- il y a 7 mois
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00:00À l'instant, on m'apporte effectivement ces phrases d'Emmanuel Macron, interview à la presse quotidienne régionale, notamment dans les colonnes de Ouest-France et du Parisien.
00:09Aujourd'hui en France, du chef de l'État, je voudrais vous faire réagir sur ces phrases.
00:13Il était interviewé dans le cadre, vous savez, d'annonce qui a été faite cette semaine de la suspension des aides MaPrimeRénov'.
00:21C'est quoi MaPrimeRénov', c'est le gouvernement qui vous aide si vous rénovez votre logement, qui aide les entreprises et les particuliers quand vous doublez vos murs, vous changez vos fenêtres.
00:28Voilà, tout ça c'est pour l'écologie, on n'a plus d'argent, cette prime a été suspendue, puis il y avait des soupçons de fraude importante de la part de certaines entreprises.
00:39Bien, Emmanuel Macron n'est pas content, il le dit dans la presse quotidienne régionale, il épingle les incertitudes sur ce dispositif, il dit qu'il faut continuer à maintenir le cap sur l'écologie,
00:51mais ce n'est pas ça qui me fait tiquer. Je ne veux pas que ni le gouvernement ni le Parlement ne s'est de faciliter du moment.
00:59Il a critiqué très vivement, je cite, ce qu'il voudrait faire oublier le combat pour le climat,
01:05et préfère pendant ce temps-là, brainwasher, ça veut dire faire des opérations de lavage du cerveau,
01:11sur l'invasion du pays et les derniers faits divers.
01:15Je vous vois assez pensif, qui vise aussi exactement Emmanuel Macron ?
01:23Je ne sais pas qui vise, mais par contre Emmanuel Macron ferait bien de se mettre d'accord avec Emmanuel Macron.
01:27C'est-à-dire que la semaine dernière, Emmanuel, parce que les derniers faits divers, comme il dit, ce sont les émeutes de samedi dernier.
01:33Dimanche...
01:33C'est ça qu'il appelle des faits divers ?
01:35J'imagine.
01:36Non, mais moi je trouve ça très dur, des faits divers. Mais c'est quoi des faits divers en fait ?
01:42Non mais, c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron, depuis qu'il est président des émeutes, il y en a eu à répétition.
01:47Oui, mais ce sont des faits divers.
01:49Non, pour lui, moi...
01:51Oui, j'ai entendu la semaine.
01:52Non mais, ce qui est significatif, c'est qu'il utilise ce mot de faits divers pour expliquer que ça commence à bien faire vos histoires toute la semaine.
02:00Il vise évidemment Bruno Retailleau et Gérald Darmanin qui sont au créneau sur ce sujet pendant la semaine, sans doute politiquement.
02:08Mais au-delà de ça, dimanche, on avait un Emmanuel Macron qui a pris le temps, au moment de recevoir les joueurs, de nous expliquer que c'était de violents affrontements inacceptables.
02:19Il ne nous a pas dit, ça va, c'est un fait divers hier soir.
02:21Et que, je cite, on sera intraitable.
02:25Alors évidemment, c'était un propos, on l'a su tout de suite, qui n'engageait absolument pas le président de la République, puisque la réponse, en l'occurrence, ne dépend pas de lui.
02:32Il y a une séparation des pouvoirs qui fait qu'Emmanuel Macron ne décide pas si, oui ou non, la réponse est intraitable.
02:36Donc, c'est... Mais Emmanuel Macron a l'habitude de répondre à la place de la justice très régulièrement.
02:42Donc, il le fait. Là, en l'occurrence, il a imaginé, il a faim de pouvoir être le maître de cette fermeté.
02:49Mais à l'époque, il n'utilisait pas ces mots-là.
02:51Donc, en fait, Emmanuel Macron est inconséquent dans ses prises de parole par rapport au pays.
02:54Mais vraiment, c'est... Et là, en l'occurrence, c'est absolument évident.
02:58Mais ce que je ne comprends pas, c'est le lien qu'il fait entre le climat, pardon, expliquez-moi, le combat pour le climat...
03:04Est-ce qu'il aimerait qu'on s'insurge toute la journée de la suppression des ZFE ?
03:07Par ailleurs, je... Pardon, je donne la parole tout de suite, je rends le micro tout de suite.
03:12Mais simplement, il dit, oui, il y a des gens qui sont opposés au climat.
03:14Ce n'est pas ça. Les débats qu'on a eus sur ma prime rénov', il y a d'autres sujets que...
03:18Et pour ou contre le climat, j'espère qu'on peut être un peu plus nuancé que ça sur des décisions de ce genre-là.
