- il y a 5 mois
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00:0013h, 14h, Europe 1 13h
00:03Bon début d'après-midi à tous et bon appétit, peut-être vous êtes bien sur Europe 1 en compagnie de Michael Dorian et de ses invités
00:09Raphaël Steinville, directeur adjoint de la rédaction du JDD
00:12et Henri Guénaud, ancien commissaire général du plan, au plan pardon, et ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée
00:18C'est une information relayée par nos confrères de l'Opinion et publiée aujourd'hui qui fait polémique
00:24Le dernier conseil des ministres, le 30 juillet dernier, a été marqué par un échange intense entre Emmanuel Macron et son ministre des Outre-mer, Manuel Valls
00:32autour de la reconnaissance prochaine par la France d'un État palestinien
00:37Pour en parler, j'accueille Corinne Laïc, journaliste à l'Opinion, bonjour
00:40Bonjour
00:42Merci d'être avec nous en direct sur Europe 1 cet après-midi, vous êtes l'auteur de cet article publié aujourd'hui
00:49Avant de nous raconter ce qui s'est passé, les propos rapportés datent du 30 juillet, on le disait, datent du dernier conseil des ministres
00:56Il faut le préciser, alors pourquoi est-ce que cet article sort seulement maintenant ?
01:01Parce qu'il faut que le temps d'une information qui n'est pas destinée à être publiée
01:05puisque les conseils des ministres se déroulent en huis clos
01:07Et donc ce qui se dit reste secret, il faut qu'elle soit relayée par des sources que comptent les journalistes
01:15Et puis à partir de là que les journalistes fassent une contre-enquête pour bien vérifier que les choses ont été dites de la manière dont on nous l'a rapporté
01:24Voilà, donc c'est le temps de l'enquête
01:27Très bien, merci pour ces précisions
01:28Il n'y a pas d'autre raison que celle-là
01:31Que s'est-il dit alors lors de ce conseil des ministres qui fait autant réagir
01:36qui a notamment fait réagir le président du CRIF, Jonathan Arfi ?
01:40Oui, tout à fait
01:40Alors, vous avez bien expliqué, mais je voudrais recontextualiser ce qui s'est passé
01:45Un conseil des ministres se tient à huis clos
01:48A la fin d'un conseil des ministres, il y a une partie qui est réservée au débat
01:52Emmanuel Valls a demandé à prendre la parole pour expliciter sa position concernant la reconnaissance de l'État palestinien
02:00Il dit qu'il pourre la solution à deux États
02:03mais qu'il estime que dans le contexte actuel, elle n'est pas de mise
02:07dans la mesure où ça serait apporter une sorte de récompense ou de victoire au Hamas
02:13qui a déclenché l'opération terroriste relancée le 7 octobre
02:17et il dit que cela peut avoir des conséquences sur la relation diplomatique entre Israël et la France
02:23qui est déjà dégradée
02:24et une rupture de lien de confiance entre la France, l'État et la communauté juive
02:32qui est très fragilisée et en souffrance vu ce qui se passe depuis le 7 octobre
02:40et là-dessus, comme lui-même a dit que tous les Français juifs ne se reconnaissaient pas forcément dans la politique de Netanyahou
02:47Emmanuel Macron, qui lui a répondu dans un second temps, lui dit
02:51si tous les Français juifs ne se reconnaissent pas dans la politique de Netanyahou
02:55tous les Palestiniens ne sont pas des terroristes, il ne faut pas les essentialiser
03:00et c'est dans ce contexte qu'il prononce la phrase suivante que je mets entre guillemets dans mon article
03:06et c'est seulement cette phrase que je mets entre guillemets
03:08qui est l'histoire de la communauté juive, c'est l'universalisme
03:13il se trouve que, par ailleurs, un autre participant du Conseil des ministres
03:18qui connaît bien le Président
03:19qui n'est pas nommé dans l'article
03:21pardon ?
