00:00RTL Matin
00:027h47, l'invité de RTL Matin ce jeudi, c'est un candidat à la mairie de Paris, le député socialiste Emmanuel Grégoire.
00:10Bonjour à vous.
00:10Bonjour.
00:11Est-ce que comme le secrétaire général du PS Pierre Jouvet, vous demandez la démission de Rachida Dati ?
00:16Est-ce que comme Marine Tondelier, la leader écologiste, vous réclamez le départ du gouvernement de la ministre de la Culture ?
00:21Écoutez, Rachida Dati comme citoyenne a le droit à la présomption des innocences,
00:25mais une ministre ne peut pas rester en fonction en étant renvoyée en correctionnelle pour corruption.
00:30Et donc je pense que ça relève de la responsabilité du Premier ministre et du Président de la République,
00:35mais c'est incompréhensible pour les gens qui bossent, qui perdent leurs impôts, etc.
00:40d'observer qu'on peut être renvoyé au tribunal, c'est-à-dire passer en procès pour corruption.
00:45Évidemment, elle a le droit à la présomption d'innocence, mais tout le monde n'est pas obligé d'être ministre.
00:49Et donc je crois que moralement, elle devrait démissionner,
00:52notamment parce que ça obérera beaucoup, beaucoup de sa disponibilité
00:56pour être ministre qui, je le crois, nécessite d'être pleinement à sa tâche.
01:00Donc elle n'est pas jugée ? Vous ne pensez pas qu'elle peut maintenir sa fonction ?
01:03Non, franchement, c'était une doctrine qui était installée dans notre pays depuis très longtemps,
01:07et c'était souhaitable.
01:08Il faut que les responsables politiques, encore une fois,
01:10la présomption d'innocence, je ne sais pas si elle est coupable,
01:12ce sera la justice de le dire, et ça ne me regarde pas,
01:14mais en revanche, quand on est ministre et tout le monde n'est pas obligé de l'être,
01:17on doit pouvoir être complètement concentré sur sa mission,
01:20et pas être empêtrée dans des affaires.
01:23Et elle pourrait quitter le gouvernement,
01:25y revenir peut-être si un jour, évidemment, elle était innocentée
01:28et quelqu'un jugeait utile de le faire.
01:30Enfin, je rappelle le devoir d'exemplarité qui s'impose à toutes et à tous.
01:33Elle pourrait quitter le gouvernement, vous dites,
01:35elle n'a pas du tout l'intention de le faire.
01:37Elle est soutenue par l'Elysée, elle est soutenue par Gérald Darmalin, le garde des Sceaux.
01:40Alors d'abord, c'est curieux que le garde des Sceaux soutienne,
01:42en l'occurrence, sa collègue ministre,
01:44il est contré quand on voit la violence des attaques de Rachida Dati contre la justice.
01:51Ce qui lui a valu un recadrage inédit,
01:54à la fois du parquet national financier et du président du tribunal de Paris.
01:58C'est dire la violence des attaques,
02:00pour que l'institution judiciaire se sente mise en cause,
02:04et du coup s'exprime.
02:06Je crois que le garde des Sceaux aurait pu au moins garder le silence,
02:08et s'il avait dit quelque chose,
02:09il aurait dû être le garant de l'indépendance de la justice.
02:11Je précise aux auditeurs, Emmanuel Grégoire,
02:14pour tous ceux qui n'ont pas vécu et suivi cette actualité de là,
02:18que Rachida Dati dit que les magistrats ont mal fait leur boulot,
02:21et qu'il y a un vrai problème avec la justice dans notre pays.
02:23Elle qui a été ministre de la justice.
02:25La manifestement avec la justice, c'est exact, oui.
02:27Votre campagne à vous, ça sera quoi ?
02:29Contre Dati, contre Dati, contre Dati ?