03:23Et sur les ZFE, ça n'était pas ça non plus.
03:25Le sujet, ce n'était pas pour ou contre le climat, c'était pour ou contre cette décision relativement brutale
03:30de priver 11 millions de personnes d'un accès au cœur des villes.
03:33La question peut peut-être se poser de manière un peu moins brutale aujourd'hui en France.
03:37Ce n'est pas pour ou contre le climat. Là encore, c'est quand même vraiment binaire.
03:41Alors lui qui nous explique que c'est la pensée complexe,
03:42mais là, franchement, sur les deux exemples que vous avez pris, ce n'est pas très complexe.
03:46Nathan, d'hiver.
03:47Je ne sais pas, quand le président dit « fait divers »,
03:51s'il fait référence aux dernières violences qu'il y a eu lors de la finale de football du Paris Saint-Germain.
03:58Vous ne vous rendez pas à des cigarettes, c'est du foot, de toute façon.
04:00Mais Roland-Garros, ça va être plus calme, je pense qu'elle.
04:01S'il fait référence, de façon plus générale, à la manière dont certains partis politiques
04:06font de la communication politique.
04:10Certains diraient, je ferais partie de l'instrumentalisation, de la récupération,
04:14autour de faits tragiques, de faits divers, d'assassinats, de meurtres,
04:17qui sont en effet horribles, pour dessiner la fresque d'une France à feu et à sang
04:23qui serait devenue un coup de gorge, avec en fond musical l'idée qu'il y a une invasion migratoire
04:30qui est responsable de cet ensauvagement, comme disent certains.
04:33Je pense qu'il faisait plutôt référence à ça.
04:35Et il est vrai que, d'ailleurs, pendant la dernière campagne présidentielle,
04:38moi, je suis d'abord très réticent vis-à-vis de la manière dont on peut mettre en lumière des faits tragiques.
04:46Je n'aime pas l'expression fait divers, parce qu'il peut y avoir un mépris.
04:48Mais Emmanuel Macron, c'est très méprisant, fait divers.
04:50Mais Emmanuel Macron, c'est jamais gêné, quand ça l'arrange, il y va.
04:53Non, non, mais bien sûr, mais je ne parle pas en dehors d'Emmanuel Macron.
04:55C'est un acte isolé, acte qui n'a pas beaucoup d'importance.
05:00C'est malheureux, mais ça n'a pas beaucoup d'importance.
05:01C'est ça, moi, qui m'embête dans le mot fait divers.
05:04Il me semble, en effet, quand même, que la cause climatique,
05:08les historiens dans un siècle ou deux, je me trompe peut-être,
05:11mais je pense qu'ils la considéreront comme plus importante pour penser notre siècle
05:15que la question de l'insécurité, mais je me trompe peut-être.
05:18En revanche, là où je vous suis, c'est qu'il est vrai que la France d'aujourd'hui
05:23et la France du macronisme est une France qui utilise souvent l'écologie
05:27pour mener un combat contre les classes populaires.
05:29Vous avez parlé des ZFE, qui était un combat de ségrégation,
05:33enfin, de dire aux pauvres, vous n'avez plus votre place dans les villes.
05:37Parce que si vous voulez continuer à pouvoir accéder aux villes,
05:39il faut vous acheter une voiture superchère.
05:41Mais puisque vous parlez de ma prime rénov',
05:43il faudrait aussi parler de cette folie furieuse
05:46que sont les nouvelles classifications sur les logements.
05:49et tous les logements qui ne respectent pas les normes parfaites,
05:54vous savez, ABCDEF,
05:56ne sont plus accessibles à la location.
05:58Et après, on est plein du manque de logements,
06:01notamment dans les grandes villes.
06:03Ce qui est absolument délirant.
06:04Sachant qu'évidemment, un studio qui est une petite surface
06:06au dernier toit, au dernier étage,
06:07quand c'est mansardé sous le toit, etc.,
06:09évidemment que c'est souvent des passoires thermiques.
06:12Et donc, il est vrai que là, vous avez un exemple concret
06:15de la manière dont l'écologie est instrumentalisée
06:18à la fois pour tout simplement emmerder les Français,
06:20transformer une question simple,
06:22la question du logement,
06:23en un enfer bureaucratique, administratif,
06:26casse-pieds comme pas permis.
06:27Et deuxièmement, pour attaquer en priorité
06:30les propriétaires, d'accord,
06:31mais aussi les gens qui veulent habiter
06:33dans des surfaces, dans des petites surfaces, etc.,
06:35avec un prix de l'immobilier qui va évidemment monter.
