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Tous les soirs et pendant tout l'été, les chroniqueurs de #FacealinfoEte débattent de l'actualité du jour de 19h à 20h

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00:00:00Bonsoir à tous, ravi de vous retrouver pour Face à l'Info.
00:00:05Dans quelques instants, je vous présente les chroniqueurs du soir,
00:00:08les thèmes également que nous allons aborder.
00:00:10Mais d'abord, on fait un point complet sur l'actualité du jour.
00:00:14Avec vous, Mathieu Devesse, bonsoir cher Mathieu.
00:00:16Bonsoir Thomas et bonsoir à tous.
00:00:18A la une, ce drame en Charente.
00:00:20Quatre morts et un disparu dans l'incendie d'un gîte qui accueille des adultes handicapés.
00:00:24Il s'agit de la propriétaire du gîte et trois personnes en situation de handicap.
00:00:28Une cinquième personne est toujours portée disparue.
00:00:31Le drame s'est produit à Montmoreau, au sud d'Angoulême.
00:00:33L'origine de l'incendie n'est pas encore connue.
00:00:36Le prix des timbres et des colis va augmenter de 7,4% en moyenne l'année prochaine.
00:00:41Avec notamment une augmentation de 9,35% pour la lettre verte pour les renvois du quotidien.
00:00:47Les renvois du quotidien, elle passera à 1,52€ contre 1,39€ aujourd'hui.
00:00:52La Poste explique que la baisse continue du nombre de lettres transportées fait diminuer ses revenus.
00:00:57Et ce, depuis des années.
00:00:59Enfin, à l'international, les Etats-Unis vont mettre en place des centres alimentaires à Gaza.
00:01:03Donald Trump l'a annoncé aujourd'hui en Écosse.
00:01:06C'était après avoir rencontré le Premier ministre britannique, Keir Starmer.
00:01:09Le président américain affirme que les bénéficiaires pourront entrer librement et sans limite.
00:01:15Merci beaucoup, cher Mathieu, pour ce point complet sur l'actualité.
00:01:20Au sommaire de Face à l'Info ce soir, alors que l'Etat cherche à faire des économies, les arrêts maladie sont dans le viseur.
00:01:28François Bayrou parle lui-même de dérive et compte revoir le modèle actuellement en vigueur.
00:01:34Agnès Verdier-Molinier nous dira qu'il faut aller encore plus loin.
00:01:37Et surtout, elle nous livrera son analyse sur cette évolution de notre rapport au travail.
00:01:43Comment expliquer, par exemple, que les jeunes aient davantage recours aux arrêts maladie que les plus anciens ?
00:01:48Qu'est-ce que cela dit sur l'évolution du rapport au travail ?
00:01:52On tentera de répondre à cette question ce soir.
00:01:55Avec Olivier Vial, on plongera dans 20 ans de propagande des frères musulmans.
00:02:00En comparant les études à 20 ans d'intervalle, on se rend compte de l'évolution de l'idéologie frériste dans notre pays.
00:02:08Alors, comment l'expliquer ?
00:02:10Pourquoi l'islam radical compte-t-il toujours plus d'adeptes en France ?
00:02:14Élément de réponse ce soir.
00:02:16Eric Nolot reviendra sur la décision de la France de reconnaître l'Etat de Palestine.
00:02:21Avec cette question, la diplomatie tient-elle encore compte du sort des otages ?
00:02:27De Boalem Sansal aux otages israéliens, on reviendra sur une évolution de la doctrine diplomatique française,
00:02:33de son origine jusqu'à ses conséquences.
00:02:37Enfin, on évoquera la surproduction de diplômés et les conséquences pour notre société.
00:02:43Céline Pina nous dira pourquoi une société surdiplômée n'est pas forcément synonyme de bonne santé
00:02:49et pourquoi les taux de réussite aux examens ne sauraient dissimuler une vraie chute de niveau.
00:02:57Voilà pour le programme ce soir de Face à l'un.
00:03:13Et je salue les chroniqueurs qui m'accompagnent ce soir.
00:03:16On attend d'une minute à l'autre Céline Pina qui entre sur ce plateau.
00:03:19Bonjour, bienvenue chère Céline, bonsoir cher Olivier, bonsoir Eric.
00:03:23Agnès Verdier-Molinier va nous rejoindre d'ici quelques instants.
00:03:26On va commencer avec vous Olivier Vial.
00:03:28Le ministère de l'Intérieur a publié il y a quelques semaines un rapport sur les frères musulmans
00:03:33et vous souhaitez revenir sur l'influence de la propagande de la confrérie,
00:03:37notamment chez les plus jeunes.
00:03:38Oui parce qu'en fait quand on regarde, il y a deux enquêtes qui sont intéressantes
00:03:41parce qu'elles ont eu lieu à 20 ans de différence sur notamment l'opinion des musulmans en France
00:03:47sur la question par exemple de la laïcité.
00:03:50Et la première enquête, elle date de 2005, elle a été faite par un chercheur du CEVIPOF, Vincent Thiberge.
00:03:55Et à l'époque, 8 musulmans sur 10 vivant en France considèrent que la laïcité est quelque chose de positif.
00:04:02Ils sont 80% à approuver la phrase, en France,
00:04:05« Seule la laïcité permet à des gens de convictions différentes de vivre ensemble ».
00:04:09Dans cette même enquête, on va interroger les gens en fonction de leur origine,
00:04:16puisqu'on n'a pas de statistiques forcément sur la religion.
00:04:1853% des Français d'origine africaine à l'époque
00:04:21et 59% des Français d'origine turque se déclarent à l'époque, en 2007, hostiles au port du voile.
00:04:2820 ans plus tard, presque 20 ans plus tard, 18 ans plus tard,
00:04:31la situation est radicalement différente
00:04:34puisque un sondage IFOP de 2023 établit que 78% des musulmans en France
00:04:40considèrent la laïcité comme un concept islamophobe.
00:04:44Et 70% des 18-25 ans musulmans se déclarent favorables,
00:04:49cette fois-ci pas au port du voile, mais au port du voile intégral.
00:04:53Donc en 18 ans, le changement est totalement impressionnant,
00:04:59c'est un véritable bouleversement.
00:05:00Alors comment on peut essayer d'expliquer ce basculement ?
00:05:04L'Union Européenne a mandaté un programme de recherche
00:05:07pour essayer de comprendre d'où venait cette radicalisation.
00:05:11Malheureusement, ce programme s'appelait le programme d'art,
00:05:14dialogue sur la radicalisation de l'identité.
00:05:16Il y avait une enveloppe de 5 millions d'euros
00:05:19qui avait été mise en place pour ce projet de recherche.
00:05:23Malheureusement, il ne faut pas attendre grand-chose de ce programme de recherche
00:05:26pour deux raisons.
00:05:27La première, c'est qu'il a été confié à une universitaire qui s'appelle Hillary Pliginton,
00:05:32qui est une anglo-saxonne,
00:05:36et qui est une universitaire spécialiste de la radicalisation,
00:05:40mais de la radicalisation d'extrême droite.
00:05:42Donc autant dire qu'assez peu d'intérêt sur la question de l'islam,
00:05:48mais elle va surtout avoir un prisme extrêmement militant,
00:05:50puisqu'elle va surtout chercher à débusquer
00:05:52s'il n'y a pas une montée du racisme systémique et de l'islamophobie.
00:05:57La seconde chose qui est encore plus inquiétante,
00:06:00c'est que pour être plus inclusif dans cette équipe de recherche
00:06:03qui comprend 17 équipes internationales,
00:06:06ils ont décidé d'ajouter une association, une ONG,
00:06:09l'association Enar,
00:06:11qui est un réseau européen contre le racisme
00:06:14qui en réalité gravite dans la confrérie des frères musulmans.
00:06:17Pour vous donner un petit exemple,
00:06:19ils ont plusieurs membres.
00:06:23Au niveau européen, ils ont parmi leurs membres
00:06:25le comité contre l'islamophobie en Europe,
00:06:28qui est le nouveau nom du CCIF,
00:06:30qui avait été dissous en France.
00:06:34En France, les membres de ce collectif
00:06:36sont les étudiants musulmans de France,
00:06:38une association proche,
00:06:40qui était la branche étudiante de l'UOIF,
00:06:42en son temps et proche des frères musulmans.
00:06:45Alliance Citoyenne,
00:06:46qui est une association qui a fait la promotion du burkini
00:06:49et qui a été financée par Georges Choros
00:06:52pour financer les hijabeuses
00:06:53et donc faire en sorte qu'on promeuve le hijab dans le sport.
00:06:57Et puis là, la Lab,
00:06:58qui est la version woke du filmisme islamique,
00:07:01que je crois que Céline Pina connaît bien.
00:07:04Donc, ce n'est pas étonnant effectivement
00:07:06que quand on a ce genre d'équipe de recherche,
00:07:09on ait des conclusions
00:07:10qui ne soient pas tout à fait celles qu'on attendait.
00:07:11Et là, en fait, elles sont extrêmement surprenantes
00:07:13puisque le rapport de recherche conclut sur le fait
00:07:16que la radicalisation des musulmans
00:07:18s'explique essentiellement par des facteurs exogènes
00:07:21comme la montée du racisme systémique et l'islamophobie
00:07:24et, encore plus surprenante,
00:07:27par la place trop grande accordée dans nos sociétés
00:07:30au discours anti-radicalisation.
00:07:32Donc, en gros, ne nous intéressons pas à la radicalisation,
00:07:35tout finira par s'arranger tout seul
00:07:37et surtout, les frères musulmans pourront continuer tranquillement
00:07:39leur technique de propagande discrète.
00:07:42Alors, comment expliquer, Olivier, cette radicalisation
00:07:45et ce rejet d'une partie importante de la communauté musulmane
00:07:48de valeurs comme la laïcité ?
00:07:50En fait, il y a une volonté d'imposer des concepts
00:07:54qui ont été extrêmement efficaces.
00:07:56Le premier concept, on en a déjà parlé sur ce plateau,
00:07:59c'est effectivement la notion d'islamophobie.
00:08:02Là aussi, la notion d'islamophobie,
00:08:03ce n'est pas quelque chose qui est apparu aussi spontanément
00:08:06qu'on le dit et aussi de façon aussi ancienne.
00:08:09C'est vrai que le mot et la notion existent depuis 1910,
00:08:14qu'elle a été un temps instrumentalisée par les mollahs iraniens
00:08:16à la fin des années 70,
00:08:18mais en réalité, le concept est vraiment apparu
00:08:22et s'est propagé en France à partir de 2003.
00:08:26Et en 2003, on a une vraie opération organisée
00:08:29de communication et d'influence
00:08:31avec la sortie d'un livre écrit par Vincent Geisser,
00:08:36qui est un chercheur du CNRS,
00:08:37qui va écrire en 2003 la nouvelle islamophobie.
00:08:40Quelques jours après, on organise à l'Assemblée nationale
00:08:43un colloque autour de son livre
00:08:44et puis ensuite, il va être organisé
00:08:47une véritable tournée des universités
00:08:49organisée par les étudiants musulmans de France
00:08:51dont on a déjà parlé.
00:08:53Cette année 2003, elle est aussi assez intéressante
00:08:55parce que c'est aussi cette année-là,
00:08:57et ce n'est pas innocent,
00:08:58que le CCIF va être fondé.
00:09:01Et donc, on a l'idée qu'en 2003,
00:09:02on a tous les éléments pour essayer d'imposer
00:09:05et de propager ce concept d'islamophobie.
00:09:07Ça, c'est la première chose.
00:09:08Et puis, cette stratégie-là,
00:09:10elle va aussi bénéficier d'un terreau extrêmement fertile
00:09:15avec la montée de concepts intersectionnels,
00:09:19comme on en a parlé déjà,
00:09:20du postcolonialisme, du décolonialisme,
00:09:23du racisme systémique et de l'indigénisme.
00:09:25Ce qui est intéressant, c'est que dès 2021,
00:09:28il y a un sondage de l'IFOP
00:09:29qui essaie de mesurer chez les jeunes
00:09:32la pénétration de ces concepts-là.
00:09:35Et on a, par exemple, la question du privilège blanc.
00:09:3871% des 18-24 ans savent ce qu'est le privilège blanc en 2021.
00:09:43Ce qui est intéressant, c'est que c'est 15 points de plus
00:09:46que le reste de la population.
00:09:47Et c'est encore pire pour la question du racisme systémique.
00:09:5163% des 18-24 ans savent ce qu'est le racisme systémique.
00:09:5572% des diplômés.
00:09:58Donc on voit bien que ce qui est ciblé
00:10:00dans cette population-là,
00:10:01alors ce n'est pas du tout le cas chez les personnes plus âgées,
00:10:04c'est à la fois les plus jeunes
00:10:05et les plus diplômés, la future élite.
00:10:07Et ça, ça va être la cible, effectivement,
00:10:10de la campagne de propagande qui va être menée.
00:10:12Et comment ces concepts, alors,
00:10:13ont pu se développer aussi rapidement ?
00:10:16Au-delà des concepts, après,
00:10:17il y a eu une vraie organisation médiatique,
00:10:19notamment avec la mise en place de médias communautaires.
00:10:22Et le premier très important,
00:10:24c'est ouma.com
00:10:25qui a été créé en 1999.
00:10:28Et ce site-là, il est aujourd'hui encore un des sites
00:10:31les plus visités
00:10:32par une grande partie de la communauté musulmane française,
00:10:36alors qu'il a été souvent pris
00:10:38en train de propager des théories conspirationnistes.