03:22qui n'est pas nommé, un autre participant qui n'est pas nommé dans l'article
03:25non, qui n'est pas nommé, qui a souhaité garder l'anonymat dans la mesure où personne n'est censé rapporter les propos
03:30qui se tiennent autour de la table
03:31sauf quand le Président décide d'en faire une communication par l'intermédiaire du porte-parole du gouvernement
03:36donc ce participant me dit que, selon lui, la pensée du Président de la République
03:41c'est qu'il existe une tendance de quelques-uns au sein de la communauté juive
03:46donc je dis bien de quelques-uns, à aller vers les plus radicaux
03:50et donc, j'en conclue qu'évidemment
03:52et donc, à oublier la part d'universalisme
03:55et c'est vrai que ces propos ont choqué Emmanuel Valls
03:58qui n'a rien dit sur le moment
04:00parce que quand le Président de la République a parlé
04:02on ne peut pas reprendre la parole après
04:04mais qui a été choqué
04:05et je sais que ça suscite des réactions
04:08dans la communauté juive
04:10dans la mesure où, effectivement, il y en a un fil
04:12le Président du CRIF
04:13a fait un long message
04:16sur X pour expliquer
04:17de remettre en question l'universalisme
04:20on ne le ferait pas avec les Français catholiques
04:26et que l'inquiétude que les Français juifs manifestent
04:32est celle de républicains et d'universalistes
04:34qui sont inquiets pour la France
04:36et pas seulement pour eux-mêmes
04:38Il dit exactement
04:39Si les propos du Président de la République
04:41en Conseil des ministres sont avérés
04:43il constitue un précédent inacceptable
04:44insinuer que la communauté juive
04:46ne serait pas fidèle à son universalisme
04:48c'est laisser penser que les Français juifs
04:50ne s'inscrivraient pas dans l'intérêt général
04:53Il dit aussi
04:54Si ces propos sont avérés
04:55ce que je ne veux croire
04:57il raisonne pour les Français juifs
04:58comme une profonde injustice
05:00Alors je rappelle que les propos avérés
05:05et assumés par Emmanuel Macron
05:07c'est l'histoire de la communauté juive
05:09c'est l'universalisme
05:10A partir de là
05:11on peut en déduire effectivement
05:13qu'il y a une espèce de petit rappel à l'ordre
05:15mais qui d'après le participant que j'ai cité
05:18ne concernerait que les personnes
05:21de la communauté juive
05:22qui s'éloignent de cette règle
05:24en adoptant des positions radicales
05:27en adhérant à 200% à la politique de NET
05:30Allô ?
05:33Vous entendez ?
05:35Oui alors vous n'entendez plus
05:35on a été coupé
05:36Oui
05:37Voilà
05:38Donc il veut
05:39il ferait allusion
05:42aux Français juifs
05:45qui adopteraient des positions radicales
05:47et qui ne seraient pas sur la position
05:49exprimée par
05:50Jonathan Arfi
05:52qui s'exprime au nom du CRIF
05:54donc au nom de la communauté juive française organisée
05:56Merci beaucoup Corinne Laïc
05:57pour toutes ces précisions
05:59journaliste à l'opinion
06:00et auteur donc de cet article
06:03qui interroge
06:04et qui a déclenché la polémique
06:06depuis sa publication ce matin
06:07Henri Guénaud
06:08Emmanuel Macron
06:10qui appellerait la communauté juive
06:12à respecter l'universalisme
06:14qu'est-ce que ça veut dire ?
