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  • il y a 7 mois
Le tribunal de Vienne dans l’Isère n’a pas donné raison à la famille de Théo. Une famille qui demandait la reconnaissance du lien entre les malformations congénitales de leur fils et l’exposition de sa mère pendant sa grossesse au glyphosate lorsqu’elle était enceinte. On en parle avec : Me William Bourdon, avocat de la famille Grataloup. Et Sabine Grataloup, mère de Théo.

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Transcription
00:00On revient sur cette décision de justice largement commentée.
00:03Le tribunal de Vienne, dans l'Isère, n'a pas donné suite, n'a pas donné raison à la famille de Théo,
00:08une famille qui demandait la reconnaissance du lien entre les malformations congénitales de leur fils
00:13et l'exposition de sa mère pendant sa grossesse au glyphosate lorsqu'elle était donc enceinte.
00:17Précision, Stéphanie Zenati.
00:20C'est un scénario que la famille Grattalou redoutait.
00:24Après 7 ans de combat judiciaire contre Bayer Monsanto,
00:27le tribunal vient de trancher et estime que leur action est irrecevable.
00:32Autrement dit, le géant de l'agrochimie n'est pas reconnu responsable des malformations dont souffre leur fils Théo.
00:39Une déception que souhaite minimiser l'avocat des parents du jeune homme.
00:43Je ne suis pas catastrophé parce que le tribunal, et ce n'était pas acquis,
00:46reconnaît le fait que Monsanto a bien commercialisé le produit.
00:51A certains égards, c'est une satisfaction morale pour la famille.
00:54Ce n'est pas suffisant pour effacer la déception, mais c'est une satisfaction morale.
00:58Un premier pas pour Sabine et son mari Thomas, qui ont assigné Monsanto en 2018.
01:04Théo, alors âgé de 11 ans, est depuis sa naissance atteint de graves malformations à la trachée, à l'œsophage.
01:10Du selon ses parents, à l'utilisation pendant la grossesse de Sabine,
01:14d'un désherbant ultra puissant, le glyphosate.
01:18Un lien de cause à effet que le tribunal ne fait pas aujourd'hui.
01:21Le tribunal a considéré que ce petit chénon essentiel, c'est-à-dire établir,
01:29qu'en 2006, cette fameuse journée d'août 2006, le produit utilisé était bien celui-là.
01:37Le tribunal considère qu'on n'attaque pas le seuil probatoire suffisant.
01:41Ce n'est pas une catastrophe.
01:43C'est presque une invitation à continuer.
01:45C'est d'ailleurs ce qu'on va faire.
01:46On va interjeter appel.
01:47Le groupe Bayer-Monsanto a lui pris acte de la décision du tribunal
01:51et a rappelé que ces produits sont développés et commercialisés
01:54dans le strict respect des réglementations nationales et internationales en vigueur.
02:00Depuis 2018, le glyphosate est interdit en France pour un usage domestique.
02:05Bonsoir, Sabine Grattalou.
02:07Merci d'être en direct dans BFM Story.
02:10On vient de voir les faits.
02:12J'imagine, grande déception pour vous ce soir,
02:15après cette décision du tribunal de Vienne dans l'Isère.
02:18Oui, c'est certain.
02:22On ne peut être que déçu, même si ce jugement nous apporte quand même aussi beaucoup de réponses
02:31et d'éléments importants, puisque, comme notre avocat le rappelait,
02:37le tribunal de Vienne a acté tout de même de nombreux points de notre dossier
02:44qui étaient vraiment importants.
02:48Et finalement, le jugement n'a pas été en notre faveur
02:53en raison de points qui sont relativement des détails.
02:57En fait, c'est tout simplement...
02:59En résumé, ce qui nous est reproché,
03:01c'est de ne pas être en mesure de fournir la facture du produit que j'ai utilisé il y a maintenant 19 ans.
03:08Donc, on se dit que le reste du dossier est vraiment très solide.
03:13En particulier, toute la partie médicale,
03:17toute la partie des études scientifiques qui ont été rassemblées
03:20et qui avaient d'ailleurs convaincu les experts du Fonds d'anonymisation des victimes des pesticides
03:24du lien entre les malformations de Théo et son exposition in utero au glyphosate.
03:32Ce qui veut dire que pour vous, clairement, le combat continue ce soir.
03:37Allez-y.
03:39Ah oui, oui, bien sûr.
03:40Plus que jamais, le combat continue.
03:42Tout simplement parce que ce jugement nous donne en quelque sorte des pistes,
03:47en fait, pour améliorer notre dossier
03:49et le présenter avec de meilleures chances de gagner.
03:54Donc, on n'a pas décidé encore complètement de faire appel.
03:58On en a parlé un petit peu avec nos avocats ce matin rapidement.
04:02Bon, on envisage très sérieusement de faire appel.
04:07Il faut qu'on en discute un peu plus à tête reposée dans les prochains jours
04:10pour voir précisément quels éléments on peut apporter en plus à l'appui de notre dossier
04:17de façon à le faire basculer du côté déterminant.