00:10:42Il a notamment remis en cause
00:10:45la thèse de l'attentat de Mohamed Merah.
00:10:47Il a publié de nombreux articles sur le 11 septembre
00:10:51disant que c'était un complot des Américains.
00:10:53Il publie régulièrement des informations
00:10:56faisant état, soi-disant, d'un trafic international
00:10:59d'organes menés par Israël.
00:11:01Il est même allé jusqu'à accuser Simone Veil
00:11:03d'avoir, elle aussi, d'une certaine façon,
00:11:05participé à un trafic entre Israël
00:11:08et la France pour les organes.
00:11:11Tout ça, effectivement, ce site-là,
00:11:13malgré tout ça,
00:11:14il est encore aujourd'hui l'un des plus visibles.
00:11:15On peut juste rappeler peut-être Ouma,
00:11:16ce que ça signifie.
00:11:17Ouma, ça veut dire la communauté musulmane.
00:11:20En 2002, il y a un deuxième site internet
00:11:23qui va se créer,
00:11:24qui s'appelle Safir.news,
00:11:25et qui, lui, là aussi,
00:11:26c'est très intéressant parce qu'en fait,
00:11:28il a décidé, dès l'origine,
00:11:30de s'adresser à une communauté particulière,
00:11:32les jeunes musulmans,
00:11:34dont les parents étaient musulmans,
00:11:37mais ne pratiquaient presque plus la religion,
00:11:39ou en tout cas,
00:11:39n'étaient plus assez dans la tradition.
00:11:41L'idée, c'est ce qu'ils appellent
00:11:43le phénomène de born again,
00:11:44de converti de l'intérieur,
00:11:46c'est d'être capable de ré-islamiser
00:11:48une partie de la population
00:11:49qui était en train de s'intégrer,
00:11:51de s'assimiler.
00:11:52Et donc là, ils vont aller vraiment proposer
00:11:55une sorte d'islam, d'affirmation,
00:11:57avec à la fois la mise en avant
00:11:59de beaucoup de règles de comportement.
00:12:01Donc, il y a à la fois des textes
00:12:03sur l'actualité des musulmans,
00:12:04mais il y a aussi beaucoup de règles de comportement.
00:12:06Eux, ils vont aller très loin
00:12:07dans la promotion du halal,
00:12:09dans la promotion de la finance islamique,
00:12:11dans la promotion aussi
00:12:12de sites de rencontres intracommunautaires
00:12:14pour qu'on vive entre musulmans.
00:12:18Ce qui est intéressant,
00:12:19c'est qu'en faisant ça,
00:12:20ils font d'une pierre deux coups,
00:12:22puisque c'est à la fois
00:12:24un moyen de donner des règles
00:12:26et de pousser dans un islam
00:12:28très, finalement, extrêmement radical,
00:12:31mais c'est aussi un moyen
00:12:32d'orienter toute une partie de la jeunesse
00:12:34vers des institutions et des organismes
00:12:36qui sont en grande partie
00:12:38détenus par les frères musulmans.
00:12:39Parce que qui est-ce qui aujourd'hui
00:12:40a la mainmise sur le marché du halal ?
00:12:43Qui a la mainmise sur la majorité
00:12:45des sites de finance islamique
00:12:46ou sur ces sites communautaires ?
00:12:48C'est l'organisation des frères musulmans.
00:12:51Donc à la fois, on leur ramène
00:12:52des personnes
00:12:54et à la fois, on leur ramène des fonds
00:12:56en le faisant bénéficier de cela.
00:12:58Et puis la dernière grande stratégie
00:13:01qui va être mise en place par ce site-là,
00:13:03c'est aussi un islam victimaire,
00:13:05puisque, et là, il y a une étude
00:13:06qui a été faite par Anne-Sophie Lamine
00:13:08qui montre que 22% de tous les articles
00:13:10qui ont été publiés par site,
00:13:11et ils sont plusieurs milliers,
00:13:14ont été consacrés à l'islamophobie
00:13:15et au racisme.
00:13:16L'idée, c'est de marteler
00:13:18que la France serait un pays
00:13:19islamophobe et raciste.
00:13:22Cette stratégie-là,
00:13:23elle va être portée à son comble
00:13:24en 2017,
00:13:25avec la création d'un autre site internet
00:13:27qui s'appelle Agi+.
00:13:29Agi+, c'est 2 millions d'abonnés
00:13:31aujourd'hui en France,
00:13:32un peu plus,
00:13:33même, c'est plus de 2,5 millions presque,
00:13:35avec, c'est le vaisseau amiral
00:13:37de la propagande des frères musulmans
00:13:39et du Qatar
00:13:40pour la jeunesse francophone.
00:13:42Ce qui est intéressant,
00:13:43c'est que là aussi,
00:13:44c'est la même stratégie
00:13:45qui est mise en place,
00:13:4634,8% des publications de ce site
00:13:49sont sur l'islamophobie
00:13:50et le racisme.
00:13:51L'idée, c'est vraiment
00:13:52d'imposer un discours
00:13:54extrêmement victimaire.
00:13:56Ce qui est intéressant,
00:13:58c'est qu'ils ont compris, eux,
00:13:59que l'objectif,
00:14:00c'était surtout d'utiliser
00:14:01les algorithmes des réseaux sociaux.
00:14:02Donc, ce n'est pas un site internet.
00:14:04Ils publient beaucoup de vidéos,
00:14:06ils publient beaucoup d'articles
00:14:08pour les réseaux sociaux.
00:14:09Et grâce au phénomène
00:14:11des algorithmes,
00:14:12ils enferment une partie
00:14:13de la jeunesse
00:14:13dans une vraie bulle de propagande
00:14:14qui vous impose l'idée
00:14:17d'un monde raciste,
00:14:19avec du racisme systémique
00:14:20et avec beaucoup d'islamophobie.
00:14:22AJ+, c'est aussi
00:14:24un vaisseau amiral,
00:14:25mais c'est aussi un ovni
00:14:25dans ce monde-là,
00:14:26puisque AJ+,
00:14:28il a repris
00:14:29avec tous les codes
00:14:30des médias woke
00:14:32comme Combiné, etc.,
00:14:34qu'il y avait à l'époque.
00:14:36Celui qui l'explique très bien,
00:14:38c'est Lorenzo Vigino,
00:14:40qui est un chercheur
00:14:40à l'université de George Washington,
00:14:42qui va théoriser
00:14:43ce qu'on appelle
00:14:43l'islamo-walkisme.
00:14:44Alors, l'islamo-walkisme,
00:14:45c'est vrai que de loin,
00:14:46on se dit que c'est
00:14:46un peu la mariage
00:14:47de la carpe et du lapin
00:14:48et qu'il y a peu de raisons
00:14:50qu'on retrouve
00:14:52dans le même côté
00:14:53les frères musulmans
00:14:54et des mouvements queer,
00:14:55etc.
00:14:56Sauf qu'en réalité,
00:14:57il y a beaucoup de raisons
00:14:58pour que ça fonctionne.
00:14:59La première raison,
00:15:00c'est qu'ils ont un ennemi
00:15:01et une mission commune.
00:15:03L'ennemi commun,
00:15:04c'est la culture
00:15:05et la civilisation occidentale
00:15:06et l'homme blanc.
00:15:07Donc, il faut,
00:15:08pour les woke,
00:15:09déconstruire
00:15:10l'intégralité
00:15:11de leur culture
00:15:12et pour les islamistes
00:15:14des frères musulmans,
00:15:15les remplacer.
00:15:17La deuxième chose,
00:15:18c'est qu'ils ont des stratégies
00:15:19qui, en réalité,
00:15:20font écho les unes aux autres
00:15:21et sont extrêmement similaires.
00:15:23La première,
00:15:24c'est de déconsidérer
00:15:24les institutions.
00:15:26On l'a déjà beaucoup dit,
00:15:28mais dans la logique
00:15:29des cultural studies,
00:15:31l'idée,
00:15:31c'est de déconstruire
00:15:32le racisme éliminique,
00:15:33la violence de la police,
00:15:34etc.
00:15:35pour délégitimer
00:15:36les institutions
00:15:37et notamment les citoyens.
00:15:38C'est la même chose
00:15:39chez les frères musulmans,
00:15:40dont la première tactique
00:15:42de prise de pouvoir,
00:15:43c'est de déconsidérer
00:15:44l'État et les nations
00:15:45puisque, pour eux,
00:15:46la nation n'existe pas,
00:15:47seul l'ouma existe.
00:15:48La deuxième stratégie,
00:15:50c'est la politisation
00:15:51du quotidien.
00:15:53Chez les militants woke,
00:15:54on va essayer
00:15:55de tout politiser,
00:15:56tout peut être
00:15:57une microagression,
00:15:58tout est une domination
00:15:59invisible qu'il faut montrer
00:16:00pour pouvoir la dénoncer.
00:16:02Chez les militants
00:16:03des frères musulmans,
00:16:04on a une forme
00:16:05d'analysation de la vie
00:16:06où, en fait,
00:16:07chaque geste du quotidien
00:16:08doit être codifié
00:16:10et réglementé
00:16:10par une règle
00:16:11religieuse.
00:16:13Et donc,
00:16:14on a des similitudes
00:16:16dans la mise en place.
00:16:17Et surtout,
00:16:18et c'est la fin,
00:16:19ils vont aussi
00:16:20s'appuyer beaucoup
00:16:21sur les cultural studies
00:16:22pour élargir
00:16:25leur recrutement
00:16:27et avoir une base
00:16:27d'allier très importante.
00:16:28En gros,
00:16:29les cultural studies
00:16:30américaines
00:16:31vont permettre
00:16:32de culpabiliser
00:16:33un peu plus
00:16:33et d'entretenir
00:16:35cette repentance-là
00:16:35jusqu'à la porter
00:16:36à un niveau
00:16:37où, finalement,
00:16:38ça devient
00:16:39de la véritable propagande.
00:16:40Ça fonctionne
00:16:41tellement bien
00:16:42qu'on a
00:16:43un sondage
00:16:44Harris Interactive
00:16:45d'avril 2025
00:16:46qui explique,
00:16:47et là,
00:16:48on s'aperçoit
00:16:48que ça fonctionne
00:16:49puisqu'il n'y a pas
00:16:50que les jeunes musulmans,
00:16:53mais 7 jeunes
00:16:54sur 10 en France
00:16:55sont maintenant
00:16:56favorables
00:16:57au port du voile.
00:16:58Plus grave,
00:17:00par peur
00:17:00de paraître islamophobe,
00:17:01ils arrivent
00:17:03à accepter
00:17:03des comportements
00:17:04qui sont extrêmement
00:17:06séparatistes.
00:17:0758%
00:17:08des jeunes français,
00:17:09toutes religions
00:17:10confondues,
00:17:11considèrent normal
00:17:12de refuser
00:17:13une poignée de main
00:17:13à une personne
00:17:14du sexe opposé.
00:17:15C'est plus 27 points
00:17:16par rapport à 2021.
00:17:1846%
00:17:19approuvent
00:17:20le refus
00:17:21de s'asseoir
00:17:21à côté
00:17:21d'une personne
00:17:22de sexe opposé.
00:17:23C'est plus 18 points.
00:17:25Et encore plus surprenant,
00:17:2740%
00:17:27plus 16 points
00:17:28ne sont pas choqués
00:17:29si, par exemple,
00:17:30un chauffeur de VTC
00:17:31refuse un client
00:17:32en fonction de sa religion.
00:17:33La peur de ne pas
00:17:34paraître islamophobe
00:17:35vous fait accepter
00:17:36des choses
00:17:36qui sont totalement
00:17:37intolérables.
00:17:38Et ce n'est pas
00:17:39simplement une crise
00:17:40générationnelle,
00:17:41c'est une adhésion
00:17:42maintenant assumée
00:17:43à une vision communautaire,
00:17:44séparatiste,
00:17:45et c'est surtout
00:17:46le résultat
00:17:46de 20 ans de propagande
00:17:47d'abord des frères musulmans,
00:17:49d'aujourd'hui
00:17:49des frères musulmans
00:17:51et du wokisme ensemble.
00:17:52C'est vertigineux
00:17:53ce que vous nous racontez
00:17:54Olivier Vial,
00:17:55parce que c'est vrai
00:17:55que si on se replonge
00:17:56et si on fait les études
00:17:56comparées des sondages
00:17:58à 20 ans d'intervalle,
00:17:59on se rend compte
00:17:59que d'une certaine manière
00:18:00ils ont eu des victoires
00:18:01les frères musulmans
00:18:02dans les esprits.
00:18:02Oui, effectivement,
00:18:03c'est souvent
00:18:04ce qu'on appelle
00:18:04des propagandes
00:18:06sous le radar,
00:18:06c'est qu'en fait
00:18:07quand on s'en aperçoit
00:18:08c'est parce que
00:18:09c'est trop tard,
00:18:09parce qu'ils avaient
00:18:10très bien ciblé
00:18:11les gens auxquels
00:18:12ils essayaient
00:18:13de renverser
00:18:14les valeurs.
00:18:15Eric Nolot,
00:18:16que vous inspire
00:18:16cette analyse
00:18:18comparée
00:18:19à 20 ans d'intervalle
00:18:20et on se dit
00:18:20bon ben là
00:18:21effectivement il est temps
00:18:22de tirer la sonnette
00:18:23de la rame.