02:31Non, ce sera pour Paris, pour Paris, pour Paris,
02:34parce que dans une campagne électorale,
02:36en particulier une campagne municipale,
02:38l'important c'est de parler de ce qu'on veut faire,
02:40comment on veut le faire, d'écouter les citoyens
02:42pour savoir ce qu'ils pensent de leur vie quotidienne,
02:45ce qu'ils attendent comme évolution,
02:47qu'est-ce qui les préoccuper,
02:49qu'est-ce qui les intéresse pour la préparation de l'avenir.
02:51Je ferai campagne sur Paris,
02:53je trouve que les campagnes électorales sont trop polluées
02:55par les sujets, évidemment, politiciens,
02:58et puis par les sujets judiciaires,
03:00je n'en parlerai pas,
03:01je parlerai du projet et exclusivement de ça.
03:04Vous n'en parlerez pas,
03:05mais vous avez diffusé un visuel sur les réseaux sociaux,
03:07Paris mérite un maire, pas un prévenu hier.
03:09Oui, parce que ça, c'est un sujet...
03:11Ça, vous ne montrez pas l'exemple, quand même, là ?
03:12Non, mais attendez,
03:13elle est ministre de la République,
03:15et elle attaque les juges...
03:17Vous êtes député,
03:18mais je ne suis pas ni mis en examen,
03:19ni renvoyé en correctionnel.
03:20Comment vous-même,
03:21comment, pardon,
03:22comment vous-même pouvez-vous faire le parallèle ?
03:23Je ne fais pas un parallèle.
03:24Je suis votre fonction d'aujourd'hui.
03:26Donc, ma fonction n'a rien à voir
03:27avec le fait qu'elle est renvoyée en correctionnel.
03:30Moi, je suis un élu,
03:31je fais ce que j'ai à faire,
03:32j'essaie de faire mon travail correctement,
03:33je n'ai pas de problème avec la justice,
03:35et je crois que c'est ce que tout citoyen
03:36pourrait attendre du personnel politique.
03:39Et donc, on va parler de Paris,
03:42de ce qu'on veut en faire,
03:43de la vision des enjeux de pouvoir d'achat,
03:45des enjeux de transition écologique de la ville,
03:47et on va le faire
03:48avec beaucoup de dialogues
03:49avec les Parisiens et les Parisiens,
03:50et j'espère à l'abri
03:52des remous de l'actualité quotidienne.
03:54Est-ce que vous êtes aujourd'hui
03:55l'héritier d'Anne Hidalgo ?
03:57Je suis l'héritier de la gauche.
03:58Je suis l'héritier d'une histoire.
04:00C'est embêtant d'être l'héritier d'Anne Hidalgo ?
04:01Non, j'en suis fier, j'étais disant son adjoint.
04:03Je suis l'héritier d'une longue histoire
04:05de gauche à Paris.
04:06Je travaille avec Bertrand Delanoé,
04:07je travaille avec Anne Hidalgo,
04:08je suis fier d'avoir travaillé avec les deux,
04:11mais je suis un candidat libre.
04:12Je veux aussi qu'on propose une nouvelle aventure.
04:15Derrière ma candidature,
04:16c'est en réalité un immense collectif
04:17qui est engagé,
04:18avec des élus qui sont sortants,
04:20d'autres qui vont y prétendre.
04:22On a beaucoup d'expérience,
04:24je crois avoir un regard lucide
04:25sur ce que nous avons fait,
04:26de bien, ce qu'on peut améliorer.
04:28Je vois les lignes de force
04:30avec lesquelles je suis en totale cohérence,
04:32celui de préparer la ville
04:34à affronter notamment le réchauffement climatique,
04:36celui de se préoccuper du pouvoir d'achat
04:38et de la mixité sociale,
04:39de protéger les classes populaires,
04:41de protéger les quartiers populaires de Paris.
04:43C'est un projet de gauche sociale et écologique,
04:46c'est ça mon héritage.
04:47J'en suis fier,
04:48mais on veut aussi créer une nouvelle histoire.
04:50Il y a une législative partielle
04:51dans la deuxième circonscription de la capitale,
04:53cet automne,
04:54vous avez fait le choix pour la candidate
04:55ou le candidat socialiste ?
04:56On en discute un peu méthodiquement,
04:59on essaie de le faire comme ça,
05:01s'il y a des discussions.