06:37Et ça, c'est un exemple concret avec les ZFE,
06:40avec la taxe carburante
06:41qui avait suscité le début des Gilets jaunes,
06:44de manière dont l'écologie est instrumentalisée
06:46pour attaquer les classes populaires.
06:48C'est-à-dire qu'on va dire aux classes populaires
06:50qu'elles sont responsables du réchauffement climatique.
06:52Et quand elles vont se rebeller
06:54contre ce racket qui leur est fait,
06:56on va leur dire, vous êtes climato-sceptique,
06:57alors que ce n'est pas du tout le sujet.
06:59Ma prime rénov', juste un petit mot sur ma prime rénov',
07:01puisque je peux juste réagir sur un petit point.
07:05Non mais parce que la question des historiens,
07:07dans 200 ans, la question climatique,
07:08elle sera mondiale, ce ne sera pas l'histoire de France.
07:10Ah oui, ce ne sera pas que l'histoire de France, c'est certain.
07:11Et là, on est là par le petit bout de la lorgnette, en effet,
07:13à se dire, est-ce que qui ont fait rentrer ou pas dans la ville,
07:15comme si la question climatique dépendait
07:17de qui rentre ou pas à Grenoble.
07:18Donc c'est non seulement grotesque,
07:20c'est orgueilleux au dernier degré,
07:22et en plus extrêmement injuste à l'égard des Français.
07:25En revanche, je pense que vous balayez un peu vite
07:27le fait que les historiens, dans 200 ans,
07:29risquent de se pencher sur ce qui nous arrive.
07:31Parce que quand vous avez,
07:32et tout le monde le reconnaît,
07:33au moment où ça l'arrange,
07:34et puis balayez ça comme un fait divers,
07:35la semaine d'après,
07:36quand vous avez ce qu'on appelle pudiquement
07:39des quartiers de reconquête républicaine.
07:43Choquer les Parisiens,
07:44parce que c'est rentré dans le cœur de Paris la semaine dernière,
07:47choquer les Parisiens,
07:47parce que c'est rentré dans le cœur de Paris la semaine dernière,
07:50arrivent quasiment quotidiennement,
07:52au détriment des habitants,
07:54des forces de l'ordre évidemment,
07:55des pompiers, des professeurs
07:57qui exercent leur droit de retrait de plus en plus souvent.
07:59Quand vous avez des quartiers entiers
08:00qui font sécession de l'autorité publique,
08:03au détriment de populations qui sont abandonnées,
08:06ça peut être le début d'un basculement d'histoire.
08:09Évidemment que ce sujet-là existe.
08:11Ensuite, la sécession culturelle,
08:12c'est évidemment aussi un sujet historique majeur.
08:15La sécession culturelle d'une partie de la France,
08:18sujet que même Emmanuel Macron a abordé,
08:20puisqu'il a dit lui-même,
08:21pour permettre l'intégration,
08:23alors qu'il ne la pensait que économiquement,
08:24mais parfois il la pense aussi au-delà de la question de l'économie,
08:28il dit qu'il faut répartir mieux sur le territoire.
08:30Mais s'il en est à se poser la question
08:31de répartir les gens qui sont déjà là,
08:33et qu'il en laisse rentrer encore des centaines de milliers chaque année,
08:38c'est absolument inconséquent.
08:40Moi, je ne suis pas en train de dire
08:41que tout le monde doit avoir la même solution.
08:43Est-ce qu'il est juste possible de voir qu'il y a objectivement un problème ?
08:47Les images qu'on voit la semaine dernière,
08:49si tout le monde s'accorde à dire qu'il n'y a rien à voir avec le foot,
08:52parce qu'en effet, on a vu dimanche des images sur les Champs-Elysées,
08:56il n'y a pas de problème avec le foot.
08:57Il n'y avait pas que les Champs-Elysées.
08:58Non, mais ce que je veux dire,
08:59c'est qu'il y a des supporters de foot qui se comportent bien.
09:02D'ailleurs, souvenez-vous,
09:03la dernière finale de la Ligue des Champions qui se passait à Saint-Denis,
09:07Gérald Darmanin s'est passé assez inaperçu,
09:09je pense que la presse n'avait pas très envie de s'y attarder.
09:11Mais Gérald Darmanin, très récemment, a dit oui,
09:13en effet, a fait son mea culpa, a demandé pardon aux supporters britanniques
09:17en disant que c'était une cible facile.
09:19Et en effet, c'était des délinquants de Seine-Saint-Denis
09:21qui sont venus faire des rasiats.
09:24Mais oui, oui, bien sûr.