00:18:23D'abord l'effroi
00:18:24et puis que les phénomènes
00:18:27ne sont pas spontanées
00:18:27qu'il y a vraiment
00:18:28une construction
00:18:29c'est très bien pensé
00:18:30il faut prendre la mesure
00:18:32du phénomène
00:18:33et combattre
00:18:33avec les moyens adéquats
00:18:35parce qu'on a un peu
00:18:36l'impression que
00:18:36c'est quelque chose
00:18:37qui passera
00:18:38moi j'entends ça
00:18:39à propos de l'islamisme
00:18:40à propos du wokisme
00:18:41c'est une mode
00:18:42c'est une phase
00:18:43ça passera
00:18:43non ça passera pas
00:18:44parce que ça
00:18:44ça pénètre en profondeur
00:18:46dans la société
00:18:47et puis vous l'avez bien
00:18:48souligné
00:18:49ça se limite pas
00:18:50aux musulmans
00:18:51écoutez 58% des gens
00:18:53qui pensent
00:18:53qu'on peut refuser
00:18:54de s'asseoir
00:18:55à côté d'une personne
00:18:55du sexe opposé
00:18:56en France
00:18:57mais c'est vertigineux
00:18:59c'est inouï
00:19:01Céline Pinar
00:19:01un commentaire
00:19:02vous avez été évoqué
00:19:03dans la chronique
00:19:04d'Olivier
00:19:05parce que vous aussi
00:19:06vous vous intéressez
00:19:06beaucoup à ces sujets
00:19:07Oui Olivier a raison
00:19:08il y a un vrai travail
00:19:09qui est fait
00:19:10quand vous effectuez
00:19:12un travail politique
00:19:13sur une population
00:19:13ça marche
00:19:14regardez comment
00:19:15on a réussi
00:19:16à sensibiliser les gens
00:19:17par exemple
00:19:17à l'écologie
00:19:18c'était un travail
00:19:20qui a porté ses fruits
00:19:21donc ce qu'il faut voir
00:19:23c'est pas seulement
00:19:24le travail qui est fait
00:19:24par la frère musulman
00:19:26il cible qui ?
00:19:27il cible une jeunesse
00:19:28une jeunesse
00:19:28qui est censée
00:19:29être passée
00:19:30entre les mains
00:19:31de l'éducation nationale
00:19:32autrement dit
00:19:33normalement
00:19:34nous avons
00:19:35pour faire passer
00:19:35les principes et idéaux
00:19:37qui structurent
00:19:38notre société
00:19:38notre contrat social
00:19:39quelque chose
00:19:40qui devrait marcher
00:19:42qui est l'école
00:19:42cette école libre
00:19:43et gratuite
00:19:44et qui sont aussi
00:19:46toutes les aides
00:19:48que l'on donne aux gens
00:19:48justement liées
00:19:50aux liens sociaux
00:19:51et ça
00:19:52ce travail là
00:19:53en revanche
00:19:53lui il n'est pas fait
00:19:54la nature
00:19:55ayant horreur du vide
00:19:56ce sont les frères musulmans
00:19:57qui ont pris la place
00:19:58et ça explique aussi
00:20:00pourquoi
00:20:00ils influent
00:20:01sur les jeunes occidentaux
00:20:03sur les petits blancs
00:20:04qui eux
00:20:05n'appartiennent pas
00:20:06à cette culture
00:20:06mais comme c'est la seule
00:20:07qu'on leur transmet
00:20:08et bien ils l'apprennent
00:20:09je salue Agnès Verdier-Molinier
00:20:11bonsoir chère Agnès
00:20:12ravi de partager
00:20:13cette émission
00:20:14avec vous
00:20:14on va avec vous
00:20:15revenir sur la question
00:20:16des arrêts maladie
00:20:17avec le coût
00:20:18de l'absentéisme
00:20:19et vous nous dites
00:20:20il est toujours plus élevé
00:20:21en France
00:20:21et oui Thomas
00:20:22on peut clairement dire
00:20:23que depuis le Covid
00:20:24on constate un emballement
00:20:26du coût
00:20:26de l'absentéisme
00:20:27en France
00:20:28la CNAM
00:20:28a donné des chiffres
00:20:29la CNAM
00:20:30c'est la Caisse Nationale
00:20:31d'Assurance Maladie
00:20:32les indemnités journalières
00:20:33versées par la Sécurité Sociale
00:20:35elles ont cru
00:20:36de 29%
00:20:37entre 2010 et 2019
00:20:39et de 28%
00:20:40entre 2019 et 2023
00:20:42sur la dernière période
00:20:43c'est une croissance annuelle
00:20:44de 6%
00:20:45c'est énorme
00:20:46vous voyez
00:20:46plus 29%
00:20:47entre 2010
00:20:48et 2019
00:20:49et plus 28
00:20:50entre 2019 et 2023
00:20:51et ça se chiffre
00:20:52en milliards d'euros
00:20:53d'indemnités
00:20:54oui les milliards
00:20:55dont on parle en ce moment
00:20:56c'est 17 milliards d'euros
00:20:58en 2024
00:20:59y compris la maternité
00:21:00et les accidents du travail
00:21:01il faut noter
00:21:02que l'absentéisme
00:21:03pour maladie
00:21:04coûte aussi cher
00:21:05dans le public
00:21:06que dans le privé
00:21:06c'est un peu contre-intuitif
00:21:08d'un côté c'est 17 milliards
00:21:10de l'autre côté
00:21:10c'est 15 milliards
00:21:11et c'est un chiffre
00:21:11de l'inspection générale
00:21:13des finances
00:21:13alors qu'on a
00:21:1421% des personnes
00:21:16qui travaillent
00:21:17dans le secteur public
00:21:18donc là il y a clairement
00:21:18une surreprésentation
00:21:20du coût
00:21:20de l'absentéisme
00:21:22dans le public
00:21:22et d'ailleurs
00:21:23on a des données
00:21:24qui sont intéressantes
00:21:2414,5 jours
00:21:27en moyenne
00:21:27d'absence
00:21:28pour le secteur public
00:21:29et 11,7 jours
00:21:30par salarié
00:21:32du privé
00:21:32avec des pics
00:21:33du côté
00:21:35de la fonction publique
00:21:36territoriale
00:21:37avec 17 jours
00:21:37en moyenne par an
00:21:38et 18 jours
00:21:39en moyenne par an
00:21:40dans la fonction publique
00:21:41hospitalière
00:21:42alors la part
00:21:43des salariés
00:21:43absents
00:21:44au moins
00:21:44une fois par an
00:21:45a aussi beaucoup
00:21:46augmenté
00:21:47là aussi
00:21:47que ce soit
00:21:47dans le privé
00:21:48ou dans le public
00:21:48oui maintenant
00:21:49c'est 30%
00:21:50pour le privé
00:21:51donc ça c'est quand même
00:21:53assez important
00:21:53ça veut dire que
00:21:5430% des salariés
00:21:56ont été absents
00:21:57au moins un jour
00:21:58dans l'année
00:21:59et c'est plutôt
00:22:0040% dans les collectivités
00:22:01locales
00:22:02par exemple
00:22:02pour le secteur public
00:22:03donc le problème
00:22:05qu'on a
00:22:06c'est qu'il y a
00:22:06beaucoup de fraudes
00:22:07d'abus
00:22:07et même des kits
00:22:09prêts à l'emploi
00:22:10avec des faux arrêts
00:22:11des faux certificats
00:22:12de travail
00:22:12et aussi
00:22:13l'idée
00:22:15qui s'est répandue
00:22:16alors est-ce que c'est lié
00:22:17au Covid ou pas
00:22:17on ne sait pas trop
00:22:19mais qu'il y a
00:22:19quelque sorte
00:22:20un droit
00:22:21à un certain nombre
00:22:23d'arrêts maladie
00:22:24par an
00:22:25alors pour éviter
00:22:26les abus
00:22:27parce que ça
00:22:27c'est beaucoup utilisé
00:22:28la téléconsultation
00:22:29pour obtenir un arrêt
00:22:30de travail
00:22:30alors qu'on n'est pas
00:22:31vraiment malade
00:22:32la téléconsultation
00:22:33maintenant
00:22:34c'est limité
00:22:35on ne peut prescrire
00:22:37que trois jours
00:22:38par téléconsultation
00:22:41par personne
00:22:42et si on n'est pas
00:22:43le médecin traitant
00:22:44évidemment
00:22:45de la personne
00:22:46mais en fait
00:22:47la ministre de la santé
00:22:48dit aussi
00:22:48qu'elle veut limiter
00:22:49les arrêts de travail
00:22:50à 15 jours
00:22:51en médecine de ville
00:22:52mais en réalité
00:22:53Thomas
00:22:53cela ne suffira pas
00:22:55il faut responsabiliser
00:22:57beaucoup plus
00:22:57les patients
00:22:58qui sont aussi
00:22:58des salariés
00:22:59et d'où le fait
00:23:00que le gouvernement
00:23:01veuille refiler
00:23:03le coût
00:23:03des jours d'arrêt
00:23:04entre le quatrième
00:23:05et le septième jour
00:23:06aux employeurs
00:23:07et oui
00:23:08c'est la fameuse
00:23:10pomme de discorde
00:23:11avec le patronat
00:23:12mais aussi
00:23:12avec les syndicats
00:23:13de salariés
00:23:14qui sont contre aussi
00:23:15cette idée
00:23:15de refiler un peu
00:23:16la patate chaude
00:23:17du coût
00:23:18des arrêts de travail
00:23:19du quatrième
00:23:20au septième jour
00:23:20d'arrêt
00:23:21parce que vous savez
00:23:22qu'on a déjà
00:23:22trois jours de carence
00:23:23dans le secteur privé
00:23:25qui sont pour la plupart
00:23:26du temps
00:23:27pris en charge
00:23:28par l'employeur
00:23:29ou par la prévoyance
00:23:30ou par autre chose
00:23:30et là
00:23:31c'était déjà
00:23:33un peu
00:23:33ce projet
00:23:34dans les cartons
00:23:36du gouvernement
00:23:37Barnier
00:23:37à l'époque
00:23:38ça n'a pas été
00:23:39appliqué
00:23:39et la CNAM
00:23:40revient
00:23:41et la ministre
00:23:42aussi
00:23:42avec ce projet
00:23:43qui
00:23:43alors ils espèrent
00:23:45alors c'est
00:23:46économisé un milliard
00:23:47d'euros par an
00:23:47grâce à ça
00:23:49et puis ils disent
00:23:49aux entreprises
00:23:50mais en fait vous
00:23:51ça vous coûtera
00:23:51beaucoup moins
00:23:52de l'ordre
00:23:52de 600 millions
00:23:53d'euros par an
00:23:54mais on ne comprend pas
00:23:55très bien
00:23:55comment ça coûterait
00:23:56moins aux entreprises
00:23:57que ça ne coûte
00:23:59à la CNAM
00:23:59par an
00:24:00et donc
00:24:01on se demande
00:24:03si c'est vraiment
00:24:03la bonne mesure
00:24:04à appliquer
00:24:05alors la question
00:24:06Agnès
00:24:06c'est comment
00:24:07on peut faire
00:24:08pour freiner
00:24:09l'explosion
00:24:09des arrêts maladie
00:24:10en France
00:24:10en fait il faut
00:24:11responsabiliser
00:24:12beaucoup plus
00:24:12dès le premier
00:24:13jour d'arrêt
00:24:14alors dans le public
00:24:15il y a déjà
00:24:16un jour
00:24:17de carence
00:24:18qui n'est pas
00:24:18pris en charge
00:24:19par personne
00:24:19ni par l'employeur
00:24:21ni par une assurance
00:24:22donc l'idée
00:24:24qui circule
00:24:25ce serait de mettre
00:24:26deux jours
00:24:26d'ordre public
00:24:27c'est à dire
00:24:28qu'il ne serait pas
00:24:28pris en charge
00:24:29du tout
00:24:30ni dans le public
00:24:31ni dans le privé
00:24:32alors ça
00:24:33ça permettrait
00:24:33quand même
00:24:34pas mal
00:24:34d'euros d'économie
00:24:35de l'ordre
00:24:36de peut-être
00:24:37600 millions
00:24:38d'économies
00:24:39pour un jour
00:24:40comme ça
00:24:41un jour d'ordre public
00:24:42dans le privé
00:24:43et puis un peu plus
00:24:44pour le public
00:24:45mais ce qui est vrai
00:24:47c'est qu'il y a aussi
00:24:48un grand nombre
00:24:49de jours
00:24:50qui sont des jours
00:24:51de courts arrêts
00:24:52mais ce qui coûte
00:24:54le plus cher
00:24:54c'est les arrêts
00:24:55plutôt de longue durée
00:24:56ça veut dire
00:24:57que finalement
00:24:57on devrait remettre
00:24:58des jours d'ordre public
00:24:59aussi quand les arrêts
00:25:01sont prolongés
00:25:02donc il y a tout un sujet
00:25:04à un moment
00:25:05de freinage
00:25:06de la dépense
00:25:07en la matière
00:25:08je pense que cette piste
00:25:09des jours d'ordre public
00:25:10est la bonne piste
00:25:11le problème
00:25:12c'est que les conventions
00:25:13collectives
00:25:14prennent en charge
00:25:16les jours de carence
00:25:17dans le privé
00:25:17et là il y a toute
00:25:18une question constitutionnelle
00:25:20qui va se poser
00:25:21mais vraiment
00:25:22vu l'explosion
00:25:24du coup
00:25:24des arrêts maladie
00:25:25il faut absolument
00:25:26poser cette question
00:25:27la mettre sur la table
00:25:29on ne peut pas continuer
00:25:29à avoir une trentaine
00:25:30de milliards d'euros
00:25:31par an
00:25:32qui sont consacrés
00:25:33en fait
00:25:34à l'absentéisme
00:25:35maladie publique
00:25:36plus privée
00:25:37c'est absolument
00:25:38infinançable
00:25:39et donc là
00:25:40il y a
00:25:41un travail à faire
00:25:42beaucoup plus
00:25:43en profondeur
00:25:44par rapport à ce qui est
00:25:45proposé aujourd'hui
00:25:45qui sont des mesures
00:25:47qui n'aboutiront pas
00:25:48assez
00:25:49et qui finalement
00:25:50ne font que
00:25:50comme on l'a dit
00:25:51refiler le coût
00:25:53aux entreprises privées
00:25:55qui n'arriveront pas
00:25:56plus à faire baisser
00:25:57les arrêts maladie
00:25:59si on n'a pas
00:25:59des jours
00:25:59qui ne sont pas
00:26:00indemnisés
00:26:01donc là
00:26:03il y a vraiment
00:26:03un travail à faire
00:26:04par ailleurs
00:26:05on peut se poser
00:26:05la question
00:26:06dans le public
00:26:06est-ce que c'est normal
00:26:08que les employeurs
00:26:08soient en auto-assurance
00:26:10et continuent à payer
00:26:11leurs salariés
00:26:12eux-mêmes
00:26:13alors que finalement
00:26:14s'il y avait une obligation
00:26:15pour les salariés du public
00:26:16d'être indemnisés
00:26:18par la sécu
00:26:18et bien là aussi
00:26:20on aurait une vision
00:26:20beaucoup plus juste
00:26:21du vrai coût
00:26:22et il y aurait peut-être
00:26:23un peu moins d'absence
00:26:24parce que
00:26:25ce qu'on comprend
00:26:26c'est que
00:26:26les chiffres qu'on a
00:26:27ils sont clairement
00:26:28sous-évalués
00:26:29Très intéressant
00:26:31et d'ailleurs
00:26:31on en a échangé
00:26:32à ce sujet
00:26:32cet après-midi
00:26:33c'est même peut-être
00:26:34plus largement
00:26:34le rapport au travail
00:26:35qu'il faut interroger
00:26:36vous me disiez
00:26:38notamment dans la jeune génération
00:26:39peut-être que certains
00:26:39ont été peut-être
00:26:40mal habitués
00:26:41et ont un rapport différent
00:26:43aujourd'hui au travail
00:26:43où ils se permettent
00:26:44vous disiez
00:26:44un droit aux arrêts maladie
00:26:45en fait
00:26:46Oui c'est un peu ça
00:26:47mais c'est aussi
00:26:50où on a eu le chômage partiel
00:26:51où on a eu cette idée
00:26:52que finalement
00:26:52il n'y avait peut-être
00:26:53pas vraiment un lien
00:26:54très très très fort
00:26:55entre je travaille
00:26:57et je suis payé
00:26:58pour ce travail
00:26:59et ça c'est quelque chose
00:27:00qu'il faut remettre
00:27:01au cœur du modèle français
00:27:02c'est-à-dire que normalement
00:27:03il n'y a pas d'assurance sociale
00:27:05s'il n'y a pas
00:27:06un travail en face
00:27:07et petit à petit
00:27:08on a distendu ce lien
00:27:09en faisant en sorte
00:27:11que bah oui
00:27:11on est quand même assuré
00:27:12sur la maladie
00:27:13même si on ne travaille pas
00:27:14finalement on touche
00:27:15quand même du minimum vieillesse
00:27:16même si on n'a pas vraiment
00:27:17beaucoup travaillé dans sa vie
00:27:18etc.