06:16Alors d'abord
06:17un président ne devrait jamais dire ce genre de choses
06:20c'est la première chose
06:21le conseil des ministères
06:23c'est à huis clos
06:23mais c'est quand même un moment solennel
06:26pour la république
06:27c'est pas une conversation privée
06:30elle est couverte par le secret
06:32mais elle n'est pas privée
06:32et en général d'ailleurs
06:33quand le président de la république s'exprime
06:35dans le conseil des ministres
06:37ça finit par sortir
06:41il y a toujours quelqu'un
06:43soit parce que c'est l'Elysée
06:44qui organise la fuite
06:45soit parce que
06:45les ministres
06:46et surtout dans un contexte politique
06:48comme celui d'aujourd'hui
06:49avec des factions
06:51qui travaillent pour elles-mêmes
06:53au sein même du gouvernement
06:55on est sûr que ça va sortir
06:56donc quand le président de la république
06:58s'exprime en conseil des ministres
07:00il doit peser ses mots
07:02donc le président ne devrait pas dire ça
07:03la deuxième remarque que je ferai
07:05c'est que
07:06pour aucune autorité
07:10de la république
07:11le mot communauté
07:14ne peut être employé
07:16il n'y a pas de communauté
07:18dans la république française
07:19il y a des français juifs
07:21pour un président de la république
07:22chacun après peut avoir son opinion
07:24monsieur Arfi peut parler
07:25de communauté juive
07:26s'il en a envie
07:26mais le président de la république
07:28Jonathan Arfi parle de français juif
07:29non non il a parlé là aussi
07:31il a dit
07:31à un sujet que la communauté juive
07:33ne serait pas parlant
07:33donc il a le droit
07:34c'est un citoyen comme un autre
07:36il désigne
07:37il se désigne
07:38comme il l'entend
07:39mais le président de la république
07:41en conseil des ministres
07:42a fortiori
07:43ne doit pas parler de communauté
07:46il y a des français juifs
07:47il n'y a pas de communauté juive
07:49aux yeux de la république
07:50qui renvoie au communautarisme
07:52voilà
07:52mais pas plus qu'il n'y a
07:53de communauté musulmane
07:54de communauté catholique
07:55il n'y a pas
07:55voilà
07:56il y a un peuple français
07:57et il y a des citoyens français
07:59qui ont
07:59chacun leur religion
08:01qui leur appartient
08:02ou leur croyance
08:03ou leur non-croyance
08:04mais ça
08:05c'est une faute majeure
08:07qui en plus dans le contexte actuel
08:08met de l'huile sur le feu
08:10voilà
08:11c'est
08:11c'est
08:12parfois on se demande
08:14si le président de la république
08:15a conscience
08:16de ce que sont
08:17les devoirs de sa charge
08:17et ce que sont
08:19ses responsabilités de président
08:20Raphaël Stainville
08:21d'abord je souscris
08:23à ce que dit Henri Guénaud
08:24mais si les français
08:26de confession juive
08:27aujourd'hui
08:28peuvent avoir
08:29des réflexes
08:30de repli identitaire
08:32communautaire
08:33c'est précisément
08:34parce que
08:35l'état
08:36ces derniers mois
08:39ces dernières années
08:40ne les protège plus
08:41comme il se doit
08:43lorsque l'on voit
08:44l'explosion
08:44de l'antisémitisme
08:45en France
08:46lorsque l'on voit
08:47que dans certains départements
08:48des français de confession juive
08:50ne peuvent plus inscrire
08:51leurs enfants
08:52à l'école publique
08:53et je pourrais
08:56multiplier
08:56les exemples
08:57il y a bien là
08:58une rupture
08:59qui explique
09:01finalement
09:02et qui entretient
09:03même ce que