04:21Et pourtant, la justice a dit aujourd'hui que vous n'aviez pas apporté de preuves suffisantes.
04:25Oui, à nous de chercher.
04:31On a apporté énormément de choses.
04:32On a apporté des témoignages,
04:34des témoignages très ancrés temporellement
04:39de personnes qui m'ont vue passer le glyphosate
04:44au début du mois d'août 2006.
04:48Voilà, c'est très ancré temporellement
04:50parce qu'une des personnes avait commencé à travailler pour nous le 1er août 2006
04:54et c'est elle qui m'a demandé de passer ce produit
04:56parce qu'elle venait avec son cheval
04:58et qu'elle avait besoin que la carrière d'équitation soit vraiment désherbée
05:02pour pouvoir travailler son cheval très sérieusement
05:07puisque c'est un cheval de sport, un cheval de saut d'obstacle.
05:10Et c'est elle qui m'a demandé de passer ce produit
05:12et elle témoigne.
05:14Le début de son CDI est au 1er août 2006
05:17donc c'est vraiment des marqueurs temporels très très forts.
05:21Bon, on pensait que ça serait suffisant.
05:22On a fourni des photos de la carrière d'équitation.
05:25Un mois avant que je passe le produit
05:27avec beaucoup d'herbes
05:30qui ont été analysées par un ingénieur agronome
05:34qui lui-même a reconnu qu'il y avait beaucoup de prêles
05:39et la prêle est reconnue par Monsanto
05:41comme étant très résistante au glyphosate
05:43et nécessite de très fortes doses.
05:45Donc voilà, ça, ça a montré que j'avais été exposée à fortes doses.
05:49Bon, voilà, visiblement, c'est pas suffisant.
05:52Il faut, voilà, en résumé, il faut une facture.
05:54Donc voilà, on n'a pas gardé toutes les factures
05:56de tous les produits qu'on utilisait en 2006
05:59pendant plusieurs années.
06:01Mais bon, on va chercher d'autres éléments
06:04qui pourront aider à prouver ce point.
06:07Vous menez cette bataille depuis 2018.
06:10Est-ce que vous n'êtes pas découragé par moment
06:12de voir qu'aujourd'hui encore, en 2025,
06:14la justice ne vous donne pas raison dans ce dossier ?
06:20Découragé, pas vraiment.
06:24C'est vrai que c'est une longue bataille.
06:26On a vraiment mené des recherches partout
06:28auprès des scientifiques français, anglais, argentins.
06:33Enfin, vraiment, ça a été un travail d'enquête incroyable
06:37pour, en plus, une famille qui doit gérer en même temps
06:41la maladie de son fils.
06:44Donc, bien sûr, ça prend beaucoup d'énergie.
06:47Oui, mais là, non, on voit qu'un nouveau combat s'ouvre devant nous.
06:56En particulier, ce qu'on retient de ce jugement,
07:01c'est qu'il est très difficile dans le cadre de la loi actuelle
07:04du droit français, très, très difficile, voire impossible,
07:08pour une victime de pesticides, d'obtenir justice.
07:10Et ça, c'est vraiment très clair dans le jugement qui est apporté,
07:14puisqu'on nous demande vraiment des preuves très précises de l'exposition
07:18qu'une famille normale ne peut pas collecter sur des années.
07:24Et on nous dit également que, par un renversement un peu choquant,
07:31les études qui étaient faites par Monsanto aux Etats-Unis,
07:37elles sont jugées tout à fait recevables, tout à fait probantes
07:41et tout à fait suffisantes quand elles viennent à l'appui
07:43d'une demande d'AMM de Monsanto France,
07:46donc AMM, autorisation de mise sur le marché.
07:49Donc ça veut dire que quand Monsanto France veut mettre sur le marché français
07:53un produit à base de glyphosate,
07:56on estime qu'il peut tout à fait légitimement s'appuyer sur les études
08:00de Monsanto aux Etats-Unis pour obtenir ce droit.
08:04Mais par contre, quand le produit qui est mis sur le marché de cette façon
08:07s'avère plus dangereux qu'initialement prévu et qu'une victime veut obtenir justice,
08:15à ce moment-là, elle ne peut pas s'appuyer sur le comportement fautif,
08:20pourtant reconnu par la justice américaine, de Monsanto aux Etats-Unis.
08:23Là, on nous dit, ah ben non, ça n'a rien à voir,
08:27Monsanto aux Etats-Unis, le comportement fautif de Monsanto aux Etats-Unis,
08:31ne peut pas être imputé, utilisé pour accuser Monsanto France.
08:37Donc là aussi, c'est le droit français qui est comme ça,
08:42qui autorise en fait qu'on utilise ces études pour mettre le produit sur le marché,
08:48mais qui n'autorise pas à les utiliser pour obtenir justice.
08:53Donc ça, ça doit changer, c'est la leçon qu'on retient aujourd'hui.
08:57Très bien, le message est passé.
08:57Merci beaucoup Madame d'avoir été en direct ce soir dans BFM Story.
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