00:27:18et à la fin
00:27:20ça crée vraiment
00:27:21une distance
00:27:23entre cette idée
00:27:24que pour
00:27:25gagner sa vie
00:27:27bah il faut travailler
00:27:28et finalement
00:27:28est-ce que
00:27:29est-ce que c'est vraiment
00:27:30une évidence
00:27:31pour les jeunes générations
00:27:32c'est une question
00:27:33qu'on peut se poser
00:27:34et ça fait partie
00:27:35des sujets très importants
00:27:37parce que sans travail
00:27:38bah il n'y a pas
00:27:38de financement
00:27:39du modèle social
00:27:40et à un moment
00:27:42bah ça
00:27:42ça pousse quand même
00:27:43des gros problèmes
00:27:44donc il y a une certaine
00:27:45forme d'égoïsme
00:27:46finalement
00:27:46à se dire que
00:27:47on a droit
00:27:48à un certain nombre
00:27:50de jours
00:27:50de maladies par an
00:27:51bah non
00:27:52c'est pas un droit
00:27:52le devoir
00:27:54c'est plutôt
00:27:55d'aller travailler
00:27:56pour financer
00:27:58l'ensemble
00:27:59des assurances publiques
00:28:00et ça
00:28:01c'est quelque chose
00:28:02qui s'est perdu
00:28:02finalement
00:28:03c'est un chantier
00:28:04c'est un chantier
00:28:04qui paraît titanesque
00:28:05peut-être un peu
00:28:05trop gros
00:28:06pour le Premier ministre
00:28:07et son gouvernement
00:28:08qui vont déjà
00:28:09essayer de réaliser
00:28:10quelques économies
00:28:11sur la question
00:28:12des arrêts maladie
00:28:12on verra
00:28:13si ça risque
00:28:14d'être très compliqué
00:28:14là aussi
00:28:15parce qu'ils vont
00:28:15se heurter
00:28:15à un certain nombre
00:28:16d'obstacles
00:28:17bien sûr
00:28:17il faut soutenir
00:28:18l'idée
00:28:18qu'il faut faire
00:28:19des économies
00:28:19et que
00:28:21même si elles sont
00:28:22petites
00:28:22il faut les faire
00:28:23mais en revanche
00:28:24de vraies économies
00:28:25et pas simplement
00:28:26passer le coup
00:28:27à quelqu'un d'autre
00:28:27Merci beaucoup
00:28:29Agnès Gardier-Mollinier
00:28:30pour votre chronique
00:28:31on va marquer une pause
00:28:32dans quelques instants
00:28:32Eric Nolot reviendra
00:28:33notamment sur
00:28:34la diplomatie française
00:28:35le rapport au sort
00:28:36des otages
00:28:37et Céline Pinal
00:28:38nous parlera
00:28:38de la surproduction
00:28:40d'élites
00:28:40pourquoi on a autant
00:28:41de diplômés
00:28:42et pourtant
00:28:42le niveau
00:28:43il n'est pas vraiment
00:28:44à la hausse
00:28:44vous nous direz tout
00:28:45à tout de suite
00:28:46dans Face à l'info
00:28:46Quasiment 19h30
00:28:53tout pile
00:28:53sur CNews
00:28:54vous regardez
00:28:54Face à l'info
00:28:55et on va désormais
00:28:56parler avec Eric Nolot
00:28:57de la diplomatie française
00:28:59parce que
00:29:00Eric vous dressez
00:29:00un parallèle
00:29:01entre le sort
00:29:02de Boilem Sansal
00:29:03d'un côté
00:29:03et celui des otages
00:29:04israéliens
00:29:05de l'autre
00:29:05parce que dans les deux cas
00:29:06ils sont délaissés
00:29:08justement par la diplomatie
00:29:09française
00:29:09au moment où celle-ci
00:29:11doit prendre
00:29:11des décisions stratégiques
00:29:12Avant de faire mon exposé
00:29:13je voudrais vous dire
00:29:14c'est ma première participation
00:29:15à Face à l'info
00:29:16j'ai l'impression
00:29:16d'intégrer les Rolling Stones
00:29:18sur le tard
00:29:18dans le super groupe
00:29:20Bienvenue
00:29:20dans l'équipe
00:29:21Très honoré
00:29:22Très honoré également
00:29:23Merci
00:29:23Non c'est à dire
00:29:24qu'on sait enfin
00:29:25ce que signifie
00:29:26le en même temps
00:29:27ça signifie
00:29:28se coucher en même temps
00:29:30devant le pouvoir algérien
00:29:31et devant le Hamas
00:29:33alors c'est plus un quinquennat
00:29:34c'est une sorte de cours
00:29:35de gymnastique
00:29:36et moi ce qui m'intéresse
00:29:37dans les deux affaires
00:29:38le parallèle que je ferai
00:29:39c'est en effet
00:29:40le sort
00:29:40ou plutôt le mauvais sort
00:29:41fait aux otages
00:29:42il y a beaucoup
00:29:43de désagréments
00:29:45à vieillir
00:29:45mais il y a quand même
00:29:45quelques avantages
00:29:46c'est qu'on peut comparer
00:29:47les époques
00:29:48ce qu'a fait Olivier
00:29:49tout à l'heure
00:29:49à 20 ans de distance
00:29:50moi je voudrais le faire
00:29:51à 40 ans de distance
00:29:52il fut un temps
00:29:53où on faisait grand cas
00:29:55de nos otages
00:29:55par exemple
00:29:56les 4 otages
00:29:56que nous avions au Liban
00:29:58Marcel Fontaine
00:30:00Marcel Carton
00:30:00Michel Serrat
00:30:01et Jean-Paul Kaufman
00:30:02apparaissaient tous les jours
00:30:03au journal télévisé
00:30:05il y avait un soutien national
00:30:06c'était une cause nationale
00:30:08et il n'y avait pas
00:30:09un français
00:30:09qui doutait
00:30:10que la France
00:30:11faisait tout
00:30:12en coulisses
00:30:12et officiellement
00:30:13pour les tirer de là
00:30:14et les faire revenir en France
00:30:16là ça a complètement
00:30:17changé
00:30:18sur les deux dossiers
00:30:19que nous évoquons
00:30:20alors dans le cas
00:30:22des otages
00:30:22à Gaza
00:30:23là c'est frappant
00:30:24parce qu'Emmanuel Macron
00:30:26a lui-même renoncé
00:30:27sans explication
00:30:27à l'une des conditions
00:30:29qu'il avait posées
00:30:30à la reconnaissance
00:30:30de l'état palestinien
00:30:32à savoir
00:30:32ce qui est quand même
00:30:33le minimum
00:30:33la libération des otages
00:30:35il n'en est plus
00:30:36du tout question
00:30:37et d'ailleurs
00:30:39on pourrait dire
00:30:40j'espère que c'est pas ça
00:30:41le calcul cynique
00:30:42que comme il n'y a plus
00:30:42de français parmi les otages
00:30:44il est décidé
00:30:44de passer à autre chose
00:30:45enfin là ce serait
00:30:46du cynisme pur
00:30:47les otages
00:30:47c'est un otage
00:30:48quelle que soit sa nationalité
00:30:49nous avons réclamé
00:30:50de la libération
00:30:51de nos otages
00:30:52nous devions réclamer
00:30:53de la libération
00:30:54de tous les otages
00:30:55moi je ne comprends même pas
00:30:56qu'on discute
00:30:57de la reconnaissance
00:30:58d'un état palestinien
00:30:59avec la présence encore
00:31:00d'otages à Gaza
00:31:01bon pour vous dire
00:31:02le changement de doctrine
00:31:03dans le cas de Boilem Sansal
00:31:05il y a même une circonstance
00:31:06aggravante
00:31:06c'est que Boilem Sansal
00:31:08est un écrivain
00:31:09or la France
00:31:10c'est le pays
00:31:11le plus littéraire du monde
00:31:12les écrivains ont un statut
00:31:13très particulier
00:31:14et d'ailleurs
00:31:15il y a un exemple
00:31:16très célèbre
00:31:16il y a eu une époque
00:31:17où Sartre
00:31:18était dans le collimateur
00:31:19des gaullistes
00:31:20et de Gaulle avait répondu
00:31:22très calmement
00:31:22on n'emprisonne pas Voltaire
00:31:24voilà
00:31:24ça c'était la doctrine
00:31:25donc la personne
00:31:27d'un écrivain
00:31:28d'un intellectuel
00:31:28non pas qu'elle soit
00:31:29plus importante
00:31:30mais elle est particulière
00:31:31là apparemment
00:31:32c'est complètement évacué
00:31:34nous ne faisons
00:31:34absolument aucun effort
00:31:36pour à part
00:31:37des mesurettes
00:31:38pour faire sortir
00:31:40Boilem Sansal
00:31:40de son kidnapping
00:31:42alors évidemment
00:31:44le plus important
00:31:46dans ce dossier
00:31:46c'est de connaître
00:31:48les raisons
00:31:49de cette rupture
00:31:50on l'a bien vu
00:31:51avec Olivier
00:31:51et je l'ai souligné
00:31:53dans mon commentaire
00:31:54ce ne sont pas
00:31:55des phénomènes spontanés
00:31:56les évolutions
00:31:57correspondent
00:31:58à des changements
00:32:00internationaux
00:32:01des changements
00:32:02au plan national
00:32:03si bien qu'on passe
00:32:04du blanc au noir
00:32:05alors moi j'en vois
00:32:06au moins trois
00:32:06d'abord
00:32:08il y en a une
00:32:08qui est très importante
00:32:10c'est que la question
00:32:11des otages
00:32:12a cessé d'être nationale
00:32:14pour être partisane
00:32:16dans le cas
00:32:17de Boilem Sansal
00:32:18comme dans le cas
00:32:19des otages à Gaza
00:32:20pour l'extrême gauche
00:32:21et pour la France
00:32:23insoumise en particulier
00:32:24ces otages
00:32:25ne sont pas
00:32:26des bons otages
00:32:27ces victimes
00:32:28ne sont pas
00:32:29des bonnes victimes
00:32:29ils ne sont pas
00:32:31de la bonne origine
00:32:32dans un cas
00:32:32ils n'ont pas
00:32:33les bonnes opinions
00:32:34dans l'autre
00:32:35et ils ne se contentent
00:32:37pas d'ailleurs
00:32:37de leur refuser
00:32:38leur statut de victime
00:32:39parfois ils les désignent
00:32:40comme coupables
00:32:40vous avez gardé
00:32:42sans doute
00:32:43en mémoire
00:32:44l'un des tweets
00:32:44ou des déclarations
00:32:45de Sandrine Rousseau
00:32:46qui qualifiait
00:32:47Boilem Sansal
00:32:48d'homme d'extrême droite
00:32:49au fond
00:32:50c'est un homme d'extrême droite
00:32:51c'est un fasciste
00:32:52la place d'un fasciste
00:32:53est en prison
00:32:53alors après pour la forme
00:32:54elle disait qu'il fallait
00:32:55le faire sortir
00:32:56mais tout le monde
00:32:56avait compris le message
00:32:58même les otages
00:33:01à Gaza
00:33:01on leur disait
00:33:02qu'ils faisaient partie
00:33:04du projet sioniste
00:33:05qu'en fait
00:33:05ce sont eux
00:33:06les occupants
00:33:06ce sont eux
00:33:08qui martyrisent
00:33:08le peuple palestinien
00:33:10donc au fond
00:33:10c'est une sorte
00:33:11de légitime défense
00:33:13on a vu quelque chose
00:33:14qu'on n'aurait jamais imaginé
00:33:15du temps
00:33:16des otages au Liban
00:33:17des gens qui arrachaient
00:33:19les affiches
00:33:20des otages
00:33:20en plein Paris
00:33:21comme si c'était
00:33:22des visages de la honte
00:33:24alors que c'était
00:33:24des visages des martyrs
00:33:26donc ça a changé
00:33:26absolument du tout au tout
00:33:28il y a également
00:33:29les députés européens
00:33:31de la France insoumise
00:33:32qui pour la plupart
00:33:33ont voté contre
00:33:34une résolution
00:33:35demandant la libération
00:33:36de Boilem Sansal
00:33:37et il y a même
00:33:37l'inénarrable Rima Hassan
00:33:39qui elle était contre
00:33:40même sa libération
00:33:41elle n'a même pas
00:33:42voulu s'abstenir