09:04le président peut dire
09:05mais il en est
09:05le premier responsable
09:06quand on a un président
09:07qui se refuse
09:08à manifester
09:11ou en tout cas
09:12à soutenir
09:12la manifestation
09:13au lendemain
09:14du 7 octobre
09:16pour manifester
09:17sa solidarité
09:20avec les français
09:21de confession juive
09:22je pense que
09:23c'est une faute
09:23donc on préférait
09:25qu'il soit
09:26beaucoup plus
09:26sermonant
09:28à l'égard
09:29d'un certain nombre
09:29de communautés
09:30pour le coup
09:30assumées en tant que telles
09:32je pense notamment
09:33aux frères musulmans
09:35à ceux qui menacent
09:36la république
09:37mais non
09:38il se trouve
09:38que ce sont
09:39les français
09:40de confession juive
09:41à qui le président
09:43fait la leçon
09:44et dont l'inquiétude
09:45ne cesse de grandir
09:46aussi en raison
09:47de la multiplication
09:48des actes
09:49à caractère antisémite
09:50on en parlait
09:51dans notre journal
09:52de 13h
09:52à Paris
09:52les bureaux
09:53de la compagnie
09:54aérienne israélienne
09:55et là
09:55l'ont été la cible
09:56de gillet de peinture rouge
09:57et de tag
09:58l'accusant
09:59de compagnie génocidaire
10:00certains continuent
10:02d'importer
10:02le conflit
10:03sur notre sol
10:04et c'est simplement
10:05insupportable
10:06Henri Guénon
10:07oui c'est insupportable
10:08mais qu'a-t-on fait
10:09pour empêcher
10:10l'importation
10:12de ce conflit
10:12sur notre sol
10:13au fond rien
10:14qu'a-t-on fait
10:15pour empêcher
10:16le communautarisme
10:17de se développer
10:18rien
10:19c'est ce qui arrive
10:20la violence
10:21contre les français juifs
10:24pour vous
10:24le président de la république
10:25par ses positions
10:27qui restent ambiguës
10:29contribue
10:30aussi
10:30à cette montée
10:33de l'importation
10:34du conflit
10:34les pouvoirs publics
10:37n'ont rien fait
10:37depuis très longtemps
10:38on a même fini
10:40par considérer
10:40que
10:41au fond
10:41l'antisémitisme
10:42c'était
10:43comme
10:43le leader politique
10:45résiduel
10:45et il faut quand même
10:47comprendre
10:48que c'est un
10:48c'est quelque chose
10:50qu'il faut prendre
10:50très au sérieux
10:51parce que
10:52le juif en occident
10:55depuis 2000 ans
10:56c'est la figure
10:57du bouc émissaire
10:57et c'est pas spécifique
11:00à la gauche
11:00à la droite
11:01c'est la figure
11:02du bouc émissaire
11:03et donc
11:03ça ne demande
11:05qu'à ressortir
11:06donc il faut être
11:07extraordinairement vigilant
11:08on ne l'a pas été
11:10mais ça
11:10rejoint notre conversation
11:12du début de l'émission
11:13ça fait partie
11:14de cette montée
11:15de la violence
11:16et de la radicalité
11:17et de la multiplication
11:18des boucs émissaires
11:19qui est en train
11:19de détruire notre société
11:20si les pouvoirs publics
11:21ne prennent pas ça
11:22au sérieux
11:23alors la situation
11:25va totalement dégénérer
11:26Raphaël Stanville
11:27Oui effectivement
11:29Henri Guénaud
11:30précisait tout à l'heure
11:32qu'il n'y a pas
11:33de communauté
11:33on ne devrait pas
11:34reconnaître de communauté
11:35en France
11:35mais il se trouve
11:37que l'immigration massive
11:38l'incapacité
11:40que la France
11:41a eu
11:41à faire
11:43de ces
11:43de ces immigrés
11:45des français
11:46de coeur
11:46les maintenants
11:48quasiment
11:49les assignants
11:50finalement
11:51à leurs origines
11:52Juste une remarque
11:53les pouvoirs publics
