ne s'y trompe pas.
02:20Elle fait le tour de la bête pour bien souligner l'enfermement.
02:23Elvira, sa femme sera introduite de la même manière
02:26enfermée dans cette prison transparente telle une bête en cage scrutée par Tony.
02:30La seconde partie du film qui met en image le succès du gangster continuera ce parallèle.
02:34La scène de la baignoire en est un bon exemple.
02:37L'entourage de Tony l'observe dans sa décadence.
02:39Puis s'en vont et laisse ce dernier seul dans cette baignoire.
02:43Il n'est plus dans la cage qu'on lui a imposé.
02:45Mais il sait créer sa propre cage.
02:46Plus agréable en apparence mais qu'il enferme dans cette illusion de réussite et de contrôle.
02:51Tony est quasi invisible.
02:5390% du cadre met en avant la luxure de son environnement.
02:55Et pour reprendre les mots de ce cher Tyler Dordone,
02:58c'est là que l'on prend conscience que ce qu'il possède a fini par le posséder.
03:02C'est là la force de ce remake.
03:04Il parvient à rester fidèle à l'original tout en se créant sa propre identité,
03:07tout en racontant son histoire découlant d'une époque qui lui est propre.
03:11On peut aussi s'en rendre compte graphiquement
03:13puisque le film laisse le genre noir et l'expressionnisme au placard
03:16pour nous ancrer à 300% dans l'atmosphère des années 80.
03:19La ringardise est volontaire, à l'image de la période, à l'image de Tony.
03:24Tout est lumineux, extravagant.
03:26Les maisons sont excessivement décorées.
03:28Les tenues sont excessivement colorées.
03:30Les voitures sont excessivement grandes.
03:32La musique est excessivement percutante.
03:34On est en plein dans l'ère Reagan
03:36où c'est la première impression, l'impression visuelle qui prédomine.
03:40Montre-moi ce que tu possèdes et je saurai qui tu es.
03:43Tout le contraire du Scarface de Hawks qui se veut esthétiquement plus sinistre.
03:46La lumière y est plus angoissante, l'atmosphère est pesante.
03:49Les signes extérieurs de richesse ne sont en aucun cas mis en avant.
03:52La montée en puissance de Tony Camonte,
03:54on la ressent à travers sa violence qui grandit en même temps que son pouvoir.
03:58Ça rend le film tout aussi marquant
03:59et ça permet de bien différencier deux époques
04:01qui se battent contre deux démons bien différents.
04:04Maintenant les deux films gardent quand même certains points communs.
04:06Notamment l'ironie du panneau The World Is Yours
04:09placé en face de l'appartement de Tony Camonte
04:11et qu'il distingue à travers sa fenêtre
04:13comme un rêve enfermé dans une vitrine d'illusion.
04:15inaccessible.
04:17Ou encore la même phrase que Tony Montana
04:19aperçoit et interprète comme un signe
04:21après avoir abattu son patron
04:22mais qui se déplace à travers ce dirigeable
04:24et que tout le monde peut voir.
04:26Résumant la promesse d'une réussite accessible à tous
04:28que l'Amérique exhibe fièrement
04:30et qui ne s'avère être qu'un leurre.
04:32Tony prendra ce message pour lui.
04:34Il se persuadera d'en être destiné.
04:35Et c'est ce qui causera sa perte.
Commentaires
21
HellsMakiil y a 4 mois
ouais c'était vraiment bien
Kikoo D. Boomil y a 4 mois
LE film est tellement bien mis en scène c'est dingue
sousou 616il y a 4 mois
Une mise en scène de qualité pour un film de qualité
zayroes.compteil y a 4 mois
c'est cool mais bon j'aurais pas vu ça comme ça
COFFEE BREAK GEEKil y a 4 mois
Sacré film celui ci
Matthias Amonail y a 4 mois
ah ouais donc le gars est trop fort
Chez Mouskoil y a 4 mois
Très bonne vidéo
SoXarDil y a 4 mois
Mon seule lien avec ce film c’est Zola
JKHRIS.il y a 4 mois
tellement incroyable
Atrandosil y a 4 mois
Sczrface tellement incroyable
Grourmayil y a 4 mois
Franchement oui!
Starkuss.il y a 4 mois
L'original je ne l'ai pas vu.
DoisJeLeVoiril y a 4 mois
The World Is Yours
Hatimil y a 4 mois
Vraiment l’une des bases de la pop culture !
Kratos et Joil y a 4 mois
Un film sacrément culte, ça c’est sûr ! Super intéressante la vidéo mec !
Mo_Vieil y a 4 mois
Très intéressant comme sujet
Merci pour cette vidéo
Spider-Koda 🕷il y a 4 mois
Incroyable vidéo
Lavisdebenil y a 4 mois
Ah bah là vraiment je suis totalement d’accord avec toi, je n’ai rien à redire
fload_tvil y a 4 mois
merci pour tous ces petits détails sur ce film

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