00:33:43elle a voté contre
00:33:43ça c'est la première raison
00:33:44la deuxième raison
00:33:46c'est que la politique
00:33:47de la France
00:33:48dans certains domaines
00:33:49est malheureusement
00:33:50dictée par la politique
00:33:52intérieure
00:33:53pourquoi Emmanuel Macron
00:33:55pourquoi les pouvoirs français
00:33:57ne renversent pas
00:33:57la table
00:33:58avec l'Algérie
00:33:59tout simplement
00:34:00parce qu'ils ont peur
00:34:00de la réaction
00:34:02des banlieues
00:34:02ils ont peur
00:34:03de la réaction
00:34:03de ce qu'il faut bien
00:34:04appeler la rue arabe
00:34:05française
00:34:05et c'est également
00:34:07pour cette raison
00:34:07que le président
00:34:08de la république
00:34:08avait refusé
00:34:09de participer
00:34:10à une marche
00:34:10contre l'antisémitisme
00:34:12là c'est un point
00:34:14extrêmement délicat
00:34:15parce qu'à partir de là
00:34:16ça veut dire
00:34:16que la France
00:34:17n'est plus un pays souverain
00:34:18qu'elle est prisonnière
00:34:20d'une opinion publique
00:34:21qui est branchée
00:34:22sur d'autres fréquences
00:34:23que la fréquence française
00:34:24la fréquence palestinienne
00:34:26ou la fréquence arabe
00:34:28ou musulmane
00:34:29ou en tout cas
00:34:29ce qu'on identifie
00:34:32comme musulman
00:34:32parce que tous les musulmans
00:34:33ne sont pas
00:34:34évidemment sur cette longueur d'onde
00:34:35et la troisième raison
00:34:37elle est plus
00:34:37elle est plus ponctuelle
00:34:39à mesure que le quinquennat
00:34:42se déroule
00:34:43Emmanuel Macron
00:34:44n'existe plus
00:34:45que sur la scène
00:34:46internationale
00:34:47et même Bruno Rotaillot
00:34:49qui a récité
00:34:51son horizon funèbre
00:34:52en disant
00:34:52que le macronisme
00:34:53était terminé
00:34:54ce qui veut dire
00:34:54que Macron est terminé
00:34:55ça va faire un peu bizarre
00:34:56d'entendre sa propre
00:34:58raison funèbre
00:34:58de son vivant
00:34:59mais enfin
00:35:00telle est la situation
00:35:00et si Emmanuel Macron
00:35:02veut continuer à exister
00:35:04à faire les gros titres
00:35:05de la presse nationale
00:35:06ou internationale
00:35:06il n'y a plus que
00:35:07par des coups d'éclat
00:35:08et un de ces coups d'éclat
00:35:09c'est cette déclaration
00:35:10complètement
00:35:10pour moi
00:35:11non seulement inopportune
00:35:12mais complètement burlesque
00:35:14sur la reconnaissance
00:35:15d'un état palestinien
00:35:16dans les conditions actuelles
00:35:18libération des otages
00:35:19qui peut vraiment croire
00:35:20que l'autorité palestinienne
00:35:21va désarmer
00:35:22le Hamas
00:35:23personne n'y croit
00:35:24donc en fait
00:35:24c'est un élément
00:35:26de communication
00:35:27mais malheureusement
00:35:27dans cet élément
00:35:28de communication
00:35:28il y a des choses très graves
00:35:29la présence des otages
00:35:30et le sort de ce monde
00:35:32et je crois que
00:35:34la nature
00:35:35d'un pays
00:35:37peut se déterminer
00:35:38à la lumière
00:35:39du sort fait
00:35:40aux otages
00:35:41du regard
00:35:42qui pose sur les otages
00:35:43dis-moi comment
00:35:44tu traites les otages
00:35:45et je te dirai
00:35:46qui tu es
00:35:46et malheureusement
00:35:47à cette lumière
00:35:48nous savons
00:35:49désormais
00:35:49ce qu'est la France
00:35:50c'est un pays
00:35:50qui refuse d'être
00:35:52ce qu'il est
00:35:52qui refuse d'être
00:35:54ce qu'il était
00:35:55qui tourne
00:35:56bien le dos
00:35:57à des dizaines
00:35:58d'années
00:35:59d'une certaine
00:36:00philosophie
00:36:01que ça soit
00:36:01vis-à-vis des otages
00:36:02vis-à-vis des écrivains
00:36:04et même vis-à-vis
00:36:04du Proche-Orient
00:36:05Très intéressant
00:36:06ce prisme des otages
00:36:07pour analyser
00:36:08la stratégie diplomatique
00:36:10si tant est qu'il y a
00:36:10encore une stratégie
00:36:11de la part d'Emmanuel Macron
00:36:12du cas d'Orsay
00:36:13plus largement
00:36:13on peut s'y arrêter
00:36:14quelques instants
00:36:15tous ensemble
00:36:15comment vous voyez-vous
00:36:17le sort mauvais
00:36:18évidemment mauvais sort
00:36:20réservé aux otages
00:36:21est-ce que ça dit aussi
00:36:22la ligne de conduite
00:36:23du quai d'Orsay
00:36:24d'Emmanuel Macron
00:36:24plus généralement ?
00:36:25Oui
00:36:25ça dit beaucoup je pense
00:36:27alors il y a une grande
00:36:28tradition du quai d'Orsay
00:36:29qui n'a jamais été
00:36:30extrêmement courageuse
00:36:31mais ça dit quand même
00:36:33beaucoup effectivement
00:36:33de la ligne maintenant
00:36:34d'Emmanuel Macron
00:36:35où je suis totalement d'accord
00:36:37c'est qu'effectivement
00:36:38on a l'impression
00:36:38qu'aujourd'hui
00:36:39et c'est vrai
00:36:40que ça remonte aussi
00:36:41parce qu'on se rappelle aussi
00:36:43lors de la campagne
00:36:45présidentielle
00:36:46de Jacques Chirac
00:36:48déjà là
00:36:48il y avait eu
00:36:48des mouvements
00:36:49et en fait
00:36:50il avait bénéficié
00:36:52à l'époque
00:36:52du fait
00:36:53de sa prise de position
00:36:55en Israël
00:36:55où il avait
00:36:56réprimandé
00:36:57les militaires israéliens
00:36:59et en banlieue
00:37:00ça lui avait été
00:37:00d'un coup
00:37:02été prévu
00:37:03comme un bonus
00:37:03donc effectivement
00:37:04on voit déjà
00:37:05que les questions
00:37:05internationales
00:37:06s'invitent
00:37:07très très régulièrement
00:37:08ce qui a changé
00:37:09c'est qu'aujourd'hui
00:37:10il y a des gens
00:37:11qui l'ont compris
00:37:12à l'extérieur du pays
00:37:12et qui sont capables
00:37:13de l'instrumentaliser
00:37:15parce que moi
00:37:16je vous parlais
00:37:16d'Agi Plus
00:37:16qui est effectivement
00:37:17un média étranger
00:37:18sur notre sol
00:37:20qui a pour vocation
00:37:21à la fois
00:37:21d'alimenter
00:37:22la haine
00:37:23de notre pays
00:37:25parmi les jeunes
00:37:26des quartiers
00:37:28mais aussi
00:37:28parmi les jeunes étudiants
00:37:29mais on a eu
00:37:30le cas
00:37:31des influenceurs
00:37:32algériens
00:37:33qui étaient quand même
00:37:33là aussi
00:37:34qu'on n'a pas été
00:37:34capables de gérer
00:37:35et qui ont comme objectif
00:37:37justement
00:37:37de faire bien pression
00:37:38sur le gouvernement
00:37:39en disant
00:37:40si vous faites quelque chose
00:37:42qui ne vont pas dans notre sens
00:37:43on a les moyens
00:37:45de mettre le feu
00:37:46et puis on s'aperçoit
00:37:47qu'effectivement
00:37:47aujourd'hui
00:37:48c'est la même chose
00:37:49avec de nombreux pays
00:37:51qui ont cette capacité
00:37:52
00:37:53à voir
00:37:55qu'on a une faiblesse
00:37:56aujourd'hui
00:37:57dans notre corps
00:37:57national
00:37:58que la cohésion nationale
00:38:00est devenue une faiblesse
00:38:01et ils sont capables
00:38:02d'investir
00:38:02des moyens
00:38:03pour enfoncer le coin
00:38:05et ça effectivement
00:38:06malheureusement
00:38:07je pense que
00:38:09un
00:38:09c'est un vrai problème
00:38:10de ce problème là
00:38:12il est quand même
00:38:12sans doute
00:38:14très largement
00:38:15surestimé
00:38:16de la part de Macron
00:38:17parce que
00:38:17la fermeté
00:38:19elle aurait
00:38:19je pense pas
00:38:20des conséquences
00:38:21aussi dramatiques
00:38:22qu'ils l'estiment
00:38:22je rappelle les propos
00:38:24qui avaient été rapportés
00:38:24dans le Figaro
00:38:25pour justifier
00:38:26peut-être
00:38:27l'apathie
00:38:28de la diplomatie française
00:38:29ils avaient peur
00:38:30que la diaspora
00:38:31de Jeanne
00:38:31casse la baraque
00:38:32et c'est ce qui avait été
00:38:32cité entre guillemets
00:38:33je vous propose
00:38:34qu'on revienne
00:38:35justement dans quelques instants
00:38:36sur cet aspect là
00:38:37mais d'abord
00:38:37sur le sort des otages
00:38:38et ce que ça dit
00:38:39aussi de notre diplomatie
00:38:40c'est très intéressant
00:38:41de voir que
00:38:41par le sort
00:38:43qu'on réserve
00:38:43à nos otages
00:38:43on peut analyser
00:38:44aussi notre positionnement
00:38:45diplomatique
00:38:46tout à fait
00:38:46et puisqu'on en est
00:38:48à faire des contre-champs
00:38:49historiques
00:38:49allons regarder
00:38:50ce qui s'est passé
00:38:51avant et pendant
00:38:52la deuxième guerre mondiale
00:38:54par exemple
00:38:54vous avez Alexis Léger
00:38:56qui était à l'époque
00:38:57qui avait une aura
00:38:58extrême sur justement
00:38:59tout le Quai d'Orsay
00:39:00c'est le fameux Saint-Jean-Pers
00:39:01qui le dirige à l'époque
00:39:03se montre quand même
00:39:05au mieux naïf
00:39:07au pire aveugle
00:39:10quant à la montée
00:39:11de l'hitlérisme
00:39:12et vous avez pendant
00:39:13très longtemps
00:39:13beaucoup de gens
00:39:14qui tirent la sonnette
00:39:15d'alerte
00:39:16la sonnette d'alarme
00:39:17au Quai d'Orsay
00:39:18et un Alexis Léger
00:39:19qui est extrêmement
00:39:20temporisateur
00:39:21jusqu'au moment
00:39:21où les Allemands
00:39:22arrivent à Paris
00:39:23il faut lire
00:39:25les dépêches
00:39:25c'est presque drôle
00:39:27mais en fait
00:39:27ça ne l'est pas du tout
00:39:28donc cette lâcheté
00:39:30du Quai d'Orsay
00:39:31cette incapacité
00:39:32à se positionner
00:39:33notamment face
00:39:34à la montée
00:39:35d'un totalitarisme
00:39:36et l'islamisme
00:39:36en est un
00:39:37c'est quelque chose
00:39:38de récurrent
00:39:40et la deuxième chose
00:39:41c'est qu'est-ce que ça envoie
00:39:42comme message à nous
00:39:44à chacun d'entre nous
00:39:45s'il nous arrive quelque chose
00:39:47qui viendra nous chercher
00:39:48normalement
00:39:50il y a un côté
00:39:50une nation
00:39:51c'est on rentre tous ensemble
00:39:53oui on va se battre
00:39:54il y aura peut-être des morts
00:39:55mais tous les gens
00:39:56qu'on peut sauver
00:39:57on les sauve
00:39:58parce qu'on est tous unis
00:39:59parce qu'on est comme
00:40:00les doigts d'une main
00:40:01et là on a l'impression
00:40:02que pour Macron
00:40:04c'est dire
00:40:04une main
00:40:05s'il n'y a plus de doigts
00:40:05ça reste quand même une main
00:40:06donc c'est pas grave
00:40:07nous ne nous occupons pas
00:40:08des doigts
00:40:09les doigts c'est nous
00:40:09donc le message
00:40:11qui est en train