11:54plus que la France
11:55n'ont pas voulu
11:56n'ont pas voulu
11:58vous avez raison
11:58c'était le droit
12:01à la différence
12:02on en paye
12:03aujourd'hui
12:03les résultats
12:04avec en plus
12:05des partis politiques
12:07qui au contraire
12:08ont fait
12:10du vote communautaire
12:12un enjeu
12:13absolument crucial
12:13et donc
12:14ça explique
12:15en grande partie
12:16la situation
12:16que l'on vit
12:18aujourd'hui
12:19et qui est désastreuse
12:20pour le pays
12:20qui ne cesse
12:21de se fracturer
12:21on parlait
12:22d'Emmanuel Macron
12:23Emmanuel Macron
12:23qui durcit le ton
12:24face à l'Algérie
12:25on va y revenir
12:26dans un instant
12:27le président français
12:27appelle
12:28à une plus grande
12:29fermeté
12:29et détermination
12:30dans ce bras de fer
12:312h moins le quart
12:33sur Europe 1
12:33Europe 1 13h
12:34se poursuit
12:35dans un instant
12:35avec Mickaël Dorian
12:36et ses deux invités
12:37Henri Guénaud
12:38et Raphaël Stainville
12:38à tout de suite
12:3913h 14h
12:41Europe 1 13h
12:42et vous retrouvez
12:44tout de suite
12:44Mickaël Dorian
12:45vos deux invités
12:46Raphaël Stainville
12:47directeur adjoint
12:47de la rédaction
12:48du JDD
12:49et Henri Guénaud
12:50ancien commissaire général
12:51au plan
12:51et ancien conseiller spécial
12:53de Nicolas Sarkozy
12:54à l'Elysée
12:54longtemps resté silencieux
12:56face à l'Algérie
12:57Emmanuel Macron
12:58durcit le ton
12:59le président de la République
13:00appelle à une plus grande
13:01fermeté
13:01et une plus grande
13:02détermination
13:03dans ce bras de fer
13:04la France doit être
13:05forte
13:06et se faire respecter
13:07dit-il
13:08c'est ce qu'il fait
13:08désormais valoir
13:10dans une lettre
13:11adressée à son premier ministre
13:12François Bayrou
13:13il évoque notamment
13:14le sort réservé
13:15aux français
13:16Boilem Sansal
13:16et Christophe Gleize
13:18j'ai envie de dire
13:18mieux vaut tard que jamais
13:19Henri Guénaud
13:20Emmanuel Macron
13:23qui hausse le ton
13:23face à l'Algérie
13:24il était jusqu'ici
13:25resté très silencieux
13:27pourquoi se réveille-t-il
13:28maintenant ?
13:29alors d'abord je vois pas
13:30pourquoi vous répétez
13:31comme tout le monde
13:31qu'il durcit le ton
13:33qu'il veut qu'on soit
13:34qu'on soit beaucoup plus dur
13:35il faut la lire la lettre
13:36d'abord c'est curieux
13:38c'est vraiment
13:38j'ai jamais vu un président
13:39de la république
13:40écrire à son premier ministre
13:41c'est-à-dire
13:42c'est les mots qu'il emploie
13:43quand il parle de fermeté
13:44non non mais il faut la lire
13:44en entier
13:45parce que
13:46d'abord c'est
13:47dans la forme c'est curieux
13:49quand Pompidou écrivait
13:51à Chavon Delmas
13:51il disait
13:52mon cher premier ministre
13:53et puis il faisait une lettre
13:53une vraie
13:54et puis ça sortait pas
13:55dans la presse
13:56bon là elle a été
13:57elle est sortie dans la presse
13:58bon c'est pas une lettre
13:59ça se présente comme une note
14:00qui finit par une curieuse
14:01d'ailleurs curieuse formule
14:04de politesse
14:05très respectueusement
14:06je sais plus
14:07enfin c'est n'importe quoi
14:08un président de la république
14:10ne fait jamais un document
14:11de cette nature
14:11et quand vous le lisez
14:12alors vous commencez par des mots
14:14il faut être ferme
14:14il faut très bien
14:15et à chaque fois
14:16qu'il y a une affirmation
