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  • il y a 6 mois
Une nouvelle cession de négociations entre Kiev et Moscou va se dérouler ce mercredi en Turquie. Le Kremlin a indiqué ne pas s'attendre à des "avancées miraculeuses".

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Transcription
00:00On va aller tout de suite en Ukraine à un peu plus de deux heures maintenant du début des nouvelles discussions à Istanbul entre Russes et Ukrainiens.
00:07On va vous retrouver, Alexander Kerry, vous êtes notre correspondant à Kiev.
00:11On sait déjà que le Kremlin nous dit en fait que ça s'annonce très compliqué, qu'il ne faut pas en attendre grand-chose.
00:16Qu'est-ce qu'on espère de ces négociations du côté ukrainien ?
00:19Alors en effet, du côté ukrainien non plus, on n'attend pas grand-chose puisque les difficultés, elles se posent du côté du Kremlin.
00:24Les demandes du Kremlin n'ont pas changé depuis 2022 et depuis les toutes premières négociations, je crois que c'était en mars 2022,
00:31qui s'est terminée d'une façon désastreuse parce qu'après il y avait eu Butcha et les découvertes des massacres à Butcha et à Ripin,
00:37qui avaient complètement bloqué les dites négociations.
00:40Les demandes du Kremlin n'ont pas changé.
00:41Ces demandes-là, c'est une capitulation effective de l'Ukraine, une armée réduite, une armée ukrainienne réduite.
00:48Et effectivement, en fait, voilà, une rédition totale de l'Ukraine, ce que l'Ukraine ne va absolument pas.
00:52En ajoutant à ça, eh bien, des régions que la Russie ne contrôle pas du tout, à savoir Kherson et Zaporizhia.
01:00Donc ce sont des demandes auxquelles l'Ukraine ne peut absolument pas accéder.
01:04Ça, c'est évident de ce côté-là.
01:05En revanche, le rare succès qu'il y a pu avoir au niveau des dernières négociations, c'est l'échange de prisonniers.
01:11Alors les négociations, ils avaient échangé dans mon souvenir 1000 prisonniers de guerre.
01:15Donc ça, c'était un des rares succès de ces négociations.
01:19Il y aura aussi sur la table le retour des enfants kidnappés par la Russie.
01:24Les chiffres fluctuent.
01:26Alors il y aurait quand même plusieurs centaines de milliers de...
01:28Pardon, dizaines de milliers d'enfants qui auraient été kidnappés par la Russie.
01:32Et ça aussi, c'est une des conditions sine qua non pour l'Ukraine pour continuer ces négociations.
01:37Sachant que de toute façon, dans cette vision des négociations, l'Ukraine veut d'abord un cessez-le-feu et ensuite des négociations.
01:43Et là, alors que la Russie veut l'inverse.
01:45Elle veut que l'Ukraine accepte ces clauses avant un cessez-le-feu, ce qui est bien évidemment inacceptable pour l'Ukraine.
01:51Merci beaucoup à vous, Alexandre Kéry, en direct de Kiev.
01:54Patrick Sos, on va évoquer ces négociations et se demander une question.
01:59Pourquoi est-ce que la Russie a accepté de négocier ?
02:01Puisqu'on nous dit d'emblée, en fait, il n'y aura aucune avancée, il ne faut s'attendre à rien du tout d'important.
02:05Pourquoi Vladimir Poutine a donné son feu vert pour qu'ils discutent ensemble ?
02:08Je crois qu'on a compris que sur tous les sujets, Vladimir Poutine et la Russie agissaient en miroir.
02:14En miroir déformant, mais en inversant totalement l'histoire.
02:18L'idée est de montrer que ce n'est pas la Russie qui bloque Dmitry Peskov, le porte-parole du Kremlin,
02:24n'a évidemment pas annoncé que la Russie allait faire en sorte que ce soit compliqué avec des exigences maximalistes.
02:31Non, il a tourné sa phrase de façon à ce que la population russe qui lit les journaux et regarde la télévision d'État se dise
02:38la Russie est tout à fait ouverte à des négociations, mais évidemment, avec ce que demande l'Ukraine, ça risque d'être extrêmement compliqué.
02:45Il faut vraiment lire toute cette séquence ou la regarder avec ce prisme-là, c'est-à-dire que vraiment les Russes montrent ou veulent montrer qu'ils sont ouverts à la négociation.
02:55Mais pendant ce temps-là, ils continuent de bombarder les principales villes d'Ukraine, notamment Kiev.
03:00Ils continuent d'essayer de pousser pour arriver, parce qu'on en parle un peu moins, mais sur le front, pour essayer de grignoter encore.
03:06Et à un moment, peut-être que lorsque Vladimir Poutine estimera qu'il aura assez grignoté de terrain, il pourra faire semblant encore de lâcher du lest.
03:15Mais encore une fois, tant que l'ultimatum qui, on ne sait pas encore, est une épée de Damoclès ou bien un laissé-passer de 50 jours, un peu moins maintenant, de Trump,
03:25tant qu'on n'arrive pas à la fin de cet ultimatum, on ne sait pas encore dans quelle position Vladimir Poutine se tiendra lorsqu'on sera début septembre.
03:33Si Donald Trump allonge encore une fois son ultimatum, comme il le fait sur certains sujets,
03:38eh bien c'est un feu vert complet pour la poursuite de l'offensive et des bombardements.
03:42Et puis sinon, ça pourrait peut-être le faire changer, mais pour l'instant, on ne voit pas du tout ce qui pourrait dévier Vladimir Poutine de sa route.
03:49Merci beaucoup à vous, Patrick. On suivra évidemment.
03:52C'est dans un peu plus de deux heures maintenant que ces discussions sont censées démarrer en Ukraine.
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