00:40:11d'être passé
00:40:12c'est de dire
00:40:14aux français
00:40:14il n'y a plus personne
00:40:16qui vous protège
00:40:17il le dit à l'international
00:40:18et il le prouve
00:40:19le seul problème
00:40:20c'est que ça se passe
00:40:21aussi en interne
00:40:22et ça explique aussi
00:40:24l'effondrement
00:40:24de la cohésion sociale
00:40:26et cette dépression
00:40:27profonde des français
00:40:29qui étonne tout le monde
00:40:30parce que beaucoup de gens
00:40:31disent
00:40:31mais enfin
00:40:32il y a quand même
00:40:32encore des raisons
00:40:33d'espérer
00:40:34oui mais quand vous avez
00:40:35des dirigeants comme ça
00:40:37non vous ne pouvez plus
00:40:38espérer
00:40:39parce que
00:40:40même le plus stupide
00:40:41c'est que le poisson
00:40:42pourrit toujours par la tête
00:40:43et quand c'est
00:40:44au plus haut niveau
00:40:45de l'état
00:40:46qu'il y a une absence
00:40:47alors vous n'existez plus
00:40:49ni sur la scène internationale
00:40:51et on voit aussi
00:40:52qu'il n'y a plus
00:40:53d'autorité réelle
00:40:54à l'intérieur du pays
00:40:55Justement moi je voudrais
00:40:56revenir Eric Nolot
00:40:57sur un aspect
00:40:57que vous avez abordé
00:40:58dans votre chronique
00:40:59sur le fait que
00:41:00sans doute aussi
00:41:01notre diplomatie
00:41:01est régie par l'intérieur
00:41:03par des considérations
00:41:04internes
00:41:05aussi bien sur l'Algérie
00:41:06que sur la reconnaissance
00:41:07de l'état palestinien
00:41:08qu'est-ce que ça nous dit aussi
00:41:10alors ça a toujours été le cas
00:41:11et je pense que c'est le cas
00:41:11dans la plupart des pays
00:41:12il y a toujours un peu
00:41:13de politique intérieure
00:41:14dans la diplomatie
00:41:14là on a quand même l'impression
00:41:16que la boussole
00:41:16elle est vraiment régie
00:41:18par ce qui pourrait se passer
00:41:19à l'intérieur de nos frontières
00:41:21et ça dit quand même
00:41:21beaucoup de choses aussi
00:41:22sur l'évolution de notre pays
00:41:23c'est surtout que
00:41:25oui bien sûr
00:41:26que ça joue dans d'autres pays
00:41:26mais on a l'impression
00:41:27qu'en France
00:41:28c'est devenu le critère principal
00:41:29il y avait quelque chose
00:41:31il y a une information
00:41:32qui a été à moitié confirmée
00:41:34aux trois quarts confirmée
00:41:35qu'Emmanuel Macron
00:41:36avant la fameuse marche
00:41:37contre l'antisémitisme
00:41:38à laquelle il n'avait pas participé
00:41:39il avait consulté
00:41:40enfin fait consulter en tout cas
00:41:41jusqu'à Yacine Bellatar
00:41:43bon je ne vais pas
00:41:44dévider le CV de ce personnage
00:41:47mais enfin qu'il soit consulté
00:41:48déjà c'est à peu près scandaleux
00:41:50mais il aurait dit
00:41:50au conseiller du président
00:41:51non il ne faut pas
00:41:52qu'il participe
00:41:53à cette marche
00:41:53contre l'antisémitisme
00:41:54sinon les banlieues
00:41:55vont être à feu
00:41:56et à sang
00:41:56je rappelle qu'il était
00:41:56du voyage au Maroc aussi
00:41:57quelques mois plus tard
00:41:58oui là vraiment
00:41:59si vous voulez
00:42:00si c'est ça
00:42:01si c'est ça en fait
00:42:03qui détermine
00:42:04la politique étrangère
00:42:06de la France
00:42:06d'une part
00:42:07ou alors
00:42:08la prise de position
00:42:09sur des choses
00:42:10aussi fondamentales
00:42:11que l'antisémitisme
00:42:12ça veut dire qu'en effet
00:42:13le mal est très très profond
00:42:14on a un peu l'impression
00:42:16que la paix sociale
00:42:17la paix dans les banlieues
00:42:19l'emporte sur
00:42:19toute autre considération
00:42:20je n'appelle plus ça
00:42:21un pays souverain
00:42:22si vous êtes pris en otage
00:42:23par une partie de votre population
00:42:25la plus radicale
00:42:27en l'occurrence
00:42:27je trouve que c'est un peu
00:42:28préoccupant
00:42:29et comme Olivier l'a montré
00:42:31tout à l'heure
00:42:31ça va plutôt dans le mauvais sens
00:42:33cette radicalisation
00:42:34l'avenir est bien sûr
00:42:36moi je veux un pays
00:42:37qui décide
00:42:37selon ses propres intérêts
00:42:39et non pas selon le degré
00:42:40de nervosité
00:42:42ou de dangerosité
00:42:43d'une partie
00:42:43qui reste quand même
00:42:44minoritaire de sa population
00:42:45alors est-ce qu'il y a
00:42:46seulement la crainte
00:42:47de possibles débordements
00:42:48ou aussi
00:42:49une tentative de séduction
00:42:51électorale
00:42:51pour Emmanuel Macron
00:42:52qui peut-être
00:42:53aura des ambitions
00:42:54pour revenir un jour
00:42:56aux responsabilités
00:42:56après son deuxième mandat
00:42:58alors ça c'est aussi
00:42:59quelque chose
00:43:00qui est possible
00:43:01puisque
00:43:01il y a une partie
00:43:03de l'électorat
00:43:04effectivement
00:43:04qui aujourd'hui
00:43:06est totalement
00:43:07acquis
00:43:08à la France insoumise
00:43:10mais
00:43:10qu'Emmanuel Macron
00:43:11ou d'autres personnalités
00:43:13comme Dominique de Villepin
00:43:14on voit bien
00:43:15qu'ils essayent
00:43:15de cranter
00:43:17cet électorat là
00:43:18maintenant
00:43:19je pense que
00:43:20c'est un pari
00:43:21pour Emmanuel Macron
00:43:22qui sera quand même
00:43:22très compliqué
00:43:23je pense que
00:43:24malheureusement
00:43:25c'est plutôt une peur
00:43:26qui est surestimée
00:43:28et qui est aussi
00:43:29et c'est aussi
00:43:30une technique
00:43:31effectivement
00:43:31parce que
00:43:32vous avez parlé
00:43:33d'Algérie
00:43:33vous avez parlé
00:43:34de Gaza
00:43:36mais il y a aussi
00:43:36la même chose en Iran
00:43:37on a
00:43:38trois ressortissants
00:43:40qui sont aujourd'hui
00:43:41otages en Iran
00:43:42et dans le même temps
00:43:43Macron a été le premier
00:43:45à se réjouir
00:43:46de négocier
00:43:47avec les Mola
00:43:47négocier quoi
00:43:48on ne sait pas
00:43:49mais en fait
00:43:50il y a aussi
00:43:50je pense
00:43:52quelque chose
00:43:52d'assez psychologique
00:43:53dans la personnalité
00:43:54d'Emmanuel Macron
00:43:55où il a besoin
00:43:56d'apparaître
00:43:57sur le devant
00:43:58de la scène
00:43:59et pour ça
00:43:59toutes les provocations
00:44:01sont bonnes
00:44:01même celles
00:44:02qui malheureusement
00:44:03sont à contre-temps
00:44:05totalement
00:44:05et pour le mettre
00:44:06des horloges
00:44:07totalement à contre-temps
00:44:08c'est quand même
00:44:09un problème
00:44:09c'est vrai que
00:44:10il y a l'impression aussi
00:44:11qu'il veut marquer
00:44:13d'une certaine manière
00:44:13la scène internationale
00:44:14en étant le premier
00:44:15responsable
00:44:16parmi les pays du G7
00:44:17à reconnaître
00:44:18un état palestinien
00:44:19d'ailleurs vous savez
00:44:20quand le Quai d'Orsay
00:44:21ou l'Elysée
00:44:21font le service
00:44:22après-vente
00:44:22de cette annonce
00:44:23aux journalistes
00:44:24ils disent
00:44:24on va impulser
00:44:25une dynamique
00:44:26on va être suivi
00:44:26par beaucoup d'autres pays
00:44:27bon bah pour l'instant
00:44:28force est de constater
00:44:28qu'il n'y en a pas
00:44:29qui ont suivi la France
00:44:30tout le monde
00:44:31à ce niveau-là
00:44:32aimerait laisser
00:44:33une trace
00:44:34dans l'histoire
00:44:34mais à un moment donné
00:44:36vous pouvez aussi
00:44:37laisser une grosse tâche
00:44:38et là c'est ce qui est
00:44:39en train de se passer
00:44:40c'est-à-dire que
00:44:41il n'est pas président
00:44:43et il est encore moins
00:44:44président du monde
00:44:45il est ridicule
00:44:46et nous accumulons
00:44:47quelque part
00:44:48les rebuffades
00:44:51c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron
00:44:53part sur son cheval blanc
00:44:54et il se retourne
00:44:55et vous avez
00:44:56Kirsten
00:44:56termeur d'un côté
00:44:58et l'Italie de l'autre
00:44:59qui lui disent
00:44:59écoute désolé
00:45:00mais on va pas suivre
00:45:02nous on a un cerveau
00:45:03nous on a des objectifs
00:45:04et nous on a un pays
00:45:05à défendre
00:45:06on n'a pas simplement
00:45:07un égo
00:45:08à présenter au monde
00:45:10donc le problème
00:45:11c'est que ça se retourne
00:45:12quand même
00:45:12plutôt contre nous
00:45:13qu'il passe
00:45:14pour quelqu'un
00:45:15de lunatique
00:45:17d'impulsif
00:45:18de paumé
00:45:19et c'est pas une bonne chose
00:45:21pour un pays
00:45:22d'avoir un président
00:45:24qui dégage cette impression-là
00:45:25donc non
00:45:26c'est vraiment très grave
00:45:28et de l'autre côté
00:45:29je vois pas tellement
00:45:30où est la stratégie électorale
00:45:31parce que quand vous avez
00:45:32un pays qui se fracture
00:45:34aller draguer
00:45:35un pan extrêmement radicalisé
00:45:38et minoritaire
00:45:39de ce pays
00:45:39va amener petit à petit
00:45:41des gens
00:45:42qui eux sont tout à fait normaux
00:45:44j'allais dire
00:45:44sont dans le marais
00:45:45autrement dit
00:45:46dans la moyenne
00:45:47à vous éliminer du jeu
00:45:49en disant
00:45:49mais ça n'est pas possible
00:45:50je ne peux pas cautionner
00:45:52quelqu'un
00:45:52qui va aller chercher
00:45:53ce type d'idéologie
00:45:55et ce type de personnes
00:45:56donc en fait
00:45:57on n'est plus
00:45:58dans une société homogène
00:45:59les tactiques
00:46:00qui constituaient
00:46:01à jouer sur les nuances
00:46:02en disant
00:46:03je fais râteau
00:46:04et après je rassemble
00:46:05aujourd'hui
00:46:06ça ne fonctionne plus
00:46:07parce qu'en fait
00:46:08les deux barres du râteau
00:46:10sont bien trop longues
00:46:11et on n'arrive plus
00:46:12à le déplacer
00:46:13puisque vous avez la parole
00:46:14Céline
00:46:14on va aborder
00:46:16avec votre chronique
00:46:17la question des élites
00:46:18qui va rejoindre
00:46:19je pense
00:46:19d'une certaine manière
00:46:20ce dont on parlait
00:46:21à l'instant
00:46:21alors taux de réussite
00:46:23au bac général
00:46:2496%
00:46:2540% des 25-34 ans
00:46:27qui ont un diplôme
00:46:29de niveau licence
00:46:30donc on peut dire
00:46:31que la France
00:46:31comme d'autres pays occidentaux
00:46:32peut se vanter
00:46:33de produire des élites
00:46:34en quantité importante
00:46:35alors est-ce que ça nous permet
00:46:37de rêver à des lendemains
00:46:38qui chantent ?