14:18d'une demande de fermeté
14:20la phrase suivante
14:21explique que
14:22il faut pas s'y prendre
14:23comme ça
14:23il faut rétablir
14:25des relations amicales
14:26il faut renouer le lien
14:28il faut etc
14:28donc il y a tout
14:29et son contraire
14:30dans cette lettre
14:30mais vous ne pouvez pas
14:32en tirer une politique
14:33il y a deux ou trois propositions
14:35mais que tout le monde
14:36que tout le monde
14:37peut adhérer
14:38sur la reconnaissance
14:42sur le fait d'accepter
14:43un certain nombre
14:44de consuls
14:45qui ont été nommés
14:46qui pour l'instant
14:46ne sont pas acceptés
14:48par la France
14:48il appelle à suspendre
14:51les accords de 2013
14:53il dit rien
14:53en revanche sur ceux de 68
14:54oui
14:55mais de toute façon
14:56et même s'il disait
14:5768 ne changera rien
14:58ça ne fera aucune pression
15:00sur les généraux algériens
15:01continue à penser
15:02que tout ça
15:03c'est quand même
15:03du vent
15:04mais ce qui est frappant
15:05dans cette lettre
15:05c'est
15:05je me donne une posture
15:07de fermeté
15:07pour montrer
15:08que je suis
15:08moi je suis ferme
15:09et en même temps
15:10je dis que
15:11tout ce que fait le gouvernement
15:12c'est pas bien
15:13parce que
15:13parce que ça nuit
15:15à nos relations
15:15avec l'Algérie
15:16donc
15:16quoi qu'on pense du fond
15:19c'est à dire
15:19est-ce qu'il faut être ferme
15:20est-ce qu'il faut
15:22il faut comprendre
15:23qu'on n'a pas de moyens
15:24de pression
15:24et qu'il faut s'occuper
15:25de savoir ce qu'on va faire
15:26de nos OQTF
15:27et de savoir comment
15:28on va faire
15:28pas sur la scène publique
15:31mais derrière le rideau
15:33essayer de faire libérer
15:34quitte à employer
15:35des moyens de pression
15:36beaucoup plus
15:37beaucoup plus fort
15:38mais qui n'ont rien à faire
15:39sur la scène publique
15:40mais quels moyens
15:42de pression
15:42Henri Guéno ?
15:44ce qui ne peut porter
15:45que sur l'histoire
15:46des prisonniers
15:47des deux prisonniers
15:48c'est deux choses différentes
15:49ce que font tous les états
15:51vous savez
15:52c'est tous les états
15:53c'est que
15:53quand les américains
15:54ils sont pas contents
15:54au passage
15:55ils prennent
15:56ils sont en étige
15:58avec la France
15:59sur El Som
16:01il y a un cadre dirigeant
16:02qui passe
16:02on le met en tol
16:03quand ils sont pas d'accord
16:05avec une entreprise chinoise
16:06quand elle passe au Canada
16:07ils la font mettre en tol
16:08et puis les russes sont pareils
16:09et puis
16:10tout le monde
16:11tout le monde
16:12mais ça
16:12ça n'a rien à faire
16:13sur la scène publique
16:13ce sont des moyens
16:16on va dire
16:16de la diplomatie
16:18du renseignement
16:19ce sont des méthodes
16:19qui ne sont pas publiques
16:21voilà
16:21c'est pas publiques
16:22il n'y avait que François Hollande
16:24pour aller dévoiler
16:24toutes les méthodes hors normes
16:27que peut utiliser un état
16:28pour se faire respecter
16:30pour se protéger
16:31etc
16:31mais ça
16:32ça n'a rien à faire
16:32sur la scène publique
16:33c'est autre chose
16:34à partir du moment
16:35où
16:35moi j'ai appelé ça
16:37prendre des otages
16:37ça n'a rien à faire
16:40sur la scène publique
16:41mais vous encouragez
16:41les états à le faire
16:43bien sûr
16:44je veux dire
16:44l'état il doit défendre
16:45ses concitoyens
16:46on dira
16:47Boilem Sansal
16:48il a une double nationalité
