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  • il y a 1 an
Biogaran : Le laboratoire pharmaceutique tricolore et le fonds d'investissement européen d'origine britannique BC Partners ont annoncé, le 30 juillet, être entrés en négociations exclusives concernant l'acquisition du champion français des médicaments génériques, qui représente plus d'une boîte de médicament sur huit délivrée dans l'Hexagone. La vente voulue par le laboratoire Servier avait échoué en septembre 2024, les responsables politiques redoutant une perte de souveraineté sur ces médicaments indispensables
Regardez L'invité de RTL Matin avec Vincent Derosier du 01 août 2025.

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Transcription
00:006h, 9h, RTL Matin, avec Vincent Derosier.
00:05Le laboratoire pharmaceutique français Servier a annoncé entrer en négociation exclusive avec le fonds d'investissement d'origine britannique BC Partners pour céder sa filiale BioGarant.
00:16On en parle avec Sonia de La Provoté, sénatrice union centriste du Calvados. Bonjour.
00:21Bonjour.
00:22Alors vous êtes sénatrice mais surtout présidente de la commission sénatoriale d'enquête sur la pénurie de médicaments.
00:27BioGarant, on le rappelle, c'est le leader des médicaments génériques en France.
00:301 sur 3 vendus en pharmacie.
00:33Alors cette vente, c'est une vraie bombe politique à déflagration lente.
00:37C'est ce qu'a dit sur RTL l'économiste de la santé Frédéric Bizarre.
00:41Vous reprenez ces mots ce matin ?
00:43Écoutez, en tout cas c'est un élément qui ne va pas du tout être neutre sur l'avenir de la disponibilité des médicaments génériques sur notre territoire.
00:54Et donc ça doit être regardé avec une grande vigilance.
00:58J'évite de qualifier ça de bombe pour l'instant.
01:00En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il faut mettre les protections et regarder les choses avec beaucoup de fermeté.
01:06Alors pourquoi c'est inquiétant ?
01:08Quelle est la principale menace ?
01:09C'est pour l'emploi ?
01:10C'est pour la pénurie de médicaments ?
01:11C'est pour le prix des médicaments ?
01:13Il y a plusieurs menaces.
01:15La première, évidemment, c'est la menace de santé publique.
01:17C'est-à-dire la disponibilité du médicament, de ces génériques qui, comme vous le disiez justement, représentent une très grosse part de la disponibilité des génériques en France.
01:26D'autant plus que Biogarance, c'est beaucoup de classes thérapeutiques avec des médicaments complètement essentiels.
01:32Ça va des antibiotiques au paracétamol qu'on évoquait dans d'autres sujets industriels.
01:38Et le deuxième sujet, c'est aussi le risque de pénurie.
01:43Le troisième, c'est l'emploi et l'empreinte industrielle parce que Biogarance, c'est beaucoup de façonnés en France et pas mal d'emplois puisqu'on est à plus de 1000 emplois directs et indirects avec un siège social français.
01:58Et donc finalement, une présence qui n'est pas que une présence physique, c'est-à-dire c'est un attachement réel à la disponibilité, à la production de médicaments sur notre territoire.
02:10Et on voit bien que les médicaments génériques, qui sont essentiels pour aussi notre économie de la santé, puisque les économies de santé reposent en partie sur la disponibilité des génériques qui sont, comme vous le savez, moins chers, mais en équivalent thérapeutiques.
02:28Eh bien, s'il y a moins de disponibilité et de pénurie derrière, c'est des dépenses supplémentaires et en tout cas des difficultés à pouvoir contrôler nos dépenses de santé dans le domaine du médicament.
02:39Donc le risque concret, vous le dites, c'est qu'on n'en trouve plus, c'est qu'on sort de chez le médecin avec son ordonnance et qu'en pharmacie, il n'y ait plus ces médicaments-là et c'est aussi une conséquence pour les pharmacies ?
02:49C'est une conséquence pour les pharmacies, mais c'est aussi une conséquence évidemment pour les patients.
02:54C'est-à-dire que ce risque-là, c'est un risque évidemment que l'on connaît depuis un certain nombre d'années.
03:00Encore une fois, les pénuries de médicaments, ce n'est pas un phénomène nouveau, mais on est dans un accroissement régulier.
03:06Mais là, on touche à un segment essentiel de la disponibilité médicamenteuse puisqu'on touche au générique.
03:13Et le générique, c'est le fondement d'une grande part des économies de santé puisque ce sont des médicaments moins chers à rembourser.
03:22Et donc, si on n'a pas la disponibilité de générique et qu'on n'a pas pour autant la disponibilité des autres médicaments, ceux d'origine, médicaments Princeps, comme on dit, qui sont plus chers sur le marché,
03:35eh bien à ce moment-là, on a une moindre prise en charge thérapeutique, des décalages de prise en charge thérapeutique, on voit bien pour les patients, voire des renoncements aux soins.
03:43Donc de toute façon, les conséquences en matière d'économie sanitaire sont essentielles et en matière sanitaire, évidemment, les besoins de le rappeler sont absolument majeurs.