00:46:39et bien non
00:46:39vous nous dites
00:46:40Céline
00:46:40parce que trop abondante
00:46:41la surproduction d'élites
00:46:42peut s'avérer
00:46:43même dangereuse
00:46:44pour la cohésion sociale
00:46:45et la démocratie
00:46:46comment expliquer ça ?
00:46:47Il y a effectivement
00:46:49un véritable paradoxe
00:46:50une société éduquée
00:46:52est nécessaire
00:46:52au fonctionnement démocratique
00:46:54puisqu'un citoyen
00:46:55doit pouvoir faire
00:46:56des choix éclairés
00:46:57en effet
00:46:58si l'homme
00:46:59naît dans un monde
00:47:00constitué
00:47:00qui le précède
00:47:01et lui survivra
00:47:02c'est à lui
00:47:03de le préserver
00:47:04et de le faire évoluer
00:47:06et donc pour forger
00:47:07son destin
00:47:08il n'a en démocratie
00:47:10pas d'autre moteur
00:47:11que la raison
00:47:12et le dialogue
00:47:13pour arriver à l'entente
00:47:14ou pour arriver à la rupture
00:47:15peu importe
00:47:15mais en tout cas
00:47:16pour poser des bornes
00:47:17précises
00:47:18donc l'homme
00:47:18est créateur de la loi
00:47:20il n'y a pas d'ordre divin
00:47:22il n'y a pas de modèle parfait
00:47:23qu'il faudrait installer
00:47:25il ne peut trouver son salut
00:47:27finalement
00:47:27que dans l'alliance humaine
00:47:29or cette alliance humaine
00:47:30elle est perpétuellement
00:47:31en tension
00:47:32elle ne peut jamais
00:47:33être résolue
00:47:34et absolument
00:47:35posée
00:47:37donc elle va essayer
00:47:39d'équilibrer
00:47:40des principes
00:47:41des idéaux
00:47:42qui eux sont souvent
00:47:43même en conflit
00:47:44si on prend la liberté
00:47:45et l'égalité
00:47:46par exemple
00:47:47si vous allez
00:47:48au maximum
00:47:49de la liberté
00:47:50vous ne pouvez plus
00:47:51avoir d'égalité
00:47:52ces deux notions
00:47:52dans le réel
00:47:53elles sont en conflit
00:47:54et là où reine
00:47:56la liberté
00:47:56sans entrave
00:47:57les inégalités
00:47:58sont souvent
00:47:59exacerbées
00:48:00donc le rôle
00:48:01de la loi
00:48:01ça va être souvent
00:48:02de déplacer
00:48:03le curseur
00:48:04en fonction
00:48:05de la situation
00:48:05vous n'accordez pas
00:48:06les mêmes libertés
00:48:07en temps de guerre
00:48:08ou en temps de paix
00:48:09et en fonction
00:48:10j'allais dire
00:48:10de la mentalité
00:48:12du moment
00:48:12si vous êtes
00:48:13en démocratie
00:48:14mais on est quand même
00:48:16censé avoir
00:48:16quelques principes
00:48:17et idéaux
00:48:18qui eux vont rester
00:48:19extrêmement stables
00:48:21bref
00:48:21une société démocratique
00:48:23donc vit
00:48:24et affronte
00:48:25en permanence
00:48:25l'incertitude
00:48:26et c'est même
00:48:27constitutif
00:48:28de son destin
00:48:29c'est pourquoi
00:48:30elle ne peut miser
00:48:31que sur l'intelligence
00:48:32humaine
00:48:33pour progresser
00:48:34et non sur le contrôle
00:48:35extérieur
00:48:35qu'il soit policier
00:48:37ou qu'il relève
00:48:38du conditionnement
00:48:39religieux
00:48:39ou idéologique
00:48:40pourquoi ?
00:48:41parce que quand on pense
00:48:42le peuple
00:48:43comme un troupeau
00:48:44à gérer
00:48:44on ne fait pas voter
00:48:45les vaches
00:48:46on installe une clôture
00:48:47et on achète
00:48:48des chiens
00:48:48donc dans un tel cadre
00:48:51si vous voulez passer
00:48:52de 10% d'une clash d'âge
00:48:54obtenant son bac
00:48:55dans les années 60
00:48:55à plus de 80%
00:48:58aujourd'hui
00:48:59sincèrement
00:49:00on devrait être
00:49:00les rois du pétrole
00:49:01et pourtant
00:49:02c'est loin d'être le cas
00:49:03et oui
00:49:04pourquoi ?
00:49:05parce qu'en fait
00:49:06une telle production
00:49:07de diplômés
00:49:08est aujourd'hui
00:49:09analysée comme un danger
00:49:10potentiel
00:49:10celui qui nous en parle
00:49:12s'appelle Peter Turchin
00:49:13si on le prononce
00:49:14comme ça
00:49:15mais en tout cas
00:49:16c'est un chercheur
00:49:17russo-américain
00:49:18il est spécialiste
00:49:19de la dynamique
00:49:20des sociétés
00:49:20et il a sorti un livre
00:49:21en 2023
00:49:22qui s'appelle
00:49:23Le chaos qui vient
00:49:24et quelle est sa thèse ?
00:49:26sa thèse c'est que
00:49:26lorsqu'une société
00:49:27forme trop de personnes
00:49:29qui aspirent à des positions
00:49:30d'élite
00:49:31donc de pouvoir
00:49:32et de prestige
00:49:33mais que le nombre
00:49:35réel de postes
00:49:36qui vous permet
00:49:37d'accéder à ce niveau-là
00:49:38est limité
00:49:40et bien cela engendre
00:49:41de la frustration
00:49:43donc de la rancœur
00:49:44et de la cristallisation
00:49:46et ces rancœurs
00:49:47peuvent donner à terme
00:49:49si elles sont exploitées
00:49:50par les bonnes personnes
00:49:51une frénésie
00:49:52de destruction sociale
00:49:53l'absence de débouchés
00:49:55à toutes ces ambitions
00:49:56entraîne
00:49:57une radicalisation idéologique
00:49:59qui abîme
00:50:00la cohésion sociale
00:50:02mais en plus
00:50:02qui sape même
00:50:03ses fondements
00:50:04Est-ce que vous pouvez nous donner
00:50:05des exemples
00:50:06de ce phénomène ?
00:50:07On peut prendre la question
00:50:08par exemple du déclassement
00:50:10des jeunes diplômés
00:50:10tout à l'heure
00:50:11on parlait d'écologie
00:50:13et bien regardez
00:50:14le nombre
00:50:14de formations
00:50:16d'inflation
00:50:17de masters
00:50:17en développement durable
00:50:19et bien figurez-vous
00:50:20qu'en général
00:50:20ça va déboucher
00:50:22sur des postes
00:50:22extrêmement précaires
00:50:24mal payés
00:50:24et très peu reconnus
00:50:26après avoir été
00:50:27la star
00:50:28pendant vos études
00:50:30quand vous arrivez
00:50:30dans le monde du travail
00:50:31vous devenez un petit peu
00:50:32l'emmerdeur
00:50:33l'empêcheur
00:50:34de développer en rond
00:50:36et le second
00:50:37va illustrer
00:50:38la frustration
00:50:39liée à l'absence
00:50:39de débouchés
00:50:40mais aussi
00:50:41à la dévalorisation
00:50:42des diplômes
00:50:43et à la sidération
00:50:44que peuvent induire
00:50:46le comportement
00:50:47de gens
00:50:47qui sont vus
00:50:48comme les futures élites
00:50:49et là
00:50:50c'est l'exemple
00:50:50de l'effondrement
00:50:51de Sciences Po Paris
00:50:52le cas de Sciences Po
00:50:54c'est un exemple
00:50:55chimiquement pur
00:50:56pourquoi ?
00:50:57parce qu'on assiste
00:50:58d'abord à un changement
00:50:59dans le mode de recrutement
00:51:00changement très idéologique
00:51:02le but du jeu
00:51:02c'est d'expliquer
00:51:03que l'excellence
00:51:04c'est quand même
00:51:04très petit bourgeois
00:51:05ou grand bourgeois
00:51:06je ne sais plus
00:51:07mais finalement
00:51:08que ce qui va sauver
00:51:09le monde
00:51:10c'est la diversité
00:51:11donc on passe
00:51:12sur le mythe
00:51:13en fait
00:51:14de la diversité
00:51:15qu'elle soit
00:51:15raciale
00:51:17ou sociale
00:51:18pourquoi pas ?
00:51:19le problème
00:51:20c'est que
00:51:21cela se fait
00:51:22en baissant
00:51:23les exigences
00:51:24et de ce fait
00:51:25la radicalité politique
00:51:27des étudiants
00:51:28est alors
00:51:28devenue
00:51:29un marqueur
00:51:30de Sciences Po
00:51:31qu'est-ce que ça a donné ?