09:24Il utilise lui-même ces mots-là trois ans après.
09:27Mais à l'époque, c'était impossible de le dire.
09:29On disait, mais vous êtes fous, vous dites n'importe quoi, c'est de la folie.
09:32Donc, nous avons objectivement un problème
09:34d'une jeunesse qui échappe au contrôle,
09:37qui même a une volonté de...
09:40Alors, c'est de la colère qui bascule en vengeance chez certains,
09:43dès qu'il y a un uniforme qui se pointe.
09:45Je veux dire, on peut être en désaccord sur les causes,
09:48ne pas être d'accord sur les solutions.
09:50Ce serait bien que tout le monde reconnaisse
09:51qu'on a un problème qui est un peu plus grave
09:53qu'un fait divers ou qu'une succession de faits divers.
09:55Même chose, pardon, et après je vous laisse répondre,
09:58mais quand...
10:00Ce n'est pas simplement juste des drames.
10:02Quand vous avez extrêmement régulièrement
10:04des gamins qui meurent sous des coups de couteau,
10:06ça n'arrivait pas à cette fréquence-là récemment.
10:09Quand vous avez des parents comme...
10:12Alors, ce n'était pas un coup de couteau en le...
10:13Ah si, c'est un coup de couteau à Dax.
10:15Quand vous avez des parents qui vous disent eux-mêmes,
10:17en fait, vous ne faites plus rien,
10:18nos enfants tombent,
10:19qu'ils ont tous les mêmes mots
10:21et qui finissent par vous dire,
10:22vous savez quoi, si vous ne faites rien,
10:23je vais le faire pour vous.
10:25Mais vous savez quoi, Charles ?
10:26Vous faites bien d'en parler de vous.
10:27Attendez, attendez, attendez, attendez.
10:28Ce que je veux dire, c'est que c'est plus d'un fait divers,
10:30ça devrait empêcher de dormir les responsables politiques.
10:32Écoutez les mots du papa de cette victime
10:37qui a pris des coups de couteau à Dax, ce jeune.
10:39Écoutez ces mots.
10:40Voilà, c'était le père de Benoît
11:09qui a été assassiné à Dax dans les Landes
11:11le soir de PSG interminant
11:15de la finale de la Ligue des Champions.
11:17C'est un discours très fort.
11:18Il a tenu ces mots en public.
11:21Il a rendu hommage à son fils,
11:23dénoncé l'ultra-violence.
11:25Il a parlé d'immigration incontrôlée
11:26qui pèse sur la France.
11:28C'est un père meurtri
11:29qui prononce ce discours, Nathan.
11:31Non, mais bien sûr, c'est un père meurtri.
11:33L'émotion, elle est évidente
11:34et personne ne peut se mettre à la place
11:38de la souffrance qu'il éprouve,
11:40sauf ceux qui ont vécu
11:41l'assassinat de leur enfant.
11:43Et c'est vrai que ces derniers temps,
11:44il y en a eu un certain nombre.
11:45On ne va pas faire la liste
11:45de tous les prénoms.
11:47Mais pour rebondir sur ce que vous disiez,
11:49le problème de l'insécurité,
11:51moi je ne le nie pas
11:52et je pense que personne ne le nie.
11:54Et tout le monde l'observe.
11:55De la même manière que je suis persuadé
11:56que vous ne niez pas le problème du climat.
11:59La question est moins d'observer ces problèmes
12:01que de savoir comment on les problématise.
12:03Et je crois que dans la comparaison
12:04que faisait le président,
12:05entre le climat et l'insécurité
12:07ou l'invasion migratoire
12:08et les faits divers,
12:10cette comparaison a une légitimité.
12:13C'est que quand on regarde
12:14l'opinion publique,
12:15excepté le bloc central,
12:17vous avez aussi bien à gauche
12:18et à l'extrême gauche
12:19que à droite et à l'extrême droite
12:21deux parties de l'opinion
12:23qui sont toutes les deux mues
12:24par une immense anxiété,
12:26par la certitude que la France
12:27va disparaître,
12:27l'une à cause du grand emplacement,
12:29l'autre à cause du grand réchauffement.
12:31Et c'est vrai quand même
12:31que vous avez un imaginaire
12:33apocalyptique
12:34qui s'est emparé
12:35des deux pans
12:37de l'opinion publique
12:38à part le bloc central
12:39et avec des peurs
12:41qui peuvent être un peu comparées
12:42dans leur imaginaire.
12:43D'ailleurs, c'est intéressant
12:44de voir que certains disent
12:46« Je ne veux plus faire d'enfants
12:47dans un monde de réchauffement »
12:47Écoutez, on va continuer ce débat
12:49dans une seconde.