16:48peut-être
16:49mais on voit bien
16:50que c'est parce qu'il a
16:52une nationalité française
16:53qu'il subit ce traitement
16:56et donc là
16:57on a à protéger
16:58quelqu'un
16:58qui va mourir en prison
16:59c'est-à-dire
17:00on a à protéger
17:01la liberté
17:01et la vie
17:02de nos concitoyens
17:03alors quand un état
17:03met des gens en prison
17:04parce qu'il y a de bonnes raisons
17:05ça c'est à notre état
17:07nos gouvernements
17:08de faire la lumière là-dessus
17:09quelqu'un qui trafique
17:12évidemment de la drogue
17:13dans un pays
17:13où on condamne très lourdement
17:15voire à mort
17:16les trafiquants de drogue
17:16c'est la justice du pays
17:17qui est libre
17:18de choisir ce qu'elle veut
17:19quand en revanche
17:20on sent qu'il y a un coup fourré
17:23et que tout ça
17:23était une machination
17:25alors ça devient
17:27notre problème
17:28mais ça c'est un problème
17:29qui ne relève pas
17:31des relations diplomatiques
17:33politiques
17:34normales
17:35quant aux ultimatums
17:38sur la scène publique
17:39ça ne marche pas
17:40ça ne marche qu'avec
17:42des états
17:42qu'on peut isoler
17:43étouffer
17:44voilà
17:45soumettre
17:46mais avec un état
17:47qu'on n'a pas les moyens
17:48de soumettre
17:48d'isoler
17:49ou de sanctionner
17:51et bien
17:51voilà
17:52ça ne fonctionne pas
17:54les ultimatums
17:56ça ne marche
17:56ça ne marche jamais
17:57aucun gouvernement
17:58aucun régime
17:59ne peut accepter
18:00un ultimatum
18:01et moi ce qui met
18:02indépendamment
18:02de cette discussion
18:03qui mériterait
18:04un peu plus
18:05de temps
18:06pour savoir
18:07ce que nous devons faire
18:07aussi
18:08nous de nos frontières
18:10ce que nous devons faire
18:11du droit européen
18:12qui nous empêche
18:13de les contrôler
18:13ce que nous devons faire
18:14avec des OQTF
18:16qu'on ne peut pas renvoyer
18:17bon
18:17ça c'est
18:18voilà
18:19ça mériterait
18:19une émission entière
18:20pour discuter de tout ça
18:21mais indépendamment du fond
18:23cette lettre
18:23moi me laisse
18:24me laisse
18:25ahuri en fait
18:26parce que
18:26il faut la lire en entier
18:28et il y a tout
18:29et son contraire dedans
18:30ça n'est qu'une
18:32suite de
18:33de posture
18:33voilà
18:35je ne comprends pas
18:35que
18:36là encore
18:36pourquoi un président
18:37de la république
18:38fait ça
18:38s'il a quelque chose
18:39à dire
18:39à son premier ministre
18:40ou à son ministre
18:40de l'intérieur
18:41il le leur dit
18:42s'il veut leur écrire
18:43une lettre
18:43qui reste
18:43entre les deux
18:45il le fait
18:45et s'il veut donner
18:47des instructions
18:47sur la politique étrangère
18:48il donne des instructions
18:49là il n'y a pas
18:50d'instructions
18:51vous ne pouvez pas
18:53tirer une politique
18:54de ça
18:54et donc tout le monde
18:55reprend
18:55il a réussi son coup
18:56de communication
18:57puisqu'il dit
18:58il faut être ferme
18:58donc on dit
18:59ça y est
18:59il a changé
19:00de registre
19:01écoutez
19:01je vais vous donner
19:02la parole
19:02dans un instant
19:03Raphaël Steinville
19:03écoutez juste avant
19:04Xavier Driancourt
19:06ancien ambassadeur
19:07en Algérie
19:08qui était l'invité
19:09de Trina Magdine
19:10tout à l'heure
19:10sur Europe 1
19:11pour lui
19:12cette lettre
19:13du président
19:13de la république
19:14est une forme
19:16de victoire
19:17de la politique
19:18de Bruno Retaille
19:19écoutez ce qu'il dit
