00:00En fait, dans notre ADN, il y a le protéger et puis il y a aussi, effectivement, aller interpeller les
00:05veilloux.
00:06Mais là, on a un exemple presque trop classique de ce qui se passe.
00:10Le guet-apens que l'on tend notamment à mes collègues sur le terrain parce qu'après, évidemment, la situation
00:16en général dégénère.
00:18Et après, ils sont pris à partie ou ils sont attaqués. Il y a des tirs de mortier.
00:22C'est ça, en fait, la réalité du quotidien.
00:24Et c'est là où nous, en fait, on dit qu'il y a quelque chose qui dysfonctionne aussi dans
00:29la chaîne pénale.
00:29Alors, votre émission Police-Justice, elle tombe à point nommé parce qu'il y a quelques années, on avait dit
00:34le problème de la police, c'est la justice.
00:36Aujourd'hui, la sécurité, c'est le problème de la police et de la justice.
00:39Et je crois que tant qu'on ne mettra pas sur la table ce tandem, tant qu'on ne donnera
00:44pas notamment les moyens,
00:45parce que contrairement à ce qu'a dit le président de la République, c'est une sous-dotation à tous
00:49les étages.
00:50Toutes les études européennes le montrent. On est les clochards de l'Europe en matière de justice.
00:55On a trois procureurs pour 100 000 habitants, alors qu'il y en a 24 en Bulgarie, que la moyenne
00:59européenne est à 12.
01:00C'est ça, en fait, l'État, aujourd'hui, de notre justice.
01:02Il manque 35 à 40 000 places de prison, aujourd'hui, en France.
01:06Comment voulez-vous apporter une réponse ?
01:09Alors, nous, sur le terrain, on va s'épuiser.
01:10On va avoir 17 policiers par jour qui seront blessés.
01:13Pas que dans les refus d'obtempérer, d'ailleurs.
01:14Et puis, on va mettre aux mains de justice, notamment des individus.
01:19Et qu'est-ce qui va se passer, après, derrière ?
01:21On va avoir des CV de 17, de 18 faits à leur actif.
01:25Et ça, ce n'est pas possible.
01:27Ça, c'est ce qui, en fait, instaure, notamment, l'impunité.
01:30Alors, il y a certains magistrats qui sont dans un dogme et qui n'hésitent pas, même parfois avec des
01:36opinions politiques,
01:37à rendre une justice, non pas au nom du peuple, mais au nom d'une opinion politique.
01:41Mais je crois que c'est surtout une question d'un système qui, aujourd'hui, est à l'agonie et
01:45ne peut plus fonctionner.