00:00Pierre Herbulot, RTL Midi, les auditeurs ont la parole.
00:0412h44 sur RTL, le Monde se retrouve à Genève aujourd'hui pour tenter de rédiger un traité mondial de lutte contre la pollution plastique.
00:11Près de 180 pays présents pour choisir entre réduire la production ou améliorer le recyclage.
00:16Et c'est le thème que l'on va aborder avec vous, Nathalie Gontard, bonjour.
00:20Bonjour.
00:21Vous êtes directrice de recherche à l'INRAE et auteure de Plastique, le grand emballement aux éditions Stock.
00:27D'abord sur le recyclage en France, est-ce qu'il reste beaucoup de chemin à faire ?
00:33Alors oui, évidemment, il reste beaucoup de chemin à faire.
00:37Mais ce n'est pas seulement en France, c'est un petit peu partout.
00:39Parce que le plastique, fondamentalement, ne se prête pas au recyclage.
00:43C'est sa nature qui veut ça.
00:44C'est un matériau qui se dégrade, qui absorbe des contaminants.
00:47Et si on regarde les choses en face, ce n'est que moins de 0,5% des plastiques qui sont réellement recyclés.
00:54C'est-à-dire qui sont 0,5%, qui sont régénérés dans leur forme d'origine.
01:01Et ce sont les bouteilles en plastique, en PET pour l'eau, le lait, etc., qui redeviennent des bouteilles en plastique.
01:06Et encore, avec un certain coût et avec beaucoup de pertes.
01:09Donc, Nathalie Gontard, vous êtes en train de nous dire que la poubelle jaune, elle ne sert à rien ?
01:14Ben non, pas tout à fait. Elle sert un petit peu, mais peut-être pas autant qu'on l'aimerait.
01:19Alors évidemment, vous êtes en train de vous dire, mais qu'est-ce qu'elle nous raconte ?
01:220,5%, les chiffres qui sont affichés sont bien plus élevés que ça.
01:27Oui, mais parce qu'en fait, le reste, c'est du décyclage.
01:30Ce n'est pas du recyclage.
01:31Alors, qu'est-ce que c'est le décyclage ?
01:33Voilà, le décyclage ne réduit pas la pollution plastique, mais au contraire, il l'entretient.
01:37Et là, pour le coup, les chiffres sont implacables.
01:40Plus, soi-disant, on recycle, et plus on consomme de plastique, et donc plus on pollue,
01:44et dans toutes les régions du globe.
01:45Tout simplement parce qu'on mélange décyclage et recyclage.
01:48Alors, le plastique décyclé, on va prendre juste un exemple.
01:51On va repartir de ces bouteilles en PET.
01:54Eh bien, ces bouteilles ne sont pas retransformées en bouteilles.
01:57Elles sont retransformées en un autre objet, par exemple, un pullover.
02:00Alors, on peut penser que c'est bien de donner une utilité à ce déchet.
02:04On dirait une deuxième vie, quoi.
02:06Ben oui, c'est quand même mieux que rien.
02:08Eh bien, non, ce n'est pas mieux que rien, c'est pire.
02:10C'est pire parce que cet objet décyclé, comme ce pull en polyester,
02:14va continuer à se dégrader rapidement sous la forme de micros et de nanoparticules,
02:19de micros et de nanoplastiques, tout au long de sa vie, et donc continuer à polluer.
02:23Parce que la pollution plastique, ce n'est pas l'empreinte carbone, c'est l'empreinte plastique.
02:27Ce sont ces petites particules de plastique que l'on retrouve absolument partout
02:31et dont notre cerveau, des chercheurs américains nous l'ont démontré,
02:35est déjà constitué à 0,5%.
02:37Et ils y sont arrivés via le nerf olfactif, par votre nez.
02:43Et ce n'est pas tout.
02:44Les objets décyclés remplacent très souvent des matériaux
02:47qui ne posaient pas de problèmes environnementaux, comme la laine, par exemple.
02:51On garde l'exemple du pull.
02:53Et c'est une filière dont la filière de valorisation est en train de disparaître.
02:57Il y a encore du travail, on le comprend.
02:59Est-ce qu'au moins, parce qu'on aime bien se comparer,
03:01est-ce qu'en France, on est meilleur ou on est pire que nos voisins en Europe ?
03:05Non, non, on n'est ni meilleur ni pire.
03:07On est à peu près pareil.
03:08C'est-à-dire, ce qu'on fait, c'est beaucoup de décyclage.
03:11Les filières qu'on monte créent une dépendance aux déchets plastiques,
03:14parce que ces filières, après, il faut continuer à les alimenter.