05:02D'abord, il y aura une fenêtre
05:03où on proposera à ceux qui le souhaitent
05:05de candidater.
05:06On a au Parti Socialiste
05:08une tradition
05:09qui est de débattre en interne,
05:11de discuter avec les partenaires,
05:13etc.
05:14On essaie de le faire
05:15avec méthode
05:16et pas par médias interposés.
05:18Mais ce que je peux vous dire,
05:19c'est qu'il y aura bien
05:20une candidature socialiste
05:21dans la deuxième circonscription de Paris.
05:23Je l'espère
05:25qui affrontera
05:26et Rachida Dati
05:27et Michel Barnier.
05:29Et on fera valoir nos arguments.
05:31C'est une circonscription difficile
05:32pour la gauche,
05:33chacun le sait.
05:34Mais pour nous,
05:35c'est aussi l'occasion
05:36d'aller porter une autre voie
05:38dans un moment
05:38où le gouvernement Bayrou
05:40est empêtré
05:40dans des arbitrages budgétaires
05:42qui sont infamants.
05:43Justement,
05:43le gouvernement Bayrou,
05:44Emmanuel Grégoire,
05:45la rentrée,
05:45ça s'annonce chaud.
05:46Est-ce que les socialistes
05:47entendent toujours censurer
05:48ce gouvernement
05:49et son budget 2026 ?
05:50La position des socialistes
05:51a toujours été constante.
05:52On n'agit pas
05:53la menace de la censure
05:54a priori.
05:56Mais quand on pense
05:56légitime
05:57et nécessaire de le faire,
05:59nous le faisons.
06:00Aujourd'hui,
06:00nous avons clairement dit
06:01que les orientations
06:02du budget
06:03qui ont été données
06:04par le Premier ministre
06:05conduisent logiquement
06:06à la censure.
06:07Donc vous allez censurer.
06:08Aujourd'hui,
06:08ça serait censure.
06:09Oui,
06:10s'il n'y a pas de bouger,
06:10c'est une évidence.
06:11Nous censurons.
06:12Vous allez discuter
06:12donc avec le gouvernement ?
06:14Il y aura des discussions
06:15avec le gouvernement.
06:17Mais d'abord,
06:17on a été très échaudé
06:18par ce qui s'est passé avant.
06:19c'est qu'il n'a pas respecté
06:21sa parole
06:21sur les engagements budgétaires
06:23qui avaient été pris
06:23l'année dernière.
06:25Nous demanderons donc
06:26évidemment beaucoup plus.
06:27La position des socialistes,
06:29c'est d'être quand même responsable.
06:30On est toujours
06:30dans une posture de dialogue.
06:32On peut dialoguer,
06:33y compris avec ses adversaires.
06:34Mais par contre,
06:35aujourd'hui,
06:36il est très clair
06:36qu'il n'y a pas les bases
06:38d'une discussion sereine.
06:39Et donc,
06:40nous attendons des clarifications
06:41sur les orientations budgétaires.
06:42Il va avoir besoin de vous.
06:44Pardon de vous couper,
06:44Emmanuel Grégoire.
06:45Il va avoir besoin de vous.
06:46Essayez de vous séduire.
06:47Non,
06:48la réalité,
06:48c'est qu'il ne se préoccupe
06:51que de séduire
06:52le Rassemblement National.
06:54La réalité,
06:55nous avons déjà censuré.
06:56On ne le fait pas à chaque fois.
06:57Mais quand on pense
06:57que c'est nécessaire,
06:58on le fait.
06:59Aujourd'hui,
06:59le gouvernement Bayrou
07:00a renoué avec ce qui avait
07:02conduit à la perte
07:03du gouvernement Barnier.
07:04C'est de discuter
07:05avec le Rassemblement National.
07:07Vous le savez,
07:07une censure ne passe
07:08que si toute la gauche la vote
07:09et le Rassemblement National.
07:11Ils font le choix
07:12d'un pas de deux
07:12avec le Rassemblement National.
07:14Vous donnez des exemples.
