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  • il y a 10 mois

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00:00Vous êtes bien sur Europe 1, il est 8h14, la grande interview ce matin avec Hervé Morin.
00:04Bonjour, président de la région Normandie, merci d'être avec nous dans le studio d'Europe 1 ce matin.
00:09Alors, la France essaye de mettre en scène une forme de riposte à la guerre des douanes déclarée par Donald Trump.
00:15Et la Normandie est en première ligne avec son cidre, son poiret, avec son calva, ses produits laitiers, son caoutchouc, sa pharmacie, sa cosmétique, l'aéronautique et l'automobile, sa chimie.
00:26Effectivement, des valeurs sûres qui font de la Normandie l'une des régions les plus industrialisées de France.
00:30C'est la région la plus industrielle de France.
00:32A quel point vous sentez les entreprises fébriles aujourd'hui, à la veille de l'entrée en vigueur de ces droits de douane ?
00:39Écoutez, il y a une note de l'INSEE qui explique que nous sommes la deuxième région la plus exportatrice après l'île de France.
00:48Donc, on regarde ça de près.
00:50Il y a une note de l'INSEE qui est sortie il y a quelques semaines expliquant qu'en effet, on serait plus frappé que les autres.
00:56La note, elle n'est pas convaincante parce qu'elle parle du blé, mais le blé, en effet, ça part souvent du port de Rouen, puis après du port du Havre, mais ce blé, il vient de toute la France.
01:04Alors, ça a des conséquences, bien sûr, sur l'activité portuaire, s'il y en a.
01:08Mais est-ce que ce blé, on peut le réexporter ou non ailleurs ?
01:11En même temps, on a des très gros investissements américains.
01:16On a une société comme Missman qui a un projet sur le recyclage plastique, c'est plus d'un milliard d'investissements sur le bord de Seine.
01:22On est juste pour, vous le sachiez, emmerdé parce que c'est le mot, parce que la Commission européenne a changé les règles sur l'importation du plastique chinois,
01:30ce qui fait qu'il faut qu'on règle cette affaire-là.
01:33On a une autre société qui s'appelle Lubrizol, qui est une société américaine qui avait annoncé un plan social qui a renoncé il y a un mois, un mois et demi,
01:42compte tenu des incertitudes générées par Trump.
01:44Donc, je regarde cela, mais ce que je voudrais surtout dire, c'est que dans cette histoire, c'est un moment de révélation violent pour la France et pour l'Europe.
02:00C'est tout de même le symbole d'un affaiblissement majeur d'un continent qui s'appelait l'Europe, qui était une zone de prospérité,
02:08qui a décliné tranquillement, mais sûrement, j'allais dire presque en silence pendant des décennies,
02:14et qui tout d'un coup révèle que ce déclassement le frappe doublement.
02:21Le frappe sur sa partie militaire et l'obligation de faire appel aux Américains pour assurer sa sécurité.
02:29Ça, on le savait, mais en étant infantilisé par Donald Trump dans la gestion ukrainienne,
02:34et puis deuxièmement, avec un allié qui tout d'un coup nous traite en vassal.
02:40C'est ça la réalité.
02:41Il faut que vos auditeurs sachent qu'on représentait 30% de la richesse mondiale,
02:46comme les Etats-Unis il y a une trentaine d'années.
02:49Les Etats-Unis, c'est encore 25%, normal, il y a des pays qui sont devenus riches, comme la Chine, etc.
02:54Nous, c'est plus que 17%.
02:56Le pouvoir d'achat de nos compatriotes, il était à peu près comparable aux Américains il y a une trentaine d'années,
03:01il est 30% inférieur aujourd'hui.
03:02Et donc, la question centrale, c'est celle de se dire,
03:09est-ce qu'à un moment ou à un autre, on va trouver, nous, politiques, les moyens de s'adresser aux Français,
03:13en disant, ce peuple qui a été un peuple si innovant, si inventif, qui a tant de trésors,
03:18qui a été un peuple très travailleur, est-ce qu'on va trouver les clés du redressement ?
03:22Est-ce qu'on va réussir à rassembler une partie du pays pour cela ?
03:26C'est ça la vraie question.
03:27Vous pensez qu'Emmanuel Macron est hypocrite quand il dit qu'on peut encore inverser les choses en concernant les accords ?
03:32Il n'y a pas de faux cul complet, cette histoire-là, pardon.
03:35Mais j'ai été dans un gouvernement pendant trois ans et demi sous Nicolas Sarkozy.
03:40Ces décisions prises par la Commission européenne,
03:43ce sont des décisions qui sont partagées avec les principaux États de l'Union.
03:46Anderlein, elle a dû être au téléphone plusieurs fois par jour avec Emmanuel Macron et peut-être avec le Premier ministre
03:52et avec les principaux pays de l'Union pour dire, voilà où on en est, est-ce que ça vous va ?
03:58Est-ce que ça ne vous va pas ? Qu'est-ce qu'on peut tirer en plus ?
04:00C'est comme ça que ça se passe.
04:02Alors, ça se fait dans la confidentialité des conversations entre chancelleries, si je puis dire.
04:07Mais c'est forcément une décision partagée, d'où l'embarras qui fait que pendant plusieurs jours,
04:13on n'a rien entendu.
04:14Mais quand on évoque, grosso modo, l'affront qui a été fait par les États-Unis,
04:19il n'est que l'expression de l'affaiblissement de l'Europe.
04:22Et c'est ça qu'on doit, nous, entendre français,
04:25quand en plus on fait partie des faibles en Europe aujourd'hui.
04:28de l'Europe.
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