03:52Alors, le gouvernement dit qu'il sera attentif au maintien de la sécurité d'approvisionnement du marché français, c'est ce que dit le ministère de l'Industrie, mais comment faire ?
04:01Eh bien, il faut en tout cas, ce qui est certain, d'ailleurs conformément à ce que nous avions mis en évidence dans la commission d'enquête sur la pénurie de médicaments,
04:11il faut qu'il y ait exactement la même chose, en tout cas, la réaction miroir de ce qui s'est passé avec Opela et la vente Sanofi des médicaments du quotidien.
04:22Il faut que l'État regarde avec vigilance et contrôle la nature de la contractualisation avec l'investisseur, ça c'est essentiel.
04:33Il faut mettre un certain nombre de conditions pour autoriser, puisqu'on a le moyen, on est dans une situation de santé publique,
04:40donc on a les outils juridiques pour pouvoir empêcher la vente ou en tout cas la contrôler et y mettre des conditions.
04:47Et dans les conditions, il faut le maintien de l'emploi, le maintien de l'empreinte industrielle,
04:51la sécurisation d'approvisionnement des médicaments sur le territoire français ultramarin,
04:58donc l'ensemble du territoire, métropole et outre-mer, évidemment.
05:01Et puis, il faut aussi s'assurer que la disponibilité des médicaments colle bien à la demande thérapeutique.
05:08C'est-à-dire que ce n'est pas uniquement la présence d'une typologie de comprimés, par exemple,
05:13mais c'est aussi toutes les formes galimiques.
05:15Donc, il faut les formes pédiatriques, il faut les formes libérations prolongées, etc.
05:19Donc, tout ça, c'est une contractualisation essentielle à mettre en place.
05:25Et je le rappelle, c'est aussi beaucoup d'emplois.
05:27Et quand on parle de souveraineté sanitaire...
05:288600 emplois directs et indirects.
05:318600 emplois.
05:32Donc, votre rôle de présidente de commission vous permet de dire que ces emplois sont en danger ?
05:39Ce qui est certain, c'est que si on ne met pas de contraintes,
05:42et s'il n'y a pas de contractualisation avec l'État au travers de ce rachat,
05:48ces sujets-là ne sont pas forcément évoqués de façon, comment dire, prioritaire.
05:55Et on voit bien qu'il y a eu un premier essai de vente il y a à peu près un an,
06:01et que dans les conditions, l'État avait quand même...
06:06Regardez les choses avec attention.
06:07Avec Sanofi et Opela, c'est la même chose qui s'est passée.
06:10Il faut un engagement sur le maintien de l'emploi, mais pas que.
06:16C'est un sujet de santé publique.
06:17Et donc, c'est surtout un engagement sur le maintien d'une disponibilité de l'accès aux médicaments
06:22qui, encore une fois, sont sur données de très nombreuses classes thérapeutiques
06:25et traitent beaucoup, beaucoup, beaucoup de pathologies,
06:28notamment de pathologies qu'on vit du quotidien,
06:30qui en réalité, ce sont des pathologies qui sont traitées sur le long cours.
06:34Et donc, il faut surtout cette disponibilité du médicament sur le territoire.
06:39La santé publique, c'est ça.
06:42Le Doliprane est déjà passé sous pavillon américain.
06:44En fait, on a l'impression que la France ne peut pas empêcher ses ventes et ses rachats.
06:48On fait quoi ? On relocalise ?
06:50Relocaliser, ça veut dire avoir l'outil industriel.
06:54Ça veut dire pouvoir prendre en charge de façon industrielle toute la chaîne de valeur du médicament,
06:59depuis la chimie jusqu'à la dernière, la boîte, qui arrive en officine.
07:05Ça veut dire prévoir quand même une chaîne industrielle de valeur
07:09qu'on n'est pas en capacité, en tout cas en deux ans, de mettre en place en France.
07:14D'abord, il faut réfléchir les choses à l'échelle européenne,
07:18parce qu'il est essentiel, parce que ces médicaments dits essentiels sont essentiels dans tous les pays européens.
07:24Pour la Chimie, on dépend de la Chine aujourd'hui ?
07:26On dépend de la Chine, on dépend d'autres pays, et on dépend de l'Inde également.
07:32Et donc, ces fameux principes actifs dont on parle très régulièrement,
07:37qui sont l'acte 1 de la fabrication du médicament,
07:41ces principes actifs, on doit pouvoir les refabriquer dans notre pays.
07:45Encore faut-il, ou à tout le moins en Europe,
07:49encore faut-il pour ça qu'on mette en place les conditions qui facilitent la fabrication,
07:55qu'on reforme des professionnels et des experts dans le domaine,
07:59parce qu'on a perdu beaucoup de savoir-faire et de compétence,
08:02en l'espèce, dans la fabrication des principes actifs des médicaments.
08:06Et pour ça, c'est une vraie stratégie industrielle à mettre en place.
08:09stratégie industrielle et plan à long terme du gouvernement.
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