12:50D'accord ?
12:50Il est 20h45 sur Europe 1.
12:53Europe 1 soir week-end
12:5419h, 21h,
12:55Pascal Delator Dupin.
12:57On est toujours sur Europe 1.
12:58Je voudrais juste terminer ce débat
12:59avec ce mot de fait divers
13:04qui me choque.
13:05Est-ce qu'Emmanuel Macron
13:05refuse de parler d'insécurité ?
13:07Est-ce que c'est une volonté politique
13:09ou est-ce qu'il ne veut pas voir ?
13:10Ou est-ce que...
13:10Il en parlera après-demain.
13:12La question est, je pense,
13:13le traitement de l'insécurité.
13:15Moi, je n'aime pas trop
13:16l'expression de fait divers.
13:17Non, mais c'est divers,
13:18c'est surtout...
13:19Enfin, ça banalise l'insécurité.
13:22Oui, moi, je préfère parler
13:23de faits tragiques,
13:24mais faits divers,
13:25c'est une expression qui signifie
13:26quand il y a un événement dramatique,
13:28on ne sait pas dans quelle rubrique
13:30le mettre,
13:31donc on le met dans la rubrique
13:32faits divers.
13:32Exactement, je suis d'accord
13:33avec Charles Dornel.
13:33Mais je ne crois pas
13:34que l'insécurité puisse être pensée
13:36en faisant simplement
13:38la recension et l'énumération
13:40des faits divers ou faits tragiques.
13:42Pourquoi ?
13:42Parce que quand vous vous en tenez
13:44aux faits divers,
13:45vous, dans un pays
13:47aussi grand que la France
13:48avec une population aussi nombreuse,
13:50quel que soit l'état
13:51de l'insécurité,
13:52il y aura toujours
13:53des faits divers tragiques.
13:54Je vous donne une expérience
13:55de pensée qui est très simple.
13:56Imaginez que le nombre d'homicides
13:58soit divisé par deux demain.
14:01Si tous les jours,
14:02on se contente
14:03de faire remonter
14:04les faits divers horribles
14:05qu'il y a en France,
14:06on ne se rendra même pas compte
14:07que le nombre d'homicides
14:08aura été divisé par deux.
14:09l'insécurité,
14:10elle doit être pensée
14:10par des statistiques,
14:11voire l'augmentation
14:13de chaque type de violence,
14:14de chaque type de délit,
14:15de chaque type de crime.
14:16Non mais divisé ou multiplié d'ailleurs.
14:17Non mais je suis d'accord.
14:18Mais les faits divers
14:18ne sont pas la bonne porte d'entrée
14:19pour penser ce sujet.
14:20Il y a deux choses.
14:22Évidemment,
14:23ce que vous dites
14:23est indiscutable,
14:24il n'y a pas de problème.
14:25Simplement, d'abord,
14:26c'est un exemple
14:27qui ne correspond pas
14:28à la réalité
14:28dans la mesure
14:29où le taux d'homicides,
14:30au-delà de la question
14:31des cas particuliers,
14:32le taux d'homicides augmente.
14:34Et le taux d'homicidité,
14:36dont parle Alain Bauer,
14:37c'est-à-dire les homicides
14:38plus les tentatives d'homicides,
14:40est au plus haut
14:41depuis un siècle en France.
14:43L'augmentation,
14:43elle est immense.
14:45On avait eu une baisse continue,
14:46notamment en raison
14:48des progrès de la médecine aussi,
14:49qui existent aussi
14:52sur ce terrain-là,
14:53et en raison d'une baisse
14:54de la criminalité des bandes,
14:56etc.
14:56De la criminalité violente.
14:58C'est en augmentation constante
15:00depuis quelques années.
15:01Donc,
15:02ce n'est pas précisément,
15:03ce n'est pas juste
15:04une accumulation de faits divers.
15:06Tous les marqueurs
15:07de la criminalité
15:08et des atteintes aux personnes.
15:10Depuis quelques années,
15:11on a un ministère de l'Intérieur
15:12qui se félicite chaque année
15:13de la baisse
15:14des atteintes aux biens.
15:16Mais moi,
15:17je trouve plus grave,
15:18en fait,
15:18l'augmentation des atteintes
15:20aux personnes
15:20que l'augmentation
15:21des atteintes aux biens.
15:23Il est plus grave.
15:24Et là,
15:24on arrive à un moment
15:26où on ne sait pas répondre.