19:19c'est manifestement
19:22je dirais
19:23un désaveu
19:23ou un abandon
19:24de la ligne
19:25diplomatique
19:27prônée par le ministre
19:29des affaires étrangères
19:30la politique
19:31de l'apaisement
19:32et c'est clairement
19:33un point
19:34en faveur
19:35de la politique
19:36prônée par Bruno Retailleau
19:38mais encore une fois
19:39ce n'est qu'un premier pas
19:40je crois qu'il faudra voir
19:41ce qu'il y aura après
19:42on voit que le président
19:43de la république
19:44change de ton
19:45change de politique
19:46mais il fait un demi pas
19:48aujourd'hui
19:48il prend acte
19:49que nous sommes
19:50dans une impasse complète
19:52mais je pense que
19:53pour être pleinement efficace
19:55ces mesures
19:56devraient être
19:57beaucoup plus fortes
19:58je crains que l'Algérie
20:00passe ça par pertes
20:02et profits
20:02en quelque sorte
20:03alors Xavier Drianco
20:04ancien ambassadeur
20:05en Algérie
20:07au micro de Trina Magdine
20:09sur Europe 1
20:09tout à l'heure
20:10une petite remarque
20:10justement c'est que
20:11en fait
20:12il taille en pièces
20:13dans la lettre
20:14la politique
20:15de Bruno Retailleau
20:17à tort ou à raison
20:18mais en tout cas
20:19il la taille en pièces
20:20en réalité
20:20mais dans les faits
20:21Raphaël Steinville
20:21est-ce que vous êtes d'accord
20:23avec Xavier Driancourt ?
20:24Est-ce que c'est une victoire
20:26de la politique
20:26de Bruno Retailleau ?
20:28Un aveu d'échec
20:29de celle de Jean-Noël Barraud ?
20:30Ou est-ce que comme
20:31Henri Guélo ?
20:31Mais Xavier Driancourt
20:32reste un diplomate
20:34donc la manière
20:35dont il salue
20:38les efforts
20:40d'Emmanuel Macron
20:42pour envisager
20:43une autre politique
20:44une autre diplomatie
20:46à l'égard de l'Algérie
20:47Il est plutôt positif
20:49en tous les cas ?
20:49Non mais
20:50il est nuancé
20:52mais la vérité
20:52c'est qu'il est
20:53beaucoup plus sévère
20:54il est beaucoup plus sévère
20:55que cela
20:56à l'égard du président
20:57mais
20:58il reste
20:59il reste un diplomate
21:00et donc
21:02les mots
21:03féminisants
21:06qu'il emploie
21:07traduisent
21:08en réalité
21:08je pense
21:09une sorte de
21:11désaveu
21:11de la politique
21:12d'Emmanuel Macron
21:13Moi je pense
21:15qu'effectivement
21:15la vraie question
21:16qui doit se poser
21:17à travers cette lettre
21:18au-delà du fait
21:20qu'on pourrait tomber
21:21dans le piège
21:22d'un président
21:22qui voudrait
21:23nous faire croire
21:24qu'il agit désormais
21:25avec fermeté
21:26vis-à-vis d'Alger
21:27c'est de savoir
21:28quelle est l'efficacité
21:29de la politique
21:30qu'il semble envisager
21:32vis-à-vis d'Alger
21:33et ça pour le coup
21:34et je pense que
21:35Xavier Driancourt
21:37c'est ce qu'il dit
21:37il n'est pas sûr
21:38que ça produise
21:38le moindre effet
21:39commentaire
21:40il n'est pas sûr
21:41que ça elle
21:42ou il n'est pas sûr
21:43que ça peut même
21:44qu'il y ait
21:44la politique
21:44de la politique
21:45ou qu'il y ait
21:46un peu plus
21:46d'un coup
21:47qui l'a dit
21:47au-delà
21:48il y ait
21:48d'une
21:50ou
21:50qu'il y ait
21:51u
21:51juste
21:52et
21:53d'un coup
21:54de la politique
21:54avec
21:55un coup
21:56et
21:57c'est
21:58très
21:58possible
21:58que c'est
22:00tout
22:00qu'il y ait
22:02mais
22:02Il n'a
22:03besoin
22:04de
22:05bien
22:06ex
22:07qu'il
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