07:15Peut-être qu'il y a
07:15des formes de concurrence,
07:16mais quand on voit
07:17l'interview du ministre
07:18de l'Intérieur,
07:19Retailleau,
07:20Valeurs Actuelles,
07:21les échanges incroyables
07:23entre le président
07:24de la République
07:25et le ministre de l'Intérieur
07:27se relayaient
07:28du Conseil des ministres.
07:29Mais les déclarations
07:30dans le journal
07:31et hier,
07:33en réponse
07:33à ce qui s'est passé
07:35au Conseil des ministres,
07:36je veux dire,
07:37la violence des relations
07:38à l'intérieur
07:38de ce gouvernement
07:39me paraît...
07:40Parce que Bruno Retailleau,
07:42dit qu'il n'est pas
07:42macroniste ?
07:43Il ne donne pas un souple.
07:45Je sais bien,
07:46il ne dit pas ça.
07:47Il dit
07:47nous avons intégré
07:48ce gouvernement
07:49pour éviter le pire,
07:50le macronisme est mort.
07:52C'est le ministre de l'Intérieur
07:53qui parle du président
07:54de la République.
07:55Je veux bien
07:55qu'on s'acclimate à tout
07:56dans ce pays.
07:57Enfin,
07:57un minimum de respect
07:58des institutions
07:59de la part
07:59d'un ministre de l'Intérieur,
08:00c'est inacceptable.
08:01Emmanuel Grégoire,
08:02vous entendez la petite musique
08:03qui monte sur cette rentrée sociale
08:04très agitée
08:05sur les réseaux sociaux.
08:06On voit un mouvement
08:07se créer pour bloquer
08:08la France.
08:08mobilisation 10 septembre,
08:10ça pourrait ressembler
08:11au gilet jaune.
08:12Vous le ressentez ça ?
08:13Vous le craignez ?
08:14Je ne dirais pas comme ça
08:16parce que,
08:16évidemment,
08:17je ne sais pas l'ampleur
08:18et puis je fais attention
08:19aux réseaux sociaux
08:20et sur les enseignements
08:21qu'on en tire.
08:22Ce que je sais,
08:22c'est que la colère est immense.
08:23Il y a une colère
08:24qui se coagule
08:25sur plein de sujets.
08:26La colère monte
08:26sur la loi Duplomb.
08:28Moi,
08:28j'ai beaucoup d'électeurs
08:29de ma circonscription
08:30qui saisissent
08:31en disant
08:32continuez à vous battre.
08:33J'ai voté contre cette loi.
08:34On a plusieurs propositions
08:35pour imposer
08:36qu'il n'y ait
08:36un nouveau débat,
08:37pour faire une loi
08:38d'abrogation.
08:40Ce que je sais,
08:41c'est que la colère
08:41monte dans le pays
08:42et que si nous ne trouvons
08:44pas de réponse politique
08:45à cette colère,
08:46elle s'exprimera
08:47dans la rue.
08:48Et donc,
08:49c'est un sujet
08:49de préoccupation.
08:51D'abord,
08:51les gens ont le droit
08:52de s'exprimer
08:52et choisissent
08:53le moyen le plus efficace
08:54de le faire.
08:55Mais c'est,
08:56à mon avis,
08:56montrer à quel point,
08:57y compris le gouvernement
08:58de Bayrou,
08:59est à une fin de cycle.
09:01Ils doivent prendre conscience.
09:02On ne peut pas
09:03gouverner la France
09:04contre son peuple,
09:05contre les électeurs.
09:07Et donc,
09:07il faut évidemment
09:08pouvoir renouer
09:09le fil du dialogue.
09:10Les socialistes
09:10sont prêts à le faire,
09:11mais ça doit se faire
09:12sur des basses scènes
09:13démocratiques et transparentes.
09:14Affaire à suivre.
09:15Merci Emmanuel Grégoire
09:16d'avoir été l'invité
09:16de RTL Matin,
09:17député socialiste en direct.
09:19Merci à mes Tipeurs et souscripteurs.
09:21Merci à mes Tipeurs et souscripteurs.
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