15:28Les outils que nous avons,
15:30que ce soit sur le terrain,
15:31la sécurité,
15:32c'est un peu particulier,
15:33c'est assez technique
15:33comme débat,
15:34notamment dans les émeutes,
15:35etc.
15:35La question du maintien de l'ordre,
15:37je sais que certains
15:37se passionnent absolument
15:39pour ce débat technique.
15:40Il est important,
15:41mais moi,
15:42en tout cas,
15:43je ne suis pas spécialiste
15:44du maintien de l'ordre
15:45et de son organisation
15:46et de ses dispositifs.
15:48Et sur la question
15:48de la justice,
15:49il n'y a pas d'évolution
15:50de la justice
15:51par rapport à cette considération,
15:52ni même de débat,
15:53par rapport à la considération
15:55dans la vision
15:55de la justice
15:56que nous avons
15:57des atteintes
15:58qui sont faites aux personnes.
15:59Avec une augmentation
16:00des atteintes aux personnes,
16:02une augmentation
16:02des homicides,
16:03une augmentation
16:04des homicides,
16:05notamment dans le cadre
16:06du trafic de drogue,
16:07c'est-à-dire
16:07des mecs qui se permettent
16:08d'envoyer des gamins de 13 ans
16:09tirés sur d'autres gamins de 13 ans.
16:11Moi, je veux bien
16:11qu'on balaye tout ça
16:12en disant
16:12c'est du fait divers,
16:14l'important,
16:15c'est ma prime rénov'.
16:16Je pense que c'est extrêmement
16:18léger pour ne pas dire
16:21inconséquent,
16:22je pense que c'est vraiment le mot
16:23de la part du président
16:24de la République.
16:25C'est lui qui décide
16:26d'opposer les deux sujets déjà.
16:28Vous savez,
16:29c'est comme pendant
16:30les campagnes présidentielles,
16:31vous voulez par exemple
16:33parler du sujet
16:34de l'immigration,
16:35on vous dit pas du tout,
16:35regardez dans le dernier sondage,
16:37c'est le pouvoir d'achat
16:39qui intéresse les Français.
16:40Nous sommes des êtres
16:41un peu plus complexes que ça,
16:42on peut être préoccupé
16:43par trois sujets en même temps,
16:44j'espère.
16:45Donc c'est évidemment
16:46que tous ces sujets
16:47touchent le politique.
16:49Je note simplement
16:49qu'Emmanuel Macron,
16:50quand il est question
16:51cette semaine
16:52de la question de la sécurité,
16:54de la question judiciaire
16:55et de la question également
16:57de l'intégration nationale
16:59de tous
17:00et notamment de ces jeunes
17:01issus de l'immigration,
17:02toutes ces questions
17:03sont à la mesure
17:05de responsables politiques français.
17:07Ça concerne
17:07la société française
17:08et il s'échappe lui-même
17:10sur des questions climatiques
17:11qui ne dépendent pas
17:12que de lui.
17:14Je ne dis pas du tout
17:14qu'il ne doit pas les investir
17:15avec notamment
17:16dans les sommets,
17:17etc.
17:17Ce n'est pas du tout
17:18mon problème.
17:19Simplement,
17:19je note que là,
17:20il s'excite subitement
17:21sur le sujet
17:22des ZFE
17:23et de MaPrimeRénov'
17:24qui sont un peu plus,
17:25comment dire,
17:26un peu plus...
17:27Non, non, non,
17:28ce n'est même pas
17:29une question accessoire.
17:30Simplement,
17:31qui drainent
17:32un peu plus de questions
17:33que pour ou contre le climat.
17:34Je répète,
17:34ce n'est pas ça
17:35le débat
17:35qui s'est passé
17:35à l'Assemblée.
17:36mais ça,
17:38je suis d'accord
17:38avec vous.
17:39Je pense qu'on est
17:40tous les deux
17:40extrêmement critiques
17:41vis-à-vis des ZFE,
17:42extrêmement critiques
17:43vis-à-vis,
17:44ce n'est pas tellement
17:44de MaPrimeRénov'
17:45mais de cette incitation
17:46comme ça
17:47qui est faite
17:47à rénover les maisons
17:48pour les rendre plus écolos.
17:50Évidemment,
17:50d'ailleurs,
17:50que la prime
17:51ne couvre jamais
17:52les frais des travaux,
17:53que c'est toujours
17:54une punition.
17:54Je peux dire
17:56que MaPrimeRénov'
17:57j'ai fait des travaux
17:58de rénovation
17:58pour les histoires
18:00de lettres.
18:00D'accord ?
18:01Les histoires de lettres.
18:02Oui,
18:02mais c'est l'enfer.
18:04C'est un enfer.