03:18Et du coup, en fait, toutes ces technologies dont on parle beaucoup,
03:21on aimerait qu'elles puissent nous sauver,
03:22mais en fait, elles servent actuellement surtout à rassurer le consommateur
03:26pour l'inciter à continuer à consommer du plastique.
03:29D'ailleurs, ce plastique, on l'ingère.
03:31Vous dites, consommer du plastique, c'est au sens figuré,
03:34mais au sens propre aussi, dans les poissons,
03:36dans les estomacs des poissons qu'on mange ?
03:39Ah non, non, non, mais pas seulement.
03:40Je pense que vous êtes très, très loin du compte, là.
03:43On en retrouve absolument partout.
03:44Il en pleut, on en respire.
03:46Il y en a dans l'air, il y en a dans l'eau.
03:48Ça, on le sait, il y en a dans la terre,
03:49il y en a dans tous les aliments, on en a actuellement dans tous nos organes.
03:53Partout où on en cherche, on en trouve.
03:56Et le gros problème, c'est qu'aucun être vivant n'est capable de le digérer,
03:59ce plastique, il s'accumule dans les organes
04:01et il en perturbe le bon fonctionnement
04:03parce qu'il est interactif, il n'est pas inerte.
04:06Donc, on a des effets sur la santé de tous les êtres vivants,
04:10y compris sur notre propre santé.
04:12Bon, le panorama est assez sombre.
04:15Qu'est-ce qu'on peut faire ?
04:16Est-ce que nous, si le recyclage n'est pas très bon,
04:18est-ce que nous, on peut, dans notre façon de consommer,
04:20essayer de réduire les emballages plastiques ?
04:23Alors voilà, moi je pense que le panorama n'est pas si sombre que ça.
04:27Au lieu d'aller attendre après une technologie miracle
04:30dont l'impact ne sera pas vraiment significatif,
04:33je pense qu'il faut que nous,
04:35pas seulement en tant que consommateurs, loin de là,
04:37mais en tant que professionnels, en tant que politiques,
04:40prenions nos responsabilités pour réduire notre consommation.
04:43Et ça, justement, c'est le gros angle mort de ces négociations.
04:48C'est-à-dire qu'en gros, il y a deux pays qui s'affrontent,
04:50il y a deux coalitions de pays qui s'affrontent.
04:52D'un côté, les pays qui produisent,
04:54les pays de la pétrochimie,
04:56et puis de l'autre, les pays qui veulent
04:59que les producteurs réduisent leur production.
05:02Or, nous sommes dans une économie de marché,
05:05la production s'aligne sur la demande,
05:08et donc c'est à nous de prendre nos responsabilités,
05:10c'est-à-dire de commencer à réduire notre utilisation de plastique.
05:16Et là encore, je ne m'adresse pas qu'aux consommateurs.
05:18Le consommateur a les appôles bien larges,
05:20mais il ne peut pas tout prendre sur ses épaules.
05:22C'est à tous les secteurs professionnels,
05:24à tous les secteurs industriels,
05:26de faire des efforts pour nous proposer des biens et des services
05:29avec un strict minimum de plastique,
05:32et de nous le faire savoir.
05:33Merci beaucoup Nathalie Gontard.
05:35Je rappelle que vous êtes la directrice de recherche à l'INRAE,
05:39et auteur de l'ouvrage Plastique,
05:41le grand emballement aux éditions Stock.
05:44Bon, et on est tous responsables,
05:45c'est ce qu'on va retenir de cette interview.
05:55Votre moment nostalgique de l'été,
05:5812 mois après les emballants Jeux de Paris 2024,
06:02RTL vous propose de prendre des nouvelles des athlètes
06:04qui nous ont tant fait vibrer.
06:05Bonjour Maura Djabari.
06:07Bonjour.
06:07Vous revenez sur le parcours d'une légende de la gymnastique,
06:11l'américaine Simone Biles,
06:13qui a éclaboussé de son talent Paris et l'histoire des Jeux Olympiques.
06:16Une moisson de médailles,
06:18championne olympique du concours individuel et par équipe,
06:20championne olympique du saut de cheval,
06:22et médaillée d'argent au sol.
06:24Simone Biles repart des Jeux de Paris avec 4 médailles,
06:27dont 3 en or.
06:28C'est l'une des stars de ses JO, Maura D.
06:29Celle que l'on surnomme la puce avec son mètre 42 de génie,
06:34Simone Biles a éclaboussé de son talent l'aréna de Bercy.
06:39Une tenue brodée de 10 000.
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