00:51:32une explosion
00:51:33de conflits
00:51:34d'abord une explosion
00:51:34de conflits
00:51:35en interne à Sciences Po
00:51:36avec la direction
00:51:38on l'a oublié
00:51:39mais les choses commencent
00:51:40par une forme
00:51:40de salle saussorcière sexuelle
00:51:42il y a un mouvement
00:51:43MeToo
00:51:44qui se déclenche
00:51:44à Sciences Po
00:51:45et qui va même arriver
00:51:47jusqu'à emporter
00:51:47le directeur
00:51:48Mathias Vichra
00:51:50mais dans les témoignages
00:51:51des étudiants
00:51:52il a été dit
00:51:53qu'en fait
00:51:53c'était un prisme
00:51:54qui permettait
00:51:55de censurer
00:51:57de contrôler
00:51:58voire de terroriser
00:52:00une partie
00:52:01de la population
00:52:02étudiante
00:52:03et puis on a vu
00:52:04les manifestations
00:52:05pro-palestiniennes
00:52:06qui ont terminé
00:52:07en agression antisémite
00:52:09et dans cette histoire
00:52:12finalement
00:52:12ce qui s'est passé
00:52:14c'est qu'on s'est aperçu
00:52:15aussi de la chute
00:52:16du niveau
00:52:17parce que le corollaire
00:52:18à cette surproduction
00:52:19d'élite
00:52:20c'est qu'elle se fait
00:52:21au détriment
00:52:21de la qualité
00:52:22de la formation
00:52:23et par exemple
00:52:25les étudiants
00:52:25qui mettent en scène
00:52:26leur révolte
00:52:27qu'on a vu
00:52:28ils sont censés
00:52:28travailler à terme
00:52:30au service de l'état
00:52:31ils sont censés
00:52:32être dans les préfectures
00:52:33ils sont censés
00:52:34nourrir la haute fonction
00:52:36publique
00:52:36être nos représentants
00:52:38politiques
00:52:38or ce qu'on a pu
00:52:39constater
00:52:40c'est qu'ils n'avaient
00:52:41qu'une compréhension
00:52:42très frustre
00:52:43des valeurs
00:52:43de la démocratie
00:52:44ils sont incapables
00:52:46d'admettre le pluralisme
00:52:47la liberté d'expression
00:52:49les rend complètement dingues
00:52:50quant à l'antisémitisme
00:52:52c'est même pas
00:52:52une borne
00:52:53à ne pas franchir
00:52:54donc quand on voit
00:52:55que ce sont
00:52:56ces gens-là
00:52:57qui vont lancer
00:52:58des appels décomplexés
00:52:59à la haine
00:53:00parce que c'est ce qu'on a
00:53:01entendu à l'intérieur
00:53:02de Sciences Po
00:53:03et dans la rue
00:53:03et bien
00:53:04c'est effrayant
00:53:06quand on sait
00:53:06que ces gens-là
00:53:07aspirent au pouvoir réel
00:53:09et l'auront
00:53:10en partie
00:53:11donc entre
00:53:12quête de vérité
00:53:13ou au moins
00:53:14matérialité des faits
00:53:15et manipulation
00:53:16de masse
00:53:17les leaders
00:53:18qui ont fait
00:53:19de Sciences Po
00:53:19un spot
00:53:20antisémite
00:53:21ont choisi
00:53:23ils ont finalement
00:53:24évacué
00:53:25le réel
00:53:26pour le fictionnel
00:53:27et c'est bien
00:53:28là-dedans
00:53:29que réside
00:53:30un des plus grands dangers
00:53:31parce qu'ils vont
00:53:32illustrer la double coupure
00:53:34de cette élite
00:53:34en voie de médiocrisation
00:53:36autrement dit
00:53:37sa déconnexion
00:53:38avec la réalité
00:53:39et de fait
00:53:41la perte totale
00:53:42de son lien
00:53:42avec le peuple
00:53:43or
00:53:44elle est à la fois censée
00:53:45le guider
00:53:46et le représenter
00:53:47c'est un peu compliqué
00:53:48quand vous n'avez plus
00:53:49aucun contact
00:53:49et que vous ne parlez
00:53:50même plus
00:53:51la même langue
00:53:51et plus sa frustration
00:53:53augmente
00:53:54moins cette élite
00:53:55est capable
00:53:56de jouer un rôle
00:53:56utile
00:53:57et déstabilisateur
00:53:58et moins elle est légitime
00:54:00plus elle est rejetée
00:54:01et plus sa frustration
00:54:02augmente
00:54:03on est dans le cercle
00:54:04vicieux
00:54:04le plus pur
00:54:05à la fin de ce processus
00:54:07le sentiment
00:54:08d'abandon du peuple
00:54:09va nourrir
00:54:10son détournement
00:54:11de la démocratie
00:54:12cela ne sert à rien
00:54:13de voter
00:54:14puisque ça aboutit
00:54:15à donner le pouvoir
00:54:16à des gens
00:54:17qui sont vus
00:54:17comme incapables
00:54:19ridicules
00:54:20on pense à quelqu'un
00:54:21comme Sébastien
00:54:21de Logu
00:54:22et qui sont surtout
00:54:24appréhendés
00:54:24comme étant au service
00:54:26d'eux-mêmes
00:54:26parce que vous pouvez
00:54:27être maladroit
00:54:27et puis vous battre
00:54:29malgré tout
00:54:29dans la bonne direction
00:54:30là en plus
00:54:32on pense que
00:54:32les combats
00:54:33qu'ils ne mènent
00:54:35ne sont que
00:54:35pour leur avenir
00:54:36personnel
00:54:37donc cela génère
00:54:38de la défiance
00:54:39à terme
00:54:39envers toutes les figures
00:54:40d'autorité
00:54:41et envers
00:54:42toutes les institutions
00:54:43et du coup
00:54:44l'espace public
00:54:45c'est plus un lieu
00:54:46de rencontre
00:54:46ou de réconciliation
00:54:47c'est le théâtre
00:54:49de lutte féroce
00:54:50est-ce qu'on a
00:54:51des exemples historiques
00:54:53de cette surproduction
00:54:55d'élite
00:54:55oui alors on peut citer
00:54:57malheureusement
00:54:57en général
00:54:58ils annoncent
00:54:59des lendemains
00:55:00qui saignent énormément
00:55:01mais ce n'est pas
00:55:01très optimiste
00:55:02non
00:55:02par exemple
00:55:03c'est la France
00:55:04à la veille
00:55:05de la révolution
00:55:06c'est la Russie
00:55:07avant 1917
00:55:08ça peut être
00:55:10l'Allemagne aussi
00:55:10avant la montée
00:55:12du nazisme
00:55:12qui sont des sociétés
00:55:14qui connaissent
00:55:15en fait cet effondrement
00:55:16malgré très souvent
00:55:18un investissement
00:55:19dans la production
00:55:20d'élite
00:55:20les tsars
00:55:22par exemple
00:55:22ils avaient abouti
00:55:23à la création
00:55:24d'une intelligentsia urbaine
00:55:25qui était censée
00:55:26en fait remplir
00:55:27les postes
00:55:27de l'Empire
00:55:28mais faute de débouchés
00:55:30qu'est-ce qu'elle va faire
00:55:30cette intelligentsia
00:55:32et bien
00:55:32elle va se ruer
00:55:34elle va trouver
00:55:34un débouché
00:55:35dans la révolution
00:55:36et ça va donner
00:55:37à terme
00:55:38une élite intellectuelle
00:55:39radicalisée
00:55:40qui va alimenter
00:55:42tout le mouvement
00:55:42bolchevique
00:55:43et ce qui est très drôle
00:55:45c'est qu'elle a des références
00:55:46purement ouvriéristes
00:55:47alors qu'on est dans une Russie
00:55:49qui est parfaitement agraire
00:55:50ce qui illustre encore
00:55:51la déconnexion
00:55:52avec la réalité du pays
00:55:54et vous dites que ça rappelle
00:55:56évidemment
00:55:57les possédés
00:55:57de Dostoyevsky
00:55:59qui illustrent
00:56:00justement ce glissement
00:56:01bah oui
00:56:01parce qu'en fait
00:56:02les possédés
00:56:02c'est quoi
00:56:03c'est une histoire
00:56:04d'intellectuels frustrés
00:56:05qui s'emmerdent
00:56:06qui basculent
00:56:07dans la violence pure
00:56:08parce qu'ils pensent
00:56:09qu'ils n'ont aucun moyen
00:56:10d'agir finalement
00:56:11sur la société
00:56:12et la violence
00:56:13ça devient finalement
00:56:15l'exitutoire
00:56:16de l'immaturité
00:56:17de la frustration
00:56:18et d'une forme
00:56:20d'intelligence
00:56:21qui ne trouve pas
00:56:22à s'exercer
00:56:24de façon productive
00:56:25et il y a quelque chose
00:56:27qui est très important
00:56:28dans cette histoire
00:56:29c'est qu'on se rend compte
00:56:30que le savoir
00:56:31pour tous ces gens
00:56:32finalement ça devient
00:56:33un ornement social
00:56:34et pas du tout
00:56:35une exigence intérieure
00:56:36ça n'est là
00:56:37que pour permettre
00:56:38d'attraper le poste
00:56:39le plus élevé possible
00:56:41c'est pas du tout
00:56:42quelque chose
00:56:42pour apprendre à vivre
00:56:44à connaître
00:56:45à sentir
00:56:45à aimer
00:56:46et finalement
00:56:48à la fin
00:56:49le savoir
00:56:49il est là
00:56:50uniquement
00:56:50pour donner
00:56:51des arguments
00:56:52d'autorité
00:56:53à des gens
00:56:53qui n'ont
00:56:54ni expérience de vie
00:56:55ni pensée propre
00:56:57et qui sont
00:56:57les répètes jacquaux
00:56:59de la dernière
00:56:59idéologie à la mode
00:57:01pourvu qu'elle consiste
00:57:02à tirer sur le quartier général
00:57:03et quand on ne peut plus
00:57:05bâtir
00:57:06il ne reste qu'à brûler
00:57:07c'est un petit peu
00:57:08comme ça
00:57:08qu'on pourrait définir
00:57:10le message
00:57:10de Stavrogin
00:57:11à l'intérieur
00:57:12du roman
00:57:13de Dostoyevski
00:57:14et aujourd'hui alors ?
00:57:16et bien le constat
00:57:17de Peter Turchin
00:57:18est très inquiétant
00:57:19je le cite
00:57:20lorsque la surproduction
00:57:21d'élites
00:57:22coïncide avec
00:57:23l'appauvrissement
00:57:23des masses
00:57:24et avec une fragilité
00:57:25croissante de l'Etat
00:57:26et là il parle
00:57:27d'aides publiques
00:57:28effondrement
00:57:29de la confiance institutionnelle
00:57:31montée de l'insécurité
00:57:32bref
00:57:32cela crée un terrain fertile
00:57:34à l'instabilité
00:57:35et donc derrière
00:57:36la polarisation accrue
00:57:38politique accrue
00:57:39vous avez
00:57:39les émeutes
00:57:40les violences
00:57:41les incivilités
00:57:42etc.
00:57:42et il constate
00:57:43que ces grandes périodes
00:57:44d'instabilité
00:57:46en fait
00:57:47précèdent
00:57:47les grands bouleversements
00:57:49à l'intérieur des pays
00:57:50guerre civile
00:57:52révolution
00:57:53décomposition
00:57:54en fait
00:57:55du pouvoir
00:57:56alors est-ce que
00:57:57le fantasme
00:57:57de Jean-Luc Mélenchon
00:57:58va se réaliser
00:57:59selon vous Céline ?
00:58:01alors celui
00:58:01d'accéder au pouvoir suprême
00:58:03je ne pense pas
00:58:04ça sera peut-être
00:58:04avec quelques années près
00:58:06mais
00:58:06en revanche
00:58:07le risque
00:58:08que la France sombre
00:58:09dans le chaos
00:58:10celui-là
00:58:11il est possible
00:58:12mais pour autant
00:58:13l'homme n'est pas
00:58:14sans ressources
00:58:15et en fait
00:58:15ce que l'on aimerait
00:58:16c'est finalement
00:58:17que l'idée
00:58:19de la nation
00:58:19telle que portée
00:58:20par Renan
00:58:21revienne
00:58:21et terminer
00:58:23dans une apothéose
00:58:24que pourrait être
00:58:252027
00:58:25si à nouveau
00:58:26elle nous offre
00:58:27l'occasion
00:58:28de mettre en scène
00:58:28la rencontre
00:58:29entre un homme
00:58:30un pays
00:58:30un peuple
00:58:31et un projet
00:58:32exactement
00:58:33ce que nous avons
00:58:34raté
00:58:35depuis
00:58:362017
00:58:37voilà
00:58:39peut-être
00:58:40sans doute
00:58:40même avant
00:58:41et finalement
00:58:42on espère
00:58:43que l'homme
00:58:44sera à nouveau
00:58:45capable
00:58:45de forger
00:58:46une alliance
00:58:46avec ses semblables
00:58:47parce qu'aujourd'hui
00:58:48ce qui s'effondre
00:58:49sous nos yeux
00:58:50c'est l'idéal
00:58:51démocratique
00:58:52et ceux qui aspirent
00:58:53à le remplacer
00:58:54ce sont des sociétés
00:58:55d'une telle violence
00:58:56qu'on ne peut qu'espérer
00:58:57que le monde occidental
00:58:59se reprenne
00:59:00merci pour cet exposé
00:59:01chirurgical
00:59:02mais un peu pessimiste
00:59:04en un mot
00:59:05messieurs
00:59:05une réaction
00:59:06à ce que vous avez entendu
00:59:07là aussi
00:59:08c'est très intéressant
00:59:09mais on avait
00:59:10il y a déjà eu
00:59:11un livre
00:59:13qui était sorti
00:59:14en 2000
00:59:142002 je crois
00:59:15d'une sociologue
00:59:16qui parlait
00:59:17d'inflation scolaire
00:59:18et en fait
00:59:19qui montrait aussi
00:59:20qu'on a une spécificité
00:59:21française
00:59:21et quand vous dites
00:59:22effectivement
00:59:23que les élites
00:59:23sont déconnectées
00:59:24d'y savoir
00:59:24c'est qu'une des
00:59:26spécificités françaises
00:59:26c'est qu'en réalité
00:59:27par exemple
00:59:28sur le recrutement
00:59:28il y a plein de postes
00:59:29où on vous demande
00:59:30un bac plus 2
00:59:31un bac plus 4
00:59:32mais sans préciser
00:59:33dans quelle discipline
00:59:34en réalité
00:59:35c'est simplement
00:59:36un moyen de vous classer
00:59:38et pas simplement
00:59:39de connaître
00:59:39si vous maîtrisez
00:59:40quelque chose
00:59:41mais en fait
00:59:42c'est parce que
00:59:42le bac ne vaut plus rien
00:59:44qu'il demande
00:59:45bac plus 2
00:59:46oui c'est ça
00:59:46parce que ça devient
00:59:47le bac
00:59:48comme il y a encore
00:59:48quelques années
00:59:49c'est à fond
00:59:49non mais parmi
00:59:50les aspects
00:59:50les plus inquiétants
00:59:51c'est que
00:59:52l'excellence intellectuelle
00:59:53ou scolaire
00:59:54est remplacée
00:59:54par l'excellence idéologique
00:59:55c'est à dire que
00:59:56il faut faire preuve
00:59:58de son adhésion
00:59:59à l'idéologie dominante
01:00:00le reste compte
01:00:01assez peu
01:00:01de toute façon
01:00:02puis même si vous êtes nul
01:00:03de toute façon
01:00:03on va augmenter la note
01:00:04du moment que vous avez donné
01:00:05les signes
01:00:06de bien pensance idéologique
01:00:08ça suffira
01:00:08et d'ailleurs
01:00:09dans certaines disciplines
01:00:10les gens ne s'intéressent
01:00:11même pas à leur discipline
01:00:12les gens qui étudient
01:00:13la littérature
01:00:13s'en fichent un peu
01:00:14de la littérature
01:00:15ils auront quand même
01:00:15le diplôme
01:00:16même un témoignage
01:00:17sur des études de cinéma
01:00:18où des gens disent
01:00:19mais moi je ne vais pas au cinéma
01:00:20je ne regarde pas de films
01:00:21ils sont dans des trucs de cinéma
01:00:22ils auront leur diplôme
01:00:23à la fin
01:00:23non c'est écoutez
01:00:24oui c'est pessimiste
01:00:26voilà
01:00:27pour cette première émission
01:00:29pour vous
01:00:29ça s'est bien passé
01:00:30très bien
01:00:30vous reviendrez alors
01:00:31super groupe les Stones
01:00:32bon merci à tous les trois
01:00:35merci à Agnès Verdié-Mollinier
01:00:36aussi qui nous a accompagné
01:00:37dans la première partie
01:00:37de cette émission
01:00:38merci à Yael Benhamou
01:00:39qui m'a aidé
01:00:40à préparer cette émission
01:00:41dans quelques secondes
01:00:42à peine vous avez rendez-vous
01:00:43avec Eliott Deval
01:00:44pour l'heure des pros 2
01:00:45l'info continue
01:00:47sur CNews
01:00:47à bientôt
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