18:05C'est pire.
18:06Vous ne pouvez même
18:06pas imaginer.
18:07Je sais que ceux
18:08qui ont suivi,
18:09qui ont fait bien
18:09leur travail,
18:10qui ont suivi
18:10les recommandations,
18:12ça fait un an
18:13que le dossier est ouvert
18:13et qu'ils vous demandent
18:14le papier numéro 36
18:15parce que le papier
18:16numéro 36,
18:17c'est un cauchemar
18:18que vous ne pouvez pas
18:19imaginer.
18:20Mais ils vous incitent
18:21à le faire,
18:21sinon,
18:21effectivement,
18:22vos logements
18:22sont complètement dévalués.
18:23C'est horrible.
18:24C'est horrible.
18:25C'est un scandale.
18:26C'est un cauchemar
18:27bureaucratique absolu.
18:28Et donc là,
18:28on est totalement d'accord
18:30pour être,
18:31je pense,
18:32contre ces mesures
18:33qui reflètent plus
18:34les névroses
18:35d'un pays bouffé
18:36par ses pulsions
18:37administratives
18:38et par sa bureaucratie folle
18:42qu'en effet,
18:44un réel souci
18:44de l'écologie.
18:45D'autant plus
18:45que...
18:46Arrêtez MaPrimeRénov',
18:47pardon,
18:47excusez-moi,
18:48mais c'est,
18:49je crois,
18:49100 000 emplois
18:50qui sont menacés.
18:51Donc,
18:52je pense qu'il y a aussi ça,
18:52Emmanuel Macron.
18:53C'est trop bien le climat,
18:54mais il y a 100 000 emplois
18:54à la clé
18:55qui seront menacés
18:56par l'arrêt de cette prime.
18:57Avec des fraudes massives,
18:58comme vous l'avez dit aussi,
18:59sur MaPrimeRénov'.
19:00Par certaines entreprises,
19:01vous avez raison.
19:01Par certaines entreprises,
19:02parce que c'est assez facile
19:03de rentrer...
19:04Je ne sais pas comment
19:05ils sont faits.
19:05Non,
19:05mais pour les fraudes...
19:06Oui.
19:09Il y a des spécialistes,
19:10il y a des spécialistes.
19:11Pardon,
19:12excusez-moi.
19:13Non,
19:13le but est de rendre la vie
19:14difficile aux propriétaires
19:15ou aux travailleurs,
19:16etc.
19:17Mais pour un fraudeur,
19:18je ne pense pas que la vie
19:19soit si difficile que ça,
19:20notamment sur les questions
19:21de MaPrimeRénov'.
19:22C'est la raison.
19:22Mais si on referme cette parenthèse
19:24et qu'on revient avec la question
19:25des faits divers,
19:27je crois aussi que...
19:29Et donc,
19:29je ne dis pas ça pour défendre
19:30Emmanuel Macron,
19:31ce n'est pas le sujet,
19:32mais que sur les faits divers,
19:33il y a un deuxième problème.
19:35C'est que quand on pense
19:36l'insécurité,
19:37si on la pense de façon globale,
19:39en disant,
19:39comme vous l'avez dit,
19:40les attaques aux personnes
19:41ont augmenté de X%,
19:42les homicides de X%,
19:44etc.
19:44Là, on peut penser,
19:46on peut réfléchir aux causes,
19:47on peut essayer de proposer
19:48des solutions,
19:49on peut être dans une approche
19:50rationnelle du problème.
19:52Évidemment que si,
19:53jour après jour,
19:53on voit le problème
19:54de l'insécurité
19:55à travers l'apport
19:56des faits divers,
19:57c'est-à-dire de nous dire
19:58dans telle ville,
19:58dans telle ville,
19:59il y a eu tel jour,
20:00un enfant qui s'est fait tuer,
20:02un mari qui a perdu sa femme,
20:04quelqu'un dont la mère
20:04s'est fait massacrer
20:05alors qu'elle avait 90 ans,
20:07ça ne sollicite pas la raison.
20:08Ça s'adresse à l'émotion.
20:10Et l'émotion,
20:10et juste,
20:11je finis sur ce point,
20:11parce que l'émotion,
20:13elle va dire
20:13c'est inacceptable,
20:14etc.
20:14Évidemment que c'est inacceptable,
20:16mais après,
20:17la tentation,
20:19ça va être évidemment
20:20d'aller tout de suite
20:21dans les solutions
20:22les plus répressives,
20:23en mélangeant d'ailleurs
20:24un peu la vengeance
20:25et la justice
20:25qui est une pulsion humaine,
20:26ce qui est normal,
20:26se dire,
20:27ce type-là,
20:28je ne veux plus jamais
20:28qu'il sorte de prison,
20:29voir ce type-là,
20:30s'il y avait encore
20:30la peine de mort,
20:31pourquoi pas ?
20:32C'est ce genre de pulsions
20:33que ça mobilise.
20:33Vous savez que le débat,
20:34ce n'est pas celui-là aujourd'hui.
20:35Non, le débat,
20:36ce n'est pas celui-là aujourd'hui.
20:37Aujourd'hui,
20:38ce qui n'est plus classé
20:40dans le fait divers,
20:40il existe encore
20:41des faits divers,
20:42c'est-à-dire objectivement
20:43des drames
20:44qu'il est impossible
20:45de classer.
20:45La personne sortie de nulle part,
20:48inexplicable,
20:48complètement folle,
20:49qui va tuer.
20:50Ça existe.
20:51Là, aujourd'hui,
20:53je mets de côté
20:54les émeutes
20:55qui sont en effet
20:56un sujet politique
20:57à part entière,
20:58j'ose espérer,
20:58surtout avec la répétition,
21:00mais même sur la question
21:01des drames familiaux,
21:03vous disiez,
21:04cet enfant qui meurt,
21:05le mari d'une telle,
21:06etc.
21:07Pourquoi est-ce que
21:08le mot de fait divers
21:09n'est plus acceptable ?
21:11Parce que le profil
21:12et la manière
21:13dont ça se passe
21:14se répètent.
21:15Et qu'à chaque fois,
21:17et c'est d'ailleurs
21:18sur ces sujets,
21:19enfin,
21:19sur les drames
21:20sur lesquels
21:21il y a une question politique
21:23qui se pose,
21:23les gens ne disent pas
21:24la peine de mort
21:25ou la prison à vie.
21:27Ils posent la question
21:28de dire,
21:28vous savez,
21:29c'est tous les aurait-du.
21:31C'est les personnes
21:31qui auraient dû expulser,
21:33les personnes qui auraient dû
21:34être en prison
21:34avec la peine
21:35qui a été prononcée
21:36par la justice française,
21:37simplement en raison
21:38des remises de peine,
21:39des aménagements de peine,
21:39ils étaient dehors.
21:40Ils auraient dû être
21:42en dehors du territoire français.
21:45Ils auraient dû,
21:45parce qu'ils ont été refusés
21:47par l'OFRA,
21:48ils auraient dû être ailleurs
21:50qu'à l'endroit
21:50où ils ont tué.
21:52Ça,
21:52c'est une question
21:53qui s'est posée
21:54de manière récurrente
21:55ces derniers temps,
21:55avec beaucoup de faits.
21:57Beaucoup de faits
21:57qui se sont répétés.
21:58Alors qui,
21:59en effet,
22:00ne dessinent pas
22:00toute une politique,
22:01simplement,
22:02c'est une question
22:02lancinante qui se répète,
22:04parce qu'en vertu
22:05des lois actuellement
22:06en cours en France,
22:07pas de loi complètement...
22:08Moi, je suis d'accord
22:08avec vous,
22:09la tentation,
22:10justement,
22:11si le pouvoir
22:12refuse de répondre
22:13systématiquement
22:14à cette inquiétude
22:15qui me semble
22:15extrêmement légitime,
22:17alors en effet,
22:17on va basculer
22:18dans la vengeance,
22:20dans l'auto-justice,
22:22comme on appelle ça,
22:23et en effet,
22:24les gens vont finir
22:24par se dire,
22:25vous savez quoi,
22:25je vais régler le problème
22:26tout seul en fait.
22:27Parce que le seul moyen
22:29de réguler la vengeance,
22:30qui est en effet
22:30un sentiment
22:31qui naît
22:32assez naturellement,
22:33le seul moyen
22:34de le réguler,
22:34c'est qu'en effet,
22:35l'État dise,
22:36on prend au sérieux
22:37votre peine,
22:37fut-elle unique,
22:39fut-elle un fait divers réel,
22:40on va la prendre au sérieux,
22:42on va vous rendre justice.
22:44Si nous sommes incapables
22:45d'accepter,
22:46de voir que beaucoup
22:46de Français se disent
22:47la justice n'est pas
22:48rendue correctement,
22:49et au-delà
22:50de la question des magistrats,
22:51dans la vision,
22:52dans la vision collective
22:53que nous avons
22:54de la justice
22:55et de la manière
22:56de la ronde,
22:57je pense que si on ne prend
22:57pas cette question au sérieux,
22:58on se prépare
22:59des